Mercredi
28 décembre 2011
28 /Déc
/2011

Finalement
ILS ont bien fait de la voter cette loi sur la négation du génocide arménien,
elle va permettre de réouvrir tous les vieux dossiers sur les crimes de la colonisation
française. Merci Valery Boyer, merci les députés.
La crise franco turque risque d'avoir plus de conséquences
sur le plan politique. La Turquie a répondu à la France en l'accusant à son tour
de génocide, pour les crimes commis pendant la période coloniale en Algérie. Ankara
a également annoncé son intention de consulter chaque pays africain, via ses ambassades
(la Turquie en compte aujourd'hui près d'une trentaine sur le continent), et d'y
militer pour la reconnaissance par la France des exactions et des massacres commis
contre les populations locales. La liste est longue et donnera du travail aux
diplomates turcs : Sétif, Madagascar...
Ou encore contre les Bamilekes du Cameroun.
Le
Monde
Guelma
Le massacre de Sétif ou le sanglant armistice
Le
même jour que la capitulation de l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, les populations
du Constantinois, à Sétif et Guelma, en Algérie, manifestent pour leur droit à
l’indépendance. De ces rassemblements s’en suivra une des répressions les plus
sanglantes de l’histoire coloniale française, par la suite « collectivement et
délibérément occultée ». Aujourd’hui, alors que les débats continuent sur le nombre
de victimes occasionnées par les colons, de 1 500 à 45 000 morts, la représentation
diplomatique française en Algérie, en la personne de l’Ambassadeur Hubert Colin
de Verdière, a pour la première fois depuis 1945 qualifié cet épisode, jusqu’alors
resté « discret », de « tragédie inexcusable ».
Sanglante armistice à Sétif. Le 8 mai 1945,
dans les rues de Paris et dans toute la France, la nation chante la capitulation
de l’Allemagne nazie. Au même instant, de l’autre côté de la Méditerranée, des
milliers d’Algériens qui ont participé à cette victoire se rassemblent dans les
rues de Sétif, afin de déposer une gerbe au pied du monument aux morts de la ville,
et revendiquer le droit à l’indépendance de leur pays. Une manifestation qui tourne
mal, et qui se solde par une sanglante tragédie, à laquelle participe l’armée
française, la Légion Etrangère, et des milices de colons créées ad hoc. Lourd
bilan humain pour une répression longue de six semaines dans le département du
Constantinois.1 500 ou 45 000 morts ? Aujourd’hui encore le nombre de victimes
d’une page méconnue et honteuse de l’histoire coloniale française, est l’objet
de débats entre historiens. Il a fallu presque 60 ans, pour que la France, par
l’intermédiaire de son Ambassadeur en Algérie, Monsieur Hubert Colin de Verdière,
en visite officielle à Sétif le 27 février dernier, parle de cette « tragédie
inexcusable », et reconnaisse pour la première fois depuis l’indépendance de l’Algérie,
en 1962, sa responsabilité dans ce massacre.
Sétif est pendant la période de l’Algérie
française le symbolique fief des tous premiers nationalistes. Elle est la ville
de Ferhat Abbas, figure clé de la revendication nationaliste modérée, dès 1943
avec son Manifeste du Peuple Algérien et qui deviendra le premier Président du
Gouvernement Provisoire de la République algérienne (GPRA) en 1958. Le jour de
l’armistice Fehrat Abbas est à Alger pour féliciter le gouverneur général Chataigneau
(dont il est un intime) de la victoire des Alliées. Il est arrêté dans d’étranges
circonstances pour « complot contre la sécurité de l’Etat » par le directeur de
la sécurité générale. C’est sans compter sur sa présence que, ce jour-là, des
milliers d’Algériens musulmans se rassemblent pour fêter l’armistice et revendiquer
du même coup l’indépendance de leur pays.
Tout commence par un drapeau levé...
Tôt dans la matinée, à Sétif, les Scouts musulmans,
une organisation légale créée par le Parti du Peuple Algérien (PPA) se réunit
pour aller déposer une gerbe aux pieds du monument aux morts, situé dans le quartier
des Européens. Le Sous-préfet de la ville, Butterlin, qui s’oppose à toute manifestation
à caractère politique, leur somme de ne pas porter d’armes, ni d’arborer de bannières
revendiquant l’indépendance de l’Algérie. Alors que le cortège gros de 7 000 à
8 000 personnes arrive au quartier français, un drapeau algérien est levé par
un jeune porteur de 20 ans. Refusant de le baisser devant l’ordre français, l’homme
est abattu, comme le maire de la ville, réputé modéré, qui tente de s’interposer.
Une version des faits qui fait l’unanimité parmi les historiens. Dans la fusillade
qui s’ensuit, la foule se disperse et s’attaque aux Européens. Elle fait 27 victimes
du côté français. La nouvelle se répand rapidement dans la province, où la population
locale, majoritairement paysanne, sort crier révolte. C’est le début d’un soulèvement
généralisé, dans plusieurs dizaines de villages du Constantinois, ainsi qu’à Blida
et Berrouaghia dans l’Alger, et Sidi-Bel-Abbès dans l’Oranais.
A
Guelma, située à 150 kilomètres de Sétif, toute « manifestation musulmane » avait
été interdite pour l’armistice. Mais en fin d’après-midi, 2 000 Algériens se rassemblent
et brandissent drapeau algérien et bannières. Face à l’intervention d’une « milice
» européenne et de l’opposition des colons, la fusillade éclate. Dans certains
villages, des manifestations se passent sans heurts, souvent grâce à l’intervention
de maires « libéraux », comme à Tlemcen. Mais dans la plupart des cas, on tire
sans ménagement sur la foule, à la première apparition d’un drapeau algérien,
comme à Bône, Blida et Kherrata. D’après l’historien Charles Robert Ageron [1],
les premières émeutes des Algériens ( les 8, 9 et 10 mai) auraient tué 102 Européens,
auxquels s’ajoutent 110 blessés, et 135 habitations réduites en cendre. Sans commune
mesure avec l’ampleur de la répression coloniale.
Chasse aux arabes
Le 9 mai 1945, sur ordre du Sous-préfet Butterlin,
l’armée de terre menée par le Général Duval, intervient à Sétif, puis dans tout
le reste du département, où elle fait la démonstration de ses sanglantes techniques,
tout particulièrement à Guelma et Kherrata. La Marine quant à elle, bombarde les
côtes et les gorges de Kherrata, les localité du bord de mer comme les Achas,
les Falaises, et Mansouria. Cette intervention musclée pousse les insurgés à se
réfugier dans les montagnes, où ils auront alors à essuyer les bombardements de
18 appareils de l’armée de l’air. La répression s’étendra pendant six longues
semaines au cours desquelles « la chasse aux arabes », ainsi parfois appelée par
les colons ultra de l’époque, fait rage. Car il serait sévère d’imputer l’exclusivité
du massacre de mai 1945 au seul corps militaire. D’autres interventions de la
part de « milices » de colons ultra armés par les militaires et en général cautionnées
par l’administration locale, sont souvent plus atroces et plus sanglantes, selon
les témoignages de survivants [2]. Au menu : émeutiers brûlés vifs, tortures,
exécutions sommaires, enfants et femmes (même enceintes) rarement épargnés.
Qu’en
est-il du bilan humain ? Il faudra attendre le 18 juillet 1945 pour que, du côté
français, le ministre de l’Intérieur Tixier prononce un discours devant l’Assemblée
nationale évoquant la mort de 1 500 personnes. Côté algérien, les nationalistes
avancent tout de suite le chiffre de 45 000 victimes. Le journal algérien Le Populaire,
dans son édition du 28 juin, parle déjà quant à lui de 6 000 à 8 000 victimes.
Selon Yves Benot [3], ces chiffres auraient été donnés par des militaires au journaliste
du Populaire « dans l’intimité ». En métropole, les médias subissent la censure
de l’armée, particulièrement sévère à l’époque, et ne s’expriment que des semaines
plus tard, en reproduisant le communiqué dicté par le gouvernement.
Bilan
humain quasi-impossible Aujourd’hui,
le débat continue. Selon l’Ambassadeur de France en Algérie, qui s’est exprimé
sur Sétif en février dernier, il y aurait eu entre 5 000 et 10 000 personnes tuées.
Le gouvernement algérien reprend de son côté le chiffre de 45 000 victimes, avancé
à l’époque par les nationalistes du Parti Pour le Peuple Algérien (PPA) de Ferhat
Abbas. Pour les chercheurs Rachid Messli et Abbas Aroua, du Centre de recherche
historique et de documentation sur l’Algérie, « la plupart des historiens s’entendent
sur le fait que 45 000 est un chiffre exagéré. Il serait plus réaliste de penser
que le bilan humain se situe entre 8 000 et 10 000 morts ».
Les
archives de l’armée restent flous. La marine avance le ridicule chiffre de 4 victimes.
Selon Yves Benot, il existerait de plus des contradictions dans les chiffres de
l’armée de terre [4]. Selon le rapport du Général Duval du 9 août 1945, il y aurait
eu 550 « musulmans présumés tués » au cours de l’action de l’armée dans la subdivision
de Sétif, et 200 dans celle de Bône (dont relevait Guelma). Or, le seul escadron
de la Garde républicaine, qui est entré en action le premier à Kherrata et Perigotville
les 8 et 9 mai, et qui a poursuivi son action à Pascal, Colbert, et Saint Arnaud,
donne dans son journal de marche plus de 470 tués, dont 200 à Kherrata.
Yves Benot fait ainsi remarquer que cela signifierait que toutes les autres sections
n’auraient fait que 70 ou 80 victimes, ce qui lui semble improbable, lorsque l’on
considère le caractère musclé des interventions de ces équipes armées de mitrailleuses.
Enfin, il souligne que ceux de l’aviation militaire, 200 morts, peuvent être mis
en doute, dans la mesure où elle n’était pas « sur place ». A cela s’ajoute la
répression opérée par les milices civiles. Ces dernières, qui n’appliquaient aucune
des procédures légales permettant d’établir le nombre d’exécutions et d’arrestations,
ont rendu l’exactitude d’un bilan humain impossible.
La
voix des témoins de la « tragédie inexcusable » suffit à rendre compte de l’ampleur
des massacres. Et il n’est jamais trop tard pour rappeler la pleine responsabilité
de la France de ces crimes, qui depuis 1945, a « collectivement et délibérément
occulté ce qui s’était passé à ce moment là », pour reprendre les propres paroles
de Hubert Colin de Védière, interrogé par la radio française Europe 1. Mais la
reconnaissance officielle est un minimum pour l’Algérie, qui demande désormais
des excuses de la part de la France. Faudra-t-il encore soixante années de réflexion
pour cela ? Et au philosophe français Paul Ricoeur de se dire « troublé par l’inquiétant
spectacle que donne le trop de mémoire ici, le trop d’oubli ailleurs ».
[1] In Histoire de l’Algérie Contemporaine, vol.2 : De l’insurrection de 1871
au déclenchement de la guerre de libération 1954, Paris : Presses universitaires
de France, 1979 [2] Nombreux dans l’ouvrage de Boucif Mekhaled, « Chronique
d’un massacre : 8 mai 1945, Setif, Guelma, Kherrata », Paris, Au nom de la mémoire/Syros,
1995 [3] « Massacres coloniaux : 1944-1950 : la IV ème république et la mise
au pas des colonies françaises », La découverte, série histoire contemporaine
[4] « Massacres coloniaux : 1944-1950 : la IV ème république et la mise au pas
des colonies françaises », La découverte, série histoire contemporaine
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|
| La
"pacification" malgache de 1947 avait fait 89 000 morts
Convoi
militaire français, à Madagascar, le 25 septembre
1947
89
000 morts à Madagascar au cours de la répression coloniale française en 1947-1948.
Bilan officiel d’une des pages les plus noires de l’histoire de l’Ile Rouge et
l’une des plus méconnues. Une révolte de 21 mois étouffée dans le sang qui, 48
ans plus tard, reste toujours l’objet d’études de la part des historiens. Retour
sur ces sombres événements.
89
000 morts malgaches sur la grande Ile. C’était en 1947 à Madagascar. Une insurrection
méconnue de l’histoire coloniale française. Que s’est-il exactement passé ?
Tout commence le 29 mars 1947, dans la nuit de samedi à dimanche, où des camps
de gendarmeries sont attaqués par des Malgaches à Moramanga, à Manakara ainsi
que dans le Bas-Faraony. S’ensuit une rébellion longue de 21 mois qui se soldera
en une liquidation, et des insurgés et du seul parti malgache membre de l’assemblée.
Pourtant les circonstances et les instigateurs exacts de l’insurrection font aujourd’hui
encore l’objet de doutes de la part des chercheurs, qui planchent sur cette période
noire de l’histoire de Madagascar.
Intégrée
à l’empire colonial français en 1896, Madagascar obtient le statut de territoire
français d’outre-mer après la guerre, en 1946. L’île est alors dotée d’une assemblée
élue, aux pouvoirs limités. Trois jeunes parlementaires malgaches, membres du
Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM), parti à la fois nationaliste
et pacifique, ont, par cette élection, obtenu des sièges dans les assemblées de
la IVeme République. Une assise politique qui va réveiller la revendication indépendantiste.
L’insurrection,
qui débute le 29 mars 1947, trouve sa source dans l’existence de sociétés secrètes,
basées dans les forêts et aux points stratégiques du réseau ferroviaire. On sait
que l’administration française était au courant. Cette nuit-là ne provoque pas
pourtant d’émeutes populaires. Mais l’armée va opérer, dans l’anxiété, une répression
aveugle. Dès avril, les autorités françaises font débarquer 18 000 hommes. Un
corps expéditionnaire qui montera jusqu’à 30 000. Car la bataille se poursuit
dans l’Est du pays, où deux zones de guérilla s’installent dans la grande forêt,
pendant plus de 20 mois jusqu’à épuisement. Les derniers « rebelles »,
morts de faim, finissent par se rendre. Entre temps, l’armée française procède
à des exécutions sommaires, torture et brûle les villages.
Une
« pacification » dérangeante
Un
épisode longtemps qualifié de « pacification », qui fait 89 000 victimes
chez les Malgaches, chiffre donné par l’état-major français, et approuvé par Jacques
Tronchon, auteur de L’insurrection malgache, ouvrage de
référence sur la question. Les insurgés ont, quant à eux, donné la mort à 550
Européens et à 1 900 Malgaches. Les trois députés malgaches sont arrêtés et jugés
coupables par la justice française, qui retient la thèse du complot du MDRM. Deux
d’entre-eux seront condamnés à morts, pour être finalement graciés.
Si
la majorité des historiens se sont ralliés jusqu’alors à la thèse selon laquelle
la répression malgache émanait en grande partie de la provocation de la police
et des colons, les chercheurs planchent encore aujourd’hui. Ils s’acharnent toujours
à en établir les circonstances et les instigateurs exacts, quitte à déranger les
mémoires. Courant janvier, un nouveau colloque organisé par le groupe d’historiens
« campus » de l’université d’Antananarivo s’est consacré à la question.
Des recherches ont été effectuées par des enquêtes orales et par un nouveau
dépouillement des archives : « Les historiens offrent aujourd’hui un
nouveau regard sur l’insurrection de 1947. Il y a eu des insurgés dans l’Ouest
Betsileo et dans le Menabe en 47-48. La répression policière a sévi ‘là où il
ne s’est rien passé’, comme ce fut le cas à Majumga et à Sambava. Le mouvement
avait une ampleur nationale et tous les malgaches y ont largement participé. Les
moyens militaires étaient incroyablement faibles quand l’insurrection éclate,
et la répression militaire était plus modérée que ne l’a transmis jusqu’ici la
tradition », rapporte la journaliste Lova Rabary. Les chercheurs insistent
sur la diversité géographique du mouvement ainsi que sur le caractère multiforme
de la répression. Le débat s’engage et la discussion est loin d’être closes...
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Le génocide des Bamiléké
LE CANARD ENCHAINE 27 avril 2011, page 3 Une guerre française au Cameroun cachée pendant quarante ans
Récemment diffusée sur la chaîne Public Sénat,
l'enquête "Foccart, l'homme qui dirigeait l'Afrique" éclaire un passé militaire
méconnu de la France. Avec l'appui des gouvernements de la IVème République puis
de Degaulle et de Foccart, son conseiller Afrique, Paris a mené des guerres secrètes
sur ce continent. Exemple, la répression
menée au Cameroun, entre 1956 et 1962, dont le bilan dépasse sans doute 100.000
morts. Tandis que s'installait un régime de terreur et de torture.
Telle est aussi la conclusion d'un récent ouvrage,
"Kamerun!" (éditions La Découverte), fruit d'une enquête très documentée des journalistes
Thomas Delttombe et Marcel Domergue et de l'historien Jacob Tatsitsa.
Tout commence avec la création de l'Union
des populations du Cameroun (UPC), un parti pacifique qui, en 1948, a l'audace
de réclamer l'indépendance. Avant de passer à la lutte armée (attentats, assassinats),
huit ans plus tard, en 1956. Le haut-commissaire de cette colonie française se
nomme Pierre Mesmmer (futur Premier ministre, de 1972 à 1974). Avec l'accord du
gouvernement, il déclenche la répression. "Puisqu'ils n'acceptent pas le jeu démocratique
(sic), je les ... élimine". Commentera-t-il, à la télé, des années plus tard.
[...] Nombre de coloniaux gouvernent
par le racisme et la diabolisation de certains ethnies, par exemple les Bamilékés,
vivier de l'UPC, victimes d'effroyables pogroms. Références
nazies A l'approche de l'indépendance
promise en 1960 par de Gaulle, la France met en place une administration néocoloniale.
On installe ainsi le président Amadou Ahidjo, et l'on dote le pays d'une Constitution
sur mesure, assortie d'accords secrets d'assistance militaire. Les conseillers
du Président sont nommés par les Français. Au nombre desquels Samuel Kamé, qui
avoue son admiration pour les régimes fascistes et cite volontiers Hitler et Goebbels.
C'est avec ces alliés que Paris prépare son ultime opération avant de retirer
le gros de ses troupes : la liquidation de l'UPC, qui persiste ) combattre pour
une authentique indépendance. Camps
à l'allemande Depuis la
fin 1959, les opérations antiguérilla se sont intensifiées. La torture n'a plus
pour seul but de faire parler les chefs maquisards, elle devient systématique
à l'égard des opposants. Gégène, baignoire, balançoire, importées d'"Indo" ou
d'Algérie, sont pratiquées dans tous les postes de police. Des prisonniers sont
jetés vivants dans les chutes d'eau de la rivière Metchié. L'un deux, en tombant
entraînera d'ailleurs dans la mort un gendarme français. Des
camps de concentrations sont édifiés. Ancien haut-commissaire (il sera plus tard
ambassadeur, puis maire de Cannes), Maurice Delaunay évoque, dans ses Mémoires,
celui de Bangou : "J'avais été prisonnier en Allemagne, je savais comment ça se
passait ! J'avais fait un camp avec des barbelés, des miradors".
Il abrite 700 à 800 détenus, gardés par des gendarmes
français et camerounais. L'année
1960 est terrible. "Je décide d'entreprendre une véritable reconquête", écrit
le Premier ministre, Michel Debré. Une note secrète (mars 1960) de l'état-major,
dirigé par le général Max Briand, recommande d'"annihiler les groupes terroristes...et
leurs sympathisants", ce qui autorise les massacres de masse. Briand a rapporté
cette riche idée : exposer les têtes coupées des rebelles sur la place publique.
L'ouest du pays est bombardé. Des centaines de milliers de personnes sont déplacées
dans "des villages de regroupement". En
octobre, le SDECE (future DGSE) repère le chef de l'UPC, Felix Moumié, à Genève
et le fait assassiner (empoisonnement) par son agent William Bechtel...
Le
Négationisme de Fillon
François Fillon en mai 2009. Interrogé sur ces "événements" et, notamment,
sur l'"assassinat par l'armée française de certains nationalistes camerounais",
le premier ministre osa dire que "tout cela" relevait "de la pure invention".
L'armée française a pourtant, d'après ses propres archives, assassiné Ruben Um
Nyobé, secrétaire général et leader charismatique de l'UPC, en septembre 1958.
Ses services secrets ont, comme l'ont avoué plusieurs de leurs responsables, fait
empoisonner à Genève Félix-Roland Moumié, président de l'UPC, en octobre 1960.
L'aviation française a, toujours d'après les archives françaises, tiré à l'ouest
du Cameroun des centaines de milliers de cartouches entre décembre 1959 et septembre
1960... Que M. Fillon aille vérifier par lui-même : les archives françaises regorgent
de "pures inventions" de ce type[...] source
Pressafrique : Massacres
en pays Bamiléké
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Cameroun: Reconnaissance du Génocide perpétré par la France au Cameroun, le RJC
interpelle le Secrétaire général des Nations Unies
Monsieur
le Secrétaire général des Nations Unies.
Trois
jeunes sur cinq au Cameroun dans les régions de l’Ouest et de la Sanaga Maritime
n’ont pas eu la chance de vivre avec leurs grands parents (ci-joint le rapport
d’étude) parce que ces derniers ont été massacrés par l’armée française avec des
armes de destruction massive comme le Napalm (ci-joint les preuves, et nous avons
des témoins vivants tant français que Camerounais).
Selon
la Convention des Nations Unies pour la prévention et la répression du crime de
génocide, on entend par génocide les actes commis dans l’intention de détruire,
intégralement ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux
tels que : le meurtre de membres du groupe; l’atteinte grave à l’intégrité physique
ou mentale de membres du groupe; la soumission intentionnelle du groupe à des
conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle;
l’application des mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe;
et le transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.
Au
regard de cette définition, nous, jeunesse Camerounaise, accusons la France d’avoir
voulu détruire les groupes ethniques Bassa ‘a et Bamilékés, vivant dans les régions
de l’ouest et de la Sanaga Maritime, avec certaines complicités internes.
Il
s’agit d’un génocide mené dans le cadre d’une guerre cachée contre l’UPC, le parti
nationaliste qui réclamait la démocratie et l’indépendance : Atrocités, bombardements,
tortures massacres, sont des actes graves que la jeunesse Camerounaise consciente,
compte voir reconnaitre aujourd’hui, au moment où la France demande à la Turquie
de reconnaître le génocide Arménien. http://www.camer.be/index1.php?art=17304&rub=30:27
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