Message de Mouammar Kadhafi
au monde, le 24 août 2011






Opprimés du monde entier, la bataille a commencé. Ne perdez pas espoir, l'aide est forte. Est-ce que vous réalisez que c'est la nuit du pouvoir? Qu'est-ce que la nuit du pouvoir? C'est celle qui vaut plus que des milliers d'autres nuits, c'est le destin qui s'accomplit, c'est quand les cieux s'ouvrent pour recevoir vos milliers de prières serrées.

Regardez ce qui se passe en ce moment en Amérique. Les avons-nous frappés avec nos missiles? Non, ils sont venus et nous ont bombardés, 64 missiles sur Bab Al-Aziziya, qui est maintenant en ruines, et j'ai finalement été obligé de quitter ma maison, où ils ont tué bien des innocents. Mais je ne quitterai pas la Libye et cette bataille sera celle de la victoire ou la mort.

Vous autres aux USA, je ne suis pas votre dirigeant. Vous appartenez à un Etat en faillite que vous devriez vous préparer à quitter. Allez au Vénézuéla. Si vous restez, vous devez suivre les traces de mon représentant, le guide spirituel Louis Farrakhan. Ecoutez-le. Il vous dira tout ce que vous avez besoin de savoir sur ce qui se déroule.

Vous les Européens, vous devriez aussi vous préparer à vous trouver noyés sous les évènements et les calomnies. Vous n'êtes pas assez nombreux à avoir relevé la tête. Vous aller devoir en subir les conséquences. Les bons éléments parmi vous devraient viser l'Afrique. Allez en Afrique de l'ouest. L'Afrique du nord n'est pas sûre maintenant que la région est devenue un champ de bataille. En Afrique de l'ouest vous trouverez des logements et du travail.

Vous qui êtes en Serbie, vrais amis de la Libye, vous êtes avec moi. Ne perdez pas espoir, le drapeau des rats flotte au-dessus d'une maison sur un million. Vous pouvez tous préparer vos drapeaux verts, rectangles de 1 x 2, c'est votre drapeau, le drapeau du pouvoir populaire, de l'espoir, de la vérité, de l'avenir.

Vous tous de par le monde qui défendez la vérité, la liberté, la Jamahiriya, accrochez-le sur des millions de maisons, de voitures. Le drapeau vert est à vous, et il appartient aux masses du monde entier. Avec l'aube de l'autorité populaire et la fin des gouvernements, nous avons choisi le drapeau vert et avons choisi une couleur et des dimensions pratiques pour tous. Choisissez n'importe quel vert. Que la hauteur mesure la moitié de la longueur, exactement, et emportez-le partout avec vous.

Bientôt le drapeau vert claquera partout dans le monde, et les gouvernments s'effondreront, ils ont failli envers leurs peuples, et à moi seul, j'ai fait plus qu'eux tous. Ils ont servi différents maîtres. Ils n'ont pas essayé de servir le peuple, jamais. Ils sont la propriété d'autres puissances. Ils ne font rien pour vous. Ignorez-les et ils disparaisent. Préparez-vous à former des comités, ouvertement ou en secret, bâtissez vos propres "mathaba", vos "centres pour l'anti-impérialisme" pour vous rencontrer et partager. Tracez votre chemin. Le drapeau vert appartient à tout le monde.





L'avenir, c'est la jamhiriya, partout. Des sociétés où les masses s'auto-gouvernent. Les congrès de base populaires, et les comités du peuple. Les comités verts pour guider, défendre, exposer, appeler, montrer le chemin vers la prise du pouvoir par le peuple. Tout cela se trouve dans le Livre Vert, lisez-le, recopiez-le, partagez-le. Utilisez vos systèmes de communication, ne vous reposez pas sur l'ennemi. Faites votre propre communication. Reprenez en mains vos ressources, n'ayez pas peur du pouvoir, il faut vous emparer du pouvoir. C'est votre pouvoir, votre richesse, vos armes que les gouvernements, les banques et les militaires vous ont volés.

Vous ne pouvez pas demander à d'autres de vous représenter. Vous ne pouvez pas faire confiance à ceux qui pillent votre richesse. Vous ne pouvez pas demander à d'autres de se battre et de mourir pour vous, pour vous défendre. C'est votre responsabilité humaine, et quand vous ferez cela, le monde sera libre, organisé, le système jamhiri s'implantera, avec la liberté, le bonheur, l'abondance de richesses pour tous.

L'ère des gouvernements touche à sa fin et ils livrent leur dernière bataille, ils sont à bout. C'est la banqueroute pour eux, et pas seulement en matière de finances, mais aussi quant à la morale, la religion, l'éducation, l'intelligence, les idées, ils n'ont pas d'issue. Ils sont sur la pente de l'effondrement. Cet effondrement est une bonne chose pour les peuples du monde qui souffrent parce qu'ils ne sont pas libres.

(..)

Les prières sont exaucées. Plus de quarante armées se sont jetées sur moi, seulement parce que je dis la vérité, parce que je ne laisserais pas les voleurs me faire passer en Afrique. J'ai promis à l'Afrique que je ne vous trahirai pas. J'ai promis au monde, à vous, aux millions de gens qui me portent dans leur cœur, que je me battrai jusqu'au bout.

N'écoutez pas leurs trompettes. Celui qui les écoute se trompe. Vous avez votre propre mathaba pour vous renseigner, débattre et vous rencontrer. Ne leur accordez aucune attention. Cela devrait être clair pour vous, à présent. Le feu est l'eau, l'eau est le feu. Sachez que l'avenir vous appartient, les gouvernements sont finis, une nouvelle ère des masses s'annonce, comme cela est prédit dans le Livre Vert..

Je vous entends. Beaucoup de vos messages parviennent jusqu'à moi. Je ne peux pas vous répondre individuellement, mais je ressens votre douleur. Certains d'entre vous ont été tellement affectés par les mensonges de ces jours derniers que vous avez même envisagé le suicide. Non! Non, jamais, le suicide n'est jamais une option, lorsque nous sommes aux portes d'une grande victoire. Les coûts seront élevés, mais nous ne devons pas flancher.

Je vous vois, vous les Africains de par le monde, jusqu'en Australie, vos images me parviennent. Je vous vois collecter de l'argent pour secourir l'Afrique de l'est. Ce sont les blancs qui ont amené ces problèmes et qui nous empêchent d'aider nos frères et nos sœurs. Merci pour vos prières. Mais gardez votre argent. Utilisez-le plutôt pour combattre ces agresseurs.

Formez des comités verts autour de vous, réunissez-vous en secret ou bien ouvertement. Proclamez votre allégeance à la charte verte. Etudiez le Livre Vert. Annoncez vos conférences populaires, encouragez d'autres personnes dans le monde entier, préparez le futur congrès mondial sur les crimes contre l'humanité, vous avez six mois pour vous préparer.

La marche de l'année prochaine peut être le plus grand congrès du peuple, vous pouvez faire que cela le devienne. Préparez-vous sans attendre. Créez un site web, vous devez le faire, pour notifier tous les crimes. Tandis que nous nous battons pour défendre notre nation, vous vous battez sur le champ de bataille de la vérité, parce que la plume est plus puissante que l'épée.

Certains d'entre vous sont arrivés jusqu'à notre frontière occidentale, mais ont dû repartir. Vous avez des familles dont il faut prendre soin. Maintenant le chemin à suivre est clair, mais l'OTAN ne laissera pas la paix revenir. Ils ont peur de l'exemple de la grande Jamahiriya. Ils peuvent détruire vos réussites physiques, mais ils ne peuvent pas venir à bout de la vérité. Plus ils essayent, et plus nous serons victorieux, la victoire est avec le peuple, jamais avec les oppresseurs.

Des milliers d'entre vous attendent en plusieurs points. Je vous vois en Tanzanie, au Congo, au Ghana, au Nigéria, et en bien d'autres point de l'Afrique. Comment allez-vous pouvoir traverser les déserts jusqu'en Libye? Regroupez-vous plutôt là où vous êtes. Si la bataille n'est pas gagnée en Libye, elle se déplacera jusqu'à vous. Préparez-vous. Préparez des pièges pour les envahisseurs. Vous devez défendre vos bases.

Les gouvernements africains ne sont pas forts. Ils contrôlent à peine quelques centre-villes. Souvent, ils n'assurent pas de services, et les gens se débrouillent sans eux. Ils ne vont pas être à vos côtés le moment venu. Ils sont pauvres. Ils ont été pillés par les racistes, les colonialistes, les pillards blancs du nord. Affrontez-lez seulement s'ils vous affrontent. Soyez prêts. Défendez votre continent.

Ils ne peuvent attaquer qu'avec leurs bombes, alors que nous nous défendons avec la vérité. Ils ne peuvent jamais se battre au corps à corps. Ce ne sont que des lâches, des déments qui se cachent derrière des machines, ils ne peuvent jamais faire face aux Africains d'homme à homme. Les enfants africains peuvent mettre en déroute n'importe quel mercenaire blanc, voilà pourquoi ils se cachent et détruisent avec haine, mais de loin.

Ne les laissez pas vous utiliser. Soyez unis. Edifiez vos défenses parce qu'ils arrivent s'ils arrivent à passer sur la Libye. S'ils détruisent la Libye, alors attaquez-les par derrière.

Evitez le combat si vous le pouvez. L'ennemi souhaite que nous soyons tous subordonnés à leur champ de bataille, ce qu'ils veulent c'est nous plonger tous dans la guerre. L'Afghanistan est maintenant avec nous, l'Irak est avec nous, le Vénézuéla est avec nous. Nous voulons la paix. Nous voulons la justice. Travaillez à des conférences sur les crimes contre l'humanité, utilisez vos réseaux anti-impérialistes mathaba, car ce sont les Q G des comités verts. Allez de l'avant, la victoire est à nous!

Source : http://news.stcom.net/modules.php?name=News&file=article&sid=6157








Démocratie et dictateurs.

Le Diable est dans les Détails


Diana JOHNSTONE



tableau de Luke Chueh



L’idéologie actuelle qui justifie les guerres d’agression est fondée sur une dichotomie simpliste entre la démocratie et les dictateurs. Les gens qui, en Occident, soutiennent les guerres ont déplacé le centre de la loi internationale des Nations unies vers un club bien plus restreint de « démocraties » qui seules possèdent une « légitimité ». Le centre de ce club est le monde anglo-saxon, plus Israël, l’Union Européenne et le Japon. Cette « communauté internationale » de démocraties est supposée posséder le droit moral unique de décider quand le dirigeant de n’importe quel pays qui se situe en dehors de leur cénacle peut-être dénoncé comme un dictateur et renversé à l’aide d’une campagne de bombardements par l’OTAN.

Cette idéologie suppose que les démocraties respectent les droits de l’homme, alors que les dictateurs par définition sont des criminels qui violent systématiquement les droits de l’homme et envisagent même un « génocide contre leur propre peuple ». Certains détails, par exemple le fait que les États-Unis ont la plus grande population carcérale au monde à la fois en termes absolus et relatifs, et qu’ils utilisent des prisonniers comme travailleurs bon marché dans leur industrie de l’armement, ne sont pas supposés interférer avec cette vue dualiste du monde.

Les médias dominants entretiennent cette dichotomie par un biais persistant dans la façon dont ils rendent compte des pays qui sont caractérisées comme des « dictatures » - ceci peut inclure des pays dont les dirigeants sont en fait élus, tel que le Venezuela, la Russie, la Serbie sous Milosevic, la Biélorussie, mais qui tentent de suivre des politiques contraires aux diktats de la « communauté internationale » autoproclamée. Tous ces pays ne sont pas nécessairement attaqués militairement, mais l’image qui est ainsi créée rend l’attaque militaire facile à justifier si et quand celle-ci se produit.

Le reportage sélectif réduit le pays à son dictateur et à des minorités d’« opposants démocrates ». Le dictateur est décrit comme un criminel, sans aucune qualité qui pourrait peut-être expliquer un quelconque soutien populaire dans son propre pays.

Le cas de la Libye.

Le cas de la Libye illustre parfaitement la façon dont cela fonctionne. Des décennies de couverture médiatique biaisée ont convaincu un public occidental dont la seule connaissance de la Libye provient de reportages médiatiques occidentaux, du fait que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi est un criminel et un fou ; par conséquent, il semble évident, aux yeux de ce public occidental, que le peuple libyen souhaite unanimement se débarrasser d’un tel dirigeant.

Il est évident qu’il y a des gens en Libye qui détestent Kadhafi et qui veulent s’en débarrasser. Ce qui n’est pas évident est ce qu’ils veulent mettre à sa place, et dans quelle mesure ils sont réellement représentatifs de la population dans son ensemble.

En Occident la principale raison de détester Kadhafi ces dernières années a été l’explosion du vol Pan Am 103 en 1988 au-dessus de Lockerbie en Écosse. Pendant deux décennies l’assertion selon laquelle le dirigeant libyen était responsable de l’explosion terroriste de Lockerbie a été entretenue dans l’esprit du public par les médias dominants.

En février de cette année, les dirigeants de la rébellion qui émergeait en Libye ont donné des interviews aux médias occidentaux, en prétendant qu’ils avaient des documents prouvant que Kadhafi avait ordonné l’attaque terroriste qui a tué 272 personnes. Mustafa Abdel Jalil, l’ex-ministre de la justice qui dirige le « Conseil National de Transition » avait déclaré au Daily Telegraph que : « les ordres ont été donnés par Kadhafi lui-même ».

Peu de gens en Occident risquent de faire remarquer que, si les dirigeants du TNC possèdent réellement une telle preuve, ils ont été complices de ce crime pendant des décennies. Et les médias occidentaux ne vont pas se poser la question de savoir pourquoi l’habile Kadhafi garderait des documents « prouvant » l’ordre de commettre un acte un acte terroriste pendant 23 ans.

Ces assertions permettent de cimenter les liens entre les dirigeants du TNC et les puissances occidentales, principalement les États-Unis et le Royaume-Uni, et de suggérer une communauté d’intérêt dans la défense de la légalité entre eux, ainsi que contre le « criminel Kadhafi ». Cela permet de construire la fiction de « dirigeants légitimes et représentatifs du peuple libyen », dont les vues sur les droits de l’homme, la démocratie et les méfaits du méchant dictateur Kadhafi coïncident avec les attitudes occidentales, telles qu’elles sont exprimées par les politiciens et les médias occidentaux.

Par implication cela signifie que le peuple libyen aurait dû savoir depuis longtemps que leur dirigeant est un meurtrier à grande échelle. Cela doit être une bonne raison pour laquelle tous les citoyens Libyens décents veulent se débarrasser de lui. Mais est-ce que cette histoire est vraie ?

Lockerbie en Libye.

Ma visite en Libye en janvier 2007, qui avait pour but d’assister à une conférence internationale sur la Cour pénale internationale, m’a donné l’occasion d’avoir des conversations privées avec un certain nombre de Libyens fort éduqués, qui manifestement en savaient beaucoup plus sur l’Occident que l’Occident n’en savait sur leur pays. J’ai été particulièrement intéressée à entendre le point de vue de citoyens libyens non officiels sur deux questions qui à ce moment-là dominaient la perception occidentale de la Libye : Lockerbie et l’affaire des infirmières bulgares. Je dois mentionner que je n’ai jamais eu le moindre contact avec Kadhafi et que la conférence était organisée par des universitaires qui avaient des opinions diverses sur des questions importantes, souvent différentes de celles du Guide, et que cela ne semblait gêner personne. Mais j’ai pu constater que, sur la question de Lockerbie, il y avait deux points sur lesquels tout le monde était d’accord.

D’une part, personne ne pensait que la Libye était responsable de la bombe de Lockerbie. Il leur paraissait évident que la Libye avait été accusée injustement pour des raisons politiques.

D’autre part, il était clair que les sanctions imposées par l’Occident pour punir la Libye de sa culpabilité supposée avaient causé des difficultés et des mécontentements. La force de l’Occident, qui consiste à pouvoir à la fois imposer des sanctions et dominer la projection d’images et l’interprétations des événements, lui donne une capacité d’ingérence très grande dans la politique intérieure des pays visés, parce que beaucoup de gens, surtout des jeunes, veulent vivre dans un pays « normal » et sont tentés de blâmer leurs propres dirigeants comme étant responsables du fait que leur pays soit traité comme un paria par l’Occident. Par conséquent il était généralement admis que Kadhafi avait finalement cédé aux pressions occidentales pour accepter la responsabilité - mais non la culpabilité - pour l’attentat de Lockerbie, uniquement de façon à ce que les sanctions impopulaires soient levées. Le fait qu’il avait accepté de livrer deux citoyens libyens à un tribunal occidental afin qu’ils soient jugés pour ce crime et qu’il ait payé plus de 2 milliards de dollars de compensations aux victimes était explicitement considéré comme n’étant pas une reconnaissance de culpabilité, mais plutôt une réponse au chantage des grandes puissances de façon à normaliser les relations avec elles et à améliorer la vie quotidienne.

Cela ne m’a pas surprise, parce que depuis des années j’avais beaucoup lu sur l’affaire de Lockerbie. Et pas mal de choses avaient été écrites pour montrer la faiblesse de l’accusation, qui était basée sur un scénario très peu plausible (une bombe pour faire sauter un vol transatlantique avait soi-disant été envoyée à travers les aéroports de Malte, Francfort et Londres), les « preuves » techniques avaient été manipulées par des agents de la CIA et un témoin avait été richement récompensé pour un témoignage qui ne s’accordait pas avec les faits. Tout cela a été raconté de nombreuses fois, par exemple dans la London Review of Books, par le juriste britannique Gareth Peirce, en septembre 2009
(“The Framing of al-Megrahi” http://www.lrb.co.uk/v31/n18/peir01_.html).
Mais le fait que l’accusation a été de façon répétée démontée par une analyse soigneuse comme étant probablement une mise en scène n’a pas le moins du monde impressionné les médias dominants et les politiciens qui continuent d’attaquer Kadhafi comme étant le monstre qui a ordonné le massacre de Lockerbie.

On peut ajouter qu’au moment où l’attentat s’est produit, en 1988, il était généralement admis que l’Iran avait ordonné cette attaque pour riposter aux fait que les États-Unis avaient abattu un avion de ligne iranien au dessus du golfe persique. Quand les États-Unis, changeant d’alliance anti-iranienne avec l’Irak pour faire à la guerre contre Sadam Hussein, décidèrent d’accuser la Libye au lieu de l’Iran, aucun mobile du crime n’a été avancé. Mais quand un « dictateur » a été stigmatisé comme monstre, aucun mobile n’est nécessaire ; il a commis ce crime tout simplement parce que c’est la sorte de choses que les méchants dictateurs sont supposés faire.

Les deux employés de ligne libyens qui travaillaient à Malte et qui ont été accusés ont été jugés en 2000, par trois juges écossais, sans jury, et dans un tribunal construit spécialement à cette fin aux Pays-Bas. Un des Libyens a été acquitté et l’autre, Abdel Basset al-Megrahi, a été condamné à 27 ans de prison. L’observateur des Nations unies lors de ce jugement très particulier, Hans Köchler, a déclaré la sentence « incompréhensible », « arbitraire, même irrationnelle » et a fait remarquer « qu’un air de politique de puissance internationale » entourait toute la procédure.

Le 12 novembre 2006 le Glasgow Sunday Herald a cité Michael Scharf, le conseiller juridique du département d’État qui était le conseiller du bureau des États-Unis anti-terroriste quand les deux Libyens ont été poursuivis pour l’explosion de la bombe ; il disait que l’accusation était « tellement pleine de trous qu’elle ressemblait à du gruyère », et il a dit qu’elle n’aurait jamais dû se trouver devant un tribunal. Il a affirmé que la CIA et du FBI avaient assuré aux officiels du département d’État que l’acte d’accusation contre les deux libyens était « en béton », mais, qu’en réalité, les agences de renseignement savaient fort bien, avant le procès, que leur principal témoin était « un menteur ». Mais les grandes puissances ne peuvent pas reculer. Leur sacro-sainte « crédibilité » est en jeu. Elles doivent continuer à mentir pour préserver l’illusion de leur infaillibilité.

Lorsque j’étais à Tripoli, l’équipe de juristes qui défendaient le Libyen condamné essayaient de faire appel devant une cour de justice de plus haut niveau. J’ai pu parler à une des juristes qui défendaient al-Megrahi. J’ai passé un certain temps dans son bureau, en essayant de surmonter sa réticence à parler de cette affaire. Finalement elle a été d’accord pour me parler, mais seulement à condition que la conversation reste confidentielle, de façon à ne pas risquer de faire du tort à la procédure d’appel. Mais, maintenant, les circonstances ont totalement changé.

Voici, en bref, ce qu’elle m’a dit.

Les juges écossais subissaient une énorme pression pour condamner les deux Libyens. Après tout, pendant des années, leur culpabilité avait été claironnée par les États-Unis, qui exigeaient qu’ils soient « amenés devant la justice ». Un tribunal spécial avait été mis en place dans le but évident de les faire condamner. Mais les preuves qui auraient justifié une condamnation devant un tribunal écossais normal n’existaient simplement pas. Le mieux que les juges ont osé faire a été d’acquitter un des accusés et de transférer la responsabilité de l’acquittement de l’autre vers une cour de plus haut niveau. Mais, au grand dam des défenseurs libyens, cette cour a évité d’aborder cette question dangereuse en se déclarant non qualifié pour entendre l’appel. C’est pourquoi un autre appel était en préparation, devant une autre cour d’appel, avec de nouvelles données, qui discréditaient encore plus les arguments de l’accusation.

Et, en fait, cinq mois plus tard, le 28 juin 2007 la Commission écossaise ( Scottish Criminal Cases Review Commission), qui avait analysé cette affaire depuis 2003, a recommandé d’accorder à Abdel Basset al-Megrahi un deuxième appel. La commission a dit qu’elle avait découvert six raisons indépendantes pour estimer que la condamnation pourrait avoir été une injustice. Cette annonce a provoqué une certaine sensation dans les cercles restreints qui suivaient cette affaire. Il semblait que la justice écossaise était assez courageuse pour oser s’affirmer et pour entendre des débats qui mettraient en lumière la mise en scène de la CIA.

Ce genre de choses peut se passer dans des films, mais dans le monde réel il en va autrement.

Un marchandage sordide

Ce qui s’est passé ensuite a permis la mise en route des attaques de l’OTAN contre la Libye cette année.

Tout d’abord, le temps passa. Deux ans plus tard, en avril 2009, l’appel devait finalement être entendu. Mais, en attendant, des négociations secrètes se passaient en coulisses, au milieu de fuites et de rumeurs.

Le 21 août 2009, invoquant le fait qu’il souffrait d’un cancer terminal, Abdel Basset Ali Mohmed al-Megrahi fut libéré de prison en Écosse par le ministre écossais de la justice Kenny MacAskill afin qu’il puisse « rentrer chez lui pour mourir ».

Or, en 2007, Tony Blair s’est rendu en Libye pour négocier un accord entre la Libye et la Grande-Bretagne avec Kadhafi, accord qui couvrait les extraditions et les transferts de prisonniers. Et c’est au nom de cet accord sur le transfert de prisonniers que les autorités libyennes ont demandé que Megrahi puisse rentrer chez lui à cause de sa maladie.

Mais il y avait une attrape : cet accord de transfert de prisonniers ne pouvait être appliqué que lorsqu’il n’y avait pas de procédures légales en cours. Ainsi, afin de bénéficier de cet accord, Megrahi a dû laisser tomber son appel.

La question est encore rendue plus confuse par le fait qu’il a été libéré formellement sur base de la « compassion ». D’une façon ou d’une autre, l’accord était clair : Megrahi pouvait rentrer chez lui, mais l’appel était mort. Hans Kochler, observateur spécial nommé par les Nations unies au tribunal de Lockerbie pensait que Megrahi pouvait avoir été soumis à un chantage « moralement scandaleux » pour qu’il abandonne son appel à l’encontre de sa volonté.

L’aspect sordide de ce marchandage est qu’il a privé Megrahi du droit de sauver sa réputation, tout en permettant que la mise en scène de la CIA ne soit jamais officiellement dévoilée. Rien ne s’opposait ainsi au choeur de protestations occidentales dénonçant l’Écosse pour avoir « libéré celui qui avait placé la bombe de Lockerbie ». Deux ans plus tard, la nouvelle que Megrahi n’était pas encore mort a suscité une nouvelle indignation dans les médias occidentaux, qui ont vu là une preuve du fait que la Grande-Bretagne a « vendu le responsable de la bombe de Lockerbie pour du pétrole libyen ». Évidemment il fallait donner l’impression que l’habile dictateur libyen avait trompé des Britanniques naïfs mais cupides, qui ont trahi leurs principes pour du pétrole.

Mais il est tout aussi probable que ce soit le dictateur libyen naïf qui ait été trompé par des Britanniques sans scrupules, en pensant qu’il avait passé avec eux un “gentleman’s agreement”. Plutôt que de poursuivre un appel qui risquait de causer un embarras extrême aux autorités occidentales, Megrahi pouvait être libéré et toute l’affaire être oubliée. Mais les médias occidentaux ont prétendu être scandalisés par le fait que ce meurtrier condamné pour un crime massif y était reçu en héros. En réalité, il fut reçu chez lui assez discrètement, mais en tant qu’innocent injustement condamné et non en tant que meurtrier de masse. Et dès qu’il a pu se faire entendre, il a réitéré son désir de prouver son innocence.

Les infirmières bulgares

L’autre sujet sur lequel j’ai posé des questions lorsque j’étais à Tripoli en 2007 étais le sort des infirmières bulgares. En 2004, 5 infirmières bulgares et un médecin palestinien qui travaillaient dans un hôpital de Benghazi ont été condamnés à mort pour avoir soi-disant infecté le virus IHV à des enfants. Tout le monde en Occident, moi-même y compris, supposait que cela était une extraordinaire injustice. Lorsque j’ai soulevé cette question en compagnie d’intellectuels libyens libéraux, très occidentalisés, je m’attendais à entendre des critiques sévères du dictateur, pour avoir persécuté des travailleurs de la santé sans défense. J’étais fort surprise lorsque la réaction fut quelque peu différente.

« Évidemment qu’ils sont innocents », dis-je.

L’homme à qui je parlais, que je pourrais vaguement décrire comme étant anti-Kadhafi, hocha sa tête. « Ce n’est pas si clair » répondit-il. Et c’est ainsi que j’ai commencé à apprendre ce qui fut expliqué quelques mois plus tard par Harriet Washington dans un article du New York Times, où on pouvait lire :

« Les preuves contre l’équipe médicale bulgare, telles que les fioles contaminées avec du virus IHV découvertes dans leurs appartements, ont toujours semblé ridicules aux yeux des occidentaux. Mais le fait de rejeter les accusations libyennes de malfaisance médicale d’un revers de main nous fait rater une possibilité de comprendre pourquoi la suspicion à l’égard de la médecine est tellement répandue en Afrique. »

« L’Afrique a eu sur son sol un certain nombre de brigands médicaux occidentaux, qui ont intentionnellement administré des substances mortelles en prétendant soigner ou conduire des recherches scientifiques »
http://banthenword.org/news/publish/essays/Harriet_A_Washing...

Mes conversations en Libye ne m’ont pas convaincue que les travailleurs de la santé bulgares étaient coupables, mais elles m’ont permis d’avoir un autre regard sur le point de vue libyen. Sur le continent africain, il est assez facile, même pour des gens très rationnels, de croire que des travailleurs de la santé étrangers pourraient avoir été payés pour infecter des enfants, soit pour des raisons expérimentales, soit pour « déstabiliser » le système de santé publique. De plus, il était évident que ce n’était pas un exemple de plus du « dictateur Kadhafi » persécutant des innocents. L’arrestation, la torture et la condamnation des infirmières bulgares ont été le fait des autorités de Benghazi. En fait, le 11 mars, un jour après que la France eut reconnu le conseil national de transition rebelle comme « seul représentant légitime du peuple libyen », le premier ministre bulgare Boyko Borisov s’est plaint lors d’un sommet européen à Bruxelles que des membres clés de ce conseil « étaient les gens qui avaient torturé les travailleurs de la santé bulgares pendant huit ans, et que cela nous a coûté près de 60 millions de dollars » de réparations pour les enfants infectés et leurs familles
(http://euobserver.com/9/31976/?rk=1 ).

En janvier 2007, les gens de Tripoli m’ont assurée que la condamnation à mort des infirmières ne serait jamais mise en application. Cela était vrai. En août 2007, les travailleurs médicaux ont été libérés par la famille Kadhafi et on les a autorisés à rentrer en Bulgarie, après un voyage en Libye très médiatisé de celle qui était à l’époque la femme du président Sarkozy, Cecilia. Cette libération a été présentée comme la réconciliation finale entre la Libye de Kadhafi et l’Europe.


Conclusions

Je me suis abstenue d’écrire sur ce sujet pendant des années, parce que je pense ne pas en connaître assez à propos de la Libye. Mais, maintenant, je vois d’autres personnes, qui en savent encore moins que moi, argumenter avec force pour que l’OTAN soutienne des rebelles dans une guerre civile dont les motifs et les conséquences réelles sont obscures.

Ma première conclusion est de faire remarquer que le simple fait qu’un pays ne soit pas une démocratie de style occidental ne signifie pas que tout ce qui s’y passe est « dicté » par un « dictateur ». Le terme « dictateur » sert à renforcer la paresse des médias et des politiciens, qui ne se donnent pas la peine d’analyser les complexités d’une société qui ne leur est pas familière.

Ma deuxième et dernière conclusion c’est que nous en Occident n’avons ni le droit ni la capacité de « réparer » ces sociétés peu familières telles que la Libye, que nous rejetons comme étant des « dictatures ». Alors que la crise financière risque d’amener le niveau de vie dans une partie de l’Occident en dessous de ce qu’il était dans la Libye de Kadhafi avant que l’OTAN n’intervienne, notre « démocratie » occidentale risque d’être graduellement réduite à n’être plus qu’une excuse idéologique pour attaquer, ravager et piller d’autres pays.

Diana Johnstone




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Mardi 23 Août 2011

C’est l’OTAN
qui est à la conquête de Tripoli

Manlio DINUCCI

Une photo publiée par le New York Times raconte, plus que beaucoup de paroles, ce qui est en train d’arriver en Libye : elle montre le corps carbonisé d’un soldat de l’armée gouvernementale, à côté des restes d’un véhicule brûlé, avec trois rebelles autour qui le regardent avec curiosité. Ce sont eux qui témoignent que le soldat a été tué par un raid de l’OTAN. En moins de cinq mois, informe le Commandement conjoint allié de Naples, l’OTAN a effectué plus de 20mille raids aériens, dont 8mille d’attaques par bombes et missiles. Cette action, déclarent au New York Times de hauts fonctionnaires étasuniens et OTAN, a été décisive pour resserrer l’étau autour de Tripoli.

Les attaques sont devenues de plus en plus précises, détruisant les infrastructures libyennes et empêchant ainsi le commandement de Tripoli de contrôler et d’approvisionner ses forces. Aux chasseurs-bombardiers qui larguent des bombes à guidage laser d’une tonne, dont les têtes pénétrantes à l’uranium appauvri et tungstène peuvent détruire des édifices renforcés, se sont joints les hélicoptères de combat, dotés des systèmes d’armements les plus modernes. Parmi eux, le missile à guidage laser Hellfire, qui est lancé à 8Kms de l’objectif, utilisé aussi en Libye par les avions télécommandés étasuniens Predator/Reaper.

Les objectifs sont repérés non seulement par les avions radar Awacs, qui décollent de Trapani (côte sud-ouest de la Sicile), et par les Predator italiens qui décollent d’Amendola (Foggia, province des Pouilles), en survolant la Libye 24h/24. Ils sont aussi signalés -indiquent au New York Times les fonctionnaires OTAN- par les rebelles. Ceux-ci, tout en étant « mal entraînés et mal organisés », sont en mesure, « grâce des technologies fournies par des pays de l’OTAN », de transmettre d’importantes informations au « team OTAN en Italie, qui choisit les objectifs à frapper ». De plus, rapportent les fonctionnaires, « la Grande-Bretagne, la France et d’autres pays ont déployé des forces spéciales sur le terrain en Libye ». Officiellement pour entraîner et armer les rebelles, en réalité surtout pour des tâches opérationnelles.

On voit ainsi émerger le cadre réel. Si les rebelles sont arrivés à Tripoli, c’est dû non pas à leur capacité de combat, mais au fait que les chasseurs-bombardiers, les hélicoptères et les Predator de l’OTAN leur ouvrent la voie, en pratiquant la terre brûlée. Au sens littéral du terme, comme le montre le corps du soldat libyen carbonisé par le raid OTAN. En d’autres termes, on a créé à l’usage des media l’image d’une résistance avec une force capable de battre une armée professionnelle. Même si, évidemment des rebelles meurent dans les affrontements, ce ne sont pas eux qui sont en train de s’emparer de Tripoli. C’est l’OTAN qui, forte d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, est en train de démolir un Etat au motif de défendre les civils. De toute évidence, depuis qu’il y a un siècle les troupes italiennes débarquèrent à Tripoli, l’art de la guerre coloniale a fait de grands pas en avant.


Manlio DINUCCI




Edition de mardi 23 juillet de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio




















Tony Cartalucci
Mardi 23 Août 2011

Guerre impérialiste en Libye :
le gros coup de propagande de l’OTAN s’essouffle,
la bataille de Tripoli
est une psyop du commandement de l’OTAN ! Attendons nous à plus de crimes à venir…





Une fois de plus un Kadhafi défiant et résolu sort vainqueur de ce bras de fer avec la force toute puissante de l’OTAN, qui inclut une campagne meurtrière de bombardements, suivie par le soutien au sol des forces spéciales de l’OTAN, incluant des militaires des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne de la France et du Qatar, qui ont appuyés les bandits d’Al Qaïda qui avaient investis Tripoli ce week-end. Les “illustres” agences de presse du gouvernement qatari Al Jazeera ont été exposées, jusqu’aux fraudes maintenant exposées au grand jour de CNN, BBC, Reuters, AP, AFP, qui ont été prises la main dans le sac à perpétrer une campagne de propagande de guerre concertée afin de vaincre la résistance psychologique du peuple libyen, surtout celui de Tripoli. (légende le la photo sur l’article original): Photo prise cette nuit du fils de Kadhafi Saif Al-Islam, qui avait été “confirmé” capturé et prêt à être transféré à cette cour pénale illégale internationale; il est en fait bien libre et mène les efforts de repousser les assassins d’Al Qaïda soutenus par l’OTAN de Tripoli.
Des rapports que le fils de Kadhafi Saif Al-Islam avait été capturé par les rebelles libyens, ont émané des agences médiatiques partiales et cette information qui fut “confirmée” par la cour pénale internationale sponsorisée par les Fortune 500 de ce monde, annonça même que Saif Al-Islam était prêt pour un transfert à la Hague. Il apparaît désormais que l’intéressé soit bel et bien libre et qu’il soit apparu devant des journalistes logés à l’hôtel Rixos au sud de Tripoli; il était accompagné de forces militaires libyennes loyalistes et il menait apparemment une contre-attaque d’envergure. Il apparaît de fait que les opérations de l’OTAN en Libye se terminent comme elles ont commencé: sur la base d’un paquet de mensonges éhontés (Please see March’s “Libya: Another War, Another Pack of Lies “)
Tout ce qui nous a été dit, des annonces d’Obama depuis son téléprompteur au boss de de la cour pénale internationale Luis Moreno-Ocampo qui déclara la capture “confirmée” de Saif Al-Islam, en passant par les médias de masse et au “conseil national de transition” libyen infesté d’agents d’Al Qaïda, tout cela est maintenant exposé au grand jour, des mensonges vérifiés de ce qui risque de devenir la plus grosse opération de guerre psychologique de l’histoire moderne. Al Jazeera, qui était déjà en train de programmer le narratif des “derniers jours de Kadhafi”, est obligée de faire face à la réalité et aux preuves de plus en plus irréfutables que l’opération rebelle à Tripoli était une manœuvre de propagande et de guerre psychologique sur-gonflée et que la réalité s’affirme être que Kadhafi et le peuple libyen ont exposé ce gros bluff de l’OTAN.
Juste pour illustrer combien les médias occidentaux sont devenus absurdes au travers de leurs mensonges répétés se brisant sur le roc de la réalité, une tentative de sauver la face en regard de La “capture de Saif” fut effectuée devant les journalistes de l’hôtel Rixos, où Al Jazeera rapporta que les leaders des rebelles avaient eu la confirmation que Saif Al-Islam avait bien été capturé mais “qu’ils n’avaient aucune idée du comment il s’était échappé” (NdT: info relayé par le Figaro en France). Pour aider les médias, simplement suggérons le fait que Saif ne fut jamais appréhendé et que l’annonce de sa capture n’était en fait qu’un plan de déception afin de faire croire que le momentum de la bataille était définitivement du côté de l’OTAN. (Pour plus de mensonges du département d’état américain à travers les médias, veuillez consulter ce lien: “Libyan Rebels Lying Left and Right )





La cour pénale internationale “confirme” le mensonge vérifié que Saif Al-Islam a été capturé par les rebelles (NdT: voir la capture d’écran sur l’article original). Le procureur de la cour Luis Moreno-Ocampo déclare dans une bordée de mensonges que “nous avons l’information confidentielle émanant de plusieurs sources que noius avons en Libye qui confirme cette information”. Il continue: “Il est très important de notifier clairement qu’il y a une obligation de transférer Saif à la cour pénale internationale en accord avec la résolution des Nations-Unies.” Ceci renforcé par la déclaration du boss de l’ONU Ban Ki-Moon qui a dit que la “communauté internationale” se doit d’obtempérer avec la CPI. Nous voyons se dérouler devant nos yeux les exactions d’une organisation criminelle de menteurs et de dégénérés dans des proportions encore jamais atteintes.
Ce qui va suivre est incertain. Avec le président du Council on Foreign relations (CFR) Richard Haas et d’autres officiels demandant un débarquement urgent et une occupation de la Libye par les forces de l’OTAN, il semble que ces gens savaient à quel point de faiblesse était la position des rebelles dans Tripoli. Comme nous l’avons expliqué auparavant, la guerre de Libye va bien au-delà de l’appropriation des biens d’une nation, il s’agit d’établir plus avant l’ordre international Wall Street-City de Londres et sa primauté sur les états-nations. Un échec de l’OTAN en Libye compliquerait très certainement les opérations déjà planifiées contre la Syrie, l’Iran et sur la périphérie de la Russie et de la Chine.
Alors qu’il apparaît de plus en plus que la dernière chance de charge meurtrière de l’OTAN a échoué, avec tant d’enjeux sur la table, tout devient possible, du tapis de bombes à une invasion terrestre des forces de l’OTAN sous le déguisement d’une “mission de paix” de l’ONU ou aux forces d’occupation préconisées par Haas, ce sont des possibilités qui sont en cours de planification.
Ce que nous savons pour sûr, c’est que “l’élite” de la finance et de l’industrie est désespérée et aussi combien elle contrôle de manière absolue les médias de masse. Une telle campagne de désinformation et de propagande à cette échelle ne peut être possible que si chaque agence de presse de l’AP, Reuters, BBC, Guardian, Telegraph, New York Times, CNN, Al Jazeera aux autres (NdT: en France de l’AFP à tous les canards de masse, chaînes de télé et de radio; idem pour le reste de l’Europe…), est complètement compromise et assujettie aux intérêts de la finance et des corporations multinationales.
La liste qui suit montre qu’effectivement, beaucoup de ces “agences de presse” partagent des affinités et appartenances communes avec quelques uns des intérêts financiers et industriels sur terre, présentant un énorme conflit d’intérêt et ainsi produisant une duplicité sans équivoque.
Council on Foreign Relations
Chatham House (Major Corporate Members )
Chatham House (Corporate Members )
Chatham House (Corporate Partners )
Brookings Institution (page 20 of Annual Report )
Quand nous voyons les représentants de Reuters assis côte à côte de ceux de BP, Exxon, Chevron au sein des halls du CFR et de Chatham House et ensuite nous voyons des rapports de presse encensant les compagnies occidentales du pétrole qui remplacent les investissements chinois et russes en Libye, leur duplicité et leur manque totale d’indépendance devient plus qu’évident. Ces organisations médiatiques ne sont en fait que des agences de relation publique pour les entreprises du Fortune 500 et leur but collectif est de réaliser l’avènement d’un empire global d’une nation à l’autre. Pour l’heure, ils sont suffisamment obssédés par la Libye et des implications de la conclusion de l’affaire sur leur futures conquêtes planifiées, la prochaine sur la liste étant la Syrie.
Il serait sage pour ceux suivant le déferlement meurtrier de l’OTAN en Libye d’abandonner toute confiance en ces agences telles Reuters, AP, BBC, CNN, MSNBC, CBS, NBC, ABC (NdT: de la clique habituelle chez nous: TV, Radio, canards de masse…), ainsi que dans tous les “journaux réputés” qui gâchent espace et papier dans les porte-journaux de la nation, et dont les destinés sont liées inextricablement aux intérêts de la haute finance et de l’industrie multinationale, et qui fondent tout espoir sur une victoire de l’OTAN en Libye.
Au lieu de cela, il serait bon de vous investir dans des sources d’information alternative, ainsi que de vous motiver à rechercher par vous-même les informations les plus viables et solides. Prenons tous bonne note de la nécessité de boycotter et de remplacer tout ce qui touche de près ou de loin au cartel des Fortune 500, ceci incluant bien évidemment leur armée de menteurs professionnels connue sous le nom de “presse de masse” écrite et audio-visuelle.




Tony Cartalucci  is rédacteur en chef du  Land Destoyer Report










Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 11:55

 

 

Mais le Quatar a oublié de soigner certains détails dans les décors. On n'y croyait pas, on se disait qu'ils n'oseraient pas aller jusque là et pourtant ...

 

La liberté d'expression et d'information s'arrête là où commence la dictature de l'OTAN.


 

L'OTAN affirme que la capitale est cernée, coupé. Ces affirmations sont de fabrication totale. Ils affirment que le gouvernement est sur le point de s'effondrer, à nouveau.

Encore une totale fabrication. Pour ceux d'entre nous qui savent mieux, il est extrêmement gênant, pour dire le moins, une mascarade, encore une, de l'OTAN !

L'OTAN a une nouvelle fois essayé d'utiliser ses médias menteurs pour créer l'illusion d'une fausse victoire imminente de l'OTAN en Libye.

Personne n'est prêt en Libye à tout abandonner pour les ambitions coloniales de l'Occident.

Vous pouvez presque sentir le sang et la luxure du désespoir de l'OTAN, désespéré pour une sorte de succès, d'un nouveau genre, fabriqué à l'aide des médias. Donc il n'y aura pas de célébrations à Paris, Londres ou Washington.

La confiance est élevé en Libye. Les gens se regroupent plus que jamais depuis que la menace à leur mode de vie n'a jamais été aussi grande. Les agresseurs, les envahisseurs, les bombardiers ont gagné le cœur de personne et ni des esprits.


L'OTAN a gagné en effet.... Dans un décor  de cinéma au Qatar.

La rumeur existait et la réalité aussi, cela n'a pas échappé à l'oeil averti des connaisseurs :



La victoire de l'OTAN
dans les studio de cinéma à Doha au Qatar :



doha




dernières  nouvelles

00:25: Il y a 10 mn : Tout va bien a tripoli et kadhafi a fait un discours disant que ses fils vont bien et que tripoli est sous contrôle...

 
02:12 : Seif El Islam parade en ce moment même dans Tripoli sous les objectifs des caméras de télévisions. AlJazeera a été obligé d'annoncer que le fils de Kadhafi n'a pas été aretté comme ils le prétendaient précedemment. Seif Al Ialam va donner une conférence de presse dans quelques minutes qui sera retransmise sur les chaine tv internationales. La fête est à l'honneur dans Tripoli accompagné de feux d'artifices pour célébrer la victoire contre les voyoux de l'OTAN.

03:52 : Benghazi : Des violents affrontements et des tirs entendus après l'apparition de Saif Al Islam Kadhafi sur la chaine qatarienne Aljazeera et les autres chaines d'informations. Les habitants de Benghazi sont descendus dans les rues en scandant "Nous voulons, nous voulons Saif Al Islam et son père" et en insultant le Conseil National de Transition (CNT) de menteur. Benghazi se révolte!!!

 

Voici les dernieres actualités de la Libye 04:00

· Comme j’ai confirmé hier Tripoli est toujours sous contrôle et Saif Al Islam et ses frères sont en sécurité. Confirmé finalement par Reuters et AFP.


· L’OTAN a fait un débarquement des insurgés à Zoara. Selon un ami de Regdaline (ville voisine).


· Le centre de la télévision libyenne à Syrte a été bombardé. Absence total de toutes chaines télévisées.


· Le centre de télécommunication libyenne est maintenant sous piratage et sous contrôle total inclus les réseaux portables et les services internet Wimax.


· Retour (vers minut) de service de télécommunication fixe dans certaines villes comme Sabha (sud) et Aljmeel et Regdaline (west).


· Selon le porte-parole de gouvernement libyen Dr. Mousa IBRAHIM plus de 75 pour cents de Tripoli est sous contrôle. Aussi, les Tripolitains ne supportent pas les insurgés. Selon lui la ville de Brega est toujours sous contrôle.


· Retour partiel des services internet de Libyana tard ce soir


· Tripoli est beaucoup plus calme qu'hier. Ouverture de l’autoroute Janzour-Tripoli, selon un ami contacté par Skype . Retour quasi total de l'éléctricité.


· Les bombardements de L’OTAN continuent ainsi que ceux des médiamensonges.

Restant à votre disposition
Kamis

La voix des opprimés

 

Une chose est certaine, ils nous sera difficile de connaitre la vérité. La liberté d'expression et d'information s'arrête là où commence la dictature de l'OTAN.

 

sur Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-mediamensonges-tripol-82331394.html

 

à Lire aussi : 

Lundi 22 août 2011

Les mensonges au sujet de la guerre en Libye sont pires que ceux qui ont été faits au sujet de l’Irak


Situation actuelle en Libye Brigitte Queck Hans-Jürgen Falkenhagen (2) Traduit par Michèle Mialane (3) On apprend qu’en Libye les bombardements aériens massifs de l’OTAN se poursuivent sans répit. Il est fait état d’environ 20 000 attaques aériennes depuis le début de l’agression. À Tripoli, les antennes de l’émetteur de télévision ont été en grande partie paralysées depuis le 29 juin 2011 par suite de la destruction de trois satellites au cours d’une attaque. Le but de l […]

Publié dans : LIBYE,SYRIE,AFRIQUE, MOYEN ORIENT, INGERENCE
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Libye, la monstruosité
de l'impérialisme humanitaire
disséqué par Pepe Escobar


Auteur : M'sili - Source : Le blog de Mounadil al Jazaïri



Même si tout n’est peut-être pas encore terminé en Libye, on peut dire que dans son combat, le colonel Kadhafi, sa famille et ceux qui en Libye lui sont restés fidèles n’ont pas manqué de courage et même de panache. Certes Kadhafi est un dictateur au visage boursouflé par le botox mais il a fait preuve d’une classe qui fait défaut à ses adversaires occidentaux, de Sarkozy à Cameron en passant par Obama et le Canadien Harper. Pour tout dire, la France avait fait beaucoup moins bien avant de demander un armistice au Reich allemand en juin 1940.

Ils ont parfaitement fait honneur au nom de leur pays, Libye, un nom que déjà les Egyptiens anciens prononçaient alors que le monde civilisé n’avait que vaguement entendu parler du Gharb, ce mot sémitique qui donnera Europe. Les Lebou ou Libyens étaient en effet ces tribus et Etats berbères qui affrontaient régulièrement l’Egypte des Pharaons, la superpuissance de l’époque. Une dynastie impériale égyptienne au moins sera d’ailleurs d’origine libyenne.

Au nom du Parti Socialiste français, Harlem Désir déclare se réjouir de la fin
du « régime dictatorial » libyen. De fait, le PS de Martine Aubry a soutenu dès le début l’aventure néocoloniale lancée par MM. Sarkozy et Cameron. Ce n’est pas une erreur d’appréciation ou d’analyse de la part des dirigeants socialistes mais simplement un signe de leur adhésion idéologique à ce genre d’entreprises.

Après tout, Bernard Kouchner, le pionnier du retour aux vertus de l’ingérence humanitaire ne fricotait-il pas avec le PS avant d’aller rejoindre le gouvernement de M. Fillon ? Il y a des logiques profondes que l’enrobage des discours peine pourtant à masquer complètement.

Et au fond, quand on écoute Me Thibault de Montbrial, avocat en France de Mme Nefissatou Diallo, on est confondu par le niveau de la gangrène qui pourrit le Parti Socialiste.

Il faut beaucoup de sang froid, d’informations et d’esprit d’analyse pour naviguer dans le brouillard et les écrans de fumée de la propagande occidentale. C’est ce que fait, il n’est bien sûr pas le seul, avec brio Pepe Escobar dans un article d’Asia Times où il expose non seulement les objectifs stratégiques et économiques de l’OTAN et des Etats Unis en Libye, mais aussi la structure de l’alliance «démocratique et humanitaire» où se mêlent des démocraties reconnues comme le Royaume Uni et les nouvelles grandes démocraties que sont la Jordanie ou l’Arabie Saoudite. Martine Aubry ne pipe mot à ce sujet d’ailleurs.

Enfin il explique en quoi a consisté l’opération «Sirène », une action planifiée de bout en bout par l’OTAN qui n’a ménagé non plus aucun effort logistique, sans parler de sa contribution en hommes et sans omettre bien sûr des opérations massives de bombardements dont les victimes civiles se comptent pas milliers.

Lisez attentivement l’article, il nous permet de comprendre plus précisément la nature monstrueuse et foncièrement inhumaine de ces puissances qui prétendent agir à des fins humanitaires.




Bienvenue à la ‘démocratie’ libyenne

par Pepe Escobar, Asia Times (Hong Kong) 24 août 2011

Big Kadhafi vient à peine de quitter les lieux – le complexe de Bab-al-Azizia – que les vautours occidentaux tournoient déjà au-dessus; c’est la ruée pour s’emparer du “gros lot” – les ressources pétrolières et gazières libyennes.

La Libye est autant un pion dans une importante partie d’échecs géopolitique, géo-économique et géostratégique qu’une saynette moralisatrice présentée sous forme de reality-show ; des “rebelles” idéalistes gagnent contre l’ennemi public N°1. Autrefois, cet ennemi public était Saddam Hussein puis Oussama ben Laden et c’est aujourd’hui Mouammar Kadhafi. Demain ce sera le président Bachar al-Assad en Syrie, un jour ce sera le president mahmoud Ahmadinejad. L’ennemi n’est jamais l’ultra-réactionnaire famille Saoud d’Arabie.

Comment l’OTAN a gagné la guerre









Malgré la spectaculaire réapparition du fils de Kadhafi Seif al-Islam, l’OTAN a pratiquement gagné la guerre civile libyenne (ou “activité militaire kinétique,” selon la Maison Blanche). Les masses « populaires libyennes » ont été au mieux spectatrices, ou en petite partie actrices sous la forme de quelques milliers de « rebelles » munis de kalashnikovs.

Le haut de l’affiche a été tenu par la R2P (Responsabilty To Protect, “devoir de protéger”). Dès le début, la R2P brandie par la France et la Grande Bretagne avec le soutien des Etats Unis s’est comme par enchantement muée en changement de régime. Ce qui a amené dans cette production des acteurs non cités dans le casting: des “conseillers” fournis par les monarchies arabes ainsi que des “contractors” ou “mercenaires”.

L’OTAN a commence à l’emporter en déclenchant l’opération Sirène au moment de l’Iftar (rupture du jeune du mois de Ramadan – samedi soir dernier. « Sirène » était un nom de code pour l’invasion de Tripoli. C’était le coup de force final – et désespéré – de l’OTAN après que l’absence complète de résultats des rebelles chaotiques après cinq mois de lutte contre les troupes de Kadhafi.

Jusqu’alors, le plan A de l’OTAN avait été d’essayer de tuer Kadhafi. Ce que la claque de la R2P – de droite comme de gauche – a baptisé « l’usure régulière de l’OTAN » se résumait à prier pour trois résultats : Kadhafi est tué, Kadhafi se rend, Kadhafi fuit.

Non que rien de tout ça ait empêché des bombes de tomber sur des maisons, des universités, des hôpitaux où même près du ministère des affaires étrangères. Tout – et tout le monde – était une cible. “Sirène” comportait une distribution haute en couleurs de “rebelles de l’OTAN”, de fanatiques islamistes, de journalistes crédules « embedded », des foules enthousiastes pour la télévision, et des jeunes de Cyrénaïque manipulés par des transfuges opportunistes du régime de Kadhafi qui s’attendent à de gros chèques de la part des géants pétroliers Total et BP.





Avec “Sirène”, l’OTAN est arrivée dans le flamboiement (au sens littéral) de toutes ses armes: des hélicoptères Apache tirant sans discontinuer et des avions bombardant tout ce qui ce qui est à leur portée. L’OTAN a supervise le débarquement de centaines de combattants venus de Misrata, à l’est de Tripoli tandis qu’un bateau de guerre de l’OTAN leur fournissait des armes lourdes.

Rien que dans la journée de dimanche, il y dû avoir 1300 civils tués à Tripoli et au moins 5000 blessés. Le ministère de la santé a annoncé que les hôpitaux étaient débordés. Quiconque croyait à ce moment là que les bombardements incessants de l’OTAN avaient quelque chose à voir avec le « devoir de protéger » et la résolution 1973 de l’ONU s’est retrouvé dans une unité de soins intensifs.

L’OTAN a fait précéder “Sirène” par des bombardements intensifs sur Zawiya – une ville clef avec sa raffinerie de pétrole à 50 kilomètres à l’ouest de Tripoli. Ce qui a stoppé l’approvisionnement de Tripoli en carburant. Selon l’OTAN elle-même, au moins la moitié des forces armées libyennes a été “dégradée” – le Pentagone parle ainsi des tués ou des blesses graves. Ce qui signifie des dizaines de milliers de morts. Ce qui explique aussi la disparition mystérieuse des 65 000 soldats chargés de défendre tripoli. Et explique aussi largement pourquoi le régime de Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, s’est alors effondré en à peine 24 heures.

Le lancement de l’opération Sirène par l’OTAN – après 20 000 sorties aériennes et 7 500 frappes sur des cibles au sol – n’a été rendu possible que par une décision cruciale de l’administration Obama début juillet, autorisant, ainsi que l’avait rapport le Washington Post, « le partage des matériaux les plus sensible avec l’OTAN, y compris l’imagerie et les interceptions de signaux qui pouvaient être transmises aux forces spéciales françaises et britanniques sur le terrain en plus des aviateurs dans le ciel. »

C’est que, sans la puissance de feu inégalée du Pentagone, son know how, ses satellites et ses drones, l’OTAN serait encore empêtrée dans l’Opération Bourbier Interminable – et l’administration Obama ne pourrait pas savourer une grande victoire dans ce « drame kinétique. »

Qui sont ces gens ?

Qui sont ces gens qui ont soudainement manifesté bruyamment leur joie sur les écrans de télévision européens et US? Après les sourires pour les caméras et les tirs en l’air à la Kalashnikov, préparez-vous à quelques grands feux d’artifice fratricides.

Les troubles ethniques et tribaux sont condamnés à exploser. Beaucoup de Berbères venus des montagnes de l’ouest et qui sont entrés à tripoli par le sud ce dernier weekend sont des salafistes rigoristes. Il en va de même avec la nébuleuse salafiste/Frères Musulmans de Cyrénaïque qui a été entraînée militairement pas les agents de la CIA présents sur le terrain. Autant ces fondamentalistes se sont servis » des Européens et des Américains pour se rapprocher du pouvoir, autant ils pourraient se transformer en force de guérilla agressive en cas de marginalisation par les nouveaux maîtres de l’OTAN.

La grande “révolution” basée à Benghazi, vendue à l’Occident comme un mouvement populaire a toujours été un mythe. Il y a seulement deux mois, les « révolutionnaires » en armes étaient à peine un millier. La solution de l’OTAN a été de bâtir une armée de mercenaires – avec toutes sortes de types louches allant d’anciens membres des escadrons de la mort colombiens à des recruteurs venus du Qatar et des Emirats Arabes Unis qui ont ramassé de nombreux Tunisiens au chômage et des membres de tribus mécontents de Tripoli. Tout ça en plus de l’équipe de mercenaires de la CIA – salafistes de Derna et de Benghazi – et de l’équipe se la famille Saoud – le gang des Frères Musulmans.

Il est difficile de ne pas se souvenir du gang de ka drogue de l’UCK au Kosovo –la guerre que l’OTAN avait “gagnée” dans les Balkans. Ou des pakistanais et des Saoudiens, soutenus par les Etats Unis, qui armaient les « combattants de la liberté » en Afghanistan dans les années 1980..

Et nous avons maintenant l’équipage de personnages douteux du Conseil National de Transition basé à Benghazi.

Son chef, Mustapha Abdeljalil, ministre de la justice de Kadhafi de 2007 jusqu’à sa d&mission le 26 février a étudié la charia et le droit civil à l’université de Libye. Ce qui pourrait lui permettre de croiser le fer intellectuellement avec les fondamentalistes islamiques à Benghazi, el-Beïda et Derna – mais il pourrait utiliser ses compétences pour faire avancer leurs intérêts dans un arrangement pour le partage du pouvoir.

Quant à Mahmoud Jibril, le président du bureau executive du Conseil, il a étudié à l’université du Caire puis à celle de Pittsburgh. Il est l’homme clef de la connexion qatarie – car il a travaillé dans la gestion des avoirs de Sheukha Mozah, l’épouse très en vue de l’émir du Qatar.

Il y a aussi le fils du dernier monarque de Libye, le roi Idriss, déposée par Kadhafi il y a 42 ans (sans effusion de sang); la famille royale saoudienne adorerait une nouvelle monarchie en Afrique du Nord. Et le fils d’Omar Mokhtar, le héros de la résistance contre la colonisation italienne – une personnalité plus séculière..

Le nouvel Irak ?

Croire que l’OTAN va gagner la guerre et laisser les “rebelles” assumer le pouvoir relève de la blague. Reuters a déjà signalé qu’une « force relais” d’environ 1 000 soldats du Qatar, des Emirats et de Jordanie va venir à Tripoli pour faire la police. Et le Pentagone laisse déjà entendre que des soldats US seront sur le terrain pour “contribuer à sécuriser les armes”. Une délicate attention qui donne à comprendre qui sera réellement aux responsabilités : les néo-colonialistes « humanitaires » et leurs sous-fifres Arabes.

Abdel Fatah Younis, le commandant “rebelle” tué par les rebelles eux-mêmes, était la carte des services secrets français. Il a été tué par la faction des Frères Musulmans – au moment même où Nicolas Sarkozy tentait de négocier la fin de la partie avec Seif al-Islam Kadhafi, le fils de Kadhafi étudiant de la London School of Economics de retour de chez les morts.

Les grands gagnants sont donc, au final, Londres, Washington, la monarchie saoudienne et les Qataris (ils ont envoyé des avions de guerre et des « conseillers », ils gèrent déjà les ventes de pétrole). Avec une mention spéciale pour le complexe Pentagone/OTAN – considérant qu’Africom mettra finalement en place sa première base africaine en Méditerranée, et que l’OTAN se rapproche du moment où elle pourra déclare la méditerranée « lac OTAN. »

L’islamisme? Le tribalisme? Ce pourraient être les moindres maux de la Libye comparé à un nouvel Eldorado ouvert au néo-libéralisme. Il n’est guère douteux que les nouveaux maîtres Occidentaux vont essayer de recréer une version plus sympathique de l’infâme et rapace Autorité Provisoire de la Coalition, et de transformer la Libye en rêve idéal des néoèlibéraux en s’appropriant 100 % des avoirs libyens, en s’assurant le rapatriement de l’ensemble des profits, les banques étrangères achetant les banques locales, avec un faible impôt sur les revenus et les sociétés.

En attendant, la fracture profonde entre le centre (Tripoli) et la périphérie pour le contrôle des ressources énergétiques va s’aggraver. BP, Total, Exxon et les géants pétroliers occidentaux seront généreusement récompensés par le Conseil National de Transition – au détriment des entreprises russes, chinoises et indiennes. Les troupes de l’OTAN sur le terrain aideront certainement le Conseil à retenir le message.

Les cadres dirigeants du secteur pétrolier estiment qu’il faudra au moins un an pour un retour de la production pétrolière à son niveau d’avant la guerre civile, 1,6 million de barils par jour, mais ils affirment que les revenus annuels du pétrole pour les nouveaux dirigeants pourraient s’élever à 50 milliards de dollars. On estime en général les réserves de pétrole à 46,4 milliards de barils ; 3 % des réserves mondiales pour une valeur de 3 900 milliards de dollars aux cours actuels du brut. Les réserves connues de gaz s’élèvent à quelques 1500 milliards de m3.

Donc, au bout du compte, la R2P (responsabilité de protéger) gagne. L’impérialisme humanitaire gagne. Les monarchies arabes gagnent. L’OTAN en tant que Robocop mondial gagne. Mais ce n’est quand même pas assez pour les habituels suspects impérialistes qui appellent déjà au déploiement d’une « force de stabilisation. » Tout ça au moment même ou des progressistes déboussolés sous toutes les latitudes continuent à saluer la sainte alliance du néocolonialisme occidental, des monarchies arabes ultra-réactionnaires et des salafistes radicaux.

Ce ne sera terminé que quand la grosse bonne femme arabe [l'Arabie saoudite] chantera. Quoi qu’il en soit, passage à l’étape suivante : Damas.

http://desyeuxpourvoir.blogspot.com/
Auteur : M'sili - Source : Le blog de Mounadil al Jazaïri








25 août 2011

A Tripoli les « rebelles » des forces spéciales

OTAN (Il Manifesto)



Manlio DINUCCI

L’ambassade du Qatar à Tripoli - d’après une vidéo -
http://www.youtube.com/user/ZZ7L?ob=5#p/a/u/0/PybQX__fLWQ
- a été rouverte il y a trois jours (lundi 22 août 2011) par des hommes armés qui, une fois entrés dans l’édifice endommagé, y ont immédiatement fixé le drapeau national. On est ainsi informé de la présence en Libye de forces spéciales qataries. Des forces spéciales de Grande-Bretagne, France et Qatar, écrit le New York Times (23 août 2011), sont en train de fournir un appui tactique aux forces rebelles et des conseillers de la Cia aident le gouvernement de Benghazi à s’organiser. Des commandos britanniques et français, confirme un officier supérieur de l’OTAN, sont sur le terrain avec les rebelles à Tripoli. Et, à la question de savoir si des agents de la Cia y sont aussi, l’officier répond qu’il en est certainement ainsi.

Et c’est ainsi aussi qu’est désavouée l’OTAN qui jusqu’à présent a dit ne pas avoir de « boots on the ground », à savoir de militaires sur le terrain, en Libye. Les forces spéciales britanniques - indiquent les enquêtes du Guardian et du Telegraph - ont joué un rôle clé dans l’attaque de Tripoli. Cette attaque a été préparée à Benghazi par les services secrets britanniques MI6, qui ont prédisposés des dépôts d’armes et des appareils de communication autour de la capitale, dans laquelle ils ont infiltré leurs agents pour guider les attaques aériennes. L’offensive a débuté quand, dans la nuit de samedi, des Tornado Gr4 de la RAF (Royal Air Force) qui avaient décollé d’Italie, ont attaqué, avec des bombes de précision Paveway IV, un centre de télécommunications et d’autres objectifs clés dans la capitale. Selon une enquête rapportée par France Soir, au moins 500 commandos britanniques opèrent en Libye, auxquels s’ajoutent des centaines de Français. Ces derniers sont transportés en Libye par des hélicoptères de l’Alat (Aviation légère de l’armée de terre), embarqués sur le navire d’attaque amphibie Tonnerre.

Important aussi est le rôle que joue en Libye le Qatar, un des alliés les plus proches des Usa : il a dépensé plus d’un milliard de dollars pour potentialiser la base aérienne de Al-Udeid en fonction des exigences du Pentagone, qui l’utilise pour la guerre en Afghanistan et comme position avancée du Commandement central. Rien d’étonnant donc que Washington ait confié à cette monarchie du Golfe la mission de confiance d’infiltrer en Libye des commandos qui, entraînés et armés par le Pentagone, peuvent mieux se camoufler en rebelles libyens grâce à leur langue et à leur aspect. Le Qatar a aussi la tâche d’approvisionner les rebelles : un de ses avions a récemment été vu à Misrata, où il a transporté une grosse charge d’armes.

Il résulte de sources fiables qu’avec celles du Qatar, opèrent aussi en Libye des forces spéciales jordaniennes et probablement aussi d’autres pays arabes. On se souviendra que dans les Emirats arabes unis est en train de se créer une armée secrète qui peut être employée aussi dans d’autres pays arabes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (cf. il manifesto du 18 mai (1) ).

Tandis qu’elle poursuit ses attaques aériennes pour aplanir la route aux rebelles, l’OTAN conduit sur le terrain une guerre secrète pour s’assurer que, dans la Libye de l’après-Kadhafi, le pouvoir réel serait dans les mains des puissances occidentales, flanquées par les monarchies du Golfe. Dans ce cas les forces spéciales hisseront le drapeau du peacekeeping (« maintien de la paix ») et porteront des casques bleus.

Manlio Dinucci





Edition de jeudi 25 août 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/...

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

(1) Naissance aux Emirats de l’armée secrète pour le Moyen Orient et l’Afrique, http://www.voltairenet.org/Formation-aux-Emirats-d-une-armee

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24...