Nous refusons de payer pour la finance

Pour un Front populaire anticapitaliste

mardi 18 mai 2010, par Olivier Bonnet, Plume de Presse


jcjAinsi le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a-t-il félicité l'Espagne et le Portugal pour leurs "décisions courageuses", après leur annonce "de rudes cures d'austérité", suivant la formule euphémistique de Romandie news, "sous la pression des marchés et des poids lourds de la zone euro". Quel cynisme, quand on sait le coût que vont supporter leurs populations* ! Et Juncker préconise "l'examen préalable des projets de budgets nationaux, en vue de renforcer la discipline budgétaire commune". Ben voyons. Histoire d'être bien sûr que l'ordre libéral règne sur toute l'Union européenne. Trimez, serrez-vous la ceinture, crevez à petit feu de misère, peuples, vos "élites" dirigeantes applaudissent. Juncker, qui est aussi Premier ministre du Luxembourg, l'Etat des banques et de la finance. Les banques et la finance qui ont précipité le monde dans une crise terrible, et qu'il a fallu renflouer en déboursant "cent fois le plan Marshall", comme le soulignait le journaliste (en rupture du Modem) Jean-François Kahn sur France 2, lors d'un énième "débat sur la crise" animé par Franz-Olivier Giesbert. A qui cela nuirait-il si la Grèce, puis l'Espagne et le Portugal ne remboursaient plus leur dette ? Aux banques, fonds de pension et autres hedge fonds, ainsi qu'énumère l'économiste Frédéric Lordon. Les mêmes qui s'engraissent sur la spéculation et étranglent les Etats souverains par le montant seul des intérêts qu'ils exigent. Pour le seul juteux bénéfice de quelques-uns, une oligarchie d'affaires internationale couverte d'or, pour l'unique autant qu'indécent profit d'une classe. Et c'est la guerre. Les unes après les autres, les sociales-démocraties européennes capitulent et trahissent les catégories populaires qu'elles sont censées représenter. Il fallait voir ce matin sur Euronews l'interview de Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI expliquant benoîtement en anglais qu'un malade devait se soigner et que les mesures d'austérité frappant ces pauvres Grecs étaient donc inévitables. Tout juste n'a-t-il pas prononcé les mots "there is no alternative", mais le c(h)oeur y était. Le FMI qui impose de tailler dans les budgets sociaux pour repaître les marchés, et Strauss-Kahn qu'on tente de nous imposer comme le candidat naturel en 2012 des "socialistes" français. Socialistes, osent-ils encore s'appeler ! Hé bien non, halte au feu. Il n'existe aucun motif légitime qui justifie que les peuples soient sacrifiés sur l'autel de la finance et du capitalisme ultralibéral mondialisé. L'économie doit être au service de tous les hommes, pas seulement de quelques-uns qui se gobergent tandis que les autres tentent juste de survivre.

La dette est illégitime, comme l'explique brillamment Démocratie & socialisme dénonçant "L'effet boule de neige" : "Il est cependant une dépense publique qui ne cesse d'augmenter au fur et à mesure que la dette augmente, c'est les sommes dues aux rentiers, détenteurs des titres de la dette publique ou plutôt actionnaires ou créanciers des sociétés financières (banques, sociétés d'assurance ou fonds de placement) qui gèrent ces titres. Il faut, en effet, emprunter chaque année pour payer les intérêts de la dette publique. Et ces emprunts entraînent une augmentation de la dette publique et donc le versement de nouveaux intérêts... C'est un système sans fin qui rapporte ainsi, 42,9 milliards d'euros aux rentiers en 2009 et coûte la même somme à l'État. Ce poste est devenu le deuxième poste budgétaire de l'État, juste après l'éducation nationale. Le montant cumulé des intérêts dus aux rentiers représente aujourd'hui un tiers du montant de la dette publique. Les rentiers sont, en effet, les principaux bénéficiaires de la dette publique. Et cela de deux façons. D'abord ils profitent des baisses d'impôts puisqu'il s'agit des contribuables les plus fortunés, ceux qui bénéficient de l'essentiel des baisses d'impôts programmés depuis la fin des années 1990. Ensuite, ils perçoivent les intérêts des emprunts que l'État se voit obliger d'effectuer pour compenser la baisse de ses impôts. L'État perd donc sur les deux tableaux où gagnent les rentiers. Ses recettes fiscales diminuent et il doit payer les intérêts de la dette aux rentiers. Si l'on ajoute les 103,5 milliards de baisse d'impôts et de cotisations sociales aux 42.9 milliards d'intérêt versés aux rentiers, on arrive à un total de 146,4 milliards d'euros en 2009. Le déficit public étant égal à 144,8 milliards d'euros cette année-là, il n'est pas difficile de percer le secret de l'origine de la dette publique : la baisse des impôts et la hausse des intérêts versés aux rentiers. La thèse de l'augmentation de la dette publique du fait de l'augmentation des dépenses publiques est donc une thèse absurde qui n'a rien à voir avec la réalité économique". jjcL'auteur de l'article, l'excellent Jean-Jacques Chavigné, tire ensuite la conclusion logique du mécanisme qu'il vient de décrire : "La dette publique est uniquement un instrument de transfert des richesses de la grande masse des salariés dans la poche des dirigeants d'entreprises et des rentiers, par le biais des baisses d'impôt et des versements d'intérêt aux détenteurs des titres de la dette. (...) Servant uniquement à enrichir les plus riches au détriment de tous les autres, sans jamais préparer l'avenir, la dette publique est donc totalement illégitime. Il n'est sans doute pas inutile de le savoir et de le faire savoir au moment où, au nom de cette dette publique dont bénéficie 5% de la population, se prépare le plan de rigueur qui va frapper les 95% restants : chômage, retraite, protection sociale, emploi public, salaires, TVA sociale, précarité, conditions de travail..."

fpaVoilà pourquoi nous refusons les "sacrifices inévitables" que nos gouvernants entendent nous imposer. Que nous nous opposerons par tous les moyens à la réforme des retraites antisociale qui s'annonce. Et que nous signons aujourd'hui l'Appel pour un Front populaire anticapitaliste : "Après les régionales, la crise continue. L'extrême droite se repositionne. Le pouvoir sarkozyste essuie un revers mais reste déterminé. Face à lui, le glissement à droite, de la gauche d'accompagnement avec préparation d'une coalition de centre-gauche PS/Europe Ecologie se confirme. Le Modem participera... Rien n'annonce la nécessaire construction d'une alternative à la logique du système capitaliste et productiviste. Les scores réalisés par la gauche antilibérale et anticapitaliste sont globalement encourageants, là où l'unité a pu se faire plus largement, ils sont nettement meilleurs et justifient les efforts pour arriver à des accords. Cette démarche doit être prolongée et accélérée, pour que la Gauche se reconstruise dans une logique de Résistance, de Rupture et non d'accompagnement du système néolibéral. C'est pourquoi, les soussigné(e)s lancent un Appel à tous les collectifs qui ont participé, pour les régionales 2010, à l'unité des forces antilibérales, à se constituer maintenant en un Front populaire anticapitaliste du 21e siècle. Ils appellent toutes et tous les citoyens à rejoindre ces collectifs. Bien entendu, il ne s'agit pas ici de fonder une nouvelle structure ou un nouveau parti, mais d'incarner et de soutenir une forte volonté de poursuivre, dans l'unité la plus large, la construction d'une vraie alternative au capitalisme. Sur cette base, nous voulons œuvrer à gagner la majorité des travailleurs et des citoyens aux perspectives ouvertes par une gauche de combat clairement identifiable. Construisons ensemble le Front Populaire Anticapitaliste !"

*Relire à titre d'exemple le plus emblématique Nous sommes tous grecs !

 










Le retour du spectre
de la catastrophe

 

David North

Mardi 18 Mai 2010







1945 – Rapport sur « Les perspectives et les tâches du Parti de l’Egalité socialiste, » janvier 2010.
[I]l est clair que depuis septembre 2008 nous sommes dans la situation la plus difficile depuis la Seconde guerre mondiale – peut-être même depuis la Première guerre mondiale. Nous avons vécu – et nous vivons – des moments vraiment dramatiques – Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, dans une interview accordée au magazine allemand Der Spiegel, 15 mai 2010.
Tard dans la soirée du vendredi 7 mai 2010, une scène extraordinaire s’est déroulée à Bruxelles lors d’une réunion des dirigeants des 16 pays membres de la zone euro. Une impasse était survenue entre la France et l’Allemagne au sujet de la faisabilité et des termes de l’aide financière à la Grèce. Avec le soutien du gouvernement Obama, le président français Nicolas Sarkozy insistait pour que l’Union européenne finance un plan de secours de 750 milliards d’euros pour la monnaie unique. La chancelière allemande Angela Merkel continuait de s'opposer à cette revendication.
Subitement, entre onze heures trente et minuit, la réunion est devenue explosive. Le président Sarkozy, selon des observateurs, a commencé à « crier et à hurler, » tapant du point sur la table en exigeant que l’Allemagne retire son opposition. Si Merkel refusait, a mis en garde Sarkozy, la France se retirerait de l’euro. Il a ajouté, pour que ce soit bien clair, qu'il en résulterait des dégâts durables pour les relations franco-allemandes. Confrontée à cette menace, qui avait le soutien du gouvernement Obama, Merkel a accepté la mise en place du plan de secours.
Cette confrontation avait lieu le soir même du 65ème anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe.
Immédiatement après cet accord, les marchés ont célébré la dernière « solution » en date à la crise économique mondiale grandissante. La communauté financière était encouragée par les promesses des gouvernement de Grèce, d’Espagne, de la Roumanie, du Portugal et de plusieurs autres pays européens d'appliquer les mesures d’austérité draconiennes inégalées exigées par la Banque centrale européenne (BCE).



L’accord en Grande-Bretagne entre les Tories (conservateurs) et les libéraux-démocrates de former un gouvernement de coalition et d’attaquer les déficits budgétaires massifs du pays a contribué au rebond de marché. Toutefois, vers la fin de la semaine, l’euphorie se dissipait et les marchés enregistraient de nouveau des pertes substantielles au fur et à mesure qu'il apparaissait que l’accord forcé entre Sarkozy et Merkel n’avait résolu aucun des problèmes sous-jacents – et en fait, ne ferait qu’aggraver la situation.
D’abord, la politique d’austérité exigée par la Banque centrale européenne en échange du soutien financier forcera la réduction de la consommation dans les pays visés et les poussera dans la récession. Ceci, à son tour, entraînera une érosion des marchés majeurs des producteurs sis en Union européenne, notamment en Allemagne. Et ainsi, le résultat le plus probable des mesures d’austérité exigées par les financiers américains et européens est la continuation et l’aggravation de la récession qui a commencé en 2008.
Ensuite, la bataille sur le plan de secours de 750 milliards d’euros a ébranlé la confiance dans la viabilité du projet de monnaie unique, un peu plus d’une décennie après sa mise en place. Merkel a cédé à la pression franco-américaine le soir du 7 mai mais des rumeurs circulent sur les marchés financiers, selon un rapport du journal britannique The Guardian, « que Merkel est en train de faire imprimer des Deutschmarks en préparation d'une scission » au sein de la zone euro.
L’éclatement de l’euro ne signifie pas simplement la fin d’une monnaie. C'est la menace d'un effondrement dévastateur et potentiellement sanglant des relations politiques existant entre les Etats européens. Le journal allemand Süddeutsche Zeitung a avancé le scénario suivant dans son édition du 15 mai : « L’Union européenne s’effrondre au moment où son ciment politique le plus important, la monnaie unique, se désagrège. Vingt-sept Etats-nations se battent à nouveau pour des marchés. L’Allemagne, en tant que pays le plus grand et dotée d’une structure industrielle saine, se fait des ennemis, et risque d'être boycottée : le spectre de la ' puissance hégémonique' est restauré. »
C'est dans ce contexte que Trichet, le président de la BCE, a averti que l’actuelle situation politique et économique mondiale était la « plus difficile » depuis 1939-1945 et, peut-être même depuis 1914-1918.
L’on peut être sûr qu’une personne occupant un poste aussi importante dans la finance internationale que M. Trichet, prend soin de choisir ses mots. En s’entretenant avec un correspondant de l’un des journaux les plus lus et les plus influents d'Europe, Trichet place la crise actuelle à un niveau comparable à celui des deux plus importantes catastrophes mondiales du 20ème siècle.
M. Trichet n’exagère pas. Il connaît bien l’histoire européenne. Le déclenchement de la Première guerre mondiale en août 1914 fut le résultat de conflits politiques et économiques irrépressibles entre les principaux Etats capitalistes européens, conflits qui s’étaient accumulés au cours des quatre décennies antérieures de paix relative. En 1918 la fin de la guerre qui avait coûté la vie à 50 millions de personnes, ne résolut aucune des contradictions qui avaient provoqué la guerre. Au contraire, ces contradictions non résolues ont suppuré et sont devenues malignes menant à la calamité économique de la Grande dépression, à l’émergence de dictatures fascistes et, finalement en 1939, au déclenchement de la Seconde guerre mondiale. Durant les six années de barbarie qui s’ensuivirent, près de 80 millions d’êtres humains perdirent la vie.
Durant les décennies qui suivirent la guerre, la classe dirigeante européenne – sous la direction des Etats-Unis – a tenté d’établir des institutions économique et politiques devant rendre impossible le déclenchement d’une autre catastrophe. Tout particulièrement la « paix » entre l’Allemagne et la France – qui avaient été en guerre trois fois entre 1870 et 1945 – serait garantie en unissant les deux pays dans un réseau d’intégration complexe de relations économiques coopératives. La mise en place de l’Union européenne et avant tout, de la monnaie unique, fut le point culminant de cet effort d’après-guerre de défense de la stabilité européenne.
Paradoxalement, au moment où la monnaie unique était en fait lancée en 1999, les conditions objectives qui avaient étayé la croissance économique et la stabilité politique européenne s’érodaient rapidement. Un élément majeur de cette détérioration était l’intensification de la crise du capitalisme américain, et qui s’exprimait de la manière la plus dramatique dans la transformation des Etats-Unis en la plus grande nation débitrice du monde, et donc, dans le déclin continu de la valeur du dollar. Loin de promouvoir la stabilité européenne, l’accumulation des contradictions du capitalisme américain – qui ont finalement explosé en 2008 – a asséné un coup mortel à l’équilibre économique et politique déjà fragile de l’Europe.
M. Trichet reconnaît le caractère historique de la crise à laquelle l'Europe est confrontée. Mais ni lui, ni les dirigeants des gouvernements européens, ni d'ailleurs le gouvernement Obama aux Etats-Unis, n'ont la moindre idée de la manière de résoudre la crise qui se propage, sinon en se préparant à la guerre, tout d'abord contre la classe ouvrière puis inévitablement les uns contre les autres.
Suite à la dissolution de l'Union soviétique en 1991, conséquence de la trahison du socialisme par les régimes staliniens réactionnaires, les propagandistes du capitalisme mondial avaient proclamé le triomphe historique du marché. Les luttes révolutionnaires du 20e siècle contre le capitalisme avaient, selon eux, été des efforts futiles et malavisés, des aberrations du processus "normal"de l'histoire, et condamnées à l'échec. La conception matérialiste marxiste de l'histoire et son analyse des contradictions du mode de production capitaliste avait été réfutée.
A présent les réfutations du marxisme sont réfutées par le développement objectif de la crise du capitalisme mondial. Cette crise est à présent tellement avancée que les représentants les plus importants du système invoquent le spectre des catastrophes qui, au siècle dernier, ont coûté la vie à des dizaines de millions de personnes.
Les événements des deux dernières semaines sont un avertissement et un défi pour la classe ouvrière. La crise qui se développe englobe le monde entier et menace l'humanité d'un cataclysme aux dimensions inimaginables. Aucune solution ne peut être trouvée dans le cadre du capitalisme. La survie de l'humanité dépend du développement d'un mouvement révolutionnaire international de la classe ouvrière, politiquement conscient, pour le renversement du capitalisme et la mise en place du socialisme.

http://www.wsws.org/







http://jean_paul.gourevitch.perso.sfr.fr/propagande/Papierpeint.jpg

 Provenant de canaux divers, arrive une invitation pour le 29 mai à 16h00 pour un rassemblement qui se tiendra à Paris devant l'Opéra Bastille.

 

Organisé par l'Arc Républicain  pour marquer le cinquième anniversaire de la plus grande forfaiture réalisée par les tenants de la supranationalité, chantres de l'Europe des provinces et des marchés contre la République Une et Indivisible. Du jamais vu depuis celle du 10 juillet 40.

 

Ce 29 mai, concrètement, il va falloir jongler entre la montée au  Mur des fédérés à 14h30 organisée par les Amis de la Commune et ensuite la Bastille, mais c'est jouable…et à jouer.


 http://www.rebond.org/photos/1871.jpg

le cadavre est à terre ...mais l'Idée est debout (V Hugo-1871)

 

D'autant que l'enjeu est de taille et les deux initiatives sont plus que complémentaires. Ne serait-ce que la référence commune à Versailles* et ses versaillais, où les injures contre le peuple étaient ponctuées il y a 139 ans de fusillades et sont aujourd'hui scandées par le canardage des acquis sociaux et démocratiques de la République.

 

Les qualificatifs pour nommer ce rejet du traité de l'UE exigé par la majorité de notre peuple n'ont pas manqué. Du plus injurieux au plus récupérateur. Du " vote de la couardise" à celui de "gauche" en passant par sanction ou avertissement.

 

S'il y a de tout cela dans les trois derniers termes, le premier porte la bassesses des battus: se gausser pour mépriser  ce qu'il a fallu de courage collectif pour résister au rouleau compresseur idéologique, pour dire face aux faiseurs d'idées dominantes que leurs chantages ne faisaient pas peur et qu'un peuple a le droit de dire non et s'en sert.

 

C'est un constat: l'état de débandade des forces politiques progressistes du NON dit "de gauche", valeur que dans un dernier spasme elles ont réussi à propulser, a interdit de faire respecter le verdict des urnes. Regrettable, mais incontournable constat qui doit faire réfléchir et agir. Cette proposition du 29 mai s'y inscrit.

 

Par contre ceux qui à Versailles ont voté oui, ceux qui dans l'enceinte de Thiers nous ont refait en 2007 leur Munich 38 ou l'été 40 par votes pour ou abstention ont pris dès il y a cinq ans un pli dont les comportements dans la phase actuelle de la crise montrent combien il s'agit de choix de fond pour au mieux composer avec les marchés, le plus souvent s'y soumettre et pour certains s'en remettre à leur suprématie incontesté.

 http://www.lesmanantsduroi.com/Images7/emp_all_versailles_1871.jpg

Cela  même quand ils sont rejetés par les peuples les uns après les autres. Pays bas, France, Irlande, Islande, Grèce, Portugal etc. (cela sans parler de ceux qui ne seront pas consultés pour ne pas avoir à contrer l'opinion publique).

 

Il  y a cinq ans la France disait NON. Les repères historiques permettent aujourd'hui  de bien qualifier la nature de ce vote de façon plus précise et donc le mieux capable de rassembler pour faire reculer tout les tenants de cette réorganisation de l'espace géopolitique contre les souverainetés des peuples : il s'agit d'un vote républicain. Avec tout ce que cela signifie de valeurs progressistes, de rejet des sectarismes, chauvinismes, racismes, tous savamment entretenus à coup d'opération médiatique sur fond d'exclusion.

 

Le 29 mai 2005 et ce vote Républicain doivent conduire à regarder comment se comporte le pouvoir avec la République.

 

L'histoire ne repasse pas les plats dit-on. Mais elle conserve les recettes. En février 34 les ligues factieuses défilaient en hurlant à bas la gueuse en cassant du métèque et du rouge. En 2010, arrivée au pouvoir grâce aux lâchetés de ceux qui disait changer la vie en ne visant qu'améliorer la leur (plus quelques complice qui se sont discrédités sur l'échiquier politique), ils n'ont plus de rouge (du moins officiels) en face d'eux, les roses ont blanchies et sont fanées et ils arment à grand frais des charters pour expulser les métèques.

 

Aujourd'hui, pour combattre la République, ils font à l'échelle du pays ce qu'ils ont fait dans les Services Publics : garder le nom le vider de sens et de valeurs.  Sauf impératif constitutionnels, ils ne parlent plus de République mais d'État. L'usager-République est devenu client-État. Le président constitutionnel ou protocolaire de la première est devenu chef du second.

 

Ils dévident la pelote : avec la "régionalisation" la cour des comptes est dépossédée au bénéfice de celles des comtes et barons. Pour renforcer l'état (dont il n'utilise plus le qualificatif de régalien qui pourrait renvoyer à souveraineté) ils parlent TOUS d'Etat de droit.  En français l'état dont la droite à besoin pour le capital, pour leur projet contre les lois de la République.

 

Diminuer "le train de vie de l'Etat " passe par laminer les outils de l'égalité républicaine dont un de ses principes fondateurs : l'égalité de traitement en tout point du territoire. Il  est allègrement foulé aux pieds dans toutes les régions en matière de santé, de transports, d'école, de culture.

 

 




Une situation ouvertement cogérée par des majorités qui financent la délocalisation économique et industrielle pour casser ailleurs ce qu'ils attirent chez eux par des cadeaux au capital, les mêmes majorités qui pétitionnent en campagne électorale pour l'école publique et laïque mais une fois élus votent les crédits aux écoles privées et en plus dans les formes exigées par la droite et son chanoine de Latran.

 

C'est au nom du trop d'état que ce pouvoir personnel et autoritaire casse les outils républicains de démocratie décentralisée que sont les communes et les départements. C'est au nom du trop d'état qu'il concentre entre les mains de l'états les moyens financiers des collectivités territoriales qu'il remodèle à sa main. C'est aussi au nom du trop d'état que les pouvoirs des préfets contre les élus sont renforcés et que ceux-ci sont désignés par le chef de l'état sur des listes établies par lui et les dirigeants des godillots de la majorité présidentielle.

 

Pour faire illusions les textes du JO préservent les formes mais les maires du palais qui annoncent devant les télés la pensée du chef ne s'embarrassent pas de d'enjolivures constitutionnelle : ils disent "une décision du chef de l'état". Copinage népotisme et ploutocratie.

Vite imposer le retour de la démocratie républicaine.

 

En 2010, poser la question de la République, c'est faire le tri entre les traitres, les parjures les couards qui accompagnent ses  ennemis déclarés ou pas d'un côté, et ceux qui de l'autre s'opposent à leur projet au nom de la souveraineté et les coopérations entre les peuples, contre leur mises sous tutelles par les marchés qui ont été autorisés par les gouvernements (tous depuis 30 ans) à se substituer aux outils d'indépendance économiques et monétaires des états souverains.

 

En 2010 poser la question de la république c'est oser affronter un siècle d'erreurs du mouvement révolutionnaire en matière de transformation politique, de gâchis d'énergie à vouloir d'emparer des rennes de l'État et non de construire une autre forme  sociale d'organisation des société humaines. 

 

Aujourd'hui de Fillon à DSK en passant par Fa#, ils obéissent  les ukases des banques et s'assoient sur le vote des français. Ils se préparent au nom de la solidarité avec les peuples qu'ils écrasent à nous imposer une austérité qui permet d'abonder les coffres des banques: Les 750 milliards d'€ qu'ils débloquent c'est vous c'est nous qui les payons ils vont directement à la spéculation internationale (ou "nos" banquier "nationaux" ne sont pas les moins rapaces). Quelle politique sociale ne pourrait-on mener avec ces 750 Milliards?

 

Défendre la république en 2010, c'est rassembler pour refaire que la France et son  organisation sociale, administrative pour l'organiser, politique pour l'orienter, réintègre le giron de la démocratie républicaine. Cela passe par l'urgence de faire partager l'idée que d'autres politiques sont possibles ET que c'est au peuple d'en décider.

C'est à lui de faire cet indispensable tri sélectif en mettant les ordures non recyclables dans une décharge surveillée et sécurisé,  en écartant et confinant toutes les scories fussent-elles roses ou assimilées et en faisant du neuf.

 

Cela exige un effort permanent de construction, cela ne viendra pas en claquant des doigts. Peut-être, modeste suggestion, à partir d'un succès souhaitable et à réussir du 29 mai, prendre date et rendez-vous à des moments symboliques de l'histoire progressiste et républicaine (14 juillet, 4 août, 4 septembre etc.) pour tenir allumé et augmenter le nombre de porteur du flambeau républicain.

 

Nombreux sont ceux qui le 27 mai penseront à l'anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance.

 

Quelle conception de la république sur quelle organisation politique et sociale reconstruire une vraie souveraineté populaire? Une construction qui ouvre aux coopérations parce qu'elles auront éliminé les mises en concurrence que le capital tend à institutionnaliser comme règle unique de fonctionnement pour surexploiter et accumuler les fruits de ses holdups?

 

Quel contrat social qui organise la société et interdisent que les richesses soit captées et accumulées contre l'intérêt de ceux qui les produisent ?

 

Débattre de ces questions,  largement porter publiquement ces exigences et peut-être aussi (surtout) en profiter pour aller demander des comptes à tous les forfaits de Versailles et ceux qui dans les régions communes département travaillent à casser le tissus républicain. (Avantage pratique: moins de déplacement, la république de proximité par la défense de la commune et du département…contournement de l'État capitaliste bourgeois et moyen de poser concrètement la possibilité d'une alternative)

 

Il y a cinq ans, issue des urnes, la seule agence de notation crédible, la voix du peuple de France, a effondré la note de ses dirigeants. Ils n'en n'ont eu que faire et sont passé par-dessus d'autant que personne n'a pris l'initiative d'organiser le rejet de la forfaiture lors du "vote" antidémocratique de Versailles.

 

Pour qui en douterait, voila la démonstration de la réalité du pouvoir de classe du capital, de son état à son service, le suffrage universelle le servant quand il peut s'abriter derrière mais l'écrasant sans états d'âmes quand il le gène.

 

La période montre que cela vaut au plan intérieur comme au plan international:

 

Des expériences sont tentées, des luttes existent. Regardons, réfléchissons, comprenons.

 

Ne copions pas.

 

Ce que nous disent les anciens quand on parle du Conseil National de la Résistance prend son immense dimension:

Si résister c'est créer, inventons!! 


http://static.cozop.com/imgdepot2/c/7/f/4f64626ca705cdcbf191c515bca23c7f.jpg

*celle là,Commune à Versailles, même facile, je ne la rate jamais



Auteur : Canaille le Rouge - Source : Le blog de Canaille le Rouge