12
février 2011
Conférence au Z Media Institute Juin 2010 La
sauvagerie de limpérialisme états-unien
2 Noam CHOMSKY
Partie 2
Il
est assez courant aujourdhui pour les partisans des palestiniens et les
dirigeants palestiniens eux-mêmes de dire : "Eh bien, nous devons abandonner
lespoir de la solution à deux états." Comme lun
des leaders palestiniens a déclaré, "Nous devrions donner la
clef à Israël et les laisser prendre en charge lensemble de
la Cisjordanie. Ce sera un état, nous mènerons alors un combat pour
les droits civiques. Nous pouvons le gagner, comme en Afrique du Sud." Mais
ce point de vue néglige un simple point de logique. Ce ne sont pas les
deux seules options. Il ya une troisième option, à savoir que les
États-Unis et Israël continuent de faire exactement ce quils
font. Ils ne vont pas prendre le contrôle de la Cisjordanie. Ils nen
veulent pas. Ils ne veulent pas des palestiniens. Donc lanalogie avec la
lutte en Afrique du Sud contre lapartheid est assez trompeuse. LAfrique
du Sud avait besoin de sa population noire. Cétait sa main-duvre.
Ils ne pouvaient pas se débarrasser deux. Ils représentaient
85% de la population active du pays. Donc, comme sous lesclavage, ils devaient
prendre soin deux. Les bantoustans étaient assez mauvais, mais ils
étaient destinés à être plus ou moins viable, car il
était nécessaire de renouveler la main-duvre. Ce nest
pas vrai pour Israël et les palestiniens. Israël ne veut pas assumer
de responsabilité pour eux, elle veut plutôt les virer. Cest
comme les États-unis avec la population indigène. Il ne sert à
rien de prendre soin deux, juste exterminer cette « race malheureuse
» dindiens dAmérique. Israël
ne peut pas juste les assassiner. On ne peut pas sen débarrasser
comme ça de nos jours, comme les États-unis pouvaient le faire au
19ème siècle, donc il vous suffit de les faire partir. Moshe Dayan,
qui fut lun des membres les plus « pacifistes » de lélite
israélienne, est arrivé au poste de ministre de la défense
en charge des territoires occupés en 1967. Il a informé ses collègues
de lépoque que nous devrions dire aux palestiniens : "Nous navons
rien pour vous, vous allez vivre comme des chiens, et celui qui partira partira.
Et nous verrons où tout ça finira." Et
cest exactement la politique quils suivent. Ces dernières années,
les États-Unis et Israël ont quelque peu modifié la politique.
Ils prennent lavis des industriels israéliens qui il ya quelques
années ont suggéré quIsraël devait passer dune
politique de colonialisme à celle de néo-colonialisme. Les
Philippines sont le modèle standard à partir duquel de nombreux
programmes modernes de néo-colonialisme ont été soigneusement
élaborés. Nous savons ce qui sest passé lors de la
conquête avec, comme dhabitude, les « intentions les plus bienveillantes",
tout en massacrant quelques centaines de milliers de personnes et en commettant
des crimes de guerre massifs. Al McCoy a maintenant une étude fine de ce
qui sest passé après la conquête, où il entre
dans le détail durant 800 pages. Les États-unis ont mis au point
une nouvelle technique de contrôle de la population, en utilisant la technologie
la plus avancée jusquà ce jour. Ils ont imposé un système
de surveillance étroite sur toute la population, cooptant une élite
occidentalisée qui serait capable de vivre dans le luxe, démentelant
des groupes nationalistes par diverses méthodes rumeurs, corruption.
Et, bien sûr, une force paramilitaire la police philippine au
cas où les choses tournent mal. Cela
sest avéré être très efficace. En fait, cest
toujours en place aux Philippines. Si vous regardez les journaux actuels, vous
remarquerez que les États-Unis se félicitent du nouveau gouvernement
des Philippines. Ils ne signalent pas que la plupart de la population vit dans
la misère. En fait, si vous y pensez, cest la part dAsie de
lEst et du Sud-Est qui na pas pris part à la spectaculaire
croissance économique dAsie de lEst au cours de la dernière
génération. Cest aussi la seule colonie/néo-colonie
des etats-unis qui est toujours géré pratiquement de la même
manière quelle la été il y a 100 ansles
mêmes élites, la même force de police brutale, différents
noms avec les États-unis en arrière-plan, mais pas très
loin. Cest
un mode de colonisation extrêmement réussi. Cest devenu le
modèle pour Haïti, la République Dominicaine, et beaucoup dautres
néo-colonies plus tard. Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont
adopté des mesures similaires de contrôle de la population. Dans
un premier temps, au cours de la première guerre mondiale. Dautant
plus aujourdhui. La Grande-Bretagne est lune des premières
sociétés de surveillance avec les États-Unis pas loin derrière.
Ils utilisent des versions modifiées de ce qui a été élaboré
avec grand soin et succès aux Philippines il ya un siècle. Eh
bien, Israël a fini par comprendre que cest la bonne façon de
procéder. Vous pouvez lire à ce sujet, par exemple, Ramallah en
Cisjordanie et les rapports, qui sont précis, disons que cest un
peu comme Paris et Londres pour lélite palestinienne. Ils vivent
une vie agréable avec théâtres et restaurants. Un typique
pays du tiers monde avec une élite riche collaborationniste dans une mer
de souffrance et de misère autour deux. Cest la façon
dont le tiers monde est structuré. Israël a finalement accepté
de suivre les conseils des industriels et de transformer la palestine en une néo-colonie.
Et il peut être loué pour combien la vie est merveilleuse à
Ramallah etc. Mais il faut la contrôler par la force. La force de police
doit être la même quaux Philippines. Et cest le cas. Cest
une armée dirigée par un général américain,
Keith Dayton. Elle est constituée de palestiniens. Assez typiquement, dans
les structures néo-coloniales, la force répressive est nationale,
mais elle est dirigée par un général américain. Elle
est entrainée par Israël et la Jordanie (une dictature féroce).
Et elle est très efficace. En
fait, cest très apprécié par les libéraux américains.
John Kerry, sénateur du Massachusetts, à la tête de la commission
des Relations extérieures au sénat -le représentant dObama
au moyen-orient a donné une conférence à linstitut
Brookings dans laquelle il explique que, pour la première fois, Israël
a un partenaire légitime de négociation, alors maintenant il peut
poursuivre son espoir passionné pour la paix. Le partenaire de négociation
auquel il fait allusion est lautorité palestinienne et la raison
pour laquelle il est devenu légitime, explique Kerry, cest parce
quil a une force militaire capable de contrôler la population, à
savoir larmée de Dayton. Et il souligne son succès. //illustration
: GAZA- Israel va assouplir son blocus pour autoriser le soda, la mousse à
raser, les cookies et le sucre. "Je tai à loeil MacGyver."// Leur
principale réussite a été au cours de linvasion U.S/israélienne
de gaza, quand ils ont anticipé quil pouvait y avoir des manifestations
en Cisjordanie au cours des atrocités qui y étaient menées.
Mais il ny en eu pas parce que larmée de Dayton a été
en mesure de les supprimer. Le calme a donc été maintenu. A tel
point que le général Dayton a déclaré, dans un discours
à une antenne du lobby israélien, quil pourrait envoyer des
forces pour participer à lattaque de Gaza grâce au contrôle
de la Cisjordanie par larmée entrainée par les américains.
Cest donc considéré comme une réussite, tout comme
aux Philippines et plus tard à Haiti, au Nicaragua et dautres néo-colonies
sous la Garde Nationale imposée par les Etats-Unis. La
Palestine peut maintenant sattendre à subir le même sort propice.
Et nous pouvons nous féliciter davoir créé une armée
capable de contrôler la population de manière si efficace quils
ne peuvent même pas protester contre un massacre majeur opéré
dans lautre partie de la Palestine. Je dis lautre partie de la Palestine,
mais la politique U.S.-israélienne depuis les accords doslo en 1991
(et un élément essentiel de ceux-ci) a été de séparer
Gaza et la Cisjordanie. Cest lun des moyens pour empêcher toute
reconnaissance dun authentique nationalisme palestinien. Si Gaza fait partie
de la Cisjordanie, comme cest le cas en vertu du droit international, cela
signifie quun état palestinien aurait effectivement accès
au monde extérieur, il aurait un port maritime, par exemple. Et cest
dangereux. Vous voulez quils soient totalement contrôlés par
la dictature jordanienne dun côté et par les États-unis
soutenant Israël de lautre côté, alors vous devez les
séparer de Gaza. Et ça a été fait très efficacement. Pour
revenir aux options pour les palestiniens : lune delles est la solution
à deux états, lautre nest pas ce qui est proposé
une résolution détat unique et des luttes anti-apartheid.
Il ny a pas la moindre indication que quelque chose comme ça va se
passer, il ny a aucun soutien pour cela nulle part. Les États-Unis
et Israël ne laccepteraient jamais. Mais
la troisième option la vraie est la continuation dexactement
ce qui se fait et ce qui se fait nest pas un secret. En fait, le premier
ministre Ehud Olmert la souligné lors dune session conjointe
du congrès il y a quelques années, sous les applaudissements enthousiastes.
Cest ce quil appelle la convergence (ça a été
détaillé maintenant), ce qui signifie quIsraël reprend
tout ce qui a de la valeur ; prend le contrôle de tout ce qui se situe entre
ce quon appelle le mur de séparationcest vraiment un
mur dannexion, qui est complètement illégal, cest irréfutable
, même Israël ladmet. Donc, Israël sempare de tout
ce quil y a à lintérieur du mur de séparation,
ce qui tend à inclure de nombreuses sources deau de la région.
les principales sources se situent en dessous de la nappe phréatique de
Cisjordanie. Cela comprend également la banlieue agréable de Jérusalem
et de Tel Aviv. Ainsi, Israël prend ça, prend la vallée du
jourdain, ce qui représente environ un tiers de ce qui reste de la palestine,
les 22% restant pour la Palestine. Israël prendra plus que cela, aussi. Ce
qui emprisonne le reste. Les terres les plus fertiles et les palestiniens sont
maintenant assez bien exclus de ces zones. Dans le reste du territoire, Israël
a établi plusieurs corridors qui traversent. Et la partie principale commence
par ce quon appelle jérusalem, et est en fait plus grande que jérusalem.
Elle a été illégalement annexée par Israël. Je
pense que cest cinq fois la taille de Jérusalem. Israël sempare
de tout cela. À
lest, un couloir qui sétend à travers la ville de Maale
Adumim, qui a été créé dans les années 1970,
mais surtout construit avec le soutien de Clinton en vertu des accords dOslo.
Le but du corridor a été de couper en deux la Cisjordanie. Il atteint
presque Jéricho, qui sera laissée aux palestiniens. Le reste est
en grande partie désertique. Au
nord il y a quelques autres corridors, qui traversent le reste. Alors, vous vous
retrouvez avec ce que larchitecte de la politique, Ariel Sharon, a appelé
des bantoustans ou des cantons, tous séparés de Gaza. La description
de Sharon a été tout à fait injuste, car ils sont pires que
des bantoustans, pour la raison que jai évoquée. LAfrique
du Sud devait soutenir les bantoustans. Israël na aucun intérêt
dans le maintien de ces cantons. Pour eux, cela peut suivre les propositions de
Dayan : nous navons rien à vous offrir, vous allez vivre comme des
chiens, partez si vous le pouvez. Et beaucoup partent, en particulier les plus
riches de la population chrétienne. Mais certains seront laissés
dans les néo-colonies pour que les journalistes du new york times écrivent
des carnets de voyages quils sont si merveilleux, comme cela a été
fait récemment. Cela ne laisse rien aux palestiniens. Ils sont partis. Peuvent-ils
appeler ça un état ? Ils peuvent, sils le désirent.
En fait, le premier premier ministre israélien à accepter lidée
dun etat palestinien a été, en fait, Netanyahu, le premier
ministre actuel. Il a pris ses fonctions de premier ministre pour la première
fois en 1996, en remplacement de Shimon Peres, qui est considéré
ici comme une grande colombe. Peres a quitté ses fonctions en 1996, informant
la presse quil ny aurait jamais un état palestinien. |
| Après
que Netanyahu, condamné comme un super faucon, soit arrivé, son
ministre de linformation a été appelé à une
conférence de presse. Voyez, vous savez que vous allez laisser des fragments
ici et là pour les palestiniens. Quallez-vous faire si ils appellent
cela un état ? Il a répondu, bien, ils peuvent appeler cela un etat
sils veulent ou ils peuvent appeler cela "poulet frit." On sen
fiche. Que nimporte qui le fasse. Cétait
donc la première reconnaissance israélienne de la possibilité
de lautodétermination palestinienne. Quelques années plus
tard, le parti travailliste a dit à peu près la même chose,
à savoir que loption réaliste, si rien nest fait, est
de poursuivre les politiques actuelles et finir par laisser ce qui reste des palestiniens
comme le poulet frit. Cest loption : pas un état, pas une lutte
anti-apartheid. Ce ne sont que chimères, une illusion. Y
a-t-il une autre alternative ? Quen est-il de la première option
dune solution à deux etats ? Il ya beaucoup de problèmes dans
le monde où il est difficile dimaginer une solution, mais dans ce
cas, il est remarquablement facile den évoquer une. Elle est là.
En outre, il y a un soutien international écrasant pour elle et elle est
soutenue par le droit international. Elle na quun obstacle. Les États-Unis
ne laccepteront pas. Cest tout. Elle attend depuis 1976, lorsque les
principaux états arabes ont présenté une résolution
du conseil de sécurité appelant à une solution à deux
états dans le cadre international, en utilisant le libellé 242 de
lONU qui garantit la sécurité de chaque état
de la région, y compris Israël, bien sûr, avec des frontières
sûres et reconnues, toutes les belles paroles. Cest la proposition
en 1976. Israël a refusé de participer à la session et les
États-Unis ont opposé leur véto à la résolution
et à nouveau en 1980, jusquà aujourdhui. Qui
la soutient ? Tout le monde, y compris la Ligue Arabe, lEurope, les pays
non-alignés, lOrganisation de lUnité Islamique, qui
comprend lIran. Elle est soutenue par le Hamas et le Hezbollah (qui dit
quil soutiendra tout ce que les palestiniens accepteront). Donc il ny
a exactement quun obstacle : les États-Unis et Israël refusent
de laccepter. et ils refusent de laccepter pour des raisons qui ont
été établies en 1971, lorsque Israël a fait probablement
la décision la plus décisive de son histoire. En 1971, lEgypte,
sous le président Sadate, a offert à Israël un traité
de paix complet. LEgypte, bien sûr, est la seule force militaire importante
dans le monde arabe. Aussi, une paix avec lEgypte signifiait sécurité
totale. Il y avait, bien sûr, un quiproquo Israël devait se retirer
du territoire égyptien (il disait tous les territoires occupés,
mais il est clair quil concernait principalement le territoire égyptien).
Israël na pas voulu le faire parce quil planifiait alors de sétendre
sur le Sinaï et de construire une grande ville de un million de personnes
dans le nord de la méditerranée des colonies et ainsi de suite.
Israël a dû faire un choix : lexpansion ou à la sécurité.
ils ont choisi lexpansion. Cela
a été amplifié lannée suivante lorsque la Jordanie
a fait la même offre concernant la Cisjordanie. À ce moment-là,
Israël aurait pu avoir une sécurité totale, mais il a choisi
dexpansion surtout dans le Sinaï à lépoque,
mais aussi en Cisjordanie. Israël a reconnu que cela était totalement
illégal. En 1967, leurs principales autorités morales, y compris
un avocat international très connu, a informé le gouvernement et
le procureur général le secondant que toute expansion dans
les territoires occupés létait en violation du droit international.
Moshe Dayan, qui, comme je lai dit, a été ministre de la défense
en charge des territoires, était daccord. Il a dit, oui, nous savons
que cest en violation du droit international, mais les états violent
le droit international, alors nous allons le faire aussi. Et nous pouvons le faire
aussi longtemps que les États-Unis nous soutiennent. Et cest ce qui
se passe. Le
rejet de loffre de Sadate a conduit à la guerre de 1973, qui concernait
de très près Israël. Ils ont presque été détruits.
À ce moment, les États-Unis et Israël ont reconnu quon
ne peut pas simplement ignorer lEgypte. Puis commence la célèbre
navette diplomatique de Kissinger, conduisant aux accords de Camp David dans lesquels
les Etats-Unis/Israël ont fondamentalement accepté loffre de
Sadate de 1971 ils navaientpas le choix. Mais à partir de ce
moment, les États-Unis et Israël ont préféré
lexpansion. Il aurait pu y avoir la sécurité maintenant sans
les pays hostiles à ses frontières, mais alors il aurait dû
abandonner lexpansion en Cisjordanie et le siège sauvage, criminel
de Gaza. Est-ce
possible ? Oui, cest possible. Les États-Unis ont dirigé les
rejectionnistes assez solidement depuis 1976, à une exception près.
Significative. Dans les derniers mois de Clinton en poste, il a reconnu que les
offres qui avaient été faites aux palestiniens par les États-Unis/Israël
lors des négociations de Camp David ne pouvaient être acceptées
par aucun palestinien, quelque soit leur complaisance. Il a produit ce quil
appelle ses paramètres, qui furent en quelque sorte flous, mais plus explicites.
Il a ensuite prononcé un discours dans lequel il a souligné que
les deux parties avaient accepté ses paramètres et les deux parties
ont émis des réserves. Ils se sont réunis en Egypte en janvier
2001 pour lever ces réserves. Nous avons des informations détaillées
sur les négociations, la plus grande partie provient de sources israéliennes
de haut niveau. Ils ont approché de très près une solution.
Dans leur conférence de presse finale, les deux parties ont conjointement
annoncé que si elles avaient eu quelques jours de plus, elles auraient
probablement pu tout solutionner tous les détails. Mais Israël
a annulé les négociations prématurément. Cela a été
la fin de cette histoire. Beaucoup
de choses se sont passées depuis, mais cet événement unique
est assez instructif. Il indique que si un président américain était
disposé à tolérer une solution politique, elle pourrait probablement
être atteinte. Est-ce que cela se produira ? Jusquici il ny
a pas la moindre indication dans ce sens. Obama est au moins aussi extrême
que George W. Bush, peut-être même plus. Mais il y a des brèches
en développement et elles sont à surveiller. Une chose cest
que la population américaine, y compris la population juive américaine,
en particulier les jeunes juifs, ne sont simplement plus prêts à
soutenir ce qui se passe. Cest trop incompatible avec la norme des valeurs
libérales. On le voit dans les sondages et dautres indices. Les sionistes
chrétiens, qui sont un grand groupe, le soutiennent quoi quil arrive.
Ceux qui ont une mémoire du colonialisme U.S, pour eux, cest normal
alors ils le soutiennent. Mais les secteurs délite et de la communauté
juive américaine commencent à reculer. Ce
nest quun développement. Un autre est que, apparemment pour
la première fois, il ya une scission importante au Pentagone et à
lintelligence. Jusquà présent, ils ont été
fortement en faveur dIsraël. Ils la considèrent comme un allié
très précieux. Lindustrie américaine de haute technologie
a été très favorable à Israël. Le Wall Street
Journal, parmi les grands journaux, est celui qui est le plus pro-israélien,
en faveur de lexpansion israélienne. Mais tout cela commence à
saffaiblir. Il y a des indications frappante de ça. Vous avez probablement
vu un commentaire de David Petraeus, parfois appelé Lord Petraeus, le grand
génie qui est maintenant à la tête du commandement central.
Il a fait quelques commentaires il y a des mois sur la façon dont les États-Unis
a maintenant des armées sur le terrain dans plusieurs pays de la région
Afghanistan, Irak, et peut-être ensuite en Iran et cest
dangereux pour les forces sur le terrain si lintransigeance U.S/israélienne
crée des problèmes parmi la population qui pourrait mettre en danger
les forces américaines dans la région. On lui a dit de se taire
et il a vite retiré ses déclarations. Mais dautres ont été
les répéter. Lun des principaux responsables du renseignement
américain au proche-orient, Bruce Riedel, qui a dirigé lexamen
de la politique dObama en Afghanistan, il a répété
à peu près la même déclaration. Cest arrivé
au point que Mark Indyk, qui fut ambassadeur de Clinton en Israël et a des
racines dans le lobby israélien, a écrit un éditorial dans
le Times avertissant Israël de ne pas prendre les Etats-Unis pour acquis
car sa politique pouvait changer. Le
chef du Mossad en Israël, Meir Dagan, a averti le gouvernement quils
marchaient sur une fine couche de glace. Si ils vont trop loin, ils pourraient
perdre le soutien américain. Et il y a un peu dhistoire qui vaut
la peine quon y prête attention, en particulier en ce qui concerne
les nombreuses comparaisons établie entre Israël et lAfrique
du Sud. La plupart dont je ne pense pas quelles soient nombreuses, comme
la comparaison bantoustans/apartheid qui je pense ne sapplique pas pour
les raisons mentionnées précédemment. Mais il y a une comparaison,
dont on ne parle pas qui est digne dattention. Vers 1960, les nationalistes
blancs en Afrique du Sud ont commencé à reconnaître quils
devenaient un état paria et perdaient le soutien mondial. Une grande majorité
des anciennes colonies a voté contre eux à lONU, perdant même
quelques soutiens européens. Le ministre des affaires étrangères
dAfrique du Sud a appelé lambassadeur des États-Unis
pour en discuter et il a dit, Oui, nous devenons de plus en plus un état
paria. Ils votent contre nous à lOrganisation des Nations Unies.
Mais vous savez comme moi quil ny a quune seule voix à
lONU la vôtre. Tant que vous nous soutenez, nous tiendrons face
au monde. Et cest ce qui sest passé. Si
vous regardez les années suivantes, le sentiment anti-apartheid a augmenté.
En 1980 environ, même les sociétés américaines se retiraient
de lAfrique du Sud en opposition à lapartheid. Quelques années
plus tard, le congrès adoptait des sanctions et ladministration Reagan
devait éluder des sanctions du congrès ainsi que de lopinion
populaire et mondiale, afin de continuer à soutenir lAfrique du Sud
comme dailleurs tout au long des années 1980. Le prétexte
a été la guerre contre le terrorisme. En 1988, ladministration
Reagan déclarait que le Congrès National Africain, lANC de
Mandela, était lune des organisations terroristes les plus mal famées
dans le monde. Nous avons donc dû continuer à soutenir lAfrique
du Sud blanche dans le cadre de la fameuse guerre contre le terrorisme, qua
déclarée Reagan, pas Bush. En fait, il y a juste un an, Mandela
a été retiré de la liste des terroristes et peut entrer aux
États-unis sans dispense spéciale. Donc
cela a continué dans les années 1980. LAfrique du Sud avait
lair complètement inattaquable. Elle avait écrasé lANC
sur le terrain. Le monde la détestait, mais il semblait quil ny
avait pas dopposition réelle, et quelle était dans une
position de victoire inaliénable. Puis, vers 1990, les États-Unis
ont changé de politique. Mandela est sorti de Robben Island et a commencé
à être préparé à prendre la relève. Enquelques
années, lapartheid a disparu. Le ministre sud-africain des affaires
étrangères avait raison : tant que le parrain nous soutient, peu
importe ce que le monde pense. Mais, bien sûr, le parrain peut changer davis.
Et cela sest produit et on arrive à lère post-apartheid
non pas une belle, mais une grande victoire. Ce
nest pas la seule fois. Aucune de ces choses nest jamais débattue.
On ne peut en débattre car ce qui en résulte est que les États-Unis
dominent le monde et le dominent par la force. On ne peut pas accepter ça,
même si cest vrai. Un autre exemple, qui est très instructif,
est lIndonésie. En 1975, lIndonésie envahit lancienterritoire
portugais du Timor Oriental avec un fort soutien des États-Unis plus
tard, français et britannique. Cela a entrainé quelques-uns des
pires crimes de la fin du 20e siècle, le génocide effectif effaçant
peut-être un quart de la population. Cela a duré tout au long de
1999, à travers toutes les gesticulations sur la Serbie et le Kosovo et
ainsi de suite, avec larmée indonésienne déclarant
quelle nallait jamais partir, on se fout de ce que le monde pense,
cest notre territoire et nous allons le garder avec le soutien des
États-Unis. À
la mi-septembre 1999, Clinton prononça une phrase calme. Il informa larmée
indonésienne que le match était terminé et larmée
indonésienne se retira immédiatement. Les États-Unis auraient
pu le faire 25 ans plus tôt. Par ailleurs, les actions de Clinton apparaissent
maintenant dans lhistoire comme « intervention humanitaire ».
Pourquoi Clinton a-t-il changé de position ? Pour une chose, il y avait
beaucoup dopposition internationale à lépoque. Il y
avait aussi un mouvement de solidarité nationale, qui avait un certain
effet. Mais, probablement, leffet majeur a été les catholiques
dextrême droite, qui représentent un secteur fort du pouvoir
aux Etats-Unis, y compris certaines personnalités de premier plan dans
ladministration Reagan. Le Timor Oriental a été une colonie
catholique et ils se sont retournés contre linvasion. Sous ces pressions,
Clinton a changé davis et un jour plus tard, larmée
indonésienne est partie. Plus aucun contrôle. Cela
pourrait se produire en Israël. Le directeur du Mossad pourrait avoir raison.
Les États-Unis pourraient changer de politique avec assez de pression et
insister à rejoindre le monde en acceptant le consensus international sur
une solution à deux états. Israël naura pas le choix.
Il devra suivre les ordres des Etats-Unis, tout comme lIndonésie,
tout comme lAfrique du Sud blanche. Cest ainsi que les systèmes
de pouvoir fonctionnent. Cela pourrait-il se produire ? Eh bien, nous ne savons
pas. Nous avons la capacité dinfluencer cette conséquence,
peut-être dy parvenir. Cest un genre de conclusion optimiste
en quelque sorte. Noam
Chomsky est professeur de linguistique (émérite) au MIT et auteur
de dizaines de livres et articles, principalement axés sur la politique
étrangère américaine, ainsi que la linguistique. source
: http://www.zcommunications.org/u-s-... Traduction
Fred D. |
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