Illusions
et utopie
La crise à laquelle nous assistons est une crise
structurelle et pluridimensionnelle (économique, financière, écologique et sociale).
C’est la décadence d’un modèle de société fondé sur des postulats insensés : surexploitation
de l’homme et de la nature, croissance perpétuelle, plein-emploi,…
On appelle crise la non-résolution des contradictions inhérentes à un système
donné. Cette crise n’est pas fortuite et encore moins le produit de l’inconduite
de quelques irresponsables mais la conséquence inéluctable de fausses prémisses.
Ces sont des mécanismes tendancielles qui poussent les agents économiques à chercher
des rendements maximum. Il est donc veule et inopérant d’en appeler à un « capitalisme
éthique », à la moralisation de l’économie dans le cadre actuel. On ne ferait
que retarder l’échéance ou amortir les effets d’un modèle déprédateur en soi.
C’est l’existence humaine dans toute sa problématique qui doit se soumettre
à une révision fondamentale si l’on souhaite résoudre l’équation sociale.
Le maintien de l’ordre actuel est suspendu à une série d’illusions et de lieux
communs : « la démocratie (bourgeoise) est le moins pire des systèmes », « le
socialisme est une bonne idée mais il ne peut pas marcher », « avec de la volonté,
tout le monde peut y arriver », « si nous ne dominons pas les autres, ce sont
eux qui nous domineront »,…
Les publicistes économiques et politiques
bourgeois ne nous apprennent rien sur la crise. Ce sont ni des analystes ni des
visionnaires mais de vils gestionnaires d’un système qui les déborde. Manquant
de perspective historique et d’outils conceptuels, ils sont incapables de définir
les causes et partant les conséquences de la crise.
Pour se délivrer
de la matrice idéologique, il ne faut pas craindre de rétablir des formes d’utopie
réaliste. Un des piliers de l’ordre capitaliste consiste justement à déprécier
sans cesse toute alternative à l’ordre en place.
Ils tentent de donner
une forme naturelle au régime capitaliste en essentialisant la nature humaine.
L’ordre capitaliste serait le modèle le plus approprié à la nature égoïste de
l’homme. Il faut en conclure par imputation que les inclinations égoïstes excluraient
à jamais l’édification d’une société guidée par un idéal de rationalité. Par l’échec
des pays dits socialistes, on pose la non-validité du socialisme. Encore faudrait-il
que ces pays aient engagé la théorie socialiste. Sous un certain angle de vue,
on peut très bien dire que le socialisme n’a jamais été appliqué et que l’histoire
ne peut donc l’avoir invalidé.
C’est la conception même de l’homme qui
est ici arrêtée. Au vrai, l’essence de l’homme ne réside pas en lui mais dans
la somme des rapports qu’il entretient avec ses semblables et la société. En modifiant
les structures sociales, il devient possible d’interpénétrer les structures psychiques
de l’homme et de renforcer des comportements socialement positifs.
Il ne s’agit pas pour autant de créer un état de félicité sans contradictions
et déséquilibres mais de tendre vers un objectif réaliste et souhaitable à travers
un mouvement dialectique. L’irréalisé n’est pas forcément irréalisable de même
que le réel n’est pas tout le possible.
L’impuissance politique circonstancielle
ne doit pas aboutir à la démobilisation et le repli sur la sphère privé. Le désintérêt
social et politique ne réduira aucunement le champ de la politique. Il faut au
contraire développer sa conscience pour donner une hauteur de vue et un sens au
chaos quotidien. Théorie politique et philosophie nous permettent d’appréhender
la réalité dans ses dimensions historique et systémique.
Il ne s’agit
pas de renoncer à ses intérêts au nom de ses valeurs politiques. Il ne faut pas
opposer individualité et société ; c’est au contraire la collectivité qui est,
dans le socialisme, le ferment de l’individu en lui octroyant les moyens de développer
toutes ses virtualités humaines. Il n’est pas lieu donc de renoncer à sa famille
ou à sa liberté mais de leur donner un sens de plein droit et ce, pour tous. La
liberté de l’un ne retranche plus rien à celle de l’autre mais en constitue la
condition d’existence.
Même si le système capitaliste est passablement
déstabilisé sous le poids de ses propres contradictions, ce sont seulement les
forces sociales qui sont en mesure d’y mettre fin. Puissions-nous mettre la même
énergie pour penser un « au-delà » du capitalisme que pour le maintenir à flot
et un nouvel horizon poindra ! Il faut avant tout se désenchaîner des illusions
du capitalisme et réhabiliter les vertus de l’utopie créatrice.
Emrah
KAYNAK
L'Utopie Créatrice... ou l'arme Kanak,
c'est-à-dire
: l'arme de tous ceux qui depuis le 15ème siècle
ont été éradiqués de la Terre
manu militari
pour que puissent s'installer les plus parfaits étrangers à
la Terre, d'une part,
et à la nature de la Vie, d'autre part...
L'arme
Kanak, c'est tout simplement la Puissance Réelle du Coeur.
Cela veut dire
que tout étranger à la Terre ou à la Vie est justement ce qui n'a pas de Coeur
mais rien qu'une pompe
à fric...