Le traité de non-agression
entre l'URSS et l'Allemagne
(pacte Molotov-Ribbentrop).





Fiche technique

Vendredi 21Août 2009

Le traité de non-agression entre l'URSS et l'Allemagne (pacte Molotov-Ribbentrop). Fiche technique

Le traité de non-agression entre l'URSS et l'Allemagne a été conclu le 23 août 1939 à Moscou. Ce document a contribué pour beaucoup au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et décidé du sort des Lettons, des Estoniens, des Lituaniens, ainsi que des Ukrainiens de l'Ouest, des Biélorusses de l'Ouest et des Moldaves. A la suite de ce pacte, ces peuples, dont plusieurs étaient réunis pour la première fois de leur histoire au sein d'un seul Etat, faisaient partie presque intégralement de l'Union Soviétique. Malgré les correctifs apportés à leurs destinées par la désintégration de l'URSS en 1991, le pacte Molotov-Ribbentrop détermine encore jusqu'à présent de nombreuses réalités géopolitiques dans l'Europe contemporaine.


Conformément au traité de non-agression, l'Union Soviétique et l'Allemagne s'engageaient à "s'abstenir de toute violence, de toute action agressive et de toute attaque l'une contre l'autre, aussi bien seules qu'avec d'autres puissances". Bien plus, les deux parties avaient promis de ne pas soutenir les coalitions d'autres pays, dont les actions pouvaient être dirigées contre les signataires du traité. Par conséquent, l'idée d'une "sécurité collective" en Europe fut enterrée. Il devint impossible de d'empêcher l'agression (l'Allemagne nazie se préparait à lancer une attaque) grâce aux efforts communs des pays épris de paix.
Le pacte avait été signé par les ministres des Affaires étrangères de l'Union Soviétique et de l'Allemagne, Viatcheslav Molotov et Joachim von Ribbentrop. Un protocole secret additionnel au traité délimitait les sphères d'influence soviétique et allemande en Europe de l'Est en cas de "remaniement territorial". Ce remaniement ne tarda pas. Le traité fut ratifié par le Soviet suprême de l'URSS une semaine après sa signature, les députés ignorant l'existence d'un "protocole secret additionnel " qui n'a jamais été ratifié. Dès le lendemain de la ratification du traité, le 1er septembre 1939, l'Allemagne attaqua la Pologne.



http://www.istorik.ru.library/documents/molotov_ribbentrop/



En 1939, en conformité totale avec le protocole secret, dont l'original n'a été découvert dans les archives du Bureau politique (Politbureau) du CC du PCUS qu'au milieu des années 1990, les troupes allemandes n'entrèrent pas dans les régions orientales de la Pologne peuplées principalement de Biélorusses et d'Ukrainiens, ainsi que sur le territoire de la Lettonie, de la Lettonie et de l'Estonie. Ensuite, les troupes soviétiques pénétrèrent sur tous ces territoires. Le 17 septembre 1939, les troupes soviétiques entraient sur le territoire des régions orientales de la Pologne. En 1939-1940, en s'appuyant sur les forces politiques de gauche de ces pays, la direction stalinienne plaça sous son contrôle la Lettonie, la Lituanie et l'Estonie et, à la suite du conflit armé avec la Finlande, également rattachée par le protocole secret à la sphère d'intérêts de l'URSS, arracha à ce pays une partie de la Carélie et les territoires attenants à Leningrad (aujourd'hui, Saint-Pétersbourg).



Le premier ministre de Grande-Bretagne Winston Churchill nota dans ses mémoires que la possibilité d'un tel accord entre Berlin et Moscou témoignait d'un échec de la diplomatie britannique et française qui n'avait réussi ni à diriger l'agression nazie contre l'URSS, ni à faire de l'Union Soviétique une alliée avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Mais on ne peut pas non plus estimer que l'URSS a profité du pacte, bien qu'elle ait bénéficié de deux années supplémentaires de paix et reçu de nouveaux territoires importants à ses frontières occidentales. Grâce au pacte, l'Allemagne évita en 1939-1944 une guerre sur deux fronts en écrasant, à tour de rôle, la Pologne, la France et de petits pays d'Europe, disposant, pour son agression contre l'URSS, d'une armée ayant une expérience de combat de deux ans.



Par conséquent, de l'avis de nombreux historiens, l'Allemagne nazie fut le grand gagnant de ce pacte. ("Historiographie soviétique", Université humanitaire russe d'Etat, 1992).



Evaluation politique du pacte



Quant au texte principal du pacte de non-agression, bien qu'il ait marqué un revirement dans l'idéologie de l'URSS qui avait auparavant vivement condamné le nazisme, il ne dépassait pas le cadre de la pratique admise dans les relations internationales avant la Seconde Guerre mondiale. Un pacte analogue fut conclu, par exemple, entre la Pologne et l'Allemagne nazie en 1934, et d'autres pays qui avaient conclu ou tenté de conclure de tels traités. Cependant, le protocole secret additionnel au pacte était certainement contraire au droit international.
Une explication du "protocole secret additionnel" qui délimitait les sphères d'influence "en cas de remaniements territorial et politique des régions faisant partie de l'Etat polonais" fut signée le 28 août 1939. La zone d'influence de l'URSS comportait le territoire de la Pologne situé à l'Est de la ligne des fleuves Pisa, Narew, Boug, Vistule et San. Cette ligne était à peu près conformé à ce qu'on appelle la "ligne Curzon" par laquelle devait passer la frontière orientale de la Pologne à la suite de la Première Guerre mondiale. En plus de l'Ukraine de l'Ouest et de la Biélorussie de l'Ouest, les négociateurs soviétiques avaient déclaré qu'ils étaient également intéressés par la Bessarabie perdue en 1919 et reçu une réponse satisfaisante de l'Allemagne qui déclara que ces régions "ne l'intéressaient pas du point de vue politique". Ce territoire devint ensuite partie intégrante de la RSS de Moldavie au sein de l'URSS. (Voir les détails dans le livre "1939 : les leçons de l'histoire", Institut d'histoire universelle de l'Académie des sciences de l'URSS, 1990, p. 452).








Puisque les clauses du protocole secret élaborées par la direction stalinienne et l'entourage d'Hitler étaient certainement illégales, Staline et Hitler avaient préféré dissimuler ce document tant à l'opinion internationale qu'à leurs propres peuples et organes de pouvoir, excepté une poignée de personnes. L'existence de ce protocole fut gardée secrète en Union Soviétique jusqu'en 1989, année où une Commission spécialement formée par le Congrès des députés du peuple de l'URSS en vue d'évaluer politiquement et juridiquement le pacte fournit au Congrès les preuves de l'existence de ce document. Ayant reçu ces preuves, le Congrès des députés du peuple de l'URSS condamna le protocole secret dans sa résolution du 24 décembre 1989, soulignant que ce protocole et les autres ententes germano-soviétiques étaient devenus caducs au moment de l'agression de l'Allemagne contre l'URSS, c'est-à-dire le 22 juin 1941".



Tout en reconnaissant le caractère immoral de l'accord secret entre Staline et Hitler, il est impossible de considérer le pacte et ses protocoles en dehors de la situation sociale et politique qui s'était créée alors en Europe. D'après les plans de Staline, le pacte germano-soviétique devait constituer une riposte à la politique visant à "pacifier" Hitler appliquée depuis plusieurs années par la Grande-Bretagne et la France et dont l'objectif était de provoquer une querelle entre les deux régimes totalitaires et à diriger l'agression hitlérienne avant tout contre l'URSS.



Avant 1939, l'Allemagne avait réoccupé et remilitarisé la Rhénanie (1936), s'était entièrement réarmée en violation du traité de Versailles, avait annexé l'Autriche (Anschluss - 1938) et placé sous son contrôle la Tchécoslovaquie. A l'instar d'Hitler, la Hongrie et la Pologne revendiquèrent également des territoires tchécoslovaques et reçurent également des parcelles de ce pays. Ce triste résultat fut également dû, pour beaucoup, à la politique des puissances occidentales : le 29 septembre 1938, les chefs de gouvernement de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Allemagne et de l'Italie signèrent à Munich un accord sur le démembrement de la Tchécoslovaquie entré dans l'histoire comme "Accords de Munich". Le 22 mars 1939, les troupes de la Wehrmacht occupèrent le port lituanien de Klaïpeda (en allemand, Memel) et, peu après, Hitler entérina le plan d'occupation de la Pologne. C'est pourquoi les affirmations fréquentes, selon lesquelles seul le pacte Molotov-Ribbentrop a agi comme le déclencheur de la Seconde Guerre mondiale, ne correspondent pas à la réalité. Tôt ou tard, Hitler aurait livré la guerre à la Pologne, et la plupart des pays d'Europe avaient tenté, à telle ou telle étape de la période 1933-1941, de s'entendre avec l'Allemagne nazie en encourageant ainsi Hitler à faire de nouvelles conquêtes. Jusqu'au 23 août 1939, toutes les grandes puissances européennes - la Grande-Bretagne, la France et l'URSS - avaient mené des pourparlers avec Hitler et entre elles. (Voir les détails sur les négociations de l'été 1939 à Moscou dans le livre "1939 : les leçons de l'histoire", pp. 298-308).



Vers la mi-août, les négociations multilatérales entrèrent dans leur phase finale. Chacune des parties poursuivait ses propres buts. Vers le 19 août, les pourparlers anglo-franco-soviétiques se retrouvèrent dans l'impasse. Le gouvernement soviétique donna son consentement à la visite du ministre allemand des Affaires étrangères Joachim von Ribbentrop les 26-27 août à Moscou. Dans son message adressé personnellement à Staline, Hitler avait demandé d'accepter que Ribbentrop se rende à Moscou le 22 août, au plus tard, le 23 août. Moscou accepta et le traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union Soviétique fut signé 14 heures après l'arrivée de Ribbentrop.
http:www.rian.ru/society/20080505/106556830.html



L'évaluation morale du pacte



Aussitôt après sa signature, le pacte suscita des critiques de la part de nombreux membres du mouvement communiste international et des représentants d'autres forces de gauche. Même sans être au courant de l'existence des protocoles secrets, ces personnes avaient vu dans le pacte une collusion inconcevable pour les partisans de l'idéologie de gauche avec les forces les plus sinistres de l'impérialisme : le nazisme. De nombreux chercheurs considèrent même que le pacte a marqué le début de la crise du mouvement communiste international, car il a approfondi la méfiance de Staline à l'égard des partis communistes étrangers et contribué à la dissolution de l'Internationale communiste par Staline en 1943.



Après la guerre, conscient que le pacte compromettait sa réputation de "leader" des antifascistes de la planète, Staline déploya tous les efforts en vue de justifier le pacte dans l'historiographie soviétique et mondiale. Sa tâche fut compliquée par le fait que les Américains qui occupèrent la partie occidentale de l'Allemagne découvrirent des documents allemands laissant supposer l'existence de protocoles secrets additionnels au pacte. C'est pourquoi un "renseignement historique" intitulé "Les falsificateurs de l'histoire" fut rédigé en 1948 avec la participation de Staline (de l'avis de nombreux chercheurs, par lui-même). Les dispositions de cet ouvrage furent mises à la base de l'interprétation soviétique officielle des événements de 1939-1941 qui resta inchangée jusqu'à la fin des années 80 du siècle dernier. Le sens de ce "renseignement" de réduisait à ceci : le pacte fut une tactique "géniale" de la direction soviétique lui permettant de mettre à profit les "contradictions impérialistes" entre les démocraties bourgeoises occidentales et l'Allemagne nazie. Si le pacte n'avait pas été conclu, l'URSS aurait été victime de la "croisade" des pays capitalistes contre le premier Etat socialiste. En Union Soviétique, les dispositions du "renseignement historique" ne devaient pas être contestées, même après la mort de Staline. Tout simplement, sous Khrouchtchev et Brejnev, son nom a été souvent remplacé dans les manuels des écoles secondaires et supérieures par des mots comme "direction du pays" ou "diplomatie soviétique". ("Historiographie soviétique", 1992). Il en a été ainsi jusqu'aux réformes engagées par Mikhaïl Gorbatchev à la fin des années 80 du siècle dernier, jusqu'à ce que les participants au premier Congrès des députés du peuple de l'URSS exigent d'éclaircir les circonstances de la conclusion du pacte qui avait contribué, pour beaucoup, à l'annexion par l'Union Soviétique de certains de ses territoires.



Le 24 décembre 1989, le Congrès des députés du peuple de l'URSS, alors organe supérieur du pouvoir en Union Soviétique, a adopté la résolution sur l'évaluation politique et juridique du traité soviéto-allemand de non-agression de 1939, résolution condamnant officiellement les protocoles secrets en tant qu'acte de "pouvoir totalitaire" qui ne traduisait nullement "la volonté du peuple soviétique qui n'assume aucune responsabilité pour cette collusion". La résolution soulignait : "Les pourparlers au sujet des protocoles secrets ont été menés par Staline et Molotov à l'insu du peuple soviétique, du CC du PC(b) de l'URSS et de tout le parti, du Soviet suprême et du gouvernement de l'URSS".



http:www.lawmix.ru/docs_cccpphp?id=1241



http:www.rian.ru/society/20080505/106556830.html



Les conséquences de cette "collusion" sont ressenties jusqu'à ce jour, envenimant les rapports entre la Russie et les peuples touchés par les protocoles staliniens et hitlériens. Dans les Etats baltes, ces protocoles sont qualifiés de prélude à l'"annexion" de la Lettonie, de la Lituanie et de l'Estonie. L'interprétation de ces protocoles permet de tirer des conclusions sur la nature des rapports avec la Russie actuelle et le statut des Russes dans ces pays, où ils sont considérés comme des "occupants" ou des "colons". En Pologne, les souvenirs des protocoles secrets additionnels au pacte justifient l'identification de l'Allemagne nazie et de l'URSS stalinienne sur le plan moral, de la profanation, qui en découle, de la mémoire des soldats soviétiques, même du regret postérieur de l'absence de coalition entre la Pologne et l'Allemagne nazie en vue d'une attaque commune contre l'URSS. Le caractère moralement inadmissible de cette interprétation des événements de cette époque découle largement du fait que personne parmi les quelque 600000 soldats soviétiques morts pour la libération de la Pologne du joug nazi n'était au courant du protocole secret additionnel au pacte Molotov-Ribbentrop.



Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur.


http://fr.rian.ru








CONTRE LA GUERRE, COMPRENDRE ET AGIR - Bulletin n° 210– semaine 36 – 2009

Retour sur un spectre ! Comaguer

Une analyse de Comaguer

jeudi 3 septembre 2009, par Comité Valmy


Voir en ligne : (Texte intégral du rapport KHROUCHTCHEV )






La fameuse citation de MARX sur le communisme résonne toujours aux oreilles des bourgeoisies occidentales. Pourtant rien, ni dans l’organisation du pouvoir d’Etat, ni dans le régime socio politique, ni dans les rapports de classes, ne peut laisser le moindre doute sur l’existence d’une quelconque réalité socialiste dans la Russie contemporaine (ou, a fortiori, dans une des anciennes républiques socialistes.)

D’où peuvent donc provenir les manifestations d’inquiétude de ces mêmes bourgeoisies qui en viennent à légiférer pour chasser le spectre ? Car Il ne s’agit pas de vagues craintes nichées dans les tréfonds de la conscience bourgeoise mais d’actes politiques très concrets. La plus récente de ces manifestations est un vote du Parlement européen qui a suscité en Russie même deux commentaires que nous reproduisons ci-après.

Que le Parlement européen soit mal élu ne fait de doute pour personne – les taux d’abstention aux dernières élections en fournissent la preuve -, qu’il n’exprime de ce fait que très incorrectement une « opinion publique européenne » qui n’existe que dans l’imagination enfiévrée des zélateurs de cette Union capitaliste inégalitaire et libre échangiste, ne l’empêche pas , bien au contraire , puisque les simples citoyens n’exercent qu’exceptionnellement un contrôle réel sur ses activités , d’exprimer les préoccupations idéologiques des diverses bourgeoisies régnantes.

Le premier (traduit par COMAGUER depuis sa version anglaise) émane du Parti Communiste de la Fédération de Russie. Ce parti est actif sur le territoire de la dite Fédération que nos médias appellent Russie par commodité et représenté au Parlement, le second du Parti communiste Bolchévique de toute l’Union Soviétique (PCBtUS). Le PCBtUS, maintenu après 1991, est présent dans plusieurs anciennes républiques soviétiques et son objectif central est la refondation de l’URSS. Le spectre est donc toujours là et il favorise une expression publique revigorée des courants fascistes et pronazis qui n’avaient pas disparu de la surface du continent. Cette résurgence a, comme on va le voir, été favorisée par la célébration du 70° anniversaire de la signature du pacte germano-soviétique, aussi appelé pacte MOLOTOV-RIBBENTROP du nom des deux ministres des Affaires étrangères qui l’ont signé à l’époque.

L’histoire de cet accord entre deux régimes dont l’un, mêlant à la haine du communisme un racisme anti-slave virulent, avait annoncé et programmé la destruction de l’autre est un chapitre non clos de l’Histoire contemporaine puisque la lecture erronée et irréelle qui en a été faite en Occident est à l’origine d’une équation fausse claironnée depuis sans discontinuer par tous les chiens de garde de nos bourgeoisies soucieux d’assurer à ceux qui les nourrissent des nuits paisibles : HITLER = STALINE.

La préférence des bourgeoisies anglaise et française pour le nazisme face au socialisme soviétique et leur refus de s’allier à l’URSS pour combattre en commun le nazisme a été solidement établie par l’historienne ANNIE LACROIX RIZ dans ses deux derniers ouvrages auxquels nous renvoyons. (A ceux qui manqueraient de temps à consacrer à la lecture de ces deux ouvrages remarquables nous recommandons l’audition de deux longues interviews d’Annie Lacroix-Riz disponibles sur le Net voir in fine)

La bourgeoise Etasunienne n’était pas en reste puisqu’elle attendait de tirer profit de l’inévitable - puisqu’il était au cœur du programme nazi - affrontement sanglant entre l’URSS et le REICH qui lui permettrait de mettre la main sur un continent ravagé par la guerre tout en laissant ses grandes entreprises continuer à travailler (ESSO, IBM, COCA COLA et autres ) et à gagner beaucoup d’argent dans l’Allemagne nazie. Pour revenir sur l’équation HITLER= STALINE nous publions une nouvelle traduction d’un texte de 1956 publié par un groupe communiste étasunien aujourd’hui disparu - TURNING POINT - relatif au XX° Congrès du PCUS et au fameux « rapport Khrouchtchev » qu’il faut considérer comme un des actes fondateurs de la diabolisation de STALINE.

(Texte intégral du rapport KHROUCHTCHEV http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire ?iddictionnaire=1412)

Une traduction de ce texte était disponible sur le site www.contre-informations.org mais comportait des lacunes qui rendaient certains passages incompréhensibles et quelques contresens. Ce texte est intéressant puisqu’il met en lumière le fait que l’assassinat politique posthume de Staline a en fait été initié à l’intérieur même du Parti Communiste Soviétique et qu’il a donné une assise « de gauche » à la LEGENDE NOIRE du Stalinisme. Nous empruntons cette expression de LEGENDE NOIRE à l’historien Italien DOMENICO LOSURDO qui a publié sous ce titre un livre important sur la présentation de Staline par l’Occident dont la traduction française sera publiée prochainement.





Titre italien : Staline, Histoire et critique d’une légende noire

Pour Les bourgeoisies occidentales le « rapport Khrouchtchev » a été pain béni puisqu’il a permis de détruire l’espoir populaire dans le socialisme et a miné les PC occidentaux.

Ce tournant pris, il ne restait plus qu’à enfoncer le clou , qu’à laisser progressivement « Billancourt désespérer », qu’à laisser l’URSS « coexister pacifiquement » et croire que la parité militaire avec l’impérialisme étasunien garantissait son avenir alors qu’elle renonçait peu à peu au combat économique politique et idéologique avec le rival capitaliste.

A l’époque le PC chinois condamna le tournant Kroutchevien et prit ses distances avec le « grand frère ». Il avait compris que Khrouchtchev, après avoir éliminé ses deux rivaux : l’un politiquement : Malenkov, l’autre physiquement : Beria, allait se servir de son rapport pour écarter définitivement du pouvoir tous les éléments du PCUS ayant gardé du respect pour le leader défunt et se référant comme lui au léninisme. Mais cette prise de distance consacrait le schisme soviéto-chinois qui allait diviser durablement le mouvement communiste international. S’il fallait encore une preuve que « l’Histoire n’est pas finie » comme l’avait rêvé FUKUYAMA après l’implosion de l’URSS, on la trouverait dans une très récente intervention de VLADIMIR POUTINE au sujet du pacte germano-soviétique. Celui-ci, à la veille d’une visite officielle en Pologne, a été obligé de revenir sur le sujet. L’exercice était difficile. Voici comment il l’a effectué

Poutine fait une concession à son voisin polonais et à la ‘doxa ‘ occidentale en déclarant que le pacte est « immoral ». Mais en même temps il le justifie politiquement et stratégiquement en soulignant que le Pacte de non-agression était une réponse à la capitulation franco-anglaise à Munich et à l’existence pour l’URSS d’un second front en Extrême-Orient qui allait conduire à une attaque militaire de l’URSS par le Japon fasciste. L’URSS ayant les mains libres à l’Ouest put concentrer ses forces à l’autre extrémité du continent et infligea - bataille de KALHIN GOL 1939 qui faisait rage au moment même de la signature du pacte en Aout 39 - une défaite cuisante à l’allié asiatique des nazis lequel, comme on dit, ne s’y frotta plus. Façon de rappeler qu’un autre pacte qui était lui un pacte d’agression antisoviétique et dont la mémoire n’est guère entretenue sous nos longitudes avait été signé dès 1936 entre le Japon et le Reich.





Toujours prompts à déformer la réalité russe, les médias occidentaux vont évidemment ne retenir que le caractère « immoral » du pacte de non agression soviéto-allemand et passer sous silence d’une part les explications de Poutine sur les raisons politiques de ce pacte, d’autre part que POUTINE a précisé que tous les traités signés dans les années 30 étaient « immoraux » incluant donc dans cette catégorie : MUNICH, le pacte anti Komintern Japon –Allemagne et l’ensemble des engagements de protection pris par les « démocraties occidentales » envers les pays d’Europe centrale et orientale menacés par les nazis et non tenus.

En prononçant cette parole forte « traité immoral », Poutine prend le risque, même s’il rappelle que si la Pologne fut la première victime d’Hitler quelques semaines après la signature du pacte de non-agression elle avait déjà DE FACTO été abandonnée à MUNICH par les démocraties occidentales, d’alimenter le discours néonazi résurgent en Europe de l’Est tout en laissant indifférents ses homologues étrangers peu préoccupés, on s’en doute, de morale en politique. Il montre en même temps son souci de ménager le voisin polonais trop sensible au charme des Etats-Unis dans l’affaire du bouclier anti-missiles, trop complice avec les présidents ukrainien et géorgien l’un et l’autre farouchement antirusses.

Une autre leçon doit être tirée de ces récents évènements : celle de la permanence dans les bourgeoisies occidentales d’un sentiment anti-russe qui s’est évidemment exacerbé quand le socialisme soviétique a proposé au monde un modèle de société opposé au modèle capitaliste et qui a conduit soit en direct - soutien militaire aux Blancs pendant la guerre civile 1917-1922 – soit par fascistes interposés (Japon et Allemagne) a une guerre permanente contre le régime soviétique mise simplement entre parenthèses entre 41 et 1945, mais qui perdure, face à un pouvoir russe qui n’a, loin s’en faut , aucun modèle de société à proposer, mais défend la place stratégique du pays sur l’immense échiquier eurasien face aux appétits étasuniens nourris par la chute de 1991 mais jusqu’à ce jour inassouvis.

COMAGUER AOUT 2009


Vidéos pour comprendre l’histoire - Conférences d’Annie Lacroix-Riz (Pour mieux faire connaissance avec Annie Lacroix-Riz voir le site www.historiographie.info)

1 - "l’Europe : mythe et réalités"

http://www.dailymotion.com/video/x6s90y_europe-mythe-et-realites_news

2 - "Le choix de la défaite"

http://www.dailymotion.com/worldhistoria/video/xztbh_le-choix-de-la-defaite_events

3 - « De Munich à Vichy : l’assassinat de la troisième République » http://www.dailymotion.com/worldhistoria/video/x7k88w_munvichy_news

et pour revisiter la seconde guerre mondiale

Conférence de J R Pauwels : « Le mythe de la bonne guerre. » http://www.dailymotion.com/worldhistoria/video/x10hfx_le-mythe-de-la-bonne-guerre_politics