The Electric Universe

Thunderblogs,

présentation de Dave Smith, 16 janvier 2010


Voici le premier extrait d'une série sur l’ouvrage The Electric Universe, copyright © 2002, 2007, de Wallace Thornhill et David Talbott, publié par Mikamar Publishing et reproduit avec l'aimable autorisation des auteurs et de l'éditeur.


Depuis le début de l'ère spatiale, avec l’évolution des sondes spatiales et des télescopes, toujours plus sophistiqués et fidèles, les astrophysiciens sont exposés à nombre de « surprises » nécessitant un réajustement ad hoc quasi quotidien de leurs théories. Or, parmi les nombreux astres connus partout dans l'espace, rien n'est plus énigmatique pour le modèle cosmologique standard que l’humble comète. C’est pourquoi nous commençons cette présentation par le début du chapitre 4, Electric Comets.


***



Chapitre 4 – Les comètes électriques


« Les comètes sont certainement les éléments à la fois les plus spectaculaires et les moins bien compris du Système Solaire. »
Marcia-Neugebauer, JPL


À la fin du XIXème siècle, ni l’hypothèse électrique du Soleil, ni la théorie électrique des comètes n’auraient suscité de controverse. Toutes deux furent discutées dans des revues scientifiques. Vers la même époque, Kristian Birkeland réalisa avec sa Terrella des expériences électriques reproduisant le comportement des taches solaires et des aurores polaires. (91)


Puis la science prit un mauvais tournant. L'investissement dans la théorie commença à remplacer l’introspection critique dans l'observation et la mise à l’épreuve expérimentale des alternatives. Les astronomes se mirent à éviter Birkeland, qui ouvrait pourtant par son travail de nouveaux horizons prometteurs. Seulement plus tard, dans la deuxième moitié du 20ème siècle, focalisant leur recherche dans le domaine du génie électrique et de la science du plasma plutôt que dans l'astrophysique, des scientifiques novateurs envisagèrent à nouveau les explications électriques. Alfvén consacra quelques chapitres de son ouvrage de 1981, Cosmic Plasma (92), aux circuits électriques du Soleil, des planètes et des comètes. Mais les astrophysiciens étaient toujours peu à l'écoute.


Chaque fois qu'une comète est observée de près, on nous raconte que notre compréhension des comètes et de l'origine du Système Solaire sera révolutionnée. Mais la révolution n'arrive jamais. L'histoire officielle des comètes est devenue un article de foi.



En 1950, Fred Whipple proposa un modèle cométaire devenu célèbre sous le nom d’hypothèse de la « boule de neige sale. »
Photo du Smithsonian Astrophysical Observatory, avec l’aimable autorisation du Dr Whipple.


L'artiste français Georges Braque suggérait qu'il est toujours bon d'avoir deux idées, la seconde afin de contester ou d’écarter l’autre. Les astronomes n'ont qu'une seule idée sur les comètes, et le défaut de challenge favorise un comportement plus interprétatif que chercheur. En l'absence de scepticisme, la curiosité intellectuelle cède au conformisme et à la vanité, à l’instar de la NASA qui inscrivit les mots de Fred Whipple, l'auteur du modèle cométaire de la « boule de neige sale, » sur une puce électronique portée par la sonde Stardust en 2004 : « Nous savons aujourd’hui que les comètes sont noires et froides, faites de glace et de poussière qui s’amalgamèrent à partir d'un nuage interstellaire au moment où il s'effondra pour former le Système Solaire. »Nous ne savions rien de tel.


Jamais nous n'avons vu un nuage interstellaire s'effondrer et créer un système planétaire. Et aucune modélisation de l'accrétion gravitationnelle n’a pu expliquer l'étrange diversité des planètes solaires. Des anneaux et des disques poussiéreux ont bien été découverts autour de quelques étoiles, mais c’est pure conjecture que de les baptiser disques d’« accrétion gravitationnelle, » puisque nous voyons aussi ces étoiles éjecter de la matière, au mépris de la gravité.



De tous les corps célestes, sans doute qu’aucun plus que la comète ne mettra en évidence de façon plus définitive en le confirmant le champ électrique du Soleil.
Crédit image : NASA


Si les comètes sont des restes de glace sale de la formation originelle des planètes, pourquoi les noyaux cométaires sont-ils si noirs ? Pourquoi la poussière cométaire montre-t-elle des minéraux dont on pense qu’ils se sont formés sous de hautes températures près du Soleil ? Comment un minuscule noyau cométaire produit-il une queue filamenteuse de plasma s'étirant magnifiquement sur des dizaines de millions de kilomètres à travers le Système Solaire ? Si la queue est faite de matière cométaire évaporée par la chaleur solaire, pourquoi la matière est-elle projetée en gerbes violentes ? Et pourquoi les noyaux cométaires nous montrent-ils un relief aussi fortement sculpté, alors que leur surface est censée ressembler à de la crème glacée ramollie fondant au Soleil ? Les questions sont légion, tandis que les « explications » viennent invariablement après coup et se présentent comme des suppositions déconnectées. Pourtant, le mythe de l’origine des comètes est rarement mis en doute.


Selon toute apparence, les noyaux cométaires, de quelques kilomètres de diamètre, semblent être des roches complexes couvertes de cratères. Tout ce qui semble les distinguer de ces autres montagnes spatiales que sont les astéroïdes, c’est leur orbite excentrique et le spectacle qui les accompagne dans les cieux. Nous savons en effet aujourd’hui que certains astéroïdes ont à l'occasion une chevelure cométaire. Chiron, un objet schizoïde, fut catalogué « Centaure, » d'après le nom un personnage mythologique mi-homme, mi-cheval. Ceci, naturellement, en référence à sa nature moitié comète, moitié astéroïde. On pensait pourtant que les astéroïdes rocheux sont des astres beaucoup plus évolués que les comètes, et personne n'avait imaginé que leurs différences s’estomperaient comme elles l’ont fait ces dernières années.


les tentatives de l’ère spatiale visant à identifier la composition et la structure des comètes, ont en réalité laissé dans le désarroi le modèle de la boule de neige sale de Whipple. Le spectre infrarouge de plusieurs comètes a montré la présence d'olivine, qui nécessite une température comprise entre 1100 et 1600 Kelvin [826 à 1326°C, ndt], et l’absence d'eau, nécessaire à la formation des cristaux. Une telle température aurait fait fondre toute la glace. C’est pourquoi il fut ajouté la condition ad hoc, selon laquelle, les éléments des comètes créés à « chaud » et à « froid » ont dû se former dans des régions distinctes de la nébuleuse primitive et se mélanger plus tard. Ironiquement, un problème similaire de mélange d’éléments formés à haute et basse température existe avec les météorites, et quelques astronomes aventureux ont dans ce cas-là attribué cette composition énigmatique aux effets de la foudre dans les premiers temps de la nébuleuse solaire — une explication qui indique au moins la bonne direction.



 

Les premières théories électriques sur les comètes

Comète de 1848

Le 28 décembre 1871, le professeur W. Stanley Jevons écrivit dans Nature :

« La diminution régulière prouvée de la période de la comète de Encke est toujours, je crois, un phénomène inexpliqué pour lequel il est nécessaire d'inventer une hypothèse particulière, un deus ex machina, sous la forme d'un milieu résistant imaginaire... Monsieur R.A. Proctor, le professeur Osborne Reynolds, et peut-être d'autres, ont affirmé que les comètes doivent nombre de leurs phénomènes singuliers à l'action électrique... Je tiens simplement à préciser que, si le mouvement d’une comète s’approchant du Soleil engendre une manifestation électrique, une certaine résistance est en même temps confirmée. »


En juillet 1872, la revue Scientific American signala à ses lecteurs que « le professeur Zollner de Leipzig » attribue la « luminosité intrinsèque » des comètes à une « excitation électrique. » Selon l'article, Zollner suggère que, en tant que masses, « les noyaux cométaires sont soumis à la gravitation, tandis que les vapeurs, faites de très petites particules émanant d'eux, cèdent devant l'énergie électrique délivrée par le Soleil... » Également en août 1882, les revues English Mechanic et World of Science écrivirent sur les queues de comètes : « ...Il semble y avoir un sentiment grandissant rapidement chez les physiciens, selon lequel, tant la luminosité propre des comètes que les manifestations de leur queue, sont des phénomènes d’ordre électrique. » Des idées similaires à propos de la queue des comètes apparurent dans la revue Nature le 30 janvier 1896 : « Il a longtemps été imaginé que le phénomène des queues cométaires est en quelque sorte dû à une répulsion électrique solaire, et une lumière supplémentaire est jetée sur ce sujet par les dernières recherches en physique. »


En 1924, Hugo Benioff publia The Present State of the Electrical Theory of Comet Forms [Situation actuelle de la théorie électrique des formes cométaires]. Benioff nota que la répulsion électrostatique des queues cométaires ionisées exigeait « une valeur de charge solaire plus de cent fois supérieure à ce qui peut être constitué par tous les moyens de production connus de ce genre de charge. »


La charge solaire était positive et fut estimée être 127 fois plus grande que ce qui pourrait être atteint par la fuite des électrons d'un soleil brûlant. Benioff conclut : « Il semble donc préférable d'attribuer l’action répulsive du Soleil sur les particules de la queue à la pression du rayonnement plutôt qu’à l'action électrique, puisque, qualitativement du moins, celle-ci a été démontrée suffisante pour expliquer les faits. »


Il y a pourtant un abîme entre ce qui peut marcher qualitativement pour une seule manifestation et ce qui doit marcher quantitativement pour tous les phénomènes. Nous voyons ici pourquoi il est essentiel de choisir le bon modèle avant d'appliquer toute analyse mathématique. Quand on travaille sur des hypothèses erronées, les mathématiques ne font que « permettre de se tromper en toute confiance. »


Benioff admet : « Il existe d'autres phénomènes associés aux comètes qui indiquent la présence de forces électriques. Les mouvements radiaux externes dans toutes les directions des particules à proximité du noyau, s’expliquent mieux par l’effet d'une charge électrique associée au noyau. »Mais, une fois encore, le modèle proposé pour charger le noyau de la comète est naïf et se borne à considérer l’électrisation par photo-ionisation. La science est censée progresser en revoyant les hypothèses antérieures à la lumière des nouvelles connaissances. De toute évidence, ce n'est pas arrivé.


 

Les astronomes attribuent toujours le noyau d’apparence stellaire des comètes, leur gigantesque chevelure lumineuse et leur queue filamenteuse, au réchauffement à l'approche du Soleil. Pourtant, dès 1991, il était déjà évident que quelque chose ne collait pas avec un modèle de réchauffement solaire aussi simple. Se déplaçant entre l’orbite de Saturne et d’Uranus, en un lieu quatorze fois plus éloigné du Soleil que la Terre, inexplicablement la comète de Halley a explosé. À cette distance la glace ne se sublime pas à la chaleur solaire. Mais les télescopes montrèrent que le noyau de 15 km avait expulsé un nuage de poussière qui s'étendait sur plus de 300.000 kilomètres. Seulement, avec l'inertie de la théorie officielle, une surprise de cet acabit est toujours minimisée et vite oubliée.





Sur sa course dans le Système Solaire interne, la comète Hale-Bopp a commencé à se décharger en dépassant l'orbite de Jupiter, trop loin du Soleil pour qu’une « boule de neige » fonde. Quatre ans après, toujours active, Hale-Bopp quittait le Système Solaire interne. Elle exhibait une chevelure, une queue de poussière en forme de ventilateur, et une queue ionisée, alors même qu’elle était plus éloignée du Soleil que Jupiter, Saturne, voire Uranus.
Crédit : N. Thomas (MPAE) et autres, Télescope de 1,5m La Silla, ESO


Les astronomes ont vu maintes fois des comètes éjecter de la matière sous la forme de jets étroits de gaz et de poussière très fine. Hale-Bopp a émis plus de poussière que ne pourrait l'expliquer la sublimation de la glace. Depuis 1985, grâce aux instruments terrestres et aux sondes spatiales, l’observation des jets cométaires révèle des similarités propres aux décharges de panaches de Io, la lune de Jupiter. Aucun astronome n’est malgré tout sur le point de qualifier Io de comète. Et la surface de la comète Tempel 1, vue sur l'un des clichés de noyaux cométaires plus proche que jamais, montrait des similarités à des caractéristiques d'usinage par décharge électrique, analogues à celles révélés par la sonde Galileo à la surface de Io.





Les jets violents vus exploser sur la comète de Halley en 1985, comme ceux de la comète de Borrelly en 2001, étaient bien plus énergiques que ne pourrait l’expliquer la sublimation de la glace à la chaleur du Soleil. Et une vue rapprochée montre que les décharges de jets bien ciblés, qui produisent les spectaculaires queues cométaires, ne se sont pas tous sur la face du noyau cométaire éclairée par le Soleil, quelques-uns sont sur le côté sombre.



Origine des comètes


Puisque les comètes perdent un matériel considérable à chaque passage autour du Soleil, celles que nous voyons ne peuvent pas exister depuis bien longtemps. Naturellement, plus d'une réponse à ce dilemme auraient pu être proposées, mais les astronomes ont choisi une théorie en particulier, et depuis elle pose problème. Ils ont affirmé que, depuis la formation des planètes, il y a des milliards d'années, les comètes occupent les profondeurs glacées au-delà du Système Solaire. Elles forment là-bas un nuage d'objets glacés invisible, situé environ 1000 fois plus loin du Soleil que Pluton, à une bonne fraction de la distance de l'étoile la plus proche.


      Ce nuage imaginaire a pris le nom de Jan Oort, l'astronome qui proposa l'idée. Après des milliards d'années, d’une façon ou d’une autre, une comète est déplacée du nuage d'Oort vers le Système Solaire interne. La perturbation est supposée être due à une étoile de passage ou au mouvement du Soleil au-dessus et en dessous du plan galactique. Mais beaucoup d'astronomes ont fait remarquer l’absence de preuve en faveur de l’averse cométaire sporadique qu’une perturbation de cette nature devrait déclencher, et ils ont conclu qu'un événement pareil, s’il se produisait, ne pourrait expliquer qu’environ un cinquième des comètes que nous voyons.


      L’astronome Tom Van Flandern a conçu une maquette à l’échelle qui démontre l'invraisemblance de la théorie du nuage d'Oort. (93) Si l'orbite de la Terre était représentée par le point à la fin de cette phrase et l'orbite de Pluton par un cercle d'un centimètre de diamètre, l’étoile la plus proche serait alors à 41 mètres. Le nuage d’Oort, contenant une comète au millimètre cube, seraient en orbite à proximité d'une sphère de 6 mètres de diamètre. Les comètes se déplaceraient d’environ 3 millimètres en 1000 ans. Dans ce système, elles seraient en fait immobiles par rapport au Soleil. En de rares occasions, tous les 1000 ans, une étoile de passage naviguera à un peu plus d’un mètre et ébranlera les comètes proches. Moins d’une comète sur 10.000 sera envoyée valdinguer sur un chemin se dirigeant vers la sphère d’environ un millimètre qui entoure le Soleil, là où les comètes peuvent être vues depuis la Terre.





Diagramme montrant à l’échelle logarithmique la relation entre le nuage cométaire d’Oort imaginaire et le Système Solaire.


      Après s’être représenté cela, Van Flandern fait remarquer que la taille réelle d'une sphère englobant l'orbite de Pluton est d’une immensité telle, que l’ensemble des 200 milliards d'étoiles de notre galaxie pourrait s’accommoder de l'espace disponible dans ce volume. Il écrit : « Mais le volume entouré par le nuage cométaire est encore un milliard de fois plus grand. Survivant comme une idée plausible, en grande partie parce que notre intuition échoue si lamentablement à comprendre l'immensité de ce volume, il est vraiment monstrueusement grand. »


      Mais le nuage d’Oort imaginaire est nécessaire pour sauver une théorie cosmologique. Et tant pis si ça laisse un abîme immense entre la théorie et ce qui est observé. Le modèle lui-même implique qu'un pourcentage important de comètes seront envoyées sur des orbites « hyperboliques » puis hors du Système Solaire par la gravité du Soleil. Mais ce n'est pas observé. À l’inverse, le nombre de comètes à courte période observées (avec une période de révolution inférieure à 200 ans) est de deux ordres de grandeur plus élevé que ce que pourrait prévoir la théorie du nuage d'Oort.



La débâcle de la théorie cométaire


      Les scientifiques de la fin du XIXème siècle purent comprendre les nombreux parallèles entre le comportement des comètes lumineuses et la décharge luminescente en laboratoire (voir ci-dessus, Les premières théories électriques sur les comètes). Il fut même reconnu que la dynamique répulsive du Soleil sur la queue des comètes nécessite que ce dernier soit électrifié. Pourtant, dans les décennies suivantes, cette vision fut abandonnée. Que se passa-t-il pour que cette idée prometteuse périclite, et soit remplacée par un modèle cométaire mécanique inerte ?


      La réponse semble évidente : la compréhension de l'environnement de plasma spatial faisait défaut à cette époque. Irving Langmuir n’inventa pas le mot plasma avant 1927. C’est pourquoi les premières théories électriques sur les comètes furent bâties sur des arguments électrostatiques inexploitables. L'idée de l'électricité dans l'espace devint vite une bête noire pour les astronomes.


      À l'ère spatiale, avec la découverte du « vent » de particules solaires chargées, les astrophysiciens auraient pourtant été avisés de revenir à la physique des décharges dans les gaz. Au lieu de cela, ils passèrent de l’idée du 19ème siècle, d’un vide spatial isolant parfait, à l'opposé : au plasma spatial considéré comme un conducteur parfait, qui piège les champs magnétiques et empêche toute différence de potentiel entre les astres dans l'espace. Selon Alfvén, de ce virage équivalant à une « pseudo-science, » résulterait la stagnation de l’astrophysique. (94) Il y a plus de trente ans que cette alarme fut sonnée. Jusqu’à ce jour elle a été ignorée, et la crise est à présent sur nous.


      Sous le charme des hypothèses théoriques, et manquant de formation pour reconnaître les phénomènes de décharge électrique dans l’espace, les astrophysiciens expliquent le comportement cométaire du point de vue électriquement neutre de la magnétohydrodynamique. Dit autrement, en termes de « vents » et de « chocs supersoniques » dans les gaz magnétisés, conducteurs électriquement. Ils ignorent l'avis d’Alfvén, selon qui les champs magnétiques ne peuvent pas être « figés » dans le plasma diffus du vent solaire et dans la chevelure et la queue cométaire. Ils méconnaissent le besoin d'une source d'énergie électrique afin de produire et maintenir les phénomènes cométaires.



Noyau de la comète de Halley vu par la sonde Giotto.
Crédit : ESA/MPAE


      En conséquence, le modèle de la décharge électrique n'étant même pas proposé au début de l'ère spatiale, cela permit aux astronomes d’adopter comme un consensus scientifique le modèle de la boules de neige sale de Whipple. Une série sans fin de surprises suivit, comme lorsque les spécialistes en comètes prirent leur premier cliché en gros plans de la comète de Halley [ci-dessus] : « un résultat surprenant de la rencontre des sondes Giotto et Vega avec la comète de Halley en mars 1986, fut la découverte d'une région de haute densité plasmatique semblant avoir été bombardée... » Mais Alfvén n’avait pas été surpris. Il avait écrit auparavant : « Il est légitime de conclure que l'espace en général a une "structure cellulaire", bien que ce soit pratiquement impossible à observer, sauf si une sonde spatiale traverse les "parois cellulaires" (nappes de courant). »(95) En s'approchant de Halley, traversant la paroi de la cellule de plasma de la comète, la sonde avait rencontré une région dont la stabilité et la longévité sont inexplicables en fonction du simple dégazage de la comète.


      Aujourd’hui, après quatre survols rapprochés d’engins spatiaux et un test d'impact, les comètes sont plus que jamais une énigme pour les astronomes. Le 4 juillet 2005, le monde a regardé à la télévision les astronomes de la NASA célébrer joyeusement la collision directe de la mission Deep Impact sur la comète Tempel 1. Mais plus tard, après le départ des caméras, se grattant la tête, les astronomes sont restés dans la confusion. L'équipe de Deep Impact espérait que le choc sur Tempel 1 soulèverait un nuage de poussière relativement modeste, creuserait un cratère et ferait éclater la matière d’un blanc immaculé en dessous. Dans l'équipe de Deep Impact, quelques-uns pensaient même que les caméras de l’engin spatial Cassini-Huygens ne verraient aucun effet du tout. Au lieu de cela il y a eu un flash initial énigmatique suivi d'une incroyable éruption de poussière fine comme du talc, un effet qui laissa tous les observateurs stupéfaits.


      La revue New Scientist a signalé, « Nous avons eu désormais quatre rencontres rapprochées avec des comètes, et chacune d'elles a mis les astronomes en mauvaise posture. » (96) La boule de neige sale, le paradigme cométaire en vogue, ne s’accorde plus avec les découvertes de l’ère spatiale.


      Quand une théorie ne peut anticiper les découvertes, avec les théoriciens sans cesse surpris par les nouvelles données, la remise en question de la théorie s’impose. Les astronomes pensent que, pour avoir discrédité une première hypothèse électrique simpliste sur les comètes, ils ont écarté tous les modèles électriques. Cette posture est-elle justifiée à la lumière de ce que nous savons à présent sur les phénomènes de décharge dans le plasma ? Cette question peut être résolue en comparant la théorie cométaire de la boule de neige sale au nouveau modèle de décharge dans le plasma.


      Dans le modèle admis, une comète est un agrégat de glace et de poussière qui s'évapore sous la chaleur du Soleil. Dans le modèle électrique, il se pourrait qu’une comète soit une roche solide qui se décharge en plongeant toujours plus profondément dans le champ électrique du Soleil. Toute comparaison appropriée des deux modèles exigera toutefois de prêter attention aux détails qui accentuent le contraste entre deux perspectives radicalement différentes. La comparaison systématique ne peut que faire ressortir le contraste de capacité prévisionnelle — éprouvant le bien-fondé d’une théorie.



Références


91. K. R. Birkeland, The Norwegian Aurora Polaris Expedition, 1902-1903, Volume 1 : Sur la cause des orages magnétiques et l’origine du magnétisme terrestre. Publié en 1908.


92. H. Alfvén, Cosmic Plasma, Astrophysics and Space Library, Vol. 82, D. Reidel Publishing Co. 1981.


93. T. Van Flandern, Dark Matter, Missing Planets & New Comets, pp. 180-1.


94. H. Alfvén, « Plasma physics, space research and the origin of the solar system, » conférence lors de la remise du Nobel, 11 décembre 1970, p. 308.


95. H. Alfvén, Space Plasma, 1981, p. 40.


96. S. Clark, « Comet tails of the unexpected, » New Scientist, 9 septembre 2005.



Original : www.thunderbolts.info/thunderblogs/archives/special_edition/100116_se_teu1.htm
Traduction copyleft de Pétrus Lombard






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Thunderblogs
, présentation de Dave Smith, 20 janvier 2010


Voici le deuxième extrait de la série sur l’ouvrage The Electric Univers, copyright © 2002, 2007 de Wallace Thornhill et David Talbott, publié par Mikamar Publishing et reproduit avec l'aimable autorisation des auteurs et de l'éditeur.


Nous vous présentons cette semaine la théorie cométaire orthodoxe de la « boule de neige sale » et son contraste par rapport à l’hypothèse de la décharge plasmatique (comète électrique). La présentation sous forme d’items permet de voir facilement que l’idée de la décharge plasmatique explique et même prévoit les observations bien plus fidèlement que le modèle cométaire reconnu aujourd’hui.


***







Chapitre 4 –
Les comètes électriques (suite)



Le modèle de la boule de neige sale


- Le Système Solaire se forma il y a des milliards d'années, par l’accrétion gravitationnelle d'une nébuleuse solaire primitive constituée d'un disque de poussière et de glace interstellaire.


- Des accrochages légers ou « collants » agglomérèrent la poussière et la glace en planétésimaux plus grands.


- De manière incomprise, les planètes naquirent ensuite de l’« emballement de l'accrétion » des planétésimaux.


- Les restes de poussière et de gaz furent dispersés lors d’une phase dynamique présumée dans les débuts du Soleil.


- Les planètes se retrouvèrent sur des orbites notablement circulaires.


- Les comètes sont censées être faites de « débris protoplanétaires » indistincts ; des reste de poussière et de glace de la formation des planètes extérieures, là où la température du disque était faible. D’après ce modèle, les comètes sont un mélange d'eau gelée, de monoxyde de carbone, de méthane, d'ammoniac et d’une quantité de poussière à peu près égale.


- Les comètes s’introduisent dans le Système Solaire interne et externe à partit d’un immense réservoir invisible appelé « nuage d'Oort. » Celles du Système Solaire interne contribuèrent à créer une première phase de pilonnage des planètes intérieures. Celles qui furent jetées vers l'extérieur furent perdues ou « stockées » d’une manière ou d’une autre dans le nuage d’Oort, d’où elles sont parfois renvoyées dans le Système Solaire interne par la perturbation d’une étoile de passage.


- Dans le nuage d'Oort, les comètes sont exposées à des radiations, ou à des altérations spatiales, depuis des milliards d'années. Seules les couches supérieures de leur surface sont affectées.


- Quand une comète passe dans le Système Solaire interne, la glace de son noyau se sublime à la chaleur irradiant du Soleil. Le gaz et la poussière qui l’accompagnent se déploient autour de son noyau en créant sa chevelure, et sont balayés en arrière par le vent solaire pour former sa queue de poussière ionisée.


- Les passages répétés autour du Soleil vaporisent la glace superficielle et laissent une « croûte » de poussière.


- Des poches de gaz se forment quand la chaleur solaire se propage sous la surface noircie de la croûte superficielle. Des jets violents se forment là où le gaz transperce la surface.


- La chevelure cométaire est créée par la collision des gaz de la comète avec le vent solaire. Ces chevelures sont parmi les plus gros objets du Système Solaire.


- Les étranges accélérations des comètes sont dues à l’« effet propulsif » des projections du noyau.


- Les comètes se désintègrent parce que la pression des poches de gaz formées à l'intérieur du noyau augmente sous la chaleur solaire, faisant se briser le cœur fragile.



Le modèle de la décharge plasmatique


- L’hypothèse de la décharge plasmatique des comètes est inséparable de la théorie électrique solaire. Ce modèle envisage que le Soleil est formé par un « Z-pinch » [voir en fin d’item] électromagnétique galactique depuis une époque inconnue du passé. Pour former les étoiles, la constriction plasmatique constitue le récupérateur de poussière interstellaire à longue portée le plus efficace. Des expériences de laboratoire montrent qu'un certain nombre d’« étoiles » se forment simultanément le long de l'axe d'une striction longitudinale. Dès que le « pincement » se relâche, les étoiles se dispersent comme des chevrotines.
[Ndt : Z-pinch désigne le phénomène magnétique constrictif produit par toute décharge électrique dans le plasma. L’afflux de courant crée un puissant champ magnétique cylindrique qui comprime le plasma dans l'axe de la décharge. Le fait que le plasma est « pinched » (pincé) le long de l'axe z, a donné naissance au terme anglais Z-pinch, dont la traduction française en vigueur est striction longitudinale, bien que constriction plasmatique semble plus parlant.]


- Les planètes se formèrent lors de plusieurs épisodes distincts de la « parturition électrique » des étoiles et des géantes gazeuses. Les « disques d'accrétion » stellaires et les anneaux planétaires sont en fait des « disques d'excrétion. » Ce modèle rend compte des « Hot Jupiters » [voir en fin d’item] trouvées en orbite à proximité de leur étoile mère. L’éjection stellaire de « gouttes » de matière est observée dans l'espace lointain. Les anneaux de nos planètes géantes gazeuses attestent des expulsions électriques d’autrefois.
[Ndt : Les Hot Jupiters sont des exo-planètes de la taille de Jupiter, mais plus chaudes et plus proches de leur étoile.]


- La capture électromagnétique et la mise en orbite circulaire ultérieure des planètes s’accompagna d’arcs électriques dans le plasma interplanétaire.


- Les lunes, comètes, astéroïdes, météorites et anneaux planétaires sont des débris expulsés ou arrachés électriquement du corps des planètes. Leur composition varie en fonction de celle de leur parent.


- Les comètes furent « travaillées » électriquement lors de l’événement qui les fit naître. Leur surface noircie et grêlée renvoie à l’intense décharge plasmatique de leur origine. Les comètes peuvent être considérées comme des « astéroïdes sur des orbites excentriques. »


- Les comètes suivent des trajectoires allongées dans un faible champ électrique radial centré sur le Soleil. Tous les astres du Système Solaire, notamment les comètes, sont chargés négativement par rapport au Soleil. Les comètes passent le plus clair de leur temps loin du Soleil, et pendant ce temps-là, leur voltage s’harmonise avec l’environnement.


- Quand une comète fonce vers le Soleil, elle rencontre du plasma dont la tension et la densité augmentent graduellement. De ce fait, la force du champ électrique de la gaine de plasma de la comète augmente constamment jusqu'à ce que la décharge plasmatique passe brusquement du mode obscur au mode luminescent (voir la section « Deep Impact » – Où est l’eau, ci-dessous).


- La chevelure visible autour du noyau est produite par la décharge luminescente.


- Par la suite, l'augmentation de la tension électrique sur le noyau fait que la décharge passe soudainement en mode « arc. » En commençant à danser sur le noyau de la comète, les arcs cathodiques lui donnent au télescope un aspect stellaire.


- Le crépitement électrique de la roche arrache irrégulièrement de la surface particule après particule, et les accélère verticalement dans l'espace sous forme de jets bien parallèles (collimated), à l’instar de la courbe naturelle de la trajectoire des particules d'un « canon à plasma. »


- Le matériau ionisé éjecté est guidé par le champ électromagnétique dans une queue cométaire cohérente. La queue ionisée des comètes révèle des filaments de Birkeland bien définis qui s'étendent sur des dizaines de millions de kilomètres sans se dissiper dans le vide spatial – en « violant » le comportement des gaz dans le vide. (Le gaz chaud se dissipe de manière explosive dans le vide.)






La comète de West dans sa démonstration la plus spectaculaire en mars 1976. La taille colossale des manifestations cométaires ne peut pas être expliquée par la traversée d'un petit corps dans un « vent » solaire extrêmement ténu et en comptant uniquement sur la chaleur solaire pour dissiper les matériaux du noyau.
Crédit : Observatoire de Haute Provence, en France.



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      - Le curieux comportement cométaire devient un résultat standard et prévisible des effets de la décharge plasmatique. Les décharges d’arcs cathodiques sur le noyau produisent à la surface de la comète des formes typiques du travail des machines à électro-érosion, avec des cratères fortement découpés, des terrasses et des mesas.


      - La tendance des arcs cathodiques à sauter d'un endroit à l’autre explique les arrêts et les redémarrages soudains des jets cométaires.


      - Les arcs cathodiques errants, vus comme des taches blanches énigmatiques sur les clichés en gros plan des noyaux de comètes, érodent la surface et la noircissent en la brûlant. Cela explique cette surprenante découverte : les noyaux cométaires sont les astres du Système Solaire les plus sombres ; ils sont « plus noirs que le toner des photocopieurs. »


      - Il n'y a pas de glace enfouie sous la croûte sale. La présence de l'eau est déduite de la molécule hydroxyle (OH) au sein de la chevelure cométaire. De nouveaux indices montrent que la principale source du radical OH provient de la combinaison de l'hydrogène du vent solaire avec les ions négatifs d’oxygène projetés par les minéraux de la surface cométaire (voir la section « Deep Impact » – Où est l’eau, ci-dessous). (97)


      - Le réchauffement électrique de la surface du noyau cométaire et l'absence d'effet de refroidissement dû à l’inexistante sublimation de la glace, expliquent la température plus élevée que prévu du cœur des comètes.






Noyau de la comète de Borrelly tel qu’il fut révélé par Deep Space 1 le 22 septembre 2001. Le cœur de Borrelly ne montre aucune trace d'eau gelée ni d’un quelconque élément aquifère. En outre, le noyau est en réalité assez chaud, entre 300 et 345 Kelvin (27 à 72°C).
Crédit : NASA/JPL.


      - Le diamètre visible de la chevelure fait souvent plusieurs millions de kilomètres. C'est la force électrique, et non pas la gravité, qui permet au noyau cométaire de maintenir en place sa chevelure tandis qu’il se précipite à toute vitesse autour du Soleil.


      - C'est la force électrique qui accélère les ions de la queue de la comète tandis qu’elle est emportée autour du Soleil.


      - La température de la chevelure (aussi chaude que la couronne solaire) et son émission de rayons X s’expliquent les deux comme des phénomènes de décharge plasmatique.


      - Le noyau cométaire se comporte comme un électret (analogue à un condensateur, mais capable de stocker une charge électrique pendant un temps bien plus long). En tant que tel, le noyau peut exploser quand la tension électrique interne, créée par l'activité de décharge en surface, se traduit par un court-circuit à l’intérieur. Les nombreux exemples d’explosions de comètes sont donc similaires à l’éclatement d’un condensateur au moment où son isolant diélectrique subit un amorçage et lâche. En traversant le diélectrique, le courant provoque un brusque réchauffement interne, capable de fragmenter le condensateur de manière explosive.



« Deep Impact » - Où est l'eau ?



      Deep Impact n’a vu absolument aucun signe de glace à la surface de la comète Tempel 1. Avec 56°C du côté ensoleillé, la comète était trop chaude pour la glace. De la glace visible en abondance avait pourtant été signalée dans sa chevelure.

  Ayant remarqué le radical hydroxyle (OH) grâce à l’analyse spectroscopique des chevelures cométaires, les astronomes supposent simplement qu'il s'agit d'un résidu de glace d'eau (H2O) décomposée par le rayonnement ultraviolet du Soleil (photolyse). Cette supposition exige un taux de réaction dû au rayonnement ultraviolet solaire dépassant tout ce qui est démontrable expérimentalement.


      Un article de la revue Nature publié il y a plus de 25 ans, jette le doute sur ce mécanisme. Comme la comète Tago-Sato-Kosaka s'éloignait du Soleil, la production de OH a diminué deux fois plus vite que celle de H, et le ratio OH/H de l’émission était plus petit que prévu si le H2O avait été dominant. L’article conclut : « Les spécialistes des comètes doivent considérer plus prudemment si la glace d’eau constitue réellement une fraction importante des noyaux cométaires. »


      Le mystère de l’« eau absente » est résolu électriquement par les échanges entre la comète, chargée négativement, et le Soleil. Dans ce modèle, les minéraux rocheux du noyau sont dépouillés de leurs ions négatifs d’oxygène par les décharges électriques, et les particules sont projetées violemment loin de la comète. Les ions négatifs se combinent ensuite aux protons du vent solaire pour former le radical OH, le H2O neutre et le H2O+ observés.


      Alfvén et Gustav Arrhenius notent, « L'hypothèse de la glace en tant que matériau de liaison important des noyaux cométaires, repose dans presque tous les cas sur des indices indirects, précisément sur la découverte dans l’immense nuage qui entoure la comète, d'hydrogène atomique et de radical hydroxyle, accompagnés dans certains cas de H20+ ou de molécules d'eau neutre. »*


      L'abondance des silicates dans les noyaux cométaires, confirmée par spectrométrie infrarouge, a conduit ces auteurs à citer les expériences d’Arrhenius et d’Andersen. En irradiant un minéral ordinaire, le silicate double d'aluminium et de calcium (anorthite), avec des protons dans le domaine des 10 kilovolts, les expériences « ont aboutit à une production importante (environ 10 pour cent) d'ion d’hydroxyle et aussi de complexes d'ion d’hydroxyle [comme le CaOH]. »


      Une raison valable car des expériences ont déjà eu lieu. Des observations de la surface lunaire, signalées par Hapke et autres, et indépendamment par Epstein et Taylor, avaient « déjà démontré que ce genre de subtilisation assistée par protons de l'oxygène (016 préférentiellement) des silicates, est un processus actif dans l'espace, qui engendre un flux de radical OH et de types apparentés. »


      Les auteurs notent en plus que ce détournement de l'oxygène des particules de poussière dans la chevelure des comètes pourrait être bien plus efficace que sur une surface solide ayant une exposition limitée aux protons disponibles : « Le taux de production des radicaux hydroxyles et d’ions ne serait pas limité dans ce cas dans la même proportion que sur la Lune par la saturation de la surface. »


      Les auteurs concluent : « Ces observations, bien que ne niant pas l'existence possible de glace d'eau dans les noyaux cométaires, indiquent aussi que des sources réfractaires d'hydrogène et d’hydroxyle ont été réellement observées. » De plus, notent-ils, les protons solaires ainsi que les produits de leur réaction avec l'oxygène du silicate, pourraient interagir avec tout carbone solide et composé azoté constitutif des chondrites carbonées, pour produire le carbone volatile et les radicaux azotés observés dans la chevelure des comètes.


*H Alfvén et Gustav Arrhenius, Evolution of the Solar System, NASA SP-345, 1976, p. 235.

Références
97. L. Kristoferson, K. Fredga, « Laboratory Simulation of Cometary Erosion by Space Plasma, » Astrophysics & Space Science 50 (1977) pp. 105-123. « La production de radical OH dans l'espace à partir de matière "sèche", sans eau, est possible par la pulvérisation moléculaire de plusieurs types de matériaux abondants dans le cosmos. » Cependant, sans crépitement électrique, le taux de production est très faible.

Original : www.thunderbolts.info/thunderblogs/archives/special_edition/100124_se_teu2.htm
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

    





 


 






Jeudi 4 Février 2010

Thunderbolts, présentation de Dave Smith, 1er février 2010


Voici le troisième extrait de la série sur l’ouvrage The Electric Univers, copyright © 2002, 2007 de Wallace Thornhill et David Talbott, publié par Mikamar Publishing et reproduit avec l'aimable autorisation des auteurs et de l'éditeur.


Comment un minuscule noyau cométaire peut-il maintenir une chevelure parfois plus grande que le Soleil contre la force du vent solaire ? Si la pesanteur était seule en jeu, les noyaux devraient avoir une densité d’un ordre de grandeur plus grand que toute matière connue. Pourtant, dit-on, la majorité des comètes ont une densité faible. Seule la théorie de l'Univers électrique propose une réponse cohérente à ce paradoxe.


***



Chapitre 4 –
Les comètes électriques (suite)


Comètes, électricité et gravité


Des astronomes ont calculé la masse et la densité des noyaux cométaires à partir de leurs supposés effets gravitationnels sur la trajectoire des engins spatiaux proches. D’après ce raisonnement, la densité de la comète de Halley faisait à peine un quarantième de celle de l'eau. Mais vue en gros plan, tous les noyaux cométaires ressemblent à de la roche compacte. Que se passe-t-il ?


Incroyablement, la science ne tient pas compte de la nature électrique de la matière quand il s'agit de phénomènes relatifs à la masse inertielle et à la gravité. C’est dans ce cas un facteur crucial. Bien que nous ayons l'intention d'aborder la question de la « constante gravitationnelle » dans une monographie future, il est avancé que, si la gravité est due à une polarisation électrique extrêmement faible des particules subatomiques dans les corps chargés, la détermination de la masse et de la densité des corps célestes à partir d’effets gravitationnels est immédiatement suspecte. (98)


Les divers modes de la décharge plasmatique

Le mode obscur

En « mode obscur, » la décharge plasmatique dans l’air est perçue comme une brise. Un exemple familier est fournit par un ioniseur d'air. Les décharges électriques surviennent de préférence à partir des pointes acérées aussi fines que des aiguilles, qui servent de points de décharge.



Dans l'espace, le « vent » solaire constitue une décharge plasmatique en mode obscur.



Le mode luminescent



Il existe de nombreux exemples de plasma en « mode luminescent. » Nous voyons ci-dessus ce phénomène lumineux dans un tube à décharge. Indirectement, pour la lumière fluorescente, une décharge luminescente dans la partie ultraviolette du spectre est utilisée pour faire que l’enrobage phosphorescent à l'intérieur du tube de verre émette de la lumière visible. La démonstration de danse des aurores polaires et la lueur occasionnelle des lignes à haute tension, sont des exemples de décharges plasmatiques luminescentes.





Le mode arc



La foudre est une forme spectaculaire d’arc de décharge plasmatique. Des exemples industriels sont fournis par les puissantes lampes à arc et le soudage à l'arc.


Nous avons suggéré qu’il est possible de considérer le noyau d'une comète comme un électret. Un électret est un matériau électrifié en permanence. Fragmenté, chaque morceau sera électrifié. À cause de sa petite taille, l'effet de polarisation de charge à l’intérieur d’une comète électrifiée sera faible. On pourrait donc s'attendre à ce que la mesure de sa masse gravitationnelle soit plus faible que ce à quoi on s’attendrait d’une roche de même masse se trouvant à la surface de la Terre. En d'autres termes, si les comètes ressemblent à de la roche compacte, ce sont probablement des roches compactes. Si ce modèle est correct, les simples calculs newtoniens de la densité et de la composition, qui supposent que G est une constante universelle, seront trompeurs.





Quand la comète Linear a éclaté en morceaux en été 2000, l'événement a mis en évidence l’échec de la théorie cométaire en vogue à anticiper les attributs et le comportement des comètes. Linear n'est pas la « boule de neige sale » de la tradition cométaire moderne, et ses restes incluaient peu, si ce n’est pas du tout d'eau.
Crédit : NASA, Harold Weaver (de Johns Hopkins University), et Équipe d’étude de la comète Linear au télescope spatial Hubble


L’indice en faveur de la tension électrique des comètes vient de leur propension à se désintégrer violemment, souvent à de grandes distances du Soleil, là où la chaleur solaire est infime. Exactement comme le claquage du matériau diélectrique d’un condensateur provoque son éclatement, les décharges électriques à la surface des comètes peuvent, en induisant de grands champs électriques sous la surface rocheuse, entraîner le claquage et la fragmentation explosive du noyau cométaire.


En outre, la plupart des grands noyaux cométaires ne dépassent pas un milliardième de la masse terrestre. Comment un bout de rocher n’ayant pas plus d'un kilomètre d’épaisseur, maintient-il par sa gravité une bulle de dix millions de kilomètres de large contre la force du vent solaire ? L'enveloppe entraînée est extrêmement ténue, mais du point de vue gravitationnel, elle ne devrait pas être là.





Le télescope spatial Hubble a pris cette photo d'un flamboiement sortant de la comète Tempel 1 le 14 juin 2005. Ce genre d’éruption poussiéreuse n’est que l'une des nombreuses caractéristiques des comètes que les astronomes « ne comprennent pas parfaitement. »
Crédit : NASA/HST


Quelque chose de plus fort que la gravité est à l'œuvre ici. Si une comète a une charge négative importante, elle mettra en exergue une immense gaine de Langmuir plasmatique. Cette enveloppe est formée et maintenue électriquement. Un objet insignifiant par sa gravité peut être très puissant électriquement.


Les mouvements irréguliers fréquents des comètes doivent aussi être justifiés. Pour expliquer ces mouvements, qui sont dits « non-gravitationnels, » Whipple s'est tourné vers les « jets » vus jaillir des noyaux. Comme l'a résumé Francis Reddy dans une nécrologie le jour après la mort de Whipple en 2004, l'astronome croyait que, « Les jets fournissent une force qui peut soit accélérer, soit ralentir la comète, selon la manière dont elle tourne — une force non prise en compte dans les calculs astronomiques servant à prévoir le retour des comètes. » (99) Tandis que la comète Linear se dirigeait vers son périhélie, un communiqué de la NASA a déclaré : « De puissants jets de gaz vaporisé par le rayonnement solaire se sont mis à pousser la comète de long en large. » (100)


Les astronomes ont appliqué la même interprétation aux jets violents de Borrelly et Wild 2 (prononcez « Vilt 2 »). Mais dans le cas de Wild 2, les clichés en gros plan ne montrent aucun indice de cavités en forme de « tubes de venturis » capables de confiner les projections en flux étroits et produire les grandes vitesses des jets qui ont été mesurées. Et même avec des vitesses allant jusqu'à 1 km/sec (bien au-dessus des 0,25 km/s correspondant à la sublimation de la glace dans le vide), les jets sont trop faibles pour influencer l'orbite d'une comète de la taille d'une petite montagne. Toutefois, si la valeur de la « constante » gravitationnelle, G, dépend de la polarisation électrique interne d'une comète, la forte décharge électrique des jets modifiera cette valeur. Et tout changement de G entre le Soleil et une comète affectera directement l'orbite de la comète.


Le matériau cométaire né dans le feu

      Cette photo montre une particule de comète collectée par la sonde Stardust. Ce corpuscule est constitué d’un silicate minéral, la forstérite, également connue sous le nom d’olivine en sa qualité de pierre précieuse. Il est entouré de traces ténues d'aérogel fondu, la substance ayant servi à recueillir les échantillons de poussière cométaire. Cette particule fait environ 2 micromètres.


      La célèbre mission Stardust de la NASA a ramené sur Terre les tout premiers échantillons de poussière de comète. Le 2 janvier 2004, le sonde Stardust est passée majestueusement près de la comète Wild 2 en piégeant les particules qui ont frappé l’« aérogel » dans une capsule de 100 livres. La capsule a été parachutée dans un désert de l'Utah le 15 janvier 2006.


      Chose épouvantable, les particules contenaient des minéraux qui ne peuvent se former que sous des températures de plusieurs milliers de degrés. Les dépôts de minéraux allaient de l’anorthite, composée de calcium, sodium, aluminium et silicate, au diopside, fait de magnésium, calcium et silicate.


      Comment un truc pareil est-il possible ? On nous a assuré que les comètes sont des restes du « nuage nébulaire » froid qui forma le Système Solaire. Cette hypothèse est devenue un article de foi. En fait, l'implication d'un passé cométaire incandescent était si inattendue, qu’on a d’abord pensé que l’échantillon de poussière avait été contaminé par la sonde.


      « Comment des matériaux formés par le feu ont-ils fini aux confins du Système Solaire, là où la température est la plus froide ? » a demandé Pam Easton, rédactrice chez Associated Press.


      Michael Zolensky, le conservateur de la NASA, a avoué : « C'est une grosse surprise. Les gens pensaient que les comètes étaient simplement de la matière froide qui s’est formée loin... là où les choses sont très froides. Ce fut un peu un choc d’en trouver plusieurs au lieu de juste une, ce qui implique que c’est assez banal chez les comètes. »


      Les chercheurs ont été forcés de conclure que ces particules de matière énigmatique se sont formées dans une région surchauffée, soit près de notre Soleil, soit à proximité d'une autre étoile. « Dans l’une des régions les plus froides du Système Solaire, nous avons trouvé des fragments qui se sont formés à des températures extrêmement élevées, » a déclaré Donald Brownlee, le principal chercheur de Stardust. « Au moment où ces minéraux se sont formés, c’était des particules chauffées soit au rouge, soit à blanc, et pourtant on les a ramassées sur une comète, en Sibérie du Système Solaire. »


      Mais les comètes sont présumées être des « pierres de Rosette, » constituées principalement des poussières et des glaces à partir desquelles se formèrent le Soleil et les planètes.


      Les spéculations se sont mises à fuser. Se pourrait-il que quelque chose se soit produit dans le Soleil ou très près lors de sa phase de formation, jetant d'immenses quantités de matériaux bien au-delà de l'orbite de Pluton, dans le « nuage d’Oort, » le légendaire et invisible vivier de comètes ? Mais cela produirait un brassage et irait à l'encontre de la répartition en régions, évidente dans la ceinture d'astéroïdes. « Si ce brassage s’est produit, tel que le suggèrent ces résultats, comment voulez-vous alors préserver l’espèce de répartition en régions du Système Solaire, » a demandé Zolensky. « Ça soulève d’autres mystères. » Peut-être que l'histoire pourrait être sauvée en trouvant la signature de l'eau primordiale, dont l'existence est essentielle pour la survie de la théorie cométaire officielle.


      Un rapport publié dans la revue Nature, éclaire la situation. Phil Bland, planétologue à l'Imperial College de Londres, et son équipe ont analysé une partie des corpuscules. Lorsqu’il a découvert de grandes quantités de calcium, Bland s’est enthousiasmé. Se pourrait-il que le calcium soit présent sous forme de carbonate de calcium, un minéral qui se forme presque toujours dans l'eau ? Il a parié avec son collègue Matt Genge que ce serait effectivement le cas.


      Bland a perdu le pari. Selon le rapport de la NASA dans la revue Nature, « Les scientifiques n'ont toujours pas trouvé de carbonates dans leurs fragments. »


      (Voir aussi la section « Deep Impact » - Où est l’eau ? dans le deuxième extrait.)



Références


98. Les astrophysiciens dans l’ensemble n'ont jamais considéré que, si la gravité est une force électrique dipolaire entre particules subatomiques déformées, semblable à la « force de London » entre molécules électriquement neutres, alors G, la « constante » gravitationnelle universelle, est en fait une variable dépendante de l'état électrisé du corps. Cette idée troublante est étayée non seulement par le comportement électrique des comètes, mais aussi par le fait que, sur Terre, G est la constante la plus insaisissable de la physique.


99. www.astronomy.com/asy/default.aspx?c=a&id=2429


100. science.nasa.gov/headlines/y2000/ast31jul_1m.htm



Original : www.thunderbolts.info/thunderblogs/archives/special_edition/100201_se_teu3.htm
Traduction copyleft de Pétrus Lombard












Thunderblogs,

présentation de Dave Smith,

11 février 2010


Voici le quatrième extrait de la série sur l’ouvrage The Electric Univers, copyright © 2002, 2007 de Wallace Thornhill et David Talbott, publié par Mikamar Publishing et reproduit avec l'aimable autorisation des auteurs et de l'éditeur.


Il apparaît à travers cette série d’édition spéciale de Thunderblogs, que la théorie cométaire électrique propose une explication des observations de loin supérieure à la thèse standard. Ayant déjà étudié en détail les principales caractéristiques des comètes, il est à présent judicieux de s'intéresser de plus près à leurs nombreuses particularités de surface énigmatiques, telles que les aiguilles, les fosses et les cratères.


***



Chapitre 4 –
Les comètes électriques (suite)




Les caractéristiques superficielles inexpliquées





En haut : Comète Wild 2 en gros plan.
Crédit : NASA/JPL-Caltech.
Ci-dessus : Vue microscopique d'une surface électroérodée. Les dépressions à fond sans relief et parois abruptes festonnées et disposées en terrasses sont évidentes.
Crédit : B. Mainwaring.


Quand la comète Wild 2 de quelque 5 kilomètres de large fut vue pour la première fois en gros plan, Donald Brownlee, le principal chercheur de Stardust, déclara : « Nous pensions que la comète Wild 2 serait comme une boule de neige cotonneuse, sale et noire. Au lieu de cela, il est époustouflant de voir le paysage diversifié des premières photos de Stardust, notamment les aiguilles, les fosses et les cratères, »(101) des caractéristiques plus probables sur la roche solide que sur un tas d’éboulis glacées en train de fondre (voir la photo ci-dessus et dans la partie La génération des jets cométaires). Parmi les anomalies de surface, deux dépressions à fond plat et aux parois presque verticales ressemblent à des empreintes de pas de géant. Elles n’ont pas la structure typique des cratères d'impact.


Un certain nombre de scientifiques déclarèrent malgré tout que les cratères résultaient d'impacts — l’explication fourre-tout des cratères à l'ère spatiale. Mais dans le vide immense du Système Solaire extérieur les impacts sont extrêmement improbables, et avec sa vitesse relativement faible, il est inconcevable qu'un petit corps puisse susciter une formation de cratères bout à bout.


La plupart des astronomes se distancent aujourd'hui de l’explication de la surface de Wild 2 par des impacts. Mais ça laisse irrésolu le mystère de la formation des cratères. Certains astronomes ont suggéré que les cratères sont des dolines, formées quand le matériau de surface s’est effondré dans les cavités laissées par la sublimation des corps volatiles enfouis. Mais le fond lisse et plats des cratères réfute ce genre d’explication. Il n'est pas raisonnable non plus de suggérer que la chaleur du Soleil puisse pénétrer à travers plusieurs mètres de matériau isolant et élimine les corps volatiles du sous-sol en quantité suffisante pour faire s'effondrer la surface. Et bien que la séquence soit plausible, l’infime gravité du noyau des comètes n'est guère suffisante pour justifier la comparaison de leurs cratères avec des dolines terrestres.


Une minorité d'astronomes en sont venus à suggérer que certains des dilemmes cométaires pourraient être résolus si les noyaux cométaires étaient des « amas d’éboulis. » Mais, vue de près, aucune comète ne révèle des caractéristiques de surface suggérant un tas de décombres. Après la mission Deep Impact, les chercheurs de la NASA ont déclaré publiquement que l'hypothèse de l’amas d’éboulis s’était avéré « hors course. »





Noyau de la comète de Borrelly tel que révélé par Deep Space 1 le 22 septembre 2001. La résolution permet de voir des détails de 50 mètres sur l’objet de 8 km de long.
Image avec l’aimable autorisation du NASA/JPL.


Les photos de noyaux cométaires passant près des engins spatiaux étayent une histoire complexe. Les caractéristiques superficielles de la comète de Borrelly (ci-dessus) furent qualifiées de « terrestres. » Le Dr Dan Britt, spécialiste en météorites à l’Institut des géosciences planétaires de l'Université du Tennessee, nota que les mesas de Borrelly ressemblent à celles du Sud-Ouest américain. Maniant l’euphémisme, des scientifiques de la NASA décrivirent les résultats comme « quelque peu surprenants. »


Il n'est pas exagéré de dire qu'aucune caractéristique du noyau de la comète n’a répondu aux attentes du modèle de Whipple. En revanche, ses particularités sont compatibles — et prévisibles — avec le modèle cométaire électrique.





Le Dr Earl Milton (1935-1999) était professeur de physique associé à l'Université de Lethbridge, en Alberta au Canada. Ce fut un proche collaborateur de Ralph Juergens. Il a publié plusieurs articles sur le modèle cométaire électrique et d'autres aspects de l'Univers électrique.
Photo : W. Thornhill, 1983.


Un autre pionnier de l'Univers électrique, Earl Milton (ci-dessus), nota en 1980 que Juergens et lui avaient conclu indépendamment que le noyau des comètes serait marqué « comme l’électrode d'un arc. Avec le temps, le noyau cométaire devrait devenir crevassé et grêlé... Quand un vaisseau spatial réalisera enfin un rendez-vous avec l'une des comètes, les scientifiques seront surpris de découvrir une surface constellée de cicatrices, comme celle de la Lune, de Mars ou de Mercure. (102) À cette époque, les scientifiques n'avaient jamais vu la surface d’une comète. Le premier survol de comète eut lieu 6 ans plus tard.





De nombreux pitons étranges, atteignant jusqu’à 100 mètres de long, font saillie à la surface. Ces pitons étaient inattendus. Parmi les autres particularités insolites de la surface de Wild 2, il y avait de longues falaises, des fosses profondes et des cratères.
Crédit : Équipe de Stardust, JPL, NASA.


On distinguent également d’autres énigmes de surface. Les photos de la comète Wild 2 ont révélé des points lumineux inexpliqués (ci-dessous).



Dans le modèle cométaire électrique, ce sont les points d’impact des arcs cathodiques — le point le plus chargé négativement du noyau cométaire où « s’abattent en le blessant » les courants électriques entre lui et le Soleil. Le résultat, analogue à l'usinage par décharge électrique (machine à électroérosion), donne la surface burinée d’« aiguilles, de fosses et de cratères, » qui a été observée.


Paraissant nettement taillée dans la roche, la gravure ne présente rien qui puisse soutenir l'idée de la sublimation de la glace ou de la neige (voir plus haut). La légende de l’Astronomy Picture of the Day [photo astronomique du jour de la NASA] propose maladroitement, « ces caractéristiques sont supposées être révélatrices d'une surface très rigide, sculptée par des impacts et la sublimation explosive. Initialement, beaucoup s’attendaient à ce que la cohésion de Wild 2 ne soit maintenue que de manière très lâche. » (103)



La génération des jets cométaires





Comète Wild 2. Cette image composite révèle les jets grâce à une pose de longue durée.
Crédit : Équipe de Stardust, JPL, NASA.


La sonde Stardust de la NASA a pris des photos de la comète Wild 2 le 2 janvier 2004, et a publié une image composite du noyau, obtenue grâce à une pose prolongée, qui mettait en évidence les jets de la comète (ci-dessus). Selon un communiqué de presse du projet Stardust, les scientifiques de la mission s’attendaient à « une boule de neige sale, noire et cotonneuse » avec quelques jets qui se « disperseraient en halo. » Ils ont trouvé à la place plus de deux douzaines de jets qui « restaient intacts — ils ne se dispersaient pas à la manière d'un gaz dans le vide. » Les jets « ...restaient énergiques et cohérents, même à des centaines de miles de la surface de la comète. Lors de son passage dans la chevelure, la course très secouée de Stardust était un signe indubitable de la puissance et de la force des jets. » (104)


Anomalie elle aussi inattendue, certains jets émanaient du côté non chauffée et sombre de la comète. De gros morceaux de la comète, dont des éclats rocheux aussi gros que des balles, se sont abattus sur l'engin spatial au moment où il traversait trois jets. Un chercheur en chef a aussi parlé d’accès d’énergie, « comme des coups de foudre. » (105)






L’extrême finesse, la grande vélocité et les trajectoires étroites des particules de poussière des comètes sont une énigme, même depuis le premier survol de la comète de Halley par la sonde Giotto. Mais ces casse-tête cométaires sont faciles à expliquer du point de vue électrique : un arc empiète sur une surface cathodique ou anodique en vaporisant et faisant grésiller sa matière ; le champ électrique de l'arc accélère la matière en la précipitant hors de la surface ; un effet de pincement électromagnétique pourvoit à la densité des minces jets, de plusieurs ordres de grandeur plus forte que celle prévue de la sublimation radiale naturelle ; et des instabilités dans les arcs provoquent des vacillements et de brusques déplacements des jets en un temps extrêmement bref.


      Les jets ne sont pas dus à la chaleur solaire, mais sont générés par des arcs électriques bien focalisés, errant au hasard sur le noyau en gravant progressivement sa surface, la sculptant de cratères et de vallées à fond plat, et laissant des aiguilles et des mesas, dans un processus bien connu d'érosion cathodique.


      En réalité, les comètes sont faites exactement comme pourrait le prévoir le modèle électrique. Étant donné que le dégazage d'un noyau de glace devrait varier en fonction de sa surface effective, il est louche que cinq comètes réparties en ce moment à la même distance du centre du Soleil présentent des taux de « perte d'eau » (établis sur la présence de radical OH dans la chevelure) aussi semblables. Mais si le matériau est sculpté électriquement de très petites empreintes d’arcs, la surface de la comète et la chaleur solaire n’ont rien à voir avec le volume du matériau enlevé.



La formation des chevelures cométaires


      L'International Cometary Explorer (ICE) fut le tout premier engin spatial à traverser la limite d'une chevelure de comète, avec ce qui reçut le nom inadéquat d’« onde de choc. » Avant la rencontre avec la comète Giacobini-Zinner, les astrophysiciens n’étaient pas du tout certains d’affronter une onde de choc : La limite était simplement appelée « zone de transition. »


      La mission ICE confirma sans le réaliser la signature de filaments de courant électrique dans une gaine de plasma. Des courants électriques circulaient dans la gaine de plasma de la comète et provoquaient la luminescence des atomes. Les courants se sont annoncées eux-mêmes par la présence de turbulences magnétiques.


      Ce ne fut évidemment pas l'interprétation officielle, mais les observations furent conformes au premier modèle de circuit électrique cométaire d’Alfvén. Il avait écrit, « Puisque, comme les comètes, Vénus n'a pas de champ magnétique intrinsèque notable, l'interaction du vent solaire avec elle est susceptible d'être essentiellement la même. » (106) Un article de la revue Science confirma la prévision d'Alfvén : « un exemple de champ similaire [à celui dune comète] a été observé sur Vénus. (107) Fait significatif, le champ magnétique de la comète culmina à six reprises, comme celui trouvé sur Vénus, révélant le degré des échanges électriques entre une comète et le plasma solaire.


      Deep Space 1 a fourni davantage de preuves des effets électriques pendant qu'il traversait la plasmasphère entourant le noyau de la comète de Borrelly. Les spécialistes de la mission avaient prévu que le vent solaire circulerait symétriquement autour de la chevelure, avec le noyau au centre. Ils constatèrent en effet que le vent solaire circulait de façon symétrique, sauf que, du noyau déporté sur un côté, jaillissait un grand jet de matériau. « L'onde de choc est au mauvais endroit, » déclara le Dr Marc Rayman. Le Dr David Young de l'Université du Michigan ajouta : « La formation de la chevelure n'est pas le simple processus que nous pensions qu'il était autrefois. La plupart des particules chargées sont formées d'un côté, ce qui n'est pas du tout ce à quoi nous nous attendions. » Un commentateur observa que ça équivalait à trouver l'onde de choc d'un jet supersonique à un mile au côté de l'avion !


      L'analogie est cependant fausse. Le croissant lumineux dans l'image (ci-dessous) n'est pas dû au difficile déplacement mécanique du noyau dans le plasma devant lui. Dans une gaine de plasma cométaire, la recombinaison la plus énergique aura lieu sous la direction de la force électrique à quelque distance du noyau de la comète dans la direction du Soleil.





Crédit : C. Lisse, M. Mumma (NASA/GSFC), K. Dennerl, J. Schmidt, et J. Englhauser (MPE).


      La confirmation directe de la nature électrique de la chevelure, vint inopinément du satellite ROSAT, quand il observa la comète Hyakutake en mars 1996 (ci-dessus). « Nous n'avions aucune attente précise sur la brillance du rayonnement X des comètes, » déclara le Dr Michael Mumma du Goddard Space Flight Center de la NASA. Les rayons X étaient aussi intenses que ceux que le satellite voyait provenir d’habitude des brillantes étoiles à rayons X. Et, en quelques heures, la variabilité du rayonnement X fut « remarquable. » L'observation incita les scientifiques à dire : « Cette importante découverte montre qu'il doit y avoir un processus de haute énergie jusque-là insoupçonné en train de se dérouler dans la comète... »





Comme le montre cette image du rayonnement X de la comète Linear, la production de rayons X se produit à l'interface entre le plasma cométaire chargé négativement et les particules du vent solaire chargées positivement. L'excès d'électrons dans les chevelures cométaires fut noté en 1986, quand la sonde Giotto détecta une abondance d'atomes chargés négativement à l’intérieur de la chevelure de la comète de Halley.
Crédit : NASA/SAO/CXC/STScI/Lisse et autres.


      Le 14 Juillet 2000, examinant la comète Linear à plusieurs reprises sur une période de 2 heures, le télescope Chandra détecta des rayons X provenant d’ions d'oxygène et d'azote (en bas à droite). Le communiqué de presse de l'observatoire signala : « Les détails de l'émission de rayons X, tels qu'ils ont été enregistrés par le spectromètre imageur à CCD perfectionné de Chandra, montrent que les rayons X sont produits par les collisions des ions qui s’éloignent du Soleil (vent solaire) avec le gaz de la comète. Dans la collision les ions solaire captent un électron d'un atome cométaire en état de haute énergie. L'ion solaire renvoie alors un rayon X tandis que l'électron passe dans un état de plus basse énergie. (108)


      Le communiqué conclut que cette observation de Chandra « démontre comment les comètes produisent des rayons X. » Évidemment, ça ne démontre rien de tel : dans un processus de raisonnement circulaire devenu banal d’une manière gênante en science, le modèle fournit une interprétation qui est ensuite affirmée prouver le modèle. Il est simplement supposé que le gaz neutre de la comète fournit les électrons. Mais cela devrait produire une enveloppe chargée positivement qui repousserait rapidement plus loin les ions du Soleil. L'idée alternative n'est pas considérée : une comète étant chargé négativement, le processus de grésillement cathodique fournit les abondants électrons et ions négatifs de sa décharge. Les ions négatifs des comètes sont une énigme pour les astrophysiciens car il n'existe aucun moyen connu de les produire à la hauteur de la densité observée. (109) Il est à présent évident que ces ions négatifs et les électrons sont éjectés dans la chevelure, où ils se combinent avec les ions secondaires du vent solaire, ce qui occasionne les rayons X mous observés. La combinaison des électrons de la comète avec les ions du vent solaire est évidemment une décharge électrique — le moyens efficace de la nature pour produire des rayons X.


      Le « modèle de la collision » des gaz est aussi réfuté par les taches ardentes de rayons X observées et la variabilité rapide de l'intensité. Le comportement oscillatoire et par accès est typique des gaines de plasma ou des doubles couches (voir ci-dessous).





La comète de Halley en fausses couleurs lors d'un embrasement. Le jet s'étend sur 20.000 km vers la partie inférieure gauche. Le soleil se trouve en direction de l'angle supérieur droit. « Les surprises incluaient de brusques éruptions, sans doute dans la vaporisation régulière de son noyau de glace, et une pulsation périodique et complexe de la luminosité de la comète. » Des scintillements qui ne duraient que quelques dizaines de secondes ont été enregistrés.
Crédit : T. Rettig et autres, Voir Halley's Confounding Fireworks de R.A. Kerr, Science, Vol. 234, 5 décembre 1986, pp. 1196-8.




Références


101. www.nasa.gov/vision/universe/solarsystem/stardust-061704.html


102. E. R. Milton, « Glimpses of an Electrical Cosmos » (Coup d’œil sur un cosmos électrique), conférence donnée à San Jose en août 1980.

103. Voir le site Internet APOD à la date du 22 juin 2004 :
antwrp.gsfc.nasa.gov/apod/ap040622.html

104. A. Alexander, « Pinnacles, Craters, and Multiple Jets: Early Results from Stardust Stun Researchers » (Pitons, cratères et jets multiples : Les premiers résultats de Stardust stupéfient les chercheurs), The Planetary Society, 17 juin 2004.

105. « La poussière du nuage cométaire frappe l’engin spatial de la NASA ‘’comme la foudre’’, « :
www.sciencedaily.com/releases/2004/06/040618070736.htm

106. H. Alfvén, Cosmic Plasma, Vol. 82, 1981, p. 60.


107. T. T. von Rosenvinge et autres, « The International Cometary Explorer Mission to Comet Giacobini-Zinner » (La mission d’exploration cométaire internationale vers la comète Giacobini-Zinner), Science, Vol. 232, 18 avril 1986, p. 355.

108. chandra.harvard.edu/photo/2000/c1999s4/


109. J. Crovisier & T. Encrenaz, Comet Science, « These [negative] ions occurred with densities 100 times greater than expected, and the discrepancy with theoretical accounts is still not well understood » (Ces ions [négatifs] se sont présentés avec une densité 100 fois plus grande que prévue, et la différence avec les calculs théorique n'est toujours pas bien comprise). p. 75.




Original :


www.thunderbolts.info/thunderblogs/archives/special_edition/100211_se_teu4.htm
Traduction copyleft de Pétrus Lombard




Extraits précédents


Extraits de l’ouvrage « Univers électrique » (16/01/2010)
      Premier extrait de l’ouvrage de Wal Thornhill et David Talbott, The Electric Universe. Ce passage est emprunté au début du chapitre 4, Les comètes électriques, car « Les comètes sont certainement les éléments à la fois les plus spectaculaires et les moins bien compris du Système Solaire, » et elles mettent le mieux en évidence le champ électrique du Soleil.


Extraits de l’ouvrage " Univers électrique, " deuxième partie (20/01/2010)
      Cet extrait développe le modèle cométaire de la boule de neige sale et le modèle électrique.


Extraits de l’ouvrage " Univers électrique, " troisième partie (1/02/2010)
      Comment un minuscule noyau cométaire peut-il maintenir une chevelure parfois plus grande que le Soleil contre la force du vent solaire ?


Dernier article traduit sur l’Univers électrique


L’interconnexion solaire, deuxième partie (5/02/2010)
      Stephen Smith nous montre que la météo terrestre peut être influencée par les manifestations électriques du Soleil.