Conte
:
Police
! Personne ne bouge !
J'ai
un super boulot, je passe mes journées à draguer les filles. Je déambule
dans la voiture de service, coté passager, le bras à la portière, ray-ban
et chemise entrouverte. Ce que j'adore, c'est doubler les voitures qui respectent
les limitations de vitesse. Tu les toises du regard, tu te sens supérieur,
c'est toi le boss, t'es un winner ! C'est comme quand un feu rouge est trop
long, un coup de sirène et tu le grilles, et les autres restent comme des
cons à attendre le feu vert. A Strasbourg, pour le sommet de l'Otan,
on se faisait chier. Nous étions postés sur un monticule de terre surplombant
les manifestants qui défilaient au dessous de nous. A un moment, un gars
d'une autre unité a ramassé une pierre et l'a jetée sur les manifestants,
ça a été le signal, nous les avons canardés comme des malades. C'est moi
qui tire le mieux, j'ai eu deux «pétasses» en pleine tête ! J'aime
bien les manifs, on se déguise en manifestants, et on casse des vitrines.
On tire même des bouteilles sur nos collègues qui sont en uniforme et qui
n'attendent que ça pour charger sur tous ces dégénérés qui hurlent des slogans.
Parfois, c'est compliqué parce que ce sont des mecs de groupes d'extrême
droite qui viennent foutre le bordel, et eux on n'a pas le droit de les
cogner, il faut les laisser se tirer. Heureusement il y a des codes pour les reconnaître.
La nuit quand on fait des contrôles, on connait les endroits ou des
occasionnelles font des passes pour boucler les fins de mois. Elles n'ont
pas de souteneurs, alors on se fait un petit extra. De toute façon elles
ne vont pas porter plainte ! Parfois en plus de baiser à l'œil, on leur
soutire un peu de pognon, le super pied ! Le soir on aime bien contrôler
des jeunes qui rentrent seuls, le jeu c'est de les secouer et les insulter
jusqu'à ce qu'ils pètent un plomb. Alors là c'est gagné, hop, une garde
à vue ! C'est facile de remplir ses objectifs! Quand il y a
des embouteillages, on met le gyrophare, deux collègues descendent de la
voiture, font garer la populace et en avant. Nous on passe, les autres se
démerdent. Dans les quartiers, ils nous aiment pas, nous non plus, mais
s'ils sortent de leur territoire alors là on rigole : contrôles, mises à
terre, clefs de bras, crachats, insultes, c'est nous les plus forts ! Après,
il suffit de dire que des jeunes ont lâchement agressé des forces de l'ordre
et le tour est joué : le 20H en fait sa une ! La journée, quand on
croise une autre patrouille, on s'arrête pour discuter, parfois en plein
rond point. On se gare à l'arrache, et personne n'ose rien dire. Les gens
ralentissent, ils ont peur. Personne ne l'ouvre, j'aime ça. Et si quelqu'un
fait le malin, on le contrôle et on le verbalise. Tout a basculé,
lorsque j'ai eu besoin d'argent pour payer mes dettes de jeux, et oui je
dépense plus que je ne gagne. J'ai décidé de me faire une banque, je suis
pas plus con qu'un autre. Le jour «j», j'enfile ma cagoule, j'entre dans
la banque, je sors mon flingue et je crie «police, personne ne bouge». Putain
de merde, en plus c'est la voiture de service que j'ai garée devant la banque.
J'ai dû trop fumer hier soir, pourtant je le sais: la fumette après la coke
et le whisky, c’est pas bon! http://2ccr.unblog.fr/
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