DOUMAGE
Qui
veut la peau de Vladimir Poutine ?
Léon
Camus vendredi
16 décembre 2011
La
colère virtuelle gronde sur la Toile et déborde sur la rue moscovite pour dénoncer
Poutine le ripou et les fraudes électorales qui frapperaient de nullité
les dernières élections législatives russes. Mais que cherchent les agitateurs
télématiques et les provocateurs de la voie publique ? Un changement de régime
en Russie ? Bloquer la réélection de Poutine à la présidence en mars prochain ?
Dissuader Moscou de persévérer à soutenir le Baas syrien et d’envoyer sa flotte
de guerre en Méditerranée orientale ? Ou encore de continuer à participer
au programme nucléaire iranien ? Ou bien tout cela ensemble ? N’empêche,
l’escalade des défis, et de menaces tous azimuts devient de jour en jour plus
manifeste au risque - peut-être – de nous conduire vers un conflit généralisé…
Car sans être outrancièrement alarmiste, et moins encore catastrophiste, il est
à l’heure actuelle difficile d’ignorer que sur le tableau de bord mondial tous
les voyants, les uns après les autres, passent au rouge. Encore qu’il faille se
montrer prudent, car les fauteurs de guerre – les vrais – s’entendent à brouiller
les pistes, à jeter de l’huile sur le feu, à souffler le chaud puis le froid et
attiser les peurs… ce faisant, parfois même sous couvert de dénonciation des périls,
à préparer les esprits au pire mais en inversant habilement causes et effets…
c’est-à-dire en imputant leurs propres intentions criminelles à des tiers qui
n’en peuvent mais !
 Oceania
contre Eastasia… comme dans le roman éponyme « 1984 » ?
Sommes-nous
entrés définitivement dans le monde de George Orwell avec la perspective d’une
confrontation tous azimuts entre un bloc euratlantique et un bloc continental
eurasiatique ? L’actuelle montée des périls à laquelle nous assistons impuissants
nous conduira-t-elle inéluctablement à un conflit potentiellement mondial ?
Ou bien tout cela n’est-il qu’une prodigieuse partie de bluff, une guerre par
l’imaginaire des foules interposé grâce aux formidables capacités de manipulation
mentale qu’ont engendrées la science et l’art publicitaire… aujourd’hui démultipliés
par la télématique avec ses réseaux sociaux vecteurs de vents de rumeurs continentaux,
de paniques et d’élans passionnels collectifs se propageant à la vitesse de la
lumière ? Les
provocations militaires et diplomatiques de l’Administration Obama contre la Russie
et la Chine – parce que c’est de cela dont il s’agit - entrent certainement dans
ce cadre, tout comme les déclarations inouïes de Mme Clinton
s’ingérant brutalement dans les affaires russes 1
… en conduisant derechef, avec un infernal toupet, une inédite diplomatie du trompe
l’œil et de ce que les anglo-saxons nomment le deception game… tromperie
et désinformation en temps réel puisqu’à l’âge virtuel, la réalité est condamnée
à s’effacer devant la perception subjective des événements et leur cortège d’émotions,
de colère et d’erreurs que véhiculent mots et images calibrés à la mesure des
tirs de barrage médiatiques ! Moscou
face à une tentative de « révolution d’automne » Dimanche
4 décembre, Russie Unie, le parti des compères Medvedev et Poutine, arrive
en tête des élections législatives avec 49,3% des voix, soit 238 sièges sur les
450 que compte la chambre basse, la Douma, subissant néanmoins un recul de 77
sièges 2.
L’agitation commence le lendemain lorsque 3000 militants du mouvement libéral
Solidarnost sous la conduite d’Ilya Yashin et du militant anti-corruption
Alexei Navalny 3,
rameutés grâce aux réseaux sociaux Twitter et Facebook, se rassemblent
devant la Commission électorale pour exiger une « Russie sans Poutine »…
Là, 300 manifestants parmi lesquels Yashin et Navalny sont arrêtés par les forces
de l’ordre. Pour l’anecdote les images de ce rassemblement diffusées peu après
par la chaîne américaine Fox News 4
et reprises par France 24, n’étaient celles de manifestants moscovites… mais athéniens !
Seule la première impression étant la bonne et aucun correctif adéquat n’ayant
été publié, ce sont des images d’émeutes que les opinions occidentales garderont
en mémoire ainsi que toute la charge négative envers Poutine qui les accompagne ! Embrayant
aussitôt sur ce qui apparaissait à travers la présentation qu’en faisait les médias
comme l’amorce d’une révolte populaire spontanée, l’ancien président russe Mikhail
Gorbatchev demandait l’annulation des élections, tandis que le ministre des Affaires
étrangères britannique, William Hague - délaissant un instant la préparation d’une
nouvelle guerre, cette fois contre la Syrie - cautionnait le rapport de l’Organisation
pour la sécurité et la coopération en Europe dénonçant fort à propos des fraudes
électorales, apparemment massives, lors du scrutin. La
révolution « FaceBook » Alors
qu’à Moscou ce lundi 12 décembre 80000 personnes – chiffre du Figaro - s'étaient
réunies place des Marécages pour dénoncer les fraudes du 4 décembre, Russie
unie, organisait de son côté une contre-manifestation au cœur de la capitale.
Mais ici le quotidien français s’abstient de donner la moindre estimation !
Deux jours auparavant, la page Facebook « Manifestation pour des élections
honnêtes » avait rassemblé virtuellement quelque 40 000 personnes. Un
phénomène d’une ampleur inédite depuis le début des années 1990 – et la chute
du système soviétique – pour l’opposition. Reste que les temps ont changé grâce
essentiellement à ces réseaux sociaux qui font converger des foules promptes à
dénoncer la « farce électorale » et à scander « Une
Russie sans Poutine ». Cependant, comme l’explique l’Agence Ria Novosti
« les fraudes n'ont peut-être pas été plus nombreuses, mais elles
sont devenues plus visibles »… Internet aura donc joué un rôle décisif
dans la perception du scrutin pour cristalliser un mécontentement jusque là diffus
au sein de foules sans visage. On
peut à ce stade, s’interroger avec quelque naïveté pour savoir ce qui ou simplement
qui se cache derrière des événements à l’envergure malgré tout peu imprévisibles ?
En fait, point n’est besoin d’être grand clerc pour percevoir que l’opération
vise d’abord à empêcher le retour de Vladimir Poutine à la présidence en mars
2012. Ce faisant, de bloquer tout maintien d’une politique de souveraineté et
d’indépendance au profit d’une Vieille Russie intrinsèquement peu sensible
aux charmes promis d’une gouvernance mondiale. Ajoutons que même si l’organisation
de cette fronde anti-Poutine vient de loin, il est loisible de supposer que les
prises de position récentes du gouvernement russe en faveur du statu quo
en Syrie ne sont pas tout à fait étrangères à cette évidente tentative de déstabilisation
intérieure 5
. Naturellement
le porte-parole de Vladimir Poutine, Dimitri Peskov, démentant toute fraude massive,
a pris le contre-pied de la proposition formulée la veille par le président Dimitri
Medvedev, lequel se disait favorable à une « vérification »
des résultats électoraux 6 !
Peskov précisant que « même en admettant que les résultats puissent
être contestés en justice, cela ne peut en aucun cas remettre en cause la légitimité
du scrutin [car] les prétendus témoignages de fraude ne concernent à peu près
que 0,5 % du nombre total de bulletins ». À
noter, parmi les voix qui s’élèvent pour dénoncer cette amorce de révolution
de velours celle de l’écrivain et bloggeur - de gauche - Maxim Kalashnikov,
sonneur de tocsin contre un mouvement séditieux soutenu par ceux-là même qui mettaient
il y a deux décennies, la Russie en coupe réglée… ajoutant que ce serait folie
de renverser le tandem Poutine-Medvedev pour installer à leur place des prédateurs
internationalistes ! Et visiblement ses arguments font mouche en Russie où
l’opposition libérale est singulièrement discréditée depuis le pillage de l’économie
russe au cours des années Eltsine par des oligarques libéralistes triomphant,
des mafieux reconvertis, des services publics à la dérive et corrompus en conséquence,
une situation peu enviable encore dans toutes les mémoires. Le
quotidien international chinois Global Times dans un éditorial intitulé
« L’ours ne danse pas aux mélodies occidentales » note à ce
propos qu’en dépit d’une sensible baisse de suffrages au détriment de Russie
Unie, les voix perdues n’ont malgré tout pas profité aux partis occidentalistes :
« Les bulletins de vote sont désormais dans les poches des communistes
et des libéraux démocrates ce qui ne reflète d’aucune manière un quelconque renforcement
de l’idéologie pro-occidentale »… autrement dit, en faveur du renoncement
à la souveraineté au profit de la financiarisation de la vie quotidienne et d’une
mondialisation aussi dévorante qu’uniformisante ! Le
jeu trouble de Gorbatchev, ex syndic de faillite de la Russie soviétique Vendant
la peau de l’ours avant de l’avoir tué, le Moscow Times, n’a pas hésité
à écrire que cette élection serait « la dernière de Poutine ».
Quant à lui, Mikhail Gorbatchev a carrément demandé l’annulation des élections,
joignant sa voix à celle de Clinton, qui ne doute de rien, exigeant qu’« une
enquête exhaustive » soit rondement menée. Si
au soir des élections, le 4 décembre, Gorbatchev fut le tout premier à réclamer
l’annulation des élections, il avait déjà pris de l’avance en lançant en septembre
2010, une « initiative démocratique, non partisane » intitulée
« Dialogue Civil » où l’on remarquait la participation d’Alexandre
Lebedev, un proche de Nathaniel Rothschild, fils de Sir James de Rothschild, en
Russie passé maître ès négoce des matières premières 7.
En février dernier, Gorbatchev voyait rouge et en Russie Unie il distinguait
une méchante réplique de l’ex Parti communiste soviétique, prophétisant « si
les choses continuent ainsi, la probabilité d’un scénario de type égyptien s’accroîtra…
À ceci près que le dénouement pourrait en être bien pire » ! Dmitri
Rogozin, ambassadeur russe auprès de l’OTAN, dans un entretien d’août 2008 à Der
Spiegel, dépeignait ainsi Gorbatchev : celui-ci « a fort
bien compris les attentes des occidentaux, mais très mal celles de son propre
pays au point d’avoir fait disparaître l’Union soviétique. À l’Ouest il est applaudi
pour cela, mais en Russie, Gorbatchev ne peut pas sortir sans garde du corps sinon
il se ferait taper dessus... Nous les Russes sommes définitivement allergiques
à des hommes politiques comme lui ». D’ailleurs lorsque qu’en 1996
Gorbatchev se présenta aux élections présidentielles, il n’obtint qu’un score
minable de 0,5%... Le
mensonge arme de destruction massive Les
campagnes de diffamation médiatique dirigées contre Poutine et contre une Russie
où le gouvernement s’est risqué à éclaircir les rangs de la ménagerie oligarchique,
ne datent pas d’hier. Tout est bon pour vilipender, ternir l’image des dirigeants,
saper leur légitimité en les dénigrant systématiquement, ce qui est une façon
lente mais certaine de conditionner les opinions publiques de l’ex Monde libre,
préparant ainsi le terrain aux futures et actuelles entreprises de déstabilisation
des régimes non totalement alignés sur Washington et la City. On le voit actuellement
pour la Syrie qui a été l’objet d’une diabolisation sourdement renforcée tout
au long de la dernière décennie, préparant et conditionnant peu à peu les opinions
occidentales à accepter d’avance, et même à souhaiter, une intervention étrangère
pour renverser un régime honni. Or,
ce que les médias nous cachent à propos de la contestation moscovite, est que
la plupart des bruyantes oppositions de la rue est financé par des fondations
d’Outre Atlantique telles Democratic Alternative, la Henry Jackson Foundation,
le Moscow Helsinki Group avec « Statégie 31 », ou « Da »…
Une longue liste d’acteurs - individus ou groupes - tous plus ou moins soutenus
matériellement par la National Endowment for Democracy - Fondation américaine
pour la démocratie NED - laquelle constitue au même titre que l’US-AID, mais seulement
depuis trois décennies, l’une des vitrines grand public de la Central Intelligence
Agency spécialisée dans la corruption des syndicats ouvriers et patronaux
et du personnel politique, de droite comme de gauche, en faveur d’une défense
prioritaire des intérêts américains 8.
Un fil rouge reliant entre eux une majorité d’opposants - toujours désignés comme
« indépendants » - composant la mosaïque de ces indignés
qui à l’heure actuelle remplissent les rues des villes russes. Comme de bien entendu
les médias de l’Ouest feignent de ne rien voir ni savoir ! Pourtant
dès 2006, le Kremlin dénonçait la prolifération d’associations étrangères dont
certaines étaient déjà soupçonnées d’œuvrer à la déstabilisation du régime sous
couvert justement de la Fondation américaine pour la démocratie. Afin de
prévenir toute tentative de révolution colorée, les pouvoirs publics mettaient
alors en place un sévère encadrement des Organisations non gouvernementales d’origine
exotique ! Réglementation évidemment dénoncée à l’Ouest comme une nouvelle
agression contre la liberté d’association. Ainsi
Golos, seule organisation indépendante de Russie pour l’observation des élections,
est financée par la NED, ce que l’on trouve noir sur blanc sur le site officiel
de l’agence [NED.org] : « Regional Civic Organization in Defense
of Democratic Rights and Liberties Golos »… laquelle a bénéficié
d’une dotation de 65 000 $ aux seules fins d’observation du cycle des élections
russe de l’automne 2011 et du printemps 2012, en incluant l’analyse de la presse,
des mouvements politiques, des commissions électorales et l’application de la
législation. Le
cahier des charges de Golos comprenant en outre un volet communication soit des
conférences de presse locales et nationales, la publication de rapports, etc.
Ce qui revient à dire que les organismes qui dénoncent avec tant de vigueur la
« corruption » - hélas bien réelle - et « les fraudes
électorales » 9
sont en première instance financés par la NED, ce qui est loin d’être neutre et
présente un caractère accentué de conflit d’intérêt lorsque cela concerne Golos
censé être l’arbitre impartial des scrutins russes, en réalité financé par un
État étranger et penchant nettement en faveur de l’opposition ! 
|
| Tout
est bon pour discréditer la Russie de Poutine : sondages et phantasmes Alexandre
Latsa dénonçait le 13 juillet 2011 10
une série d'articles parue dans la presse occidentale (Le Figaro, Le Soir, La
Tribune de Genève) désignant la Russie comme un pays sans avenir et désespérant
pour sa jeunesse. Un sondage tombé à pic démontrait en effet « qu’un
cinquième des Russes, 22% souhaiterait émigrer » et « qu’en
trois ans, selon des données officielles, environ 1,2 million de personnes auraient
déjà quitté la Russie ». Des chiffres accablants (Europe 1) montrant
l’abîme séparant les déclarations fantaisistes du pouvoir et la vérité sociale
d’un pays en pleine déshérence. Reste que les faits, têtus, n’ont rien à voir
avec les obsessions ou les phantasmes idéologiques… car si 22% des sondés affirment
vouloir émigrer, ils ne sont que 1% à préparer effectivement leur départ et ne
sont que 2% à avoir pris la décision de partir… 69% par conséquent ne songe pas
à quitter la Russie. Par comparaison, en 2006, 25% des jeunes britanniques souhaitaient
émigrer ; 33% en décembre 2010. La même année, 30% des jeunes gens des pays
membres de la ligue arabe souhaitaient eux aussi partir. En 2009, 20% des Chinois
diplômés souhaitaient également voir d’autres cieux tout comme 20% des Bulgares
en âge de travailler… Quant au nombre de Russes ayant définitivement émigré, le
chiffre est de 105 544 depuis 2008 et non de 1,25 million ! Mauvaise foi
et incompétence sont ici les deux mamelles d’une presse prompte à instruire des
procès en sorcellerie et pour laquelle toutes informations même les plus controuvées,
font ventre pourvu qu’elles noircissent le tableau d’une Russie patriotique
et qui entend apparemment le rester. Si
la Russie le voulait elle pourrait rendre en Afghanistan aux Américains
la monnaie de leur pièce Washington
avant de pousser plus avant le feu de la subversion télématique devrait considérer
jusqu’où exactement ne pas aller trop loin. Parce que, sans monter aux extrêmes,
Moscou dispose de multiples moyens d’embarrasser les É-U, à commencer en Afghanistan…
Tant que le retrait de leurs troupes n’est pas effectif, tout comme celles de
l’Otan, celles-ci restent vulnérables en cas de blocus russe ! Autrement
dit, au cas où Moscou interdirait son espace aérien aux vols d’approvisionnements
de l’Otan, ou le transit à travers son territoire 11
. Un argument de négociation que Moscou se réserve si aucun compromis n’intervient
par exemple quant au bouclier anti-missile que les É-U entendent installer en
Europe du Nord 12
… Cela
même alors que le Pakistan bloque sine die la Passe de Kyber interdisant
le passage aux convois de ravitaillement des coalisés, suite à l'attaque du poste
de Mohmand par des troupes de l'Otan… laquelle a fait 24 morts parmi les pakistanais,
sans compter les spectaculaires attentats qui détruisent régulièrement les divers
convois destinés à la coalition occidentale. Si donc le Pakistan fermait à son
tour son espace aérien, ce serait alors pour l’Otan la fin des haricots :
les coalisés de la Force de stabilisation auront des armes mais pas de munitions,
ni de carburant pour faire fonctionner leurs installations lourdement énergivores
(ex. 150 litres d’eau douce épurée par homme et par jour là où il en fallait 3
ou 4 aux forces françaises combattant le Vietminh). Les réserves de l’Isaf sont
en principe de trois mois, mais dans l’hypothèse d’une grève du droit de passage
nord et sud, le bourbier afghan pourrait rapidement se transformer en guêpier,
à savoir une sorte de Dien Bien Phu logistique pour les 130 000 hommes de l’Isaf
(48 nations dont 28 membres de l'Otan. Source Otan) qui s’y trouvent enfermées
à l’instant présent ! Mais
ici il s’agit pour l’heure de pures spéculations, même si le Lieutenant Général
du cadre pakistanais de réserve, Hamid Gul n’hésite pas à envisager publiquement
une concertation avec la Russie en vue d’établir un blocus logistique des forces
occidentales en Afghanistan afin que « les troupes américaines et
celles de l'Otan soient étranglées [car] le temps est venu pour le Pakistan de
se trouver l’occasion manquée après les attentats du 11 Septembre de regagner
respect et souveraineté ». Une occasion de réhabilitation en quelque
sorte et d’affranchissement à l’égard du maître américain ? Or jusqu’ici
ce genre de propos était – semble-t-il - rarement tenu à haute voix. Comme les
temps changent ! Les
prophètes de l’Apocalypse Retour
à Washington où nous inclinerons à accorder quelque crédit à la revue géopolitique
EIR 13
qui aurait publié le 7 décembre 2011 le témoignage d’un ex amiral de l’US Navy
[sans autre précision] selon lequel les militaires américains craignent fortement
qu’Israël n’emploie l’arme nucléaire en seconde frappe après une première attaque
conventionnelle « préventive » sur l’Iran, c’est-à-dire en
cas de représailles iraniennes… Étrange cas de légitime défense n’est-ce pas ? Toujours
selon l’amiral Person, la région du golfe persique et l’Est méditerranéen seraient
le déclencheur pour une guerre générale. Évoquant la présence en Syrie de commandos
iraniens des Gardiens de la révolution, il n’exclut pas non plus une guerre civile
entre Sunnites et Chiites d’Irak après le départ des troupes américaines. « Mais
étant donné la folie israélienne, je vois l’Iran comme le problème le plus effrayant ».
Rejoignant ce que nombre d’observateurs pensent de façon ouverte, s’étant rendu
compte de la profonde sociopathie, assortie d’une extraordinaire aptitude à manipuler
les opinions et à pratiquer une systématique distorsion du réel, dominante et
parfaitement repérable chez certains chefs politiques et religieux israéliens
ou de la diaspora. Face
à l’escalade des menaces internationales contre l’Iran, l’Ayatollah Khamenei vient
aux dernières nouvelles, d’ordonner aux chefs des forces de sécurité de se mettre
en état d’alerte. Selon le Daily Telegraph, le commandant des Gardiens
de la révolution, le général Jaafari aurait fait redéployer les missiles longue
portée Shahab sur des sites secrets le long des frontières afin de les préserver
de toute neutralisation ennemie et de pouvoir déclencher immédiatement des représailles
en cas d’attaque. Dans
une interview à la chaîne Russia Today, le général Leonid Ivashov (président
de l’Académie russe de géopolitique) a pour sa part présenté la présence de navires
de guerre russes en Méditerranée orientale et dans le port syrien de Tartous,
comme un fait essentiellement « politique et pacifique étant donné
qu’il n’est aucunement question pour la Russie de participer à une quelconque
guerre ». Au contraire, la mission de la flotte russe est « d'éviter
tout conflit régional déclenché par une agression dirigée contre la Syrie ou contre
l’Iran » ajoutant que « l’escadre russe est porteuse
d’un message à Israël, à la Communauté internationale et spécifiquement à la Turquie,
laquelle semble en effet avoir décidé de participer à une possible aventure militaire ».
Refusant toute ingérence dans les affaires de quelque État souverain que ce soit,
notamment la Syrie, Ivashov a vertement critiqué le gouvernement de M. Erdogan,
le jugeant « dominé par la ploutocratie mondialiste et par les politiciens
américains, et regrettant à ce titre que la Turquie puisse devenir l’éventuel
déclencheur d’une guerre régionale ». De
leur côté, les présidents russe Medvedev et chinois Hu Jintao ont « validé
un accord de principe » en vertu duquel la seule façon d’arrêter
une agression de l’Occident pilotée directement ou en sous mains par les États-Unis,
serait une « réplique militaire directe et immédiate ».
À ce propos le général militaire de l'Université chinoise de la Défense nationale,
Zhang Zhaozhong aurait averti que « la Chine n’hésitera pas à protéger
l’Iran, même s’il faut pour cela déclencher une troisième guerre mondiale »,
faisant en cela écho au général Nikolaï Makarov « Je n’exclus pas
des conflits armés locaux ou régionaux pouvant évoluer vers une guerre à grande
échelle, incluant l’utilisation d’armes nucléaires »… une déclaration
intervenant après un sérieux incident ayant - semble-t-il - impliqué l’ambassadeur
russe, Vladimir Titorenko, lors de son voyage de retour de Syrie, et du personnel
de sécurité qatari qui aurait tenté de s’emparer d’une valise diplomatique contenant
des informations recueillies par les Services de renseignements syriens et portant
sur la préparation d’une invasion de la Syrie et de l’Iran par les États-Unis !
« Menace
de génocide nucléaire iranien et options israéliennes » ! Jean-Patrick
Grumberg, une voix pas tout à fait anodine, a eu la bonne idée de nous donner
sur son site 14,
des nouvelles de la conception nucléariste et génocidaire de la Pax Hebraïca.
Ceci peu après la publication du dernier rapport « accusateur »
de l’Agence Internationale à l’Énergie Atomique et alors que Nicolas Sarkozy promettait
à l’occasion du G20 « de ne pas rester les bras croisés, si l’existence
d’Israël était menacée ». Citant Le Figaro, Grumberg rapporte
l’analyse de l’ancien directeur du Mossad d’Efraim Halevy : « Nous
sommes en guerre contre l'Iran. La plus grande partie de cette guerre est clandestine »,
embrayant sur des extraits particulièrement édifiant d’un ouvrage de Richard L.
Rubenstein publié aux États-Unis et traduit en 2010 sous le titre « Jihad
et génocide nucléaire »… « Probablement l’analyse la
plus profonde publiée à ce jour sur l’acquisition de l’arme nucléaire par l’Iran »
selon Michel Gurfinkiel (ex éditorialiste de Valeurs actuelles et Wall
Street Journal, récemment reçu en grande pompe par le directeur de la station
de droite Radio Courtoisie) qui « souhaiterait que chaque ministre
et chaque député, en Europe et en France, prenne le temps de consulter cet ouvrage ».
En effet, cela vaut le détour ! Voyons
cela : extraits de « Jihad et génocide nucléaire »… « Israël
n’est pas dénué de moyens de faire face à la menace iranienne. Selon le Wall Street
Journal, lorsque son équipe éditoriale, au cours d’une conférence le 2 avril 2009,
demanda à l’amiral Mike Mullen, président du Comité des chefs d’état-major interarmées
américains, si Israël était en mesure de causer des dommages significatifs aux
dispositifs nucléaires de l’Iran », sa réponse fut simplement :
Oui. … Dans tous les scénarios cités, si Israël se contente de détruire les installations
nucléaires de l’Iran, opération dont le succès est incertain, cela n’annulera
pas la menace à long terme d’un génocide. Avec le temps, l’armement dévastateur
et les équipements peuvent être rebâtis ou remplacés. La colère et l’humiliation
qui s’ensuivraient dynamiseraient la volonté de reconstruction et de vengeance.
Cependant, à moins que l’Iran ne mette fin à l’acquisition d’armes nucléaires,
Israël n’a que peu de choix politiques, aucun n’étant satisfaisant. En dépit des
risques évidents, une frappe préventive visant la population civile pourrait apparaître
à certains Israéliens le choix le plus raisonnable. Je tremble en écrivant ces
mots, mais je rappelle à mes lecteurs que les dirigeants de l’Iran ont, de manière
répétée, menacé de détruire complètement Israël, non l’inverse. Dans ces circonstances,
si la diplomatie échoue, le seul moyen pour Israël de prévenir une éventuelle
revanche après une offensive contre les installations militaires serait de détruire
d’abord les centres urbains. … En déclenchant une attaque préventive visant les
principales concentrations urbaines iraniennes ainsi que les centres industriels,
Israël pourrait infliger des dommages considérables. Et il ne dépendrait pas de
la seule force aérienne, car il dispose du missile Jéricho-3, un missile balistique
sol-sol pouvant porter une tête nucléaire, chimique ou biologique, jusqu’à, dit-on,
4 500 kilomètres. Ce missile paraît pouvoir résoudre le viol d’un espace aérien
ennemi. De plus, Israël possède trois sous-marins « Dolphin Class »
de fabrication allemande, capables d’envoyer des têtes nucléaires à 2 500 kilomètres.
D’ailleurs, si Israël estime qu’il doit frapper les principaux centres urbains,
des tirs de haute précision ne sont pas même nécessaires. Vingt pour cent environ
de la population iranienne, soit douze à quatorze millions de personnes, vivent
dans la métropole de Téhéran, que Cordesman décrit comme « un bassin
topographique (avec) un réflecteur montagneux » formant un espace « presque
idéal pour une destruction nucléaire ». Bien
entendu l’auteur tempère son propos en évoquant les risques qu’une telle éventualité
– rayer de la carte la conurbation de Téhéran et ses douze à quatorze millions
d’habitants – ferait courir à la bonne réputation d’Israël devenue pour le coup
la paria planétaire, il n’en demeure pas moins que l’hypothèse de frappes anti-cité
à objectifs démographiques est clairement posée sur la table... Laissons
la conclusion, plus réconfortante, à l’analyste français, Alain Corvez pour lequel
nous ne sommes pas encore tout à fait parvenus au cœur de la Mer des ténèbres
« Nous sommes à un point d'inflexion de la courbe des équilibres
du monde avec la crise actuelle. L'impérialisme américain a atteint ses limites
et le monde multipolaire est en train de se mettre en place dans la douleur. La
Russie et la Chine se sentent directement menacées par cet impérialisme et savent
qu'elles n'ont pas les moyens de l'abattre mais peuvent désormais marquer des
limites à ne pas dépasser grâce aux appuis d'autres pôles de puissance qui voient
aussi leurs intérêts menacés, BRICS et autres ! » Léon
Camus le 12 décembre 2011 Notes(1)
Selon le Kremlin « Les propos de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton
sur les élections législatives en Russie, ainsi que les commentaires similaires
des représentants de la Maison Blanche et du Département d'État américain sont
inacceptables ». Mme Clinton
avait notamment déclaré que ces élections n'étaient « ni libres ni
justes ». À Vilnius où se réunissait le sommet de l’OSCE, Organisation
pour la sécurité et la coopération en Europe, elle n’hésitait pas à stigmatiser
le 6 décembre « des tentatives de bourrage d’urnes, de manipulations
des listes électorales ». (2)
Arrivé deuxième, le Parti communiste qui obtient 19,2% des suffrages et 92 sièges,
soit 35 de plus qu’en 2007. Puis Russie Juste et le Parti libéral-démocrate, respectivement
13,25% et 11,68%, soit 64 et 56 sièges au lieu de 38 et 40. (3)
Porté au pinacle par la presse internationale, Navalny milite également - dans
la mouvance nationaliste sur le modèle Identitaire - contre l’immigration. Formé
aux États-Unis par le World Fellows Program de l’Université de Yale - créé
par le président de l’université Richard Levin afin de créer un réseau global
de Young leaders - il occupe ainsi l’aile droite de la contestation. Notons
que ces « jeunes espoirs » sont en autres pris en mains par
Malloch Brown, ancien du Foreign Office, par Aryeh Neier, présidente de
l’Open Society Institute de George Soros ou encore Tom Scholar, ancien
chef de cabinet de Gordon Brown. (4)
Fox News lies about riots in Russia http://www.youtube.com/watch?v=fkqR... (5)
Moscou s’était mordu les doigts d’avoir laissé passer au Conseil de Sécurité la
Résolution 1973 qui allait donner toute latitude à l’Otan et au Qatar – bras armé
des É-U dans le Golfe arabo-persique – de conduire une véritable guerre sous couvert
d’aide humanitaire. Or la Russie sait que si le modèle libyen est reproduit en
Syrie, la Méditerranée deviendra le lac de l’Otan, la Mare vestrum des
Atlantistes. Kadhafi éliminé, les seuls États encore récalcitrants sont avec la
Syrie, le Liban du Hezbollah et l’Iran. (6)
Un bémol qui manifesterait que l’entente entre les deux hommes – entre lesquels
certaines divergences étaient apparues il y a approximativement un an – n’est
pas aussi parfaite qu’il y semble et que Medvedev n’est pas encore totalement
débarrassé de tout tropisme à l’égard de séductions occidentalistes. (7)
Le Dialogue Civil proposait en mars 2009, afin de juguler tout risque lié
à la crise financière globale « un transfert vers les créanciers,
y compris étrangers, des droits de propriété dans des compagnies débitrices russes,
afin d’assurer le maintien des flux de capitaux vers l’économie russe ».
Autrement dit que certains pans du secteur minier et de l’énergie soient cédés
par exemple à la Royal Bank of Scotland. Cf. Nouvelle Solidarité 10 déc. (8)
« La NED, vitrine légale de la CIA » Thierry Meyssan - Odnako
n° 35 - 27 septembre 2010. Repris sur Voltairenet.org. (9)
Marginale si le chiffre avancé de 0,5% est vérifié. Reste que la fraude en Russie
n’est certainement pas plus odieuse que les trucages – et les absurdes recomptages
– ayant permis la réélection du sieur Bush en nov. 2004. (10)
Un autre regard sur la Russie - Ria Novosti (11)
Des voies d’acheminement indirectes existent bien sûr, notamment via la Géorgie
et l'Azerbaïdjan, mais plus longues et plus aléatoires au cas où la situation
internationale se dégraderait au point que les Russes décident de fermer les lignes
de ravitaillement de l'Otan et des forces américaines spécifiques d’Enduring
Freedom, Opération Liberté Immuable. En juin 2011 Obama annonce le retrait
d'ici à l'été 2012 du « tiers » des forces américaines stationnées
en Afghanistan, soit 33000 après avoir accru leurs effectifs de 30 00 hommes. (12)
News International – Islamabad Pakistan. 1er
déc. 2011« Vietnam-Style Exit : Russia Could Deliver Death Blow
To Nato in Af-Pak War Theater ». (13)
Executive Intelligence Review de Lyndon H. LaRouche, Jr (14)
Jean Patrick Grumberg, journaliste, éditeur du site Dreuz.info, photographe de
rue. Ancien lobbyiste. A vécu à Paris, Los Angeles et s'est établi entre Israël
et la Californie. Fondateur en 1976 d'Hifissimo, site pionnier de vente qu'il
a revendu en 2007. Président de l'association « Laissez Nous Travailler ». |
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