Point
9. Cette réflexion est pertinente car les causes profondes de linsurrection
armée dans notre pays sont encore plus fortes et plus pressantes quil
y a 46 ans, ce qui requiert, si nous voulons bâtir un avenir sûr de
gouvernement démocratique, de plus grands efforts plus, de la générosité,
des concessions, de la largeur de vues et une dimagination réaliste
pour sattaquer à la racine des problèmes et non aux effets
de ceux-ci.
Point
10. Après 12 ans doffensive totale contre les FARC - EP par le gouvernement
des États-Unis et lEtat colombien, les assassinats officiels, de
véritables crimes contre lhumanité, faussement présentés
aujourdhui sous un jour positif, la terreur croissante des bandes criminelles
sous le nouveau masque du narco paramilitarisme, la truculence nauséabonde
du président pour se maintenir au pouvoir par la tricherie, la corruption
effrénée de gouvernement et des entreprises privées qui en
échange de la même corruption soutiennent le gouvernement avec des
milliards de dessous de table , linvasion éhontée de la Colombie
par larmée des gringos et linjustice sociale croissante avec
un chômage élevé, pas de santé pour la majorité,
avec dénormes déplacements internes, avec un salaire minimum
ridicule par rapport aux énormes profits des banquiers, des propriétaires
fonciers et des compagnies multinationales et après avoir raboté,
avec une réforme du code du travail, les plus importantes conquêtes
sociales des travailleurs de la campagne et la ville, tout a été
fait pour créer un terrain fertile pour la croissance de linsurrection
révolutionnaire.
Deuxième
partie :
1.
Le Conflit armé en Colombie a de profondes racines historiques, sociales
et politiques. Il na été ni linvention dun démagogue,
ni le produit desprits sectaires, ni une conséquence de certaines
spéculations théoriques, mais le résultat et la réaction
à certaines formes de domination imposées par les classes dominantes
dès lorigine de lEtat nation dont laxe a été
la violence terroriste systématique, organisée par lÉtat,
particulièrement au cours des 60 dernières années.
2.
Le dépasser par des moyens pacifiques, suppose quil y ait une volonté
totale préalable pour aborder les questions de pouvoir et de système
politique, si la volonté est daboutir à des solutions solides
et durables.
3.
Nous avons affirmé le besoin, pour commencer, de parler pour parvenir à
des accords déchange (de prisonniers), qui ne seraient pas seulement
la liberté des prisonniers de guerre des deux côtés, mais
des progrès dans lhumanisation du conflit et certainement un pas
vers des accords définitifs.
4.
Parler et chercher ensemble des solutions aux problèmes majeurs du pays
ne doit pas être considéré comme une concession de quiconque,
mais comme un scénario réaliste et praticable pour tenter, encore
une fois, darrêter la guerre entre Colombiens dans la civilité
des dialogues.
5.
Se réunir pour des entretiens sur les échanges (de prisonniers)
et sur f le règlement politique suppose des garanties entières pour
le faire sans aucune pression, en tenant pour acquis que ceux qui peuvent le garantir
sont exclusivement le gouvernement en place, sil a la volonté de
trouver les chemins du dialogue.
6.
Notre volonté historique et permanente de trouver des scénarios
de convergence à travers le dialogue et la recherche collective daccords
de coexistence démocratique ne dépend pas de circonstances particulières
ou de la corrélation des forces politiques, elle est simplement une partie
ferme de notre programme.
7.
Au cours des 45 dernières années, nous avons été soumis
à toutes sortes doffensives politiques, propagandistes et militaires,
avec la présence ouverte ou souterraine du Pentagone, à toutes sortes
dultimatums et de menaces des autorités civiles et militaires, à
une agression terroriste permanente sur la population civile des zones dans lesquelles
nous opérons, etc., qui nont pas aucunement ébranlé
notre détermination et notre volonté de combattre, par tous les
moyens qui nous restent , pour une Colombie souveraine, démocratique et
de justice sociale.
8.
Nous comprenons les dialogues, la recherche des voies vers la paix, non comme
une négociation, parce quelle nen est pas une, mais comme un
vaste effort collectif pour parvenir à des accords qui rendent possible
de sattaquer aux causes profondes du conflit colombien.
Troisième
partie
Nous
FARC , sommes une riposte à la violence et à linjustice de
lEtat. Notre insurrection est un acte légitime, un exercice du droit
universel donné à tous les peuples du monde à se révolter
contre loppression. Nous avons appris De nos libérateurs que «
lorsque le pouvoir est oppressif, la vertu a le droit danéantir »
et que « lhomme social peut comploter contre toute loi positive qui
tient son cerveau enchainé
Comme
le proclame le programme agraire de la guérilla, les FARC "Nous sommes
une organisation politique militaire qui recueille les drapeaux bolivariens et
les traditions libertaires de notre peuple de lutter pour le pouvoir et de permettre
à la Colombie dexercer pleinement sa souveraineté nationale
et de rendre effective la souveraineté populaire. Nous nous battons pour
létablissement dun régime démocratique qui garantisse
la paix et la justice sociale, le respect des droits de lhomme et le développement
économique et le bien être pour tous ceux qui vivent en Colombie.
"
Une
organisation avec de tels buts, qui recherche la réalisation du projet
social et politique du père de la République, le Libérateur
Simon Bolívar, rayonne dans sa tactique et sa stratégie un caractère
politique impossible à réfuter. Seul le gouvernement de Bogota,
qui agit comme une colonie de Washington, nie le caractère politique du
conflit. Il le Fait dans le cadre de sa stratégie de guerre sans fin pour
refuser la solution politique que revendique plus de 70% de la population. Cette
stratégie vise notamment à imposer par la force une sécurité
pour linvestisseur antipatriotique concept imaginé par les stratèges
du Commandement militaire Sud des États-Unis, qui relègue au second
plan la dignité de la nation.
Pour
le gouvernement dUribe, il ny a pas de conflit sociopolitique en Colombie,
mais une guerre de lEtat contre le terrorisme, et avec ce présupposé,
complété par la manipulation très intense de linformation,
il croit avoir la justification et la carte blanche pour développer sa
terreur dÉtat contre la population, et refuser la solution politique
et le droit à la paix.
Maintenant
que la Colombie est un pays officiellement envahi, occupé par les troupes
étasuniennes, cette orientation absurde se voit renforcée, ce qui
entraîne laggravation du conflit.
Uribe
nest mandaté par ses maîtres à Washington ni pour léchange
ni pour la paix.
Le
président de la Colombie crée des fantasmes pour justifier son immobilisme
dans les échanges de prisonniers : « que laccord implique une
reconnaissance du statut de belligérant de ladversaire et que la
libération de guérilleros entrainerait une très grande démoralisation
des troupes » Cest sa façon dentraver la voie de la compréhension.
Cette intransigeance inutile du gouvernement a été la cause profonde
du maintien en captivité des prisonniers des deux côtés. Quand
Bolivar a signé larmistice avec Morillo en Novembre 1820, il proposa
au général espagnol de profiter de létat compréhension
qui prévalait pour sentendre sur un traité visant à
stabiliser la guerre « en vertu des lois des nations civilisées et
des principes libéraux et philanthropiques ». Son initiative fut
acceptée, conduisant à léchange de prisonniers, à
la récupération des corps des personnes tuées dans laction,
et au respect des civils non-combattants.
Comme
Uribe est loin de ces impératifs éthiques de lhumanité
! Sans aucun doute, Uribe associe le règlement politique à léchec
et la futilité de sa doctrine de sécurité nationale et à
la triste fin de sa frénésie guerrière pour écraser,
par la force des armes, le mécontentement social grandissant. Il ressemble
à un soldat japonais de la Seconde Guerre mondiale seul sur une île,
tirant sur des ennemis imaginaires au milieu de sa folie.
Nous
réitérons aux participants à cet échange sur le conflit
colombien, les observations faites récemment aux présidents de lUNASUR
et de lALBA : « ... Avec un Uribe plein de frénésie
de guerre et enhardi par les bases américaines, il ny aura pas de
paix en Colombie ni de stabilité dans la région. Si rien ne freine
le bellicisme aujourdhui renforcé, le drame humanitaire de Colombie
va augmenter dans des proportions dantesques. Il est temps pour notre Amérique
et pour le monde de tourner leur regard sur ce pays violenté par le pouvoir.
la Colombie ne peut pas être condamnée éternellement à
dêtre le pays de « mensonges positifs », de lassassinat
des milliers de civils non combattants par la force Publique, des fosses communes
, de la dépossession des terres, du déplacement forcé de
millions de paysans, des arrestations massives de citoyens, de la tyrannie et
de limpunité des auteurs de ces crimes protégés par
lEtat. "
Nous
demandons aux participants à cet évènement doffrir
leurs bons offices pour promouvoir la reconnaissance du statut de belligérant
aux FARC, base de la solution politique du conflit. Ce serait le début
de la marche vers la paix en Colombie. Si nous voulons parler de paix, les troupes
américaines doivent quitter le pays, et M. Uribe abandonner sa campagne
digne de Goebbels de qualification des FARC comme terroristes. De notre côté,
nous sommes prêts à affronter le débat sur lorganisation
de lEtat et de léconomie, sur la politique sociale et sur la
doctrine qui guidera les nouvelles Forces armées de la nation.
Très
sincèrement vôtres Compatriotes,
Secrétariat
de létat-major des FARC.
Montagnes
de Colombie , 22 Février 2010
Hommage
à Raoul Reyes...