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L'Esprit
Français...




















Alésia
:

Après
la défaite romaine du siège de l'oppidum de Gergovie durant lequel Vercingetorix
a bénéficié de la trahison des Eduens vis à vis de César, les armées romaines
fuient à la recherche de renforts en 52 avant JC.
Vercingetorix tente de
couper le contact des romains avec les troupes germaines prêtes à appuyer César
en échange d'une part du butin : le choc a lieu près de Montbard et la cavalerie
gauloise est décimée : l'organisation et la stratégie de défense romaine auront
raison des attaques anarchiques des gaulois.
Le chef gaulois met alors
le reste de ses troupes en retraite vers l'oppidum d'Alésia avec 80000 soldats
et envoie des cavaliers à la recherche de renforts dans toute la Gaule.
César
décide d'assiéger les gaulois en profitant de leur retraite improvisée.
Afin d'éviter la tenaille dont il fut victime lors du siège
de Gergovie, César fait preuve d'une exceptionnelle maîtrise de l'art
du siège en entreprenant une double protection de lignes fortifiées
:
* 1 /- l'une de 15km orientée vers l'oppidum pour résister aux
tentatives de sortie des 80000 gaulois retranchés : la contrevallation,
* 2 /- l'autre de 20km orientée vers l'extérieur pour résister
à l'armée de secours demandée par Vercingétorix aux
autres peuples gaulois pour lui venir en aide : la circonvallation. L'armée
romaine est alors composée de 10 à 12 légions, soit près
de 70000 légionnaires (dont certains étaient d'ailleurs des gaulois
!). Afin
de gêner au maximum l'approche des enceintes, une série de pièges
sont établis :
* 3 /- des pointes de fer sont enfoncées dans le sol,
* 4
/- des trous profonds de 90cm sont disposés en quinconce avec au fond de
chacun d'eux un pieu pointu. Les trous sont ensuite camouflés par des
broussailles,
* 5 /- 5 lignes de fossés profonds de 1,50m sont
creusées, dans lesquelles sont fixées des grosses branches attachées
les unes aux autres,
* 6 /- 2 autres fossés de 4,50m de large
et profonds de 2,50m sont creusés, et dont l'un est rempli d'eau,
* 7 /- enfin, les branches pointues sont fixées au rempart de terre
pour en compliquer l'escalade.
L'armée
de secours arrive devant Alésia plus de six semaines après début
Août, à la fin septembre. Elle est forte, selon César, de
246 000 fantassins et de 8 000 cavaliers. La concentration dhommes réunis
dans cet affrontement décisif est extraordinaire : environ 400 000 combattants
sont en présence, auxquels sajoutent la masse des civils emmenés
avec les armées, les serviteurs et esclaves de larmée romaine. L'infanterie
romaine a pris position sur les lignes de contrevallation et circonvallation.
César ordonne à sa cavalerie d'engager le combat contre la cavalerie
gauloise renforcée par des archers et de l'infanterie légère.
Les combats durent de la mi-journée jusqu'à la tombée de
la nuit. La cavalerie germaine finit par mettre les cavaliers gaulois en fuite
et massacre les archers. La cavalerie romaine finit de poursuivre les fuyards
jusqu'à leur camp. Le jour suivant, les Gaulois de l'armée
de secours fabriquent passerelles, échelles et harpons puis, au milieu
de la nuit lancent l'assaut. Ils se servent de flèches et pierres pour
bousculer les défenseurs romains. Ceux-ci avec des frondes, des casse-têtes,
des épieux repoussent les attaquants. Lobscurité entraîne
des pertes lourdes des deux côtés. Lartillerie lance une grêle
de projectiles. Les Romains renforcent systématiquement les points faibles
à l'aide de troupes empruntées aux fortins situés en arrière.
Les pièges ralentissent l'avancée des Gaulois au pied des palissades
et, n'ayant pu percer nulle part, ils finissent par se replier au petit matin
craignant d'être pris sur leur flanc droit si l'infanterie romaine du camp
supérieur tentait une sortie. Vercingétorix, bien qu'alerté
dès les premiers combats par les clameurs, perd trop de temps à
manuvrer ses engins d'assaut et à combler les premiers fossés.
Il apprend la retraite des siens avant même d'arriver aux retranchements
et regagne la ville. La bataille décisive et la reddition Suite
à ces deux échecs, une troupe d'élite de 60 000 hommes est
constituée et mise sous le commandement de Vercassivellaunos, un cousin
de Vercingétorix. Après une longue marche de nuit et une matinée
de repos, Vercassivellaunos attaque le camp supérieur depuis la montagne
nord. En même temps, la cavalerie gauloise sapproche des fortifications
de la plaine et le reste des troupes se déploie en avant du camp gaulois.
Vercingétorix sort de la ville avec tout son matériel d'assaut. Les
Romains attaqués de toute part commencent à céder, d'autant
que les Gaulois réussissent à combler les obstacles. César
envoie Labiénus en renfort pour le camp supérieur. Les assiégés,
désespérant de venir à bout des fortifications de la plaine,
tentent lescalade des abrupts ; ils y portent toutes les machines quils
avaient préparées. Ils chassent les défenseurs des tours
sous une grêle de traits, comblent les fossés, réussissent
à faire une brèche dans la palissade et le parapet. César
envoie dabord des renforts puis il amène lui-même des troupes
fraîches. Ayant refoulé lennemi, il rejoint Labiénus
avec quatre cohortes et une partie de la cavalerie tandis que lautre partie
de cette dernière contourne les retranchements extérieurs et attaque
lennemi à revers. Voyant la cavalerie derrière eux et de nouvelles
cohortes approchant, les Gaulois prennent la fuite. Les cavaliers romains leur
coupent la retraite et les massacrent. Vercassivellaunos est capturé. Voyant
ce désastre, Vercingétorix ordonne le repli de ses troupes. Au signal
de la retraite, les troupes de secours quittent leur camp et senfuient.
Les fuyards sont en partie rattrapés par la cavalerie romaine ; beaucoup
sont pris ou massacrés ; les autres, ayant réussi à séchapper,
se dispersent dans leurs cités. Cette grande bataille a mis face à
face d'un côté les 60 000 hommes de Vercassivellaunos et de l'autre
les deux légions de Réginus et Rébilus, les six cohortes
de Labiénus, plus les trente-neuf qu'il a tirées des postes voisins.
Aux soldats amenés par Labiénus, il faut ajouter les escadrons et
les cohortes amenés par César. Soit, en tout, au moins six légions.
Ce combat a donc rassemblé environ 120 000 soldats. Pour se faire une idée
de la superficie requise, on peut comparer avec la bataille d'Austerlitz qui a
vu s'affronter les 73 100 soldats de Napoléon Ier aux 85 700 hommes de
la coalition austro-russe, sur un terrain de 8 km sur 12. Le lendemain,
Vercingétorix décide de se rendre. Après la reddition des
Gaulois, 70 000 personnes seront déportées par les Romains, la plupart
pour être données ou vendues comme esclaves, la reddition ayant permis
d'épargner la vie des Gaulois réfugiés à Alésia.
Chaque soldat de César reçut un Gaulois comme esclave. Du côté
gaulois, le nombre des morts et des disparus est estimé à environ
10 000. |
|
250
000 gaulois appuyés de 8000 cavaliers arrivent au secours de Vercingétorix environ
2 mois plus tard. Les 2 premiers assauts sont repoussés et le 3ème voit une
implication de toutes les forces disponibles : les défenses sont enfoncées mais
les cavaliers germains alliés des romains chargent et les troupes de secours,
décimées, s'enfuient.
Il faut mentionner que le groupe de vieillards, d'enfants,
de femmes alors présents à Alésia, furent regroupés
afin d'essayer une sortie... comme aujourd'hui on le ferait avec la Croix Rouge. Mais
César n'était pas un homme de Cur. Il en fit son atout.
Il
refusa l'ouverture des portes..., pensant que ceux de l'Oppidum seraient contraints
de les faire entrer à nouveau derrière leurs murs. Le nombre
étant conséquent, les romains auraient le temps d'en profitter pour
entrer dans l'Oppidum.
Vercingétorix comprit le piège et
dû refuser le retour de ces femmes, enfants, vieillards qui moururent
rapidement devant les yeux des Gaulois..., eux-mêmes déjà
très affaiblis.
Vercingétorix,
plutôt que de mourir sur place en l'honneur de ceux qu'il venait de laisser
mourir, se rendit..., certainement poussé par les dissensions entres
les gaulois enfermés. « César ordonne alors que les armes
soient rendues, que les chefs soient conduits à lui. Lui-même
sassied dans le retranchement, devant le camp. Les chefs y sont conduits.
Vercingétorix se rend. Les Eduens et les Arvernes furent mis à
part, pour le cas où César pourrait, grâce à eux, reprendre
des villes. Les autres captifs sont distribués à toute larmée
comme butin, à raison dun prisonnier par personne ». (Dixit
César...!!!)
Vercingétorix sera assassiné en prison
en 46.
Cette défaite accélère la progression romaine
: César se rend maître de la Gaule dans les mois qui suivent cette
victoire avec l'aide des Eduens et leurs alliés, des Arvernes eux-mêmes....
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L'analyse
pertinente d'André Berthier :
En 1960, un conservateur des Antiquités, André Berthier, se
base sur une analyse approfondie des commentaires de Jules César sur la
guerre des Gaules.
(Pour quelqu'un d'avisé,
c'est un peu une énormité que de faire confiance au plus menteur
des menteurs, César lui-même, et un menteur qui ne visait que
l'effet devant le Sénat de sa propre épopée grandiloquente
et rien qu'à son avantage. Ceux qui s'en
tiennent à croire que cet individu aurait pu être soucieux de faire
une juste narration des faits et de la géographie ne se rendent pas
compte de la psychologie d'un homme de pouvoir qui ne joue à l'ethnographe
que pour donner de la chair à son texte. Ce ne peut être un tatillon
des faits. La minutie, la méticulosité, le sens pointilleux ne
sont eux-mêmes que du décor ! Comme si César n'était
pas avant tout un romancier...)
L'objectif
de cet écrit était certes de se faire valoir aux yeux du Sénat
romain, mais outre le fait que "l'omission utile" et les ellipses
soient pratiques courantes, on peut supposer qu'il constitue
une réserve relativement fiables d'indices. (!!!)
En latiniste chevronné, il dissèque le texte ligne par ligne afin
d'inventorier les indices topographiques, puis récupère les
cartes d'état major de l'est de la France et se lance dans un long travail
d'éliminations. Initialement, 200 hauteurs pourraient accueillir un
oppidum, mais en tenant compte des autres indices (cours d"eau, talus,
falaise, orientation, ...), il identifie un seul site qui coïncide à
100% : Chaux-des-Crotenay !

Mais
il se pourrait aussi bien que ce soit à Alaise, au Sud de Besançon. L'argument
en sa faveur, en plus de la toponymie, est d'être en Séquanie, où des auteurs
placent indubitablement Alésia.
Mais :

Cette
inscription découverte sur le site d'Alise Sainte Reine, site officiel
d'Alésia, depuis le second Empire, indique que c'est certainement le
vrai site... (???)

S'il
peut y avoir une conclusion à cela, c'est qu'il semble qu'une civilisation
qui s'est fondée, a grandi et s'est glorifiée sur le sens de l'Oppidum
s'est vu rabattue justement par l'Oppidum.
Ce n'était pas une
idolâtrie, mais presque... tant c'était une caractéristique
des Celtes. La Vie refuse de se fixer sur quoi que ce soit et le dit en manifestant
souvent avec rudeur... ses exigences. Et souvent avec une main qui est loin
d'être digne de Justice. (Mais il n'y a pas de justice en cela, il n'y
a qu'une remise en ordre.) Elle demande qu'on garde toujours l'esprit libre
et ouvert à tout. Malheur à qui s'engage dans des ornières.
Autre
chose, c'est que la conquête des gaules a été voulue par un
homme qui visait l'Empire pour en être son chef, son empereur. Une sorte
de pathologie alexandrine... véhiculée dans l'éducation de
Base latine.
Des Helvètes voulaient se déplacer vers la Loire
et demandèrent à César de les protéger... Ce n'étaient
qu'une bande de 30 000 enfants, femmes, vieillards et quelques hommes valides... Rien
qu'une transhumance, les Celtes adoraient cela... César refusa..., pour
se préparer immédiatement à courir derrière..., attendant
que les Eduens demande de l'aide pour éradiquer ces peuples envahisseurs... Cela
n'attendit pas... Aussi, César courut derrière et massacra l'ensemble
sans défense des Helvètes.
Et ce fut le point d'entrée
pour la conquête de toutes les Gaules en prenant les Eduens comme associés...
Ensuite,
la Guerre des Gaules ne fut comme toutes les entreprises de conquêtes et
de colonisation, rien qu'un art d'utiliser les frictions pré-existantes,
les divisions intestines, l'art aussi d'en créer et de semer le chaos afin
de pouvoir s'infiltrer partout sans rencontrer trop de résistance. Cela
n'a rien à voir avec les entreprises d'Alexandre, mais c'est ce qui servira
d'école aux armées durant toute le second millénaire. Un
art où le prince est le plus grand des menteurs, le plus grand des fourbes,
le plus grand des imposteurs.
Cela fit un million de morts chez les seuls
Celtes. Et un million de prisonniers réduits en servage.
César,
rien qu'une image qui se reproduira ans cesse... avec Napoléon, avec
Hitler, avec Bush... Et peut-on croire que ce soit fini... ?
Il
est à noter que les Eduens se transformeront ultérieurement en Bourguignons en
se mélangeant aux Burgondes qui arriveront avec le temps des invasions. Et
l'animosité des Eduens envers les Arvernes se perdurera dans l'animosité
entre les gens du Bourbonnais et ceux de la Bourgogne, en des guerres pluri
centenaires !
(Les Burgondes appartiennent au peuple
germanique du rameau ostique. Ils sont originaires de l' îlot des Burgondes,
en scandinavie. Ils passèrent de lOder, en Pologne actuelle...
à l'ouest par la Warta jusqu'à sa confluence avec la Notec, au nord
par la vallée de la Notec et au sud par le territoire des Ruges. Le
peuple burgonde a participé aux invasions et migrations de la fin de l'Antiquité
et du haut Moyen Âge, période durant laquelle il s'établit
durablement en Gaule au milieu des Séquanes. Les Burgondes fondèrent
alors un royaume, la Sapaudia... sur l'ancien territoire des Eduens et celui
des Séquanes. (Territoire comprenant aussi celui des Allobroges et ce
qui fait la Savoie actuelle qui hérita de ce nom.) Ensuite, ils englobèrent
le territoire des Eduens et à cette Grande Sapaudia, ils donnèrent
leur nom : la Burgondie, (Burgondia), royaume appelé aussi le regnum
Burgundiæ, dont est issu le nom de Bourgogne, qui subsiste de nos jours.)

Et
la Bourgogne restera un considérable problème pour la France durant
presque mille ans ! Comme si l'esprit des Eduens perdurait... comme un glaive
tendu contre l'unité des héritiers de la Gaule. Les Eduens, ces
élus de Rome ! Ce glaive se fit St Benoît et la fondation des
Bénédictins.
Un glaive en forme de MUR. Via un musellement
parfait des populations. À défaut de plonger une lame dans la
chair, on lui impose une chape noire... ou blanche...

Cluny
ou Alésia monumentalisée ! Pour que les consciences ne puissent
jamais sortir de là.



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