Désobeissance
Déclaration
dIsabelle de Léon devant la Commission Disciplinaire Pôle Emploi
3
novembre 2011 par Reprise darticle. Paris,
13 octobre 2011
Je
me présente aujourdhui devant vous consciente et responsable de mes
actes et de leurs conséquences.
Vous maccusez de ne pas respecter
la planification et la réalisation de lEID.Sur cette accusation :
je plaide coupable. Je vous ai déjà largement explicité mon
argumentation, je ne reviendrai pas sur cette position de principe.
Par contre,
il me semble impératif de soulever dautres chefs dinculpation
qui me paraissent consubstantiels et qui éclairent ma position :
- Je
maccuse : de défendre le Service Public et de résister à
toutes mesures qui visent à son « affaiblissement » ou sa «
déconstruction ».
- Je maccuse : de défendre cet
outil essentiel de redistribution et de garantie des droits et besoins fondamentaux.
-
Je maccuse : dans ce sens de défendre les intérêts des
plus démunis, dessayer de maintenir un semblant dégalité
de traitement de tous les citoyens et une continuité de service sur tout
le territoire.
- Je maccuse : de me mettre au service du public et non
pas au service dun gouvernement dont la politique menace clairement le service
public.
- Je maccuse : de refuser de nuire au public que nous recevons.
-
Je maccuse : de vouloir conserver mon statut dagent public pour garantir
mon indépendance et protéger ainsi le service public de toute dérive.
-
Je maccuse : de ne plus supporter les changements continuels de procédures,
de réglementations, mal relayés, qui nous déstabilisent dans
notre travail quotidien auprès du public.
- Je maccuse : de ne
plus supporter les injonctions paradoxales de notre hiérarchie locale,
départementale, régionale, nationale...
- Je maccuse :
de ne plus assumer le dysfonctionnement de lorganisation globale de notre
travail.
- Je maccuse : de ne plus assumer les conséquences de
ces dysfonctionnements sur les demandeurs demploi.
- Je maccuse
: de ne plus assumer leur agressivité en retour quand nous les mettons
en difficulté.
- Je maccuse : de ne plus assumer et supporter
la détresse de mes collègues et le déni de cette souffrance
par notre hiérarchie.
- Je maccuse : enfin de ne plus supporter
mes insomnies, mes tensions, mes maux de tête, de dos, de ventre
parce
que chaque jour je constate la dégradation de nos conditions de travail,
et leurs conséquences sur mes collègues et sur les demandeurs demploi.
-
ENFIN, JE VOUS EN VEUX, ET JE MEN ACCUSE : de nous faire vivre chaque jour
de travail comme une épreuve, comme un challenge où je peux me perdre
et perdre ma relation à lAutre, Tout le reste, vous le savez et je
vous lai déjà écrit.
Je
ne demande quune chose : en me déclarant coupable et en me sanctionnant,
je vous demande de prendre en compte toutes ces autres accusations car sinon celle
que vous invoquez, perdrait son essence et naurait plus aucun sens.
Car
soyez en sûrs, mon combat sur ces principes, que nous sommes censés
partager et défendre, je le continuerai.
Isabelle
de Léon