En
loccurrence, Sarkozy (et parfois on rajoute, lUMP) sont appelés
à jouer ce rôle unifiant depuis le début du quinquennat. Cest
bien ce quont tenté ceux qui à gauche, ont CRÉÉ
"le sarkozysme".
La
petite-bourgeoisie chargée de cornaquer le prolétariat en colère
(quand même) sur des positions "gauchistes" se dotera en plus
dautres "épouvantails", comme "les agences de notation",
ou "les financiers", par exemple.
Elle
désignera telle "nation" à la vindicte de "telle
autre" ("A bas la Chine" !).
Elle
évitera évidemment soigneusement de mordre aux jarrets le capitalisme
industriel, et même, elle dorlotera toute la fraction locale de cette bourgeoisie,
contre la vilaine fraction compradore, "mondialisatrice".
Elle
évitera demployer les termes de "propriété privée
des moyens de production", d"expropriation sans indemnisation",
elle ne dira pas non plus quil faut abolir le salariat.
Elle
cachera son aversion pour lémancipation réelle du prolétariat
en proposant le pis-aller de la "nationalisation" (en se gardant bien
douvrir toute réflexion sur ce quest lEtat bourgeois
aujourdhui, Etat sans lequel il ny a PAS de "nationalisation"
possible...).
Et
surtout, elle ne dira pas quil faut "détruire lEtat",
au contraire ! Elle dira quil faut sen emparer par les élections,
et puis que telle ou telle nomination changeront la nature de cet Etat. Elle dira
que lÉtat cest comme un gant, quil suffit de changer
la main qui est dans ce gant pour que , de gant de fer, ce gant se fasse de velours...
Cette
tentation syncrétique, elle nest possible en tant que telle quen
période de crise systémique. Cest même LA réponse
favorite, en première intention, de la bourgeoisie aux tensions et aux
luttes de classe que ne manque jamais de déclencher une véritable
crise systémique du Capitalisme comme celle que nous connaissons.
On
peut lappeler "collaboration de classe", ou "fordisme",
ou "unité nationale". Dans sa forme aiguë, et mise en uvre
par la bourgeoisie soi-même quand ça sent trop "le brûlé",
ce syncrétisme sappelle également "fascisme".
La
tentation syncrétique, cest le renforcement, par lamalgame
dans une organisation unique (et prétendument UNITAIRE) type "social-démocrate",
déléments du prolétariat, de la petite-bourgeoisie,
voire, du petit capital, de la fausse-classe quagite la bourgeoisie depuis
des siècles, quon lappelle "peuple" ou "nation",
ou les deux.
Cest
celle qui consiste à masquer un système plutôt quà
le dévoiler, alors même que lépoque serait au dévoilement.
Fausse
classe, faux ensemble, faussement homogène, au sein duquel cohabitent des
classes et des intérêts antagonistes, qui nont que peu dobjectifs
communs dès lors que tombent les blablas destinés à masquer
la réalité de classeS de lensemble en question.
Une
tentation qui, a fortiori à cet instant précis de la crise systémique
du capitalisme, non seulement est obsolète et irréaliste (car les
antagonismes DE CLASSE saiguisent de jour en jour, la bourgeoisie a sorti
les couteaux contre nous, et ce ne sont pas les diatribes à base de "pauvres"
et de "riches" qui masqueront longtemps ce fait) mais qui de ce fait,
devient une arme CONTRE les exploités du capitalisme.
Cest
un peu comme si une sage-femme conseillait à la parturiente de, non pas
"pousser", pour expulser le bébé, mais de "tirer"
lenfant dedans elle.
Triple
inconvénient de ce genre de "fausse bonne idée" : cest
impossible à faire, et cela compromet la naissance de lenfant et
la vie de la mère (vous voyez la métaphore ?).
La
tentation syncrétique gomme, tend à effacer "la classe".
Or,
la classe, (et la conscience de classe), cest la constitution même
de lêtre politique du prolétariat. Nier la classe, de quelque
manière que ce soit, cest nier le prolétariat en tant que
sujet politique. Cest donc le priver de son avenir et de sa liberté.
Parce
que nous le savons de par lhistoire, cette tentation syncrétique
désarme les travailleurs, elle désarme les luttes des exploités,
elle désamorce la lutte de classe, seule lutte envisageable (parce que
seule efficace) contre la bourgeoisie.
Cest
également un frein puissant à lhégémonie du
mouvement ouvrier dans une hypothèse révolutionnaire PUISQUE cest
la négation même de la nécessité de lorganisation
ouvrière autonome de base dans un "fatras", un fourre-tout.
Car
nous savons bien comment sont faits les partis bourgeois (ou embourgeoisés)
pour étouffer les courants de classe en leur sein. (Cest bien pour
cela, pour lutter contre cela, quen 1920 en France... etc.)
Probablement
la tentation syncrétique a encore quelques beaux jours devant elle. Elle
fonctionne sur cette "pente naturelle". Elle va fonctionner encore un
peu. Pas plus. Fonctionner encore à peu près , comme élément
contre- révolutionnaire, jusquà ce que la bourgeoisie , poussée
par sa lutte permanente contre la baisse tendancielle du taux de profit, accentue
ses coups, affermisse sa poigne dacier sur nos nuques et fasse son éternel
doigt dhonneur à toute cette frange de la petite-bourgeoisie qui
prétend nous garde-chiourmer.
Il
ne faut pas piaffer, il faut prendre patience, encore, et travailler dans les
masses, dans la classe, toujours. Ne pas prêter la main au syncrétisme
"de gauche", ni de près, ni de loin. Le combattre, au contraire,
bien-sûr. Le combattre en le distinguant du combat éternel des communistes,
le combat pour unir le prolétariat dans la classe qui doit lui tenir lieu
de "parti" et de "nation" :
"Les
communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points :
1. Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent
en avant et font valoir les intérêts indépendants de la nationalité
et communs à tout le prolétariat. 2. Dans les différentes
phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent
toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité."
(Marx et Engels, Manifeste du Parti communiste).
Ceux
qui ont les yeux ouverts sont pour linstant trop peu nombreux et trop mal
organisés, ils ont trop peu de moyens pour lutter à armes égales
contre la propagande à la même vitesse. Cest ça aussi,
la chance de la tentation syncrétique. Mais outre que cest toujours
ainsi, ça ne marchera pas éternellement. A nous donc, de DURER.
Nous
laissons bien volontiers à la petite-bourgeoisie, momentanément
organisée en "parti", le soin de se faire les kapos du prolétariat
pour le compte de la bourgeoisie.
Notre
devoir à nous, exploités communistes, cest de tenter de nous
unir, en tant que classe, de nous vacciner, de protéger nos frères
contre le virus de la servitude volontaire, dinoculer dans notre classe
le puissant anticorps de lamour de la liberté, du désir démancipation,
par nos actes et nos paroles, fussent-ils, pour le moment, modestes.
Je
souhaite à tous nos camarades de lutte, à tous nos frères
de classe, à toutes celles et à tous ceux qui nont pas rangé
létendard de la lutte de classe dans leur poche, où quils
se trouvent, quelle que soit leur couleur, leur religion, leur origine... une
année 2012 clairvoyante, lucide et encore plus courageuse, mais également,
la plus agréable possible dans les conditions qui sont les nôtres
actuellement, (conditions qui, ne nous voilons pas la face, sont hélas
appelées à se durcir encore - et lélection présidentielle
ny changera pas grand-chose).
Je
nous souhaite de savoir reconnaître et choisir NOTRE CLASSE.
Je
nous souhaite, au cur des luttes, qui sont la vie même, dès
notre origine, de ne pas oublier dessayer dêtre heureux, à
loccasion, "avec les moyens du bord". Notre vie est à nous,
ne nous la laissons pas voler !