Jeudi
dernier, les députés ont adopté la proposition de loi sur
la pénalisation de la négation des génocides. Le texte remet
ainsi le génocide vendéen, occulté dans les livres d'histoire,
au cur des discussions. La France a-t-elle une mémoire sélective
?
dodgers

Mercredi
28 Décembre 2011
Et
le génocide vendéen alors ?
La
France aime donner des leçons au monde notamment dans le domaine des droits
de lhomme, au titre quelle en serait à lorigine. Elle
oublie de dire quen même temps, elle est aussi lactrice du premier
génocide idéologique en Vendée commis au nom de ces mêmes
droits.
Dans
ce cadre, il sagissait de créer lhomme nouveau, ce qui passait
obligatoirement par la disparition de lhomme ancien qui devait accepter
dêtre régénéré ou de disparaître.
Cest à ce titre que la Révolution a éliminé
la famille royale, une bonne partie du clergé, de la noblesse et, entre
autres, des habitants de la Vendée militaire.
À
lheure actuelle, grâce à la découverte de documents
originaux signés de la main même des auteurs de ces crimes, cest-à-dire
les membres du Comité de salut public et notamment Robespierre, Carnot,
Barrère, etc. Nous avons reconstitué à la fois la pensée,
les méthodes utilisées, les moyens déployés afin de
mener à terme cette folie.
Ce
crime est légal car conçu et mis en uvre directement par le
pouvoir exécutif et voté par la chambre des députés.
Il se décompose en trois grandes étapes : du 1er août 1793
au 21 janvier 1794 avec lutilisation de larmée "masse"
; du 21 janvier au 13 mai 1794 avec le recours des colonnes infernales mobiles
; du 13 mai à la chute de Robespierre avec de nouveau lutilisation
de larmée "masse".
Mais
éliminer une population conséquente évaluée à
815 000 habitants nest pas chose aisée surtout, comme le déplorent
les politiques, celle-ci refuse de se laisser massacrer, et pire, se défend.
Tout dans ce crime de masse a été essayé, y compris lhorreur
absolue comme lutilisation de gaz, de fours
On y retrouve lindicible
comme les tanneries de peaux humaines, la fonte des corps pour la graisse
Crime
politique, crime honteux, crime inavouable, politiques comme historiens officiels,
au nom de lunité nationale, de lidéologie et de la politique
ont tout fait non seulement pour le masquer mais aussi pour inverser les causes
et les conséquences faisant en sorte, quavec le temps, les bourreaux
sont devenus les victimes et les victimes les bourreaux. Cest ce que jappelle
le mémoricide qui sest accompagné chez les victimes dun
déni lié à la peur et à la honte, phénomène
classique dans ce genre de situation.
À
lheure actuelle, nous maîtrisons parfaitement la mécanique
de ce double crime dÉtat avec dun côté, le génocide
et de lautre le mémoricide.
Pouvons-nous, en connaissance de cause,
continuer à reproduire cette situation. Je ne le pense pas au moins pour
cinq raisons :
Au
nom de la vérité
Au nom de la justice
Au nom de lhonneur
Au
nom de lexemple
Au nom de lavenir pour que les bourreaux sachent
que plus jamais ce genre de crime restera impuni.
Le
Parlement français doit-il voter la reconnaissance de ce génocide
? Dans le cadre des lois mémorielles, il na pas le choix. Dans le
cas contraire, comment pourrait-il expliquer que face au même crime, certains
soient considérés positivement car commis par la France et dautres
négativement car commis par dautres comme les Turcs.
Le
fera-t-il ? Je pense que oui avec le temps et sous la pression. Mais pour linstant,
lurgence est peut-être ailleurs : il se doit dabord dabroger
les lois dextermination et danéantissement votées les
1er août et 1er octobre 1793. Comment peut-on imaginer, comment peut-on
accepter que de telles lois restent dans notre arsenal législatif ? Là
encore, nous sommes dans le domaine de limpensable, de linimaginable,
de lindicible pour une démocratie moderne qui veut se donner en exemple
au monde. Peut-on se le permettre ? Sûrement pas même si certains
lespèrent.
Mercredi
28 Décembre 2011
