Non.
La
découverte du monde, le fait de vivre au milieu de peuples et d’autres civilisations
m’a fait, me fait, prendre conscience de la petitesse de notre planète :
un village, sur une poussière, perdu dans l’espace.
Nos
nations ne sont que des « communautés ». Et, vouloir instrumentaliser
une « identité nationale », c’est justement exacerber les communautarismes.
C’est refuser d’apprendre à vivre ensemble.
Depuis
les Croisades et, surtout à partir du XV° siècle, avec le développement des colonies
et grands empires européens, l’Occidental Blanc exerçait la suprématie
des armes et, par là pensait-il, celui de la primauté de « sa race ».
Indéfiniment…
C’est
terminé, il faut en prendre conscience. La Planète n’est la propriété exclusive
d’aucune « race supérieure », les autres peuples étant ses esclaves.
Dur,
dur… Et, alors ?…
N’est-ce
pas plus riche de perspectives ?…
Mon
"identité", ne se trouve-t-elle pas dans le partage de « valeurs » ?…
Et, non pas celui d’un territoire, d’un saucisson ou d’un camembert ?…
Je
me trouve plus solidaire, plus concerné, par la lutte des Boliviens
ou des Equatoriens dans la récupération de leur dignité, de leurs patrimoines,
que par le sort des banquiers véreux et nuls, qui ont pillé la collectivité française.
Pompant des milliards, par un tour
de passe-passe complice de nos gouvernants, alors qu’ils étaient en
faillite.
Oui,
je me sens, en ce moment, furieusement « Bolivien » ou « Equatorien »…
Les
valeurs que je veux partager sont celles de la paix et de la prospérité, du respect
de La Dignité Humaine.
Non
pas de la prédation commise par une minorité, une oligarchie, à l’intérieur de
mon pays, incapable de redistribuer son immense richesse nationale : la cinquième
mondiale. La caste au pouvoir, une poignée de clans privilégiés, ne cessant de
qualifier la France de « pays en faillite », pour ne pas en partager
les revenus.
Je
ne ressens aucune communauté ou identité de destin, avec ces « Français »
aussi cyniques que totalement malhonnêtes. Me sentir « Français »,
avec eux ?… La nausée, plutôt.
Au
prétexte d’être « Français », devrais-je me sentir solidaire
d’un gouvernement qui envoie nos soldats bombarder et tuer des Afghans, à des
milliers de kilomètres de mon pays ?…
Non,
quand j’assiste à ces saloperies, je me sens profondément « Afghan ».
Quand,
je vois nos gouvernants (de Giscard à Sarko, en passant par Mitterrand et Chirac…)
soutenir militairement les dictatures héréditaires du Togo ou du Gabon, je ne
me sens aucunement « Français ». J’ai « honte ».
Malgré la couleur blanche de ma peau, je me sens viscéralement « Togolais »
ou « Gabonais », qui pleurent de rage devant le pillage de
leurs pays.
Je
sais, nous l’avons tous compris, « l’identité nationale » pour la nomenklatura
au pouvoir, c’est vouloir nous faire peur, face à l’évolution du monde. Nous faire
taire devant ses prédations, son incompétence et sa corruption.
On
veut nous faire le coup du bon petit patriote décérébré (on s’arrange même pour
supprimer les cours d’histoire dans l’enseignement…), face au drapeau, petit doigt
sur la couture du pantalon :
« Garde-à-vous !
Travaille et Consomme ! Et, ferme ta gueule ! »
Désolé,
je ne suis ni de la génération de Vichy, ni un adepte du culte Pétainiste.
La
France n’est que le quartier où je suis né.
Dans
ce village, notre Planète, dont je revendique l’identité :
Citoyen
du Monde.
(1)
http://www.lepost.fr/article/2009/10/06/1728037_un-parti-politique-suisse-cible-la-racaille-francaise-des-propos-racistes-inacceptables.html
(2)
http://www.dailymotion.com/video/x3znh7_pain-et-chocolat-nino-manfredi_shortfilms
Illustration
: Affiche de propagande du gouvernement "collabo" de Vichy, sous l'occupation
allemande, représentant le Maréchal Pétain.