1er
septembre 2011 Les
puissances impérialistes ont fini par abattre le régime libyen après 5 mois de
bombardements barbares à l'aide des engins de mort les plus sophistiqués. 20 000
raids aériens et tirs de missiles meurtriers ont été effectués contre la Libye
! L'OTAN, encore une fois a révélé sa véritable nature : une organisation militaire
de brigandage créée, maintenue et renforcée pour piller le monde et dominer les
peuples, écraser les tentatives de renversement du capitalisme, conserver et étendre
par la force la plus brutale les zones d'influence vitales à l'expansion des intérêts
des oligarchies financières et militaro-industrielles qui gouvernent les pays
capitalistes. FRONT
POPULAIRE ANTIIMPERIALISTE PATRIOTIQUE DEMOCRATIQUE PROGRESSISTE POUR FAIRE ECHOUER
LES PLANS IMPERIALISTES !
Tout
l'arsenal militaire réuni des USA, de la France et de la Grande-Bretagne
a été mobilisé pour détruire le potentiel de défense
libyen, les infrastructures économiques vitales, priver d'eau, d'électricité,
de vivres et de médicaments les populations favorables au régime.
Assoiffer, affamer les populations, paralyser le fonctionnement des hôpitaux
ou carrément les détruire, tuer sans risque à partir du ciel
des milliers de civils, pousser à un nouvel exode centaines de milliers
d'Africains venus gagner leur vie en Libye après avoir fui leurs pays
d'origine appauvris par le pillage impérialiste, français en
particulier : c'est cela le véritable crime contre l'humanité
qui a été commis par les puissances impérialistes en Libye !
L'encadrement politique de l'Etat et de la société opposé
à l'agression a été décimé par les attaques
ininterrompues des drones US et des hélicoptères envoyés
par Sarkozy, guidés sur place par des centaines d'agents spéciaux
britanniques assistés de traîtres à la Libye.

L'INTERVENTION DES PUISSANCES IMPERIALISTES DANS
UN CONFLIT INTERNE N'EST RIEN D'AUTRE QU'UNE EXPEDITION COLONIALE
QUI LEGALISE LE DROIT D'INGERENCE SOUS N'IMPORTE QUEL PRETEXTE
Elle a été camouflée sous le prétexte hypocrite
et grossièrement mensonger de défense des populations civiles en
révolte contre le pouvoir de Kadhafi. Les buts de cette opération
sont clairs : s'emparer du pétrole libyen, transformer la Libye
en base militaire pour contrôler l'ensemble de l'Afrique du Nord
et les pays du Sahel, préparer la prise de possession des richesses pétrolières
algériennes, intervenir d'une manière ou d'une autre en
Algérie pour placer à sa tête les forces politiques les plus
antinationales en exploitant à leurs propres fins les contradictions internes,
le mécontentement social et les luttes pour les libertés démocratiques.
Les buts sont de tenir en respect les peuples tunisien et égyptien pour
les empêcher de transformer leur soulèvement contre les tyrans
déchus, tyrans soutenus pendant des dizaines d'années par ces
mêmes puissances qui prétendent aujourd'hui soutenir les processus
démocratiques, en véritables révolutions démocratiques
populaires assurant la justice sociale et affranchissant les pays arabes de la
domination impérialiste directe ou indirecte. Leur hantise est la formation
d'un régime égyptien authentiquement révolutionnaire
rejetant les accords du Camp David, soutenant la lutte du peuple palestinien pour
son Etat débarrassée de l'occupation sioniste, et celle du peuple
syrien pour la libération du Golan à un moment où il est
en butte aux complots concertés de l'impérialisme, des monarchies
du Golfe, des intégristes. Les buts sont également de renforcer
les positions mondiales globales des puissances impérialistes dominantes
en vue de trancher les conflits ouvert ou latents qui les opposent à la
Chine et à la Russie, de briser toute tentative de remodelage progressiste
des rapports économiques internationaux. Dans la course au pillage des
richesses pétrolières de la Libye et des pays qui résistent
encore à leur diktat, chaque grande puissance impérialiste espère
ramasser le maximum de dividendes aux dépens de ses rivales. Ces
buts véritables n'ont rien à voir avec un quelconque soutien
à l'aspiration légitime des peuples arabes à mettre fin
à l'arbitraire et au despotisme de leurs dirigeants, encore moins à
se débarrasser de la dictature des régimes bureaucratico-compradores
au service des multinationales et de leurs Etats impérialistes, à
choisir librement des dirigeants fermement décidés à promouvoir
un développement économique indépendant qui assure le progrès
à leurs peuples.
Rien n'est plus contraire à la vérité que d'affirmer
que les agresseurs n'ont fait que soutenir les "insurgés"
de Benghazi. Ce sont les puissances impérialistes qui ont été
"épaulées" dans leur agression contre la Libye par une
coalition de forces sociales les plus réactionnaires et les plus antinationales.
Le fer de lance de cette coalition ce sont les nostalgiques de la monarchie renversée
en 1969, les islamistes intégristes fanatiques - boutefeux de l'insurrection
armée - partisans d'un Etat théocratique que le régime
libyen a combattu à juste raison, les fractions bureaucratico-compradores
corrompues du régime libyen, ralliées à l'impérialisme.
Ces dernières fractions ont en fait organisé un coup d'Etat
en suscitant les troubles armés de Benghazi avec le soutien assuré
des puissances impérialistes dans le cadre d'une action coordonnée
et préparée de longue date avec elles. Elles ont exploité
le mécontentement populaire provoqué par les mesures socio-économiques
antipopulaires et antinationales qu'elles ont elles-mêmes imposées
depuis 2003 et dont elles ont largement profité sans que leur soif d'enrichissement
ait été étanchée. Ces fractions étaient en
conflit de plus en plus violent avec l'aile patriotique et plus ou moins antiimpérialiste
représentée de fait par Kadhafi à cause de son refus de satisfaire
leur tentative d'accaparement directe des richesses nationales à travers
les privatisations, la libéralisation du commerce extérieur, la
remise en cause en profondeur des lois qui régissent l'exploitation
des hydrocarbures. Elles ne se sont pas dressées contre Kadhafi pour "démocratiser"
la Libye mais pour prendre le contrôle total et absolu de l'Etat, instaurer
la dictature d'une oligarchie alliée à l'impérialisme
et aux monarchies du Golfe. L'instauration d'un Etat islamique libyen
pratiquant une politique économique ultra-libérale sanctifiée
par la religion est même envisagée. Les monarques rétrogrades
du Golfe ont joué un rôle important dans la coordination et la préparation
de l'insurrection de groupes intégristes armés infiltrés
à partir de l'Egypte avec l'assistance logistique des Frères
musulmans de ce pays et d'agents spéciaux des puissances impérialistes.
Ces groupes se sont emparés dès les premiers jours de casernes et
de dépôts de munitions et d'équipements militaires. Une
propagande médiatique mensongère déversée à
grands flots par El Djazeera et El Arabya, chaînes satellitaires aux mains
des Emirs protégés par les USA, a fait croire que l'aviation
libyenne s'est attaquée à la population civile. Cette campagne
de propagande a dépassé en ampleur les mensonges sur les "charniers"
de Timisoara en Roumanie, ou sur le prétendu viol des 30 000 Bosniaques
par les Serbes, ou encore sur la "disparition" de 500 000 Kosovars assénée
sur toutes les chaînes du monde par le porte-parole de l'OTAN en plein
bombardement de la Serbie. Ces mensonges fabriqués de toutes pièces
ont été largement repris pour préparer dans l'opinion,
y compris en Algérie, l'acceptation de l'intervention étrangère.
LA
SUBVERSION IMPERIALISTE A ETE GRANDEMENT FACILITEE PAR LE CARACTERE ANTIDEMOCRATIQUE
DU SYSTEME POLITIQUE DE GESTION ET DE DIRECTION DE LA LIBYE
Ce système a empêché les travailleurs, les jeunes,
les femmes, les fellah de s'organiser dans des syndicats indépendants.
Des contradictions de plus en plus aiguës minaient le régime. Prisonnier
de conceptions populistes petites-bourgeoises niant l'existence des classes
et de leurs luttes, le courant représenté par Kadhafi n'a pas
été capable de rompre avec les pratiques hégémonistes
et de faire appel à la mobilisation démocratique des masses pour
trancher la question de savoir si les richesses libyennes doivent profiter à
l'ensemble des couches laborieuses du pays ou seulement à une minorité
d'affairistes véreux et aux multinationales. Il a cru que les divergences
inconciliables autour de cette question fondamentale pouvaient être réglées
dans les coulisses, sans débats démocratiques ouverts, dans le dos
des masses populaires, par des compromis boiteux dans les cercles fermés
du régime, par la ruse ou par la force pour imposer des solutions "consensuelles"
utopiques, incompatibles avec les réalités d'une société
traversée par des conflits de classe de plus en plus inconciliables. Il
a cru qu'il pouvait obtenir la paix, grâce aux mesures de libéralisation
économique de 2003, avec les pays impérialistes et le soutien de
gros négociants spéculateurs libyens, de plus en plus nombreux.
Il a gravement sous-estimé la duplicité des puissances impérialistes
qui ne pouvaient se contenter de ces seules concessions. Elles n'ont cessé
de comploter pour obtenir plus, notamment la mainmise pure et simple sur les gisements
de pétrole. Elles ont réussi à tisser des liens étroits
avec les couches qui ont bénéficié de cette ouverture économique.
Ce sont ces couches sociales qui ont formé la base sociale la plus disposée
à les aider dans leurs manoeuvres subversives. Les couches sociales compradores
nées de cette brutale évolution n'aspiraient qu'à
pactiser avec les puissances impérialistes pour défendre leur part
du gâteau contre toute velléité d'expropriation par le
peuple. Le groupe Kadhafi, sa ligne anticolonialiste et antiimpérialiste
officielle ont été rejetés par cette minorité de plus
en plus influente politiquement car ils étaient devenus un obstacle à
la satisfaction de ses désirs d'enrichissement sans entrave. D'un
autre côté, cette nouvelle politique économique a eu pour
résultat de mécontenter les couches laborieuses. Elle a provoqué
la chute de leur pouvoir d'achat suite à la suppression de la subvention
des produits de base, le chômage en conséquence de la fermeture ou
de la privatisation des entreprises publiques, la paupérisation des masses
et des jeunes. Enrichissement d'une minorité de bénéficiaires
et appauvrissement de la majorité, tel a été le résultat
du compromis passé avec l'impérialisme et les couches compradores
pour tenter d'obtenir la levée du blocus criminel imposé par
les Etat impérialistes. Le régime s'est en conséquence
trouvé coupé du peuple. La résistance à 5
mois de bombardements de l'OTAN a été en soi héroïque.
Elle aurait pu être plus forte si le régime de Kadhafi avait coupé
à temps avec son aile bureaucratico-compradore, s'il avait renoncé
aux pratiques hégémonistes révolues, s'il s'était
appuyé sur la mobilisation démocratique des masses et la démocratisation
du système d'Etat pour isoler et écarter ce courant réactionnaire
et antinational, s'il ne s'était pas fait des illusions sur les
intentions des Etats impérialistes. Le régime incarné
par Kadhafi a été un régime foncièrement antimonarchiste,
antiintégriste, anticolonialiste et antiimpérialiste. Durant 40
ans il a incontestablement livré une bataille ininterrompue contre le néocolonialisme
en Afrique et combattu sans relâche la tendance à pactiser avec les
sionistes israéliens. L'Algérie ne peut oublier qu'il l'avait
financièrement aidée à un moment crucial après la
nationalisation des hydrocarbures du 24 février 1971 pour briser le boycottage
du pétrole algérien que le gouvernement français avait tenté
de mettre en place en représailles à cette décision historique.
Mais ce régime a été inconséquent et s'est caractérisé
par des positions instables. Il est difficile d'oublier que c'est Kadhafi,
aveuglé par un anticommunisme primaire, qui a permis au général
Numeyri d'instaurer en 1970 une dictature sanglante au Soudan en lui livrant
les officiers progressistes qui avaient tenté de le renverser. Ses inconséquences,
son instabilité, ses initiatives internationales ou régionales souvent
immatures et aventuristes, ou même nuisibles comme son projet d'Etat
des Touaregs l'ont isolé des forces progressistes mondiales. C'est
ce qui explique pourquoi celles-ci ne lui ont pas témoigné une solidarité
inconditionnelle sans pour autant le considérer comme un ennemi à
abattre. De toutes les façons c'est au peuple libyen et à
lui seul qu'il appartient de décider de son système politique,
sans intervention étrangère. Jamais et nulle part l'impérialisme
n'a apporté la démocratie et le progrès social à
un peuple. Partout où il est intervenu militairement il n'a semé
que mort, désolation, divisions, conflits confessionnels et ethniques.
Les objectifs des impérialistes sont toujours de porter des pantins à
la tête des Etats asservis. Il ne fait aucun doute que ceux qui seront placés
à la tête de la Libye par l'OTAN ne seront que des marionnettes
serviles que les antiimpérialistes devront combattre de façon résolue.
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| LES
DIRIGEANTS ALGERIENS PORTENT UNE LOURDE RESPONSABILITE DANS LES CONSEQUENCES SUR
LE DEVENIR DE NOTRE PAYS DES EVENEMENTS EN LIBYE, POUR LEUR SILENCE DEVANT CETTE
AGRESSION SANS PRECEDENT TOUT PRES DE NOS FRONTIERES
Par son refus de la condamner sous prétexte de respecter une
résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU, une résolution
illégale qui traduit seulement la loi des rapaces, par son attitude indigne
face au ministre français des Affaires étrangères venu en
juin à Alger pour lui demander des comptes sur son attitude sur la Libye,
le gouvernement algérien a indirectement encouragé l'impérialisme
à intensifier ses raids aériens sur la Libye. D'une manière
générale, la politique du pouvoir, conforme à sa nature de
classe comme représentant et défenseur des intérêts
de la bourgeoisie compradore, exploiteuse, affairiste et parasitaire, comme expression
des couches sociales les plus antidémocratiques, conduit à la compromission
objective avec l'impérialisme, à la confusion et à la
démobilisation dans la société. L'existence probable
au sein du régime de courants encore attachés à la défense
des intérêts du pays et plus ou moins indépendantes des couches
affairistes et parasitaires n'en modifie pas cette caractéristique
de classe essentielle. Ces courants ne pourraient contribuer à changer
la situation que s'ils se mettent résolument du côté des
classes et couches sociales laborieuses en agissant pour rompre d'abord avec
les orientations économiques et sociales qui ont miné le pays depuis
30 ans et en favorisant la mobilisation démocratique des masses dans la
lutte contre l'arbitraire, la corruption, les inégalités sociales,
l'obscurantisme, l'allégeance aux puissances impérialistes.
Toutes les forces politiques algériennes ainsi que la grande presse
dite "démocratique", qui n'ont à aucun moment condamné
l'intervention impérialiste ou qui s'en sont même réjouies
assumeront elles aussi leur part de responsabilité dans les conséquences
dangereuses pour la stabilité, l'unité du territoire et l'indépendance
de notre pays. Cette grande presse (El Watan, Le Soir d'Algérie, Liberté,
El Khabar, Ech Chourouk) a joué un rôle néfaste de relais
dans la diffusion de la propagande mensongère et de l'intox fabriquées
par les grands médias des pays impérialistes et des monarchies du
Golfe pour justifier l'intervention de l'OTAN et le soutien à la
rébellion. Ensemble et aidées par le silence du pouvoir, toutes
ces forces ont contribué fortement à désorienter les masses,
à les démobiliser, à empêcher le développement
d'un courant d'opinion pour dénoncer et condamner les bombardements
de l'OTAN. Certains plumitifs sont même allés jusqu'à
justifier ouvertement les bombardements au nom du soutien à une "révolte
démocratique pacifique". Des dirigeants de partis politiques comme
ceux du RCD souhaitent publiquement dans leurs meetings l'intervention des
puissances étrangères pour les aider à obtenir l'instauration
d'un régime "démocratique" en Algérie !
C'est propager consciemment un mensonge éhonté ou faire
preuve d'une grande naïveté impardonnable que de faire croire
que l'intervention en Libye a malgré tout pour résultat d'ébranler
les "tyrans", de favoriser les luttes pour la démocratie et que
la condamner revient à se mettre du côté des despotes. On
peut comprendre que de larges secteurs de la population en ont assez de l'arbitraire
des dirigeants des pays arabes. Mais croire que l'impérialisme s'est
porté au secours des Libyens pour les aider à arracher la démocratie
c'est méconnaître sa nature socio-économique et les leçons
de l'histoire. L'impérialisme n'a pas changé
de nature même si ses propagandistes ont réussi à charmer
par leurs discours sur les nouvelles réalités internationales et
les prétendus bienfaits de la "mondialisation" les rêveurs
petits-bourgeois ou au contraire à tétaniser des courants vaincus
par la couardise face à son agressivité. Il a besoin de tyrans pour
protéger ses intérêts et réprimer les peuples. Il ne
se décide à s'en débarrasser que lorsqu'ils sont
discrédités. Il se dépêche alors de les remplacer
par d'autres au nom du soutien hypocrite à "l'aspiration à
la liberté" et empêcher préventivement que leur chute
sonne le début d'une révolution populaire antiimpérialiste.
Il suffit de ne pas fermer les yeux pour voir que les régimes qui ont soutenu
avec le plus d'acharnement la croisade impérialiste et qui lui ont
fourni le justificatif tant attendu, à travers la position de la Ligue
arabe, sont les monarchies théocratiques rétrogrades du Golfe. Par
quel miracle, une intervention impérialiste soutenue par ces régimes
peut-elle servir la démocratie, le progrès et l'indépendance
dans les pays arabes ? Personne ne pourra un jour dire, quand les
suites de cette agression se révéleront de façon dramatique
pour les intérêts vitaux de notre pays, qu'il s'était
simplement trompé en se laissant guider par sa seule haine naturelle et
spontanée du despotisme. Parmi ceux qui se sont tus face
à l'agression, certains pensent peut-être qu'il faut éviter
de s'attirer la foudre des grandes puissances, qu'il ne sert à
rien de tenter de résister à la "toute-puissance" de l'impérialisme,
qu'il faut se plier aux nouveaux rapports des forces internationaux, abandonner
"l'esprit des années 1970" et qu'il vaut mieux exécuter
par avance ses volontés pour ne pas subir le sort du peuple libyen et,
avant lui, celui du peuple irakien. Cet esprit défaitiste et capitulard
que le chef de l'Etat avait lui-même publiquement développé
le 23 février 2005 pour justifier la dénationalisation des hydrocarbures,
doit être combattu fermement. Il a tendance à se répandre
dans la société. Il encourage l'impérialisme dans son
offensive dominatrice. Il prépare le terrain à la réhabilitation
de la loi Khelil d'avril 2005. Ceux qui ont laissé éclater
leur joie sur la "Une" de leurs journaux à la vue des insurgés
sur la Place Verte de Tripoli dévasté par les bombes de l'OTAN
ne sont pas tous des naïfs désinformés par une campagne d'intox
sans précédent. Beaucoup d'entre eux ont tenu à marquer
de la sorte leur enrôlement dans les complots impérialistes contre
notre pays. Par leur soutien inconditionnel et grossier à la campagne anti-Gueddafi,
ils ont simplement manifesté leur disponibilité à la collaboration
antinationale, en échange de gains matériels qu'ils espèrent
tirer dans la nouvelle configuration politique que les forces les plus antinationales
préparent avec fébrilité en concertation avec les Etats impérialistes.
DES
DANGERS SERIEUX PESENT MAINTENANT SUR LA STABILITE AUX FRONTIERES ORIENTALES DU
PAYS ET SUR SA SOUVERAINETE SUR SES RICHESSES PETROLIERES
Désormais notre pays risque de voir se dresser sur les 800 km de ses
frontières du sud-est saharien des forces militaires hostiles ne reculant
devant aucun prétexte pour mettre la main sur ses ressources pétrolières
et gazières. Les pantins du CNT de Benghazi, poussés par les néocolonialistes
revanchards français, ne ratent aucune occasion pour distiller la haine
contre l'Algérie. Ils s'emploient à justifier à l'avance
les actes de belligérance programmés par les impérialistes.
Obama, Sarkozy, Cameron, jubilent devant les caméras. Ils incarnent
le retour du colonialisme, cette fois-ci sous le drapeau de la "démocratie".
D'une pierre, ils font trois coups : ils banalisent leurs interventions
militaires dans le monde, ils contrôlent la Libye et les gisements de Hassi
Messaoud ne se trouveront plus qu'à un battement d'ailes des Mirages
sans qu'il y ait besoin de survoler ou de bombarder Alger. Il ne manque pas
d'aventuriers assoiffés de lucre pour se laisser tenter par les promesses
des brigands impérialistes. L'OTAN ne cache pas son intention d'installer
de fait son centre de l'Africom en Libye. Le CNT a promis également
à Israël de lui concéder des bases à proximité
des frontières algériennes. L'Union européenne a déjà
signifié une vingtaine de conditions aux fantoches du CNT de Benghazi.
Elle ne lui demande pas seulement de tout privatiser. En plus, elle a tenu à
lui notifier sa décision unilatérale de s'occuper elle-même
de l'organisation des nouvelles forces de sécurité libyenne,
notamment et précisément aux frontières ! L'accaparement
des puits de pétrole libyens par les multinationales aura de graves
répercussions. Elles plongeront le peuple libyen dans une misère
aussi épouvantable que celle du peuple irakien depuis que son territoire
est occupé par les USA et dirigé par leurs marionnettes. Elles toucheront
les conditions de vie de l'ensemble des pays exportateurs de pétrole.
Les capacités de manoeuvre de l'OPEP vont être réduites.
Il ne faut pas être savant économiste pour prédire les conséquences
négatives découlant de cette situation sur les recettes pétrolières
de l'Algérie.
LA VICTOIRE DES IMPERIALISTES EN LIBYE N'EST
PAS DEFINITIVE Malgré leur incommensurable supériorité
militaire, les puissances impérialistes et leurs marionnettes devront faire
face à une résistance populaire qui ne manquera pas de s'organiser
sur des bases nouvelles et de leur infliger une défaite inéluctable.
Le devoir de tout authentique démocrate patriote algérien est
de dire "non !" à cette intervention et à ses suites,
de soutenir les patriotes libyens qui combattent la mainmise impérialiste
sur leur pays, quelles qu'aient été leurs positions dans le
passé et les clivages secondaires hérités d'un régime
qui n'a pas été capable de répondre aux nécessités
de la mobilisation populaire démocratique. Le devoir du démocrate
patriote progressiste algérien conséquent est d'oeuvrer à
la formation d'un front antiimpérialiste solide à l'intérieur
de son pays, de soutenir la constitution de ce front dans chaque pays menacé
par les ingérences impérialistes, d'encourager la concertation
et la coordination des forces antiimpérialistes dans les pays arabes et
à l'échelle internationale. Le système capitaliste international
est miné par des contradictions insurmontables. La crise économique
les aiguise de jour en jour. Il y a un lien étroit entre son agressivité
à l'extérieur contre les peuples des pays économiquement
dominés et ses attaques redoublées à l'intérieur
contre les conquêtes sociales des travailleurs soumis à des politiques
de rigueur sans précédent. Les conséquences de cette crise
attisent l'agressivité impérialiste mais l'affaiblissent
en créant en même temps les bases et les conditions d'un large
front mondial antiimpérialiste et anticapitaliste capable de venir à
bout des oligarchies bellicistes réactionnaires qui régentent les
grandes puissances impérialistes. Les peuples des pays dominés
et les travailleurs des pays impérialistes doivent unir leurs efforts et
leurs luttes sur tous les fronts contre la grande bourgeoisie impérialiste.
Aux discours des défaitistes nous opposons notre certitude qu'il
existe de larges forces en Algérie, dans les pays arabes, en Afrique, en
Europe, en Amérique, en Asie, partout dans le monde, qui sont capables
d'opposer un front mondial uni pour enrayer la machine impérialiste
de domination et de mort.
CONSTRUIRE UN FRONT INTERIEUR UNI SOLIDE
Sa solidité en Algérie dépendra de la nature des décisions
économiques pour lutter contre les privilèges insolents d'une
minorité de trafiquants enrichis par l'exploitation féroce des
travailleurs et le vol des biens nationaux. Elle dépendra des mesures à
prendre pour casser les positions économiques des couches compradores et,
partant, leurs liens politiques dans l'Etat et au sein de la société.
La neutralisation des manoeuvres des puissances impérialistes ne peut
être obtenue par de nouvelles concessions unilatérales aux multinationales,
ni par la conclusion de marchés juteux avec les grandes multinationales
françaises, encore moins par les faveurs scandaleuses accordées
aux émirs prédateurs du Golfe, comme le port d'Alger et l'argent
gracieusement mis à leur disposition par les banques publiques pour réaliser
des affaires spéculatives sur le dos du pays. Contrairement à
ce que veulent faire croire les défaitistes capitulards, l'alternative
à l'offensive impérialiste existe et les forces capables de
la porter représentent l'immense majorité de la population.
Cette alternative c'est le front pour un véritable Etat démocratique
populaire réalisant le progrès social le plus radical et garant
de l'indépendance du pays, de la défense de ses richesses pétrolières
et de l'unité de son territoire, solidaire des luttes antiimpérialistes
dans le monde. Elle sera le fruit de la mise en oeuvre de mesures économiques
et sociales qui satisfont les revendications des masses, introduisent la justice
sociale, mettent fin à une répartition injuste et scandaleuse du
revenu national. Elle est conditionnée par la levée des entraves
de toutes sortes à leur mobilisation démocratique nécessaire
pour imposer et appliquer de telles mesures. Tout cela passe par des
changements radicaux qui donnent le pouvoir à une large alliance entre
la classe ouvrière, les salariés, la paysannerie laborieuse, les
couches intermédiaires vivant de leur travail manuel ou intellectuel, les
cadres patriotes et honnêtes de l'Etat et des secteurs économiques.
Le front intérieur ne sera cependant solide et durable dans
la lutte contre le danger impérialiste que si les efforts sont intensifiés
pour construire dans les luttes économiques, sociales, politiques et idéologiques
de tous les jours le parti communiste enraciné au sein de la classe ouvrière,
de la paysannerie, de la jeunesse, des intellectuels aspirant au renversement
du capitalisme. Un parti qui ne cache pas sa volonté d'accumuler les
forces indispensables à la préparation de la contre-offensive de
masse pour abattre le capitalisme, matrice économique de l'impérialisme,
instaurer une véritable république démocratique populaire
ouvrant la voie à une révolution socialiste.
Mobilisons-nous pour que tous les enseignements soient tirés de la liquidation
du régime de Kadhafi par les interventionnistes impérialistes !
Ne nous laissons pas tromper ou intimider par la propagande de l'impérialisme
et de ses alliés intérieurs ! Combattons le défaitisme,
le fatalisme et l'esprit de résignation ! Démasquons,
isolons et neutralisons les forces qui s'allient à l'impérialisme,
qu'elles soient dans le pouvoir ou en opposition formelle à lui !
Mettons en échec l'autoritarisme du régime, ses nouveaux
projets antidémocratiques qui font le jeu de l'impérialisme !
Unissons-nous dans les luttes sociales et politiques pour une véritable
alternative de progrès ! PADS,
28 août 2011 Source :
solidnet.org
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