Quant
aux associations, seule lAssociation pour une taxation des transactions
financières et laction citoyenne (Attac) a été retenue
compte tenu du rôle quelle a joué sur les questions de la mondialisation
et de la globalisation financière.
Nous
avons tenté dans cette présentation une approche transversale pour
chaque organisation. Ainsi, nous regarderons dabord quelle analyse générale
ces organisations ont fait sur lorigine, les causes profondes de la crise
et les différents plans de rigueur qui en ont résulté. Dans
un deuxième temps, nous présenterons leurs propositions dactions
dans le cadre européen et enfin les mesures prônées dans le
cadre national. Pour terminer, nous ferons, le cas échéant, quelques
commentaires.
Afin
détablir cette « cartographie », nous avons privilégié
les communiqués et positions officiels de ces différentes organisations
tels quils figuraient sur leurs sites Internet au 30 septembre 2010. En
effet, les déclarations individuelles de telle ou telle personnalité,
même influente, dune organisation ou dune autre, sont quelquefois
guidées par le court terme dune actualité brûlante ou
par une logique purement médiatique et rhétorique. Elles ne reflètent
pas nécessairement la position officielle dune organisation décidée
par ses instances dirigeantes avec la froide rigueur inhérente aux «
conclaves stratégiques » et au débat collectif. La période
choisie, quant à elle, correspondant au développement de la crise
de lUnion européenne et de leuro lors du premier semestre de
lannée 2010.
Quelques
caractéristiques générales des discours
des organisations
sélectionnées face à la crise.
De
façon générale, il est difficile de ne pas remarquer le silence
« assourdissant » de certaines organisations concernant la crise actuelle.
Beaucoup de sites de partis ou de syndicats ne sont pas ou peu actualisés
sur la question. Dautres sont organisés de manière tellement
confuse quune mère ny retrouverait pas ses petits. Cest
la raison pour laquelle, dans cette recherche, il est possible que des documents
de certaines organisations naient pas été pris en compte,
tout simplement parce que nous ne les avons pas trouvés ! Si cest
le cas, que les organisations concernées nous le signalent et veuillent
bien nous excuser.
Dans
de nombreux cas, nous navons pu trancher parmi les propositions évoquées
entre ce qui pourrait apparaître comme des mesures structurelles valables
quelque soit le contexte, et des mesures exceptionnelles destinées à
répondre à une situation durgence.
De
façon plus particulière, on peut remarquer que :
Debout
la République, hormis le MPEP et lArc républicain de
progrès, est la seule organisation politique à revendiquer la sortie
de leuro sur une base unilatérale. Son président, lex-député
UMP Nicolas Dupont-Aignan, ayant participé à la campagne du «
non » lors du référendum sur le projet de constitution européenne
en 2005, développe une analyse très proche de celles faites par
le MPEP, Attac ou le PG pour ne prendre que ces exemples. Néanmoins,
la sortie de leuro est peu détaillée sur la manière
de faire et sur les politiques à mettre en uvre ensuite, qui sont
marquées dune très profonde ambigüité.
Le
Front national, parmi toutes les organisations étudiées, parle aussi
de la sortie de leuro, mais celle-ci, toutefois, devrait être «
groupée, maitrisée et rapide ». Une telle proposition nest
que posture et même imposture car le temps de trouver des
partenaires pour sortir de leuro si on en trouve aura laissé
le terrain libre aux spéculateurs. Il y a urgence économique et
sociale. Cest donc de manière unilatérale que les États
doivent sortir de leuro. La position du FN relève de la politique
politicienne. Même chose pour le soi-disant protectionnisme du FN qui nest
envisagé quau niveau de lUnion européenne. Cest
ridicule puisque lUE commerce assez peu avec létranger (environ
30%), sans compter le temps quune telle décision mettrait à
être prise, et que beaucoup de délocalisations sont faites vers les
pays de lUnion dont les salaires sont les plus faibles.
Les
Verts nont pas de textes sur la crise de lUnion européenne
et offrent une réponse structurelle assez détachée de la
crise récente. Toutes leurs propositions restent dans le cadre illusoire
de lUnion européenne. Ainsi, leur grand cheval de bataille, la «
conversion écologique de léconomie », représente
selon eux un potentiel de 500 000 emplois en France et 5 millions en Europe. On
aimerait savoir par quelle baguette magique ce coefficient multiplicateur va pouvoir
opérer. Ou en dautres termes : appuyé sur quel traité
et porté par quel exécutif ?
Le
Mouvement républicain et citoyen (MRC) ne parle pas de sortir de leuro,
mais évoque simplement cette possibilité. Sa position est ambigüe
et conditionnée par léchec dun « pacte »
qui serait adressé aux pays membres pour tenir compte de la faillite de
la construction européenne et envisager de nouvelles pistes davenir
fondées sur le progrès social. Contrairement à ce quon
aurait pu croire, les propositions dactions nationales sont assez peu développées
en matière économique et monétaire, lessentiel reste
fixé au niveau européen.
Le
Mouvement démocrate (MoDem) est un cas particulier, car on ne peut pas
dire quil ny a rien sur la crise de lUnion européenne
sur son site Internet ; il y a moins que rien ! Étonnant pour un parti
dont le chef François Bayrou croit quil est habité
dun destin national.
Le
Nouveau parti anticapitaliste (NAP) cible de manière systématique
sa critique sur le Parti socialiste. Toutes ses propositions, particulièrement
incantatoires, sont à prendre à léchelle de lUnion
européenne, aucune à léchelle nationale !
Le
Parti communiste français fait des propositions certes généralement
beaucoup mieux construites que les autres partis qui ressemblent néanmoins
à celles du NPA. Rares sont celles dapplication immédiate,
la plupart renvoient à des transformations profondes des traités,
processus qui ne sera pas à lordre du jour avant des décennies.
Labsence de réalisme de cette façon de faire contribue à
boucher toute perspective politique crédible.
Le
Parti de gauche (PG) est celui, parmi toutes les organisations, qui ose briser
le tabou de limpuissance nationale en voulant la « restauration des
marges de manuvre nationales vis-à-vis de lUnion européenne
». Il est quasiment le seul, ainsi, à proposer des mesures concrètes
dapplication immédiate très élaborées, en France
ou dans un autre pays, pour amoindrir la « dictature » des marchés
financiers. Toutefois, ce parti reste marqué par des ambigüités
qui lempêchent de déployer pleinement cette perspective. Il
reste encore trop paralysé par le mythe européen et envisage, par
exemple, des mesures aussi baroques que le contrôle du Parlement européen
sur la Banque centrale européenne !
Le
Parti socialiste a aligné son discours, à la virgule près,
sur celui du Parti socialiste européen (PSE) dans lequel on retrouve de
« vrais » hommes de gauche comme Zapatero en Espagne, Socrates au
Portugal et Papandréou en Grèce, affameurs de leurs peuples avec
les plans daustérité inouïs quils leur ont infligés.
Toutes les propositions du PS, à linstar du NPA ou du PCF et, dans
une moindre mesure, du PG, renvoient à des lendemains qui chantent au niveau
de lUE. Rien nest proposé, en France, pour résoudre,
ici et maintenant, les problèmes.
LUnion
pour un mouvement populaire (UMP) tient un discours dont le dogme semble être
la concordance permanente, servile et zélée, avec laction
gouvernementale. Il ne faudra donc pas sétonner si nous avons puisé,
pour illustrer son point de vue, dans les discours de son « maître
à penser » Nicolas Sarkozy. Comme pour le PS, lUMP et le gouvernement
renvoient tout à léchelle de lUE.
La
CFDT, de son côté, reste dans les vux pieux des revendications
intergalactiques. Rien nest proposé ici et maintenant.
FO
ne dit rien, pas danalyse et encore moins de propositions, même si
le syndicat exprime clairement sa solidarité avec les travailleurs grecs.
Cest
également le cas de lUnion syndicale Solidaires qui manifeste avec
beaucoup de véhémence sa solidarité avec les salariés
des pays victimes de plans daustérité, mais qui na aucun
texte sur la crise de lUnion européenne.
La
Fédération syndicale unitaire (FSU) a diffusé deux textes
assez courts sur le sujet. Si lanalyse est proche de celle de la CGT ou
dAttac, les propositions le sont aussi et restent dans le « mainstream
» du mythe européen.
Seule
la CGT se détache très nettement du lot en disposant de nombreux
documents sur lanalyse de la crise qui rejoignent celles du PCF, du PG ou
dAttac. La CGT reste cependant bloquée à léchelle
de lUnion européenne pour les propositions quelle formule,
et ne parvient pas encore même si on sent quelle en est proche
à faire des propositions dapplication immédiate à
léchelle nationale. Quant au Mouvement des entreprises de France
(MEDEF), son crédo européiste est clairement affirmé. Il
développe un condensé chimiquement pur de la pensée la plus
conservatrice et néolibérale qui puisse exister.
Lassociation
Attac, quant à elle, est particulièrement décevante. Certes,
elle reprend lanalyse qui a fait sa force et sa renommée de sa création
jusquau référendum sur le traité constitutionnel européen
en 2005, mais elle nen tire pas toutes les conséquences. Elle reste,
comme toutes les organisations qui ont été étudiées,
paralysée par la perspective dactions nationales en France
ou ailleurs de rupture avec le système de Bruxelles. En mettant
comme priorité la taxation des transactions financières, lassociation
sengage dans une impasse car ces taxes sont aujourdhui devenues inadaptées
face à lévolution de la crise du capitalisme financiarisé.
Le problème nest plus de ralentir la spéculation, mais de
léradiquer. Persister à faire de la monoculture revendicative
à propos des taxes sur les transactions financières peut même
être considéré, aujourdhui, comme de la diversion. Concernant
la sortie éventuelle de la Grèce de leuro, Attac reprend curieusement
le discours alarmiste et anxiogène dun Sarkozy ou dun Strauss-Kahn
!
Patrice
Hemet et Jacques Nikonoff
Une étude de Patrice Hemet et Jacques Nikonoff
(Mouvement politique déducation populaire - MPEP).
Le
3 novembre 2010.
Pour
lire ou imprimer lintégralité de létude, cliquez
ici : http://www.m-pep.org/spip.php?artic...
Samedi
6 Novembre 2010SONDAGE:
MARINE LE PEN A 14%
*
Les députés britanniques plaident pour une réglementation
plus stricte pour lutter contre l'islamophobie ambiante
*
La justice menacée
en Grande Bretagne au profit du sionisme
*
Borloo chomdu
*
L'influence
déterminante des gauchistes fanatiques et des trotskystes dans l'élaboration
du choc des civilisations et de la guerre contre le monde islamique
*
Bienvenue Barack Obama, dans ce monde en tourmente
Au
premier tour de la présidentielle 2012, Nicolas Sarkozy devancerait d'un
point
Martine Aubry, et Marine Le Pen arriverait en troisième position avec 14%
des
voix : c'est ce que révèle un sondage Ifop paru jeudi. Sondage réalisé
en
pleine vague de manifestations contre la réforme des retraites. Hallucinant,
en
pleine bataille contre une réforme injuste, linstigateur de la réforme,
lopportuniste
du PS et le FN partisan de la retraite par capitalisation
arrivent en tête
des intentions de vote !
Les
citoyens auraient-ils définitivement démissionnés ! Alors
que plus de
70% de la population gagne moins de 1500 euros par mois et que
des millions de
personnes sont au dessous de 900 euros, rien ne change. La
lobotomisation des
esprits serait-elle achevée ?
A
chaque élection, la majorité des français vote soit pour
lUMP qui
représente les intérêts du grand capital,
soit pour le PS représentant ceux
de la grande bourgeoisie. Ensuite
une autre partie des électeurs choisissent
entre Europe Ecologie, qui
cultive la peur de lavenir par une catastrophe
écologique, et
le Front National qui a fait de la peur de létranger son
fond
de commerce. Dans tous les cas le salarié est perdant, car aucun de ces
partis
ne remet en cause le système, pire, ils le cautionnent en apportant
chacun
sa petite touche démagogique pour flatter son électorat.
Europe
écologie, sous couvert dun discourt vert, ne remet nullement en
cause
la société capitaliste et la recherche du profit à tout prix,
cest
une écologie de classe pour ceux qui en ont les moyens !
Parler écologie sans
remettre en cause le système est une arnaque
! Le discours du FN est un
discours simple qui évite soigneusement de
parler du pourquoi de
limmigration, et qui entretient la haine entre
les diverses communautés.
Enfin, les travailleurs n'ont rien à
attendre de lUMP/PS, qui se sert de
nous uniquement pour maintenir leurs
privilèges ; nous ne faisons pas partie du
même monde !
Dans
la bataille pour les retraites, le PS, dabord daccord sur la
réforme,
a fait machine arrière quand il a vu le mécontentement des salariés
devant
cette régression sociale. Et on ne peut pas dire que lon ai beaucoup
vu
ou entendu Les Verts sur le sujet. Quand au FN, il est comme dhabitude
absent
de tous les mouvements de défense des salariés.
La
seule ligne de rupture pour donner espoir au peuple et à tous ceux qui
souffrent
du capitalisme, c'est le NON de gauche à la constitution
européenne.
Il est complètement incohérent que ceux qui ont voté «non»
passent
des accords avec ceux qui ont pris position pour le «oui» : ce sont
deux
choix de société complètement différents. Ce ne peut
être que des
accords de circonstances !
Il
ne faut pas s'étonner que lors des élections labstention soit
la
principale gagnante. Les salariés ne font plus confiance aux politiques,
car
les différentes expériences de gauche plurielle les ont déçus,
et ils
nont rien à attendre de lextrême droite ! Les
partis de gouvernement ne
veulent pas que vous vous intéressiez à
la politique, et se satisfont
parfaitement de l'abstention. La formule du «tous
pareils, tous pourris»,
formule de la classe dirigeante, pour que rien
ne change est gagnante!
http://2ccr.unblog.fr/
Samedi
6 Novembre 2010