29
décembre 2011
Vénézuéla
:
pourquoi la popularité du président
cha
vez
continue
de monter.
Jesse CHACONDe
récents scrutins ou sondages menés en Amérique Latine montrent
que l´action des présidents progressistes rencontre un appui croissant
de la population - en moyenne de 60 %. C´est le cas de Rafael Correa, de
Cristina Fermandez, de Evo Morales, de Daniel Ortega, de Dilma Roussef ou de Hugo
Chavez. Jesse Chacón ausculte les raisons de cette tendance dans le cas
du Vénézuéla.
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Sans
aucun doute, le fait politique fondamental de lannée 2011 au Venezuela
fut la maladie du président, qui avait fait prédire à nombre
danalystes une chute de la popularité présidentielle dans
une opinion publique qui aurait considéré que Chávez avait
perdu sa capacité à gouverner.
Or
cest le contraire qui sest produit. La situation nouvelle produite
par la maladie du président a signifié un renforcement de sa connection
et de sa proximité avec la population. Lopinion publique a entouré
solidairement un homme qui a su affronter chacun des moments critiques de sa vie,
même les plus dramatiques, avec courage et combativité. Mais cela
suffit-il à expliquer la popularité actuelle de Chávez ?
Certes
durant toute lannée 2011, et les instituts privés de sondage
lont confirmé, le président a maintenu la tendance ascendante
dans la perception positive de sa gestion, tendance qui avait débuté
en février 2010 avec un pourcentage de 37.7% dopinions positives
et qui a continué à grimper jusquà 60% en décembre
2011. Nos propres études ont cependant démontré que cette
tendance à la hausse ne peut sexpliquer par la solidarité
qui sest réveillée à la suite de la maladie du président.
En
réalité cette ascension remonte à plus loin dans le temps,
et elle a été constante et progressive : 37% dopinions positives
en février 2010, 43% en mars 2010, 52% en décembre 2010, 54.7% en
janvier 2011, 57.8% en juillet 2011, mois où Chávez a fait état
de sa maladie. Les raisons de cette tendance à la hausse doivent donc être
cherchées ailleurs.
Le
dernier rapport du PNUD (organisme de lONU pour le développement)
sur la réduction structurelle de la pauvreté nous donne le fond
explicatif de la hausse des opinions positives du président malgré
douze ans de gouvernement. Cet organisme international souligne les réussites
de la Révolution bolivarienne qui a permis datteindre un Indice de
Développement Humain de 0.735. Ceci signifie une amélioration de
tous les indicateurs liés : lespérance de vie se situe à
74.4 ans. Les années de scolarité atteignent 7.6, et les années
espérées de scolarisation atteignent actuellement 14.2. Le revenu
national brut par habitant est de 10.656 dollars. Le Venezuela se détache
comme une des sociétés les plus égalitaires dAmérique
Latine, bénéficiant dun indice Gini de 0.3898.
Tout
ceci est perçu par la population, cependant un secteur ne prend pas en
compte la signification de ces réussites. Cest un segment qui ne
mesure la gestion du gouvernement que sur base des indicateurs quotidiens. Les
prix et lapprovisionnement sont fondamentaux dans lappréciation
qua cette partie de la population de laction gouvernementale.
Ce
tableau montre comment le gouvernement bolivarien a maintenu une gestion stable
en dépit des constantes structurelles inflationnistes que connaît
léconomie vénezuélienne, en dépit des impacts
des phénomènes environnementaux ainsi que du jeu politique imposé
par les facteurs du capital à travers la fuite de devises ou laccaparement
de produits.
Laction
gouvernementale a permis de réduire lIndice des Prix à la
Consommation de 5,2 % en avril 2010 à 1.4% en avril 2011. On peut observer
la même chose à propos de lIndice de Rareté qui en janvier/février
2010 était de 14.8, alors que pour les mêmes mois en 2011, il se
situe à 12.6 et en novembre 2011 à 13.4.
Dautres
indicateurs sur lesquels sest concentré le gouvernement et qui ont
un impact positif sur la popularité ascendante, concernent la croissance
économique. Rappelons que lactivité économique accuse
une chute de -3,7 % du PIB lors du dernier semestre 2009, puis une chute de -5,8%
au premier trimestre de 2010. Cependant pendant toute lannée 2011,
les politiques dinvestissement public (infrastructures, logement populaire,
etc..) ont permis un redécollage de léconomie.
Le
Produit Intérieur Brut (PIB) à prix constants montre au troisième
trimestre de 2011 une croissance de 4,2% par rapport à la même période
de 2010. Ce qui donne une croissance de 4,8% au premier trimestre de 2011 et de
2,5% au deuxième, soit une croissance de 3,8% pour les neuf premiers mois
de 2011.
Le
renforcement du crédit politique du gouvernement aux yeux de la population
a donc une explication tangible, tant en ce qui concerne le cadre macroéconomique
que dans les variables quotidiennes.
Plusieurs
instituts de sondage liés à lopposition ont reconnu que le
président Chávez possède, actuellement, les meilleures idées
pour résoudre les problèmes du pays. Ces firmes de sondage indiquent
que les personnes sidentifient aux idéaux dégalité,
de justice, dinclusion sociale, doption pour les pauvres - cadres
de valeur communs au président et á une majorité de vénézuéliens.
Le
haut niveau dapprobation de la gestion présidentielle est corrélée
aux intentions de vote. En décembre 2011, si les élections avaient
lieu demain, 57% des vénézuéliens voteraient pour Hugo Chávez
alors que 27% des électeurs apporteraient leur suffrage à lopposition.
Par
ailleurs le paysage politique de 2012 « oppose Chávez à Chávez
». Cest-à-dire quune gestion adéquate du président
et de son équipe sur les thèmes quotidiens du vénézuélien,
en particulier sur des problèmes aussi aigus que linsécurité
ou la problématique du logement, signifierait une consolidation du projet
bolivarien comme option victorieuse pour les élections doctobre 2012.
Jesse
Chacón
Directeur
GISXXI
www.gisxxi.org
Traduction
: Thierry Deronne pour http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1828&...