Entretien
sur l'Europe
Jean Michel Vernochet (JMV)mercredi
7 septembre 2011 Questions
de Jérôme Bourbon 1.
Votre livre sintitule « Europe, chronique dune mort annoncée.
La Construction européenne face aux crises systémiques ».
Pourquoi ce titre ? Et quelles crises pourraient déterminer la chute de
la Maison Europe : politique, économique, financière, sociale, morale,
spirituelle, écologique ? JMV
- 26 août 2011 Toutes
à la fois. En interaction les unes avec les autres, une synergie négative
en quelque sorte, un effet boule de neige ! Il est ici question de crises systémiques,
autrement dit de crises structurelles affectant un modèle sociétal
ayant atteint sa limite de rupture. Les adeptes du matérialisme historique
diraient à ce propos que le système seffondre sous le poids
de ses propres contradictions. Mieux, disons quil est parvenu à un
point de saturation où ses contradictions, notamment internes, ne sont
plus ni gérables ni masquables. Rappelons que parler dEurope à
propos de lUnion est un abus de langage car la construction européenne
na rien à voir avec lEurope réelle. Cest un mot,
et rien quun mot, destiné à couvrir un projet en réalité
anti-européen. Chacun peut en effet constater que lUnion dite européenne
se construit fondamentalement à contresens des intérêts vitaux
des Nations et des peuples européens. Un exemple, l€uro. La
monnaie unique na pas été conçue seulement comme un
outil économique mais davantage en tant que moyen dagréger
étroitement les Seize pays de leurozone. Il sagissait de créer
une interdépendance forte. Aujourdhui pourtant léchec
est patent. L€uro a mis en évidence voire accentué les
disparités, les écarts prévalant entre lEurope du Nord,
du Sud et de lEst
Et bien au lieu de tenir compte de ce fait et de
faire machine arrière toute, les européistes font maintenant dans
la surenchère fédéraliste. On soigne le mal en accroissant
le mal. À se demander dailleurs si nos eurocrates ne se réjouissent
pas en fin de compte de la crise de la dette publique, escomptant lutiliser
comme levier pour briser les deniers verrous de souveraineté nationale
subsistant encore ! Comment ne pas voir que lUnion européenne est
une construction purement artificielle dont les fondements sont purement «
idéologiques », cest-à-dire en contradiction avec les
lois naturelles régissant la vie des peuples. Une utopie volontariste qui
tape à bras raccourci sur des chevilles rondes pour les faire entrer de
force dans des trous carrés
Soyons clairs, lUnion européenne
ouverte au quatre vent de la mondialisation est en train de détruire lEurope.
Plus précisément, le projet européen sest développé
autour dabstractions, en négation totale et absolue des réalités
ethniques, historiques culturelles et religieuses constitutives de lEurope.
Est « Européen » quiconque possède des documents administratifs
en règle
de la même façon, tout pays souscrivant à
un cahier des charges, les fameux critères de convergence établis
par le Traité de Maëstricht. En un mot être européen
ne veut rien dire sinon être un citoyen du monde, un quasi nomade susceptible
de changer de nationalité et de patrie administrative comme lon change
de chemise. Cest une conception schizophrénique de la citoyenneté.
Certes le multiculturalisme prévaut en Amérique, reste que les É-U
se sont édifiés au sein dun système étranger
à lEurope où tous les peuples présents possèdent
les mêmes racines, le modèle américain étant celui
dune extrême hétérogénéité de populations
sans base territoriale ni origine commune. Que sont ainsi véritablement
les É-U ? Un patchwork de communautés susceptibles potentiellement
de saffronter si le Rêve américain dabondance partagée
venait à voler en éclat sous la pression de la Crise. Sans tomber
dans lévocation dune actualité sordide, notons que la
dimension ethnique de laffaire Strauss-Kahn a été formidablement
occultée par les médias ; elle offre cependant de précieuses
indications quant à la guerre sourde que se livrent aux É-U les
communautés entre elles
un contentieux de fond qui pourrait un jour
où lautre sactualiser dans des émeutes tout aussi violentes
que celles de Londres le mois dernier
autant dire que nos sociétés,
parvenues aux limites de lutopie multiculturaliste vivent désormais
en situation de pré guerre civile. Comme tous les idéologues, les
européistes - à limage des chantres de la correction politique
doutre Atlantique - sont des négationnistes du réel. D
indécrottables irréalistes prenant les mots pour des choses et qui
ont mobilisé une prodigieuse énergie négative afin de construire
une entité économico politique, lUE, sur le fondement de principes
juridiques arbitraires et abstraits, sortis tout armés de leurs géniales
cervelles : est européen qui possède la nationalité dun
État membre
lequel se caractérise avons-nous dit par son adhésion
à une Charte de « valeurs » centrées sur le pluriculturalisme
mot pudique désignant le brassage racial et lencouragement
au métissage - et son corollaire le multi confessionnalisme, lavortement,
le droit des minorités (toujours prévalent !), le tout adossé
aux divins Droits de lHomme dont on sait que les promoteurs et les grands
prêtres sont les premiers à les bafouer
le tout étant
essentiellement destinées à détruire lhomme, les peuples,
la famille, les traditions, la mémoire collective, lhéritage
des traditions et in fine effacer lidée même didentité.
Tel est le projet européen incapable par ailleurs de bâtir une défense
collective de ce nom. Périssent les hommes et les nations pourvu que les
mots creux dÉgalité et de Liberté restent inscrits
au fronton de nos édifices publics. Au total, lUnion européenne
nest quune pitoyable, mais meurtrière, tentative de donner
corps à une sorte de fallacieux Contrat social, lequel nest au demeurant
que le prolongement dans le domaine civil de lesprit et de la lettre du
plus implacable et biaisé néolibéralisme économique
! Un tel système nest pas viable et ne saurait connaître quune
fin tragique. Les crises à répétition qui le traversent nous
le disent, mais bien peu parmi les décideurs en tirent les conséquences.
Parallèlement à un système économique dévoré
par le chancre : la finance, partout dans le monde les sociétés
pluriethniques, multiculturelles et multi confessionnelles sont en proie à
léclatement et à datroces déchirements : les
exemples nous assaillent, aujourdhui en Libye, en Irak, en Palestine, en
Syrie, hier en Yougoslavie, à Ceylan, au Soudan, au Congo, et cætera
!
2
- Pensez-vous que le projet européen tel quil est né au lendemain
de la Seconde Guerre mondiale était vicié et pervers dès
lorigine ou que par la suite il sest trouvé dévié
? Dabord
le projet européen nest pas né tout seul. Il a eu des géniteurs
de chair et dos. Pour ne remonter quà 1945, il est facile de
voir quil sest agit dun projet originellement concocté
par les vainqueurs anglo-américains avec pour finalité avouée
de dresser un rempart humain face au Rideau de fer ! En réalité
il sagissait du même coup de neutraliser, une fois pour toutes, les
puissances continentales en les enchaînant mutuellement les unes aux autres.
Solve et coagula, dissoudre les nations et les fondre dans la masse dun
vaste espace industriel et commercial, faussement démocratique, extensible
ab libitum et dirigé de main de fer par une bureaucratie anonyme, tatillonne,
tracassière et pour tout dire totalitaire. Il sagit là dune
variante moderne du divide et impera dantan. Devise qui fut pendant des
siècles celle de la diplomatie anglaise sur le Continent
La Perfide Albion, maîtresse des mers est aussi celle du double langage
: diviser pour régner en dressant les nations continentales les unes contre
les autres, en semant la zizanie entre les hommes, en contractant ou en suscitant
des alliances de contrepoids afin détablir de toujours précaires
équilibres des forces dans tous les cas potentiellement belligènes
; tel a été le fonds de la politique de la Grande Bretagne jusquà
Talleyrand eurocrate avant la lettre et dès 1830 précurseur de lEntente
cordiale. Pour
mémoire, dans le discours que Winston Churchill prononce en présence
du président Truman, le 5 mars 1946 à Fulton dans le Missouri, celui-ci
affirme que la « la sécurité du monde exige une nouvelle unité
en Europe dont aucune nation ne sera exclue
». Rien na changé
depuis et lidée dun unité européenne au demeurant
exclusivement continentale, court toujours. Gardons à lesprit que
Londres ne cotise à lEurope que du bout des lèvres, le Royaume-Uni
nétant ni membre de lespace Schengen ni de lEurozone
Bref, lUnion européenne ne la concerne que marginalement, à
commencer par les affres liés à la crise de l€uro. Churchill
enfoncera le clou quelques mois plus tard en appelant, dans son fameux discours
de Zurich le 19 septembre 1946, à la construction dÉtats-Unis
dEurope et au rapprochement franco-allemand
Un an auparavant Churchill,
tardivement lucide, sétait inquiété que « de
Stettin dans la Baltique, jusquà Trieste dans lAdriatique,
un rideau de fer [soit] descendu à travers le continent]. Lallié
britannique aveuglé de haine vétérotestamentaire venait de
découvrit avec horreur que peut-être le mauvais cochon aurait été
égorgé : « I am afraid we killed the wrong pig ! » se
serait exclamé le Premier Lord de lAmirauté ! Doté
de suite dans les idées, en octobre 1948, Churchill crée lUnited
European Movement aux côtés de deux démocrates-chrétiens,
lItalien Alcide De Gasperi et lAllemand Konrad Adenauer et de deux
socialistes, le Français Léon Blum et le Belge Paul-Henri Spaak.
Un Mouvement européen que le Département dÉtat - via
la CIA - commence à abonder largement
quelques 15 millions d€uros
en monnaie actuelle, versés entre 1949 et 1953 à seule fin de pousser
lintégration de lEurope dans le creuset fédéraliste.
Notons que cette Europe est la « leur », celle de Manhattan et de
la City, et non la « nôtre » ; quelle vise à soutenir
des intérêts qui nous sont par conséquent a priori étrangers.
Que lEurope voulue par Londres et Wall-Street naura été
également, au cours des quarante années de Guerre froide, que le
champ clos où devait se rencontrer pour laffrontement final, le Béhémot
soviétique et le Léviathan atlantique ! Aussi lorsque les Américains
nous doraient la pilule en évoquant leur « parapluie » nucléaire
étendu au-dessus de lEurope de lOuest, chacun sait quils
nauraient pas misé un kopeck, et a fortiori pas leur propre survie,
pour voler au secours des Européens
sachant quà lépoque
il neut fallu que 72 heures aux trente trois mille chars de combats du Pacte
de Varsovie pour franchir le Pont de Kehl
|
| Dans
les années qui suivent la libération, les groupes de pression -
avant la lettre - se multiplient en faveur du chaudron fédéraliste.
Apparaît ainsi un Congrès des peuples européens (Comité
européen de vigilance) dans lequel se retrouvent des personnalités
telles le père Chaillet, fondateur de Témoignage chrétien
et des gaullistes de premier plan comme Michel Debré et Jacques Chaban-Delmas
! En octobre 1951, Churchill battu aux élections de 1945 est de retour
à Downing Street. Il entreprend de financer à grande échelle
la gauche européiste ; largent transite par diverses fondations,
mais la manne des services anglo-américains se déverse également
en direct sous couvert de lOffice of Special Representative ou de lUS
Information Service. Hélas pour nos bons amis les Anglais, leur projet
dune Europe de la défense capote en 1954 en dépit du succès
de la Communauté européenne du charbon et de lacier
Un
an auparavant, le 5 mars 1953, Staline mourait vraisemblablement assassiné,
le surlendemain de la fête de Pourim commémorant lélimination
légendaire du ministre perse Haman, réputé avoir été
animé dintentions malveillantes à légard du peule
Hébreu. Staline lui, notamment à loccasion de lAffaire
des Blouses blanches avait renoué avec sa politique de purges et, à
ce titre, aurait, dit-on, envisagé la déportation des Juifs moscovites
!? La Guerre froide nen cesse pas pour autant. Au contraire. Le Père
de lEurope, Jean Monnet fondateur du Comité daction pour les
États-Unis dEurope va recevoir comme tout le monde le soutien sonnant
et trébuchant de la Fondation Ford ! Mais il est vrai par le truchement
du Centre de recherches européen de Lausanne. Les intellectuels, faiseurs
dopinion et autorités morales - eu égard au prestige que leur
taillent sur mesure les publicistes des médias ne sont pas oubliés
et arrosés via la Fondation Fairfield - un faux nez de la CIA - et le Congrès
pour la liberté de la culture où se retrouvent quelques grandes
figures de lépoque, les Denis de Rougemont, Manès Sperber,
Arthur Koestler, Malraux et Raymond Aron
Le retour de De Gaulle aux Affaires
mettra un terme tout relatif - à ces menées obscures. En
dix ans, de 1949 à 1959, la Compagnie aura au final versé aux européanistes
de toutes tendances la bagatelle dune cinquantaine 50 millions de $, un
dollar alors gagé sur lor ! De là à dire que le projet
européen a été porté à bout de bras, promu
et encouragé par Londres et Washington, il ny a quun pas que
pour ma part je nhésite pas à franchir
3
- Pensez-vous quau point où en sont les choses la France aurait intérêt
actuellement à sortir de leuro et/ou de lUnion européenne
? La
monnaie unique nest pas seulement un outil économique, cest
surtout un outil politique. Mais comme tous les idéologues, les eurocrates
qui sont quelque part des « primaires » - croient que la réalité
doit automatiquement se plier à leurs idées simplistes. Les démentis
apportés par les événements les affligent beaucoup, mais
comme tous les dogmatiques ils ne savent que persévérer dans lerreur.
Les illettrés se bousculent pour passer leur bac, et bien puisque les règles
régissant lusage de la langue écrite semblent inassimilables,
il suffit de préconiser de « déréguler » son
apprentissage, de bannir lillettrisme en bannissant une grammaire et une
orthographe, discriminatoires, fauteuses dinégalités
L€uro ça ne marche pas et ça na jamais marché.
En moins de dix ans les prix ont flambés, la baguette, le moindre «
quotidien » ont vu leur prix multiplié par 6 ou 7. Cela ressemble
furieusement à de linflation, cette inflation que la Banque centrale
européenne est justement supposée juguler. Il est par ailleurs tout
à fait réjouissant dentendre des souverainistes grand teint
nous dire dans le même souffle que l€uro est une réussite
mais que nous devrions en sortir. Cessons de dire des âneries. L€uro
fort a plombé nos économies, il a soutenu les déficits américains
en pénalisant nos exportations face à un dollar faible. Indirectement
nous avons ainsi contribué à financer les aventures néocoloniales
des É-U, en Afghanistan, en Irak et ailleurs. Il est temps que cela cesse.
Je ne préconise pas pour autant une sortie brutale de l€uro.
Monnaie unique elle pourrait se voir assigner le rôle de monnaie commune,
un retour au Franc nous donnant la capacité de dévaluer si nécessaire,
cest-à-dire dajuster le cours de notre devise aux circonstances
et à nos besoins. Sortir de l€uro par le haut en tenant compte
des nos intérêts bien compris et de ceux de nos voisins et partenaires,
à commencer par lAllemagne
Il sagit aussi de revenir
à la maîtrise de nos affaires monétaires, ce qui suppose dabroger
durgence la loi Pompidou-Rothschild de 1973 laquelle nous interdit demprunter
sur notre propre marché intérieur. Ce que font les Japonais plus
chanceux malgré une dette publique se montant à deux fois leur Pib.
Réviser notre dépendance à l€uro suppose également
de remettre les sacro-saints marchés à la place qui devrait être
la leur, et cesser de se soumettre servilement à leur insupportable dictature
Car enfin sortir de l€uro ne résoudra pas tout dun coup
de baguette magique car ce sont de nombreux éléments de la superstructure
économique et financière quil sagit de revoir et de
modifier. Ce ne sont pas non plus avec des incantations « l€uro,
l€uro » que nous rétablirons notre économie
le mal vient de plus loin, il faut entreprendre une cure de fond et pour ce faire,
commencer par bazarder les idéologues de la concurrence « pure et
parfaite » qui ont le toupet de nous interdire de battre monnaie !
4.
La quasi faillite de la Grèce, de lIrlande, du Portugal, de lEspagne
pourrait-elle se produire demain en France et à votre avis selon quel délai
et sous quelle forme ? Lorsque
vous dites la « quasi faillite » ladverbe quasi est de trop.
La Faillite est consommée au moins pour les trois premiers dont les économies
sont sous perfusion. LEspagne ne vaut guère mieux mais son économie
possède plus de ressources, son domaine patrimonial agricole, industriel
et commercial offre certaines garanties tout comme celui de lItalie actuellement
durement touchée par les attaques des agences de notation
des agences
dont il est évident que les évaluations sont entachées dun
doute légitime. Notons à ce propos que ces « agences »
ne servent pas de « voyant rouge » mais quelles sèment
des paniques infondées sur les marchés. Quelles sonnent ainsi
lhallali pour les vautours de la finance. Soit un rôle davantage négatif
quutile à la clarification du jeu ! Là également la
question se pose de savoir si ces « Agences » - dont les méthodes
et les évaluations font lobjet de sévères critiques
de la part de personnalités apparemment compétentes - ne seraient
pas par hasard quelque peu instrumentées ? Servant tantôt à
rassurer et à cautionner - leur mutisme dans les mois précédant
la crise de septembre 2008 est à ce titre exemplaire tantôt
à jeter leffroi sur les marchés en tant que de besoin ? Faire
baisser ou faire monter les cours, cest toujours faire travailler largent,
pour ceux qui savent lart et la manière ! En tout cas les
« notations », moyen de pression ou de chantage, sont une
arme redoutable dans la guerre économique que se livre les États
entre eux au profit doligarchies parasites. En ce qui concerne la France,
une dévaluation de sa note lui pend au bout du nez. Et cest un petit
peu plus quune rumeur. Cela doit en vérité aider le Président
Sarkozy à faire avaler aux Français damères mesures
daustérité rebaptisées « réforme budgétaire
» ainsi que les prévisibles concessions accordées à
la Banque centrale européenne (et à Bruxelles) en faveur dune
gestion budgétaire sous tutelle communautaire. De ce point de vue la menace
dune dégradation de la note, tient le rôle du fouet dans la
main du cocher : M. Naguy-Bocsa qui na en tête que son éventuelle
réélection, devra quoiquil en soit, volens nolens, courir
sur le fil du rasoir
Autrement dit, saliéner son électorat
et une partie significative de ses propres troupes en appliquant des politiques
de redressement budgétaire par trop rigoureuses. Mesures exigées,
faute de quoi le pays devrait supporter les conséquences dune note
abaissée
mais il est vrai que lon finance, par un cercle ultra
vicieux, de la dette par la dette ! Ou bien tenter de maintenir à force
de contorsions une sorte de relatif statu quo jusquau 12 mai 2012 dans le
fol espoir de se voir reconduit dans ses fonctions. Dans tous les cas, M. Nagy-Bocsa
est, en vertu de cette double contrainte, condamné à faire le grand
écart ! Et ce nest pas la grossesse de son épouse qui le sauvera.
Les grosses ficelles communicationnelles fonctionnent un temps, mais pas tout
le temps.
5
- Est-il encore possible de redresser la barre ou le train infernal va-t-il inévitablement
vers un déraillement ? On
peut toujours rêver. La sortie de crise la plus probable pour lOccident
américano centré, est la guerre. Cela se situerait dans la logique
des choses. La logique rarement se dément, comme toute loi naturelle. Jespère
et souhaite que nos jeunes gens y échappent, et nous tous avec eux. Mais
objectivement les conflits périphériques se rapprochent tendanciellement.
Balkans, Liban, Palestine, Ukraine, Libye
un cercle de feu nous entoure
! Depuis 1989 et la chute du mur de Berlin, les conflits se sont multipliés
à notre immédiate périphérie à peu près
au même rythme que la fréquence et lamplitude des crises financières
augmentaient. Or tant va la cruche à leau quà la fin
elle se brise. Je parierais volontiers pour une confrontation Chine vs É-U
Beaucoup en France en parlent ouvertement, et pas dans les cercles mal-pensant,
pas chez les paranoïaques de la conspiration, mais parmi nos militaires et
nos politiques, dans cette micro élite pensante qui nest pas tout
à fait morte, nombreux sont ceux qui envisagent sérieusement un
possible affrontement avec Taïwan/Formose pour détonateur. Et bien
ces personnalités que lon ne voit que très rarement dans les
lucarnes, refusent dentrée de jeu que la France puisse se trouver
embarquée dans cette terrible galère. Bien sûr ces opinions
natteignent jamais le grand public, mais elles existent et ne craignent
plus de saffirmer avec force et vigueur. Je suis personnellement assez pessimiste
: larbre est pourri jusquà la moelle ! Reste à savoir
quand viendra lultime bourrasque qui le jettera par terre !?
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