Les
pertes financières à venir seront colossales et telles le tonneau
des Danaïdes qui ont été condamnées à remplir
un tonneau sans fond en Enfer elles finiront par ruiner les Etats car tous les
organismes financiers de la planète sont interreliés et le fameux
effet domino est en action.
La
dette de l'Irlande (qui illustre le mieux la situation !) passera de 28
à 93 % de 2007 à 2011 selon le FMI, celle de l'Espagne,
de 42 à 74 % sur la même période et l'on
assiste à La
descente aux enfers des Etats-nations ! 5.
D'ailleurs,
les 90 milliards d'aide à l'Irlande engloutis par sa finance ne seront
rien comparés aux 500 milliards à venir de l'Espagne6.
Le
Fonds européen de stabilité financière (FEFS), première
étape du futur FME (Fonds monétaire européen) opérationnel
depuis le 4 août 2010 et actuellement doté de 750 milliards d'euros
verra sûrement son capital doubler prochainement pour sauver l'Espagne (quotidien
allemand Die Welt) comme l'envisage Axel Weber, l'un des membres du directoire
de la Banque centrale européenne (BCE).
Aux
USA, 110 milliards de dollars par mois sont créés par la Fed7,
de l'argent qui n'alimente pas l'économie et qui, à peine créé,
a déjà disparu dans le fameux tonneau des Danaïdes de la finance.
Le problème est en effet mondial.
Bien
sûr, une solution sera trouvée, une solution supranationale avec
un FMI, une BCE (FEFS), qui deviendront les prêteurs en dernier ressort
de ce système économique basé sur la consommation à
partir de dettes.
Le
dollar sera donc remplacé, la nouvelle monnaie mondiale arrive : les
DTS.
La
solution : une monnaie mondiale
Les
Droits de Tirages Spéciaux (SDR en anglais pour Special Drawing Rights
) sont un panier de monnaie comprenant le dollar, la livre sterling, le yen et
l'euro.
Le
G20 qui doit redessiner le
système monétaire mondial en raison de la faillite des Etats devra
donc modifier le fonctionnement de cette monnaie appelée à remplacer
le dollar dans les échanges mondiaux et surtout, à permettre au
système de survivre (prêteur en dernier ressort).
Une
première réforme consisterait à inclure d'autres monnaies
pour ensuite l'adosser à un panier de matières premières
(avec de l'or ?) ce qui serait la seule solution face à la chute du
dollar en cours. Les DTS deviendraient donc aisément convertibles en monnaies
nationales et résisteraient à l'inflation, le graal des monétaristes.
Le fameux Terra ou Bancor est en train de naître et la seule vraie interrogation
concerne la question du contrôle démocratique d'une telle monnaie.
Zhou
Xiaochuan, le gouverneur de la banque centrale chinoise avait déjà
annoncé cela en mars 2009. Vendredi 5 novembre 2010, Le Fonds monétaire
international a multiplié par vingt son capital basé sur les DTS
passant de 21,4 milliards à 204 milliards (300 milliards de dollars environ)
en septembre 2009 puis doublant son capital le 5 novembre 20108.
Il y a fort à parier que bientôt celui-ci doublera encore
et encore, car, pour résoudre la crise de la dette, il faut de nouvelles
dettes, un système à la Ponzi !
La
seule véritable question est donc de savoir si la gouvernance mondiale
sera de type démocratique ou oligarchique, dans les mains de la haute
finance.
Economie
de guerre aux USA
Redessiner
le système monétaire mondial consistera ainsi à remplacer
le dollar dans les échanges mondiaux par les DTS.
Cependant,
la chute des USA, l'Empire romain contemporain, nous expose à de graves
dangers. Effectivement, les USA fonctionnent depuis longtemps en économie
de guerre.
Les
délocalisations ont entraîné en effet une baisse des effectifs
industriels dans la population active américaine passant de 32,6 % en 1974
à 18 % environ aujourd'hui. La finance US n'a fait que masquer
cette débâcle.
Avec
un PIB de 14 600 milliards de dollars, l'industrie US ne représente
plus que 2993 milliards de dollars dont la majeure partie dépend de l'industrie
de l'armement.
Barack
Obama a d'ailleurs présenté pour l'année fiscale 2011 un
budget de la défense de 768 milliards de dollars, à comparer aux
512 milliards de l'année 20099. Une hausse de 50 % !!!
30
% de l'armement dans le monde est vendu par les USA, ce qui représente
75 milliards de dollars, un chiffre en constante augmentation auquel il faut ajouter
768 milliards de dollars du budget 2011.
On
le voit ici, la majeure partie des emplois industriels aux USA dépend directement
de l'industrie de l'armement ce qui représente désormais 30 % de
l'industrie US, le seul secteur qui ne connaît pas la crise et qui risque
de nous plonger dans le chaos. Les événements en Corée ainsi
que les tensions en Iran et au Venezuela sont à analyser en tenant compte
de la situation économique catastrophique des USA.
Cependant,
le problème posé par le krach sans précédent que nous
connaissons aujourd'hui, une crise civilisationnelle, dépasse la sphère
de l'économie. La crise systémique remet en question le fonctionnement
"démocratique" du monde occidental. Le travail (à partir de dettes !),
notre lien social fondamental est ainsi en cours de destruction.
Friedrich
Wilhelm Nietzsche, dans son livre visionnaire «Par-delà le Bien et
le Mal » (publié à compte d'auteur en 1886) a décrit
le monde et l'homme, tels qu'ils fonctionnent réellement. Nous refusons
encore et toujours de nous voir tels que nous sommes et nous assistons aujourd'hui
à la levée du voile sur notre apparente démocratie.
Nietzsche
pensait : « il y a des morales de maîtres et des morales
d'esclaves » (Par-delà le bien et le mal page 266). Son
rêve ainsi que celui de beaucoup d'autres était l'instauration d'un
gouvernement mondial dictatorial. D'ailleurs, Nietzsche prédisait la fin
de la démocratie : « la démocratisation de l'Europe
tendra donc à produire un type d'hommes préparés le plus
subtilement du monde à l'esclavage, mais dans des cas isolés et
exceptionnels, le type de l'homme fort ne pourra que devenir plus fort, plus prospère
et plus riche qu'il ne l'a jamais été, grâce à son
éducation libre de préjugés, grâce à la prodigieuse
diversité de ses activités, de ses talents et de ses masques. »
(pages 234-235).
Aldous
Leonard Huxley, l'auteur du « Meilleur des mondes » nous
livre cependant une clé fondamentale dans les dernières phrases
(page 154) de son essai « Retour au meilleur des mondes »
(Brave New World Revisited) publié vers la fin de sa vie
en 1958 : « En attendant, il reste encore quelque liberté
dans le monde. Il est vrai que beaucoup de jeunes n'ont pas l'air de l'apprécier,
mais un certain nombre d'entre nous croient encore que sans elle les humains ne
peuvent pas devenir pleinement humains et qu'elle a donc une irremplaçable
valeur. Peut-être les forces qui la menacent sont-elles trop puissantes
pour que l'on puisse leur résister très longtemps.
C'est
encore et toujours notre devoir de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour
nous opposer à elles. »
Sources :
1 :
http://www.occ.treas.gov/topics/capital-markets/financial-markets/trading/derivatives/dq210.pdf
2 :
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=19946
3 :
http://www.bis.org/publ/qtrpdf/r_qt1003b_fr.pdf
page 11
4 :
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=21052&Cr=crise&Cr1
5 :
http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-descente-aux-enfers-des-etats-71462
6 :
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2010/11/24/97002-20101124FILWWW00459-l-espagne-trop-grosse-pour-etre-sauvee.php
7 :
http://www.washingtonpost.com/wpdyn/content/article/2010/10/29/AR2010102907404.html
8 :
http://www.imf.org/external/np/exr/facts/fre/sdrf.htm
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2010/11/06/97002-20101106FILWWW00381-le-fmi-double-son-capital.php
9 :
http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-02-01/en-2011-les-etats-unis-depenseront-plus-de-800-milliards-de/1648/0/419474
Auteur
: Gilles
Bonafi - Source : Courriel de l'auteur