La
Syrie : un autre concept erroné
Angie
Toddsamedi
31 décembre 2011, par Comité Valmy

Des
manifestations patriotiques et anti-impérialistes se sont déroulées
le 30 décembre dans plusieurs villes de Syrie ( ici à Damas ). A
noter la prédominance des jeunes parmi les forces qui refusent lintervention
extérieure et la guerre civile.
La
Havane. 15 Décembre 2011
LA
SYRIE est le cur du Moyen-Orient, sur le plan géostratégique
et nationaliste. Elle partage des frontières avec lIrak, le Liban,
lIsraël, la Turquie et lIran, avec lequel elle maintient une
forte alliance, récemment réaffirmée par le président
Ahmadinejad dans le contexte de lagression accentuée de lEurope
et des États-Unis, quand il a affirmé que son pays ne permettrait
aucune ingérence étrangère.
La
Syrie a toujours été un allié déterminé de
la Palestine, avec plus de 472 000 réfugiés de ce pays ; elle a
perdu des territoires, quelle continue de réclamer, sur les plateaux
du Golan, occupés par Israël pendant la guerre dexpansion israélo-arabe
de 1967.
La
Constitution syrienne de 1973 définit officiellement le pays comme un État
socialiste laïque, avec lIslam comme religion majoritaire. Depuis lors,
elle a pu maintenir un État aux diverses croyances, y compris des Chrétiens
coptes, des Juifs, et dautres branches de lIslam, avec un développement
économique et social continu, malgré les sanctions imposées
par les États-Unis à la fin des années 70, quand la Syrie
fut déclaré pays promoteur du terrorisme.
La
position géostratégique de la Syrie la placée dans
la ligne de mire des États-Unis et de ses alliés européens
avec deux objectifs : en premier lieu affaiblir la résistance contre Israël
et isoler lIran, et en second lieu, contrôler le Moyen-Orient et lapprovisionnement
pétrolier de la région.
Lexplosion
de la violence en Syrie au mois de mars, comme dans le cas de la Libye, na
été ni spontanée ni fondamentalement nationaliste dans son
contenu, mais elle a permis aux États-Unis de profiter des vents qui soufflaient
dans la région pour les utiliser à son profit, à savoir pour
tenter de remplacer le gouvernement syrien par un gouvernement plus docile.
Même
sil existe une opposition en Syrie, depuis le début le conflit civil
dans le pays a été alimenté par des forces extérieures.
Toutes les luttes armées ont dabord commencé dans des villes
proches des frontières, exactement comme cela sétait passé
à Benghazi en Libye. Il nest pas étonnant que très
peu dinformations apparaissent sur Internet concernant les infiltrations
de forces délite dans le but de déstabiliser le pays. Lopposition
cependant est très fragmentée, elle manque dun programme populaire
et dune idéologie cohérente, et elle a pour leader un ancien
exilé syrien en France.
Dans
le contexte de ce conflit national, la Syrie a lancé une consultation populaire
sur les réformes constitutionnelles en vue des élections parlementaires
de février 2012 les présidentielles sont prévues en
2014 ainsi que sur les réformes sociales et les négociations
pour parvenir à une solution pacifique, en même temps quelle
insiste sur le respect de sa souveraineté dans la résolution des
problèmes nationaux. En novembre, la Syrie a protesté officiellement
contre les États-Unis pour ses interventions dans les affaires internes
du pays.
Comme
ce fut le cas en Libye, les grands médias ont joué le rôle
prévu, en particulier depuis lexplosion de la violence armée
en Syrie. Initialement, ils ont délibérément présenté
comme des arrestations de civils larrestation de personnes impliquées
dans des actes de violence contre lÉtat et, la situation évoluant,
ils ont présenté des membres de groupes terroristes tués
par les forces de lordre syriennes, ou des morts de ces forces comme de
simples civils.
La
campagne de désinformation sur la Libye après Kadhafi sest
renforcée, reflétant comment les pouvoirs néo-colonialistes
à lOTAN et les États-Unis ont soumis les Nations unies à
leur volonté de détruire ce pays sans avoir à impliquer leur
forces armées sur le terrain, tout en prévoyant lextension
de ce nouveau modèle de guerre « réussi » en Syrie.
Ils
ont passé sous silence les manifestations massives et croissantes de soutien
au gouvernement de Syrie à Damas et dans dautres grandes villes.
Les dernières dépêches concernant la mort de milliers de civils,
acceptées sans que les Nations Unies et Amnistie internationale nenquêtent
sur leur véracité, ont été extrêmement exagérées,
et basées sur une seule enquête téléphonique sur les
meurtres supposés de Syriens qui en réalité sont bien vivants.
Les manifestations contre lintervention de la Ligue Arabe à la fin
du mois de novembre étaient en réalité un mouvement de soutien
populaire qui réunissait plus de 1,6 millions de personnes. Silence total
sur ce sujet.
Après
le désastre instructif de la Libye, le soutien de la Russie, de la Chine
et dautres pays émergents à une solution pacifique régionale
du conflit syrien a empêché une intervention militaire, mais lONU
a imposé de fortes sanctions et la majorité docile de la Ligue Arabe
sest mobilisée pour promouvoir et légitimer une intervention
impérialiste aux yeux de lopinion publique internationale.
Le
7 décembre, le président Bachar el Assad a accordé une interview
à Barbara Walters, de la chaîne nord-américaine ABC, dont
le ton hostile faisait partie de la propagande habituelle. À un moment
de lémission, réalisée en anglais, Barbara Walters
a demandé au président : Selon vous, quel est le concept le plus
erroné de mon pays à légard de ce qui se passe ici,
sil est vrai quil y a un concept erroné ? »
Et
le président el Assad de répondre avec perspicacité : «
Un concept erroné sur beaucoup de choses
il y a tant de faits dénaturés
dans les médias. Mais, le plus important, telle laccumulation de
ces faits, cest quils nont pas de vision. Le problème
des pouvoirs occidentaux en général, notamment des États-Unis,
cest quils manquent de vision pour le moins de ma région,
je ne vais pas parler du reste du monde , et ils se sont trompés
en Irak, en Afghanistan, dans la lutte contre le terrorisme. »
Source
:
http://www.granma.cu/frances/internationales/15dic-La%20Syrie.html