Nous
le voyons, rien n'est gagné d'avance pour le camp Sarkozy-Ouattara. Ils ont peut-être
réussi le tour de force - c'est le lieu de le dire ! - de déporter un autre
africain à La Haye, au mépris de toutes les règles de droit, occasionnant ainsi
un grave vice de procédure dans le transfèrement de l'ex-président ivoirien, mais
celui-ci va immanquablement leur rester en travers de la gorge. Véritable animal
politique au moral d'acier, ils ont véritablement à craindre Laurent Gbagbo. Non
seulement pour sa combativité hors pair, mais aussi et surtout pour la mobilisation
exceptionnelle et inédite que cette injustice criante à lui faite a engendrée
chez tous les africains panafricanistes et chez tous les citoyens du monde, épris
de justice et de vérité. Ce procès est donc sorti du domaine privé et personnel
de Laurent Gbagbo pour se déporter sur la place publique et dans la cause commune,
ralliant toutes les aspirations souverainistes, indépendantistes africaines et
capitalisant les frustrations des peuples brimés et opprimés du continent noir,
surtout après la « guerre humanitaire et démocratique » de
Libye, menée par l'OTAN, qui a vu l'assassinat lâche du Guide libyen nationaliste
et panafricaniste invétéré, Mouammar Kadhafi, et le coup d'Etat français en Côte
d'Ivoire, dénoncé par le président Laurent Gbagbo à sa première comparution. En
voulant mettre sous l'éteignoir un africain indocile, qui refuse de se plier au
diktat de l'Occident et de la Françafrique, le trio infernal Sarkozy-Ouattara-Ocampo
n'aura finalement réussi qu'à en faire une icône internationale, à l'image du
célèbre prisonnier de l'Apartheid, Nelson Mandela.
Tous
les ivoiriens et africains amoureux de la justice devraient s'en convaincre :
il n'y a que de la mort et du séjour des morts que l'on ne revient pas. La CPI
n'est justement et heureusement ni l'une ni l'autre. Il faut donc garder espoir
et conserver un esprit incisif, combatif, à l'image de l'ex-président ivoirien.
C'est désormais une affaire de procédures, d'argumentaires et de confrontation
de preuves. En la matière, les avocats de Laurent Gbagbo sont plus qu'armés. Sûrement
mieux outillés que l'adversaire. Si le Droit existe sur cette petite planète bleue,
sur cette terre des hommes, alors aucun doute n'est permis : Laurent Gbagbo
reviendra sur les bords de la Lagune Ebrié, en homme libre et blanchi. Ce sont
même ses adversaires qui ont, au contraire, tout à craindre. Eux qui vont certainement
prendre sa place dans les cellules des couloirs sinistres de la CPI, à Rotterdam.
Au
chapitre des indices révélateurs de la conspiration politique contre l'ancien
chef d'Etat ivoirien, il faut relever l'extrême rapidité de l'enquête menée en
Côte d'Ivoire par le procureur Luis Moreno-Ocampo. Tant et si bien qu'elle est
apparue invisible ! Comme le rapportait Le Nouveau Courrier, la semaine dernière,
Christian Chartier, directeur du centre d'observation de la justice internationale,
ancien porte-parole du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY),
qu'on ne peut pas précisément accuser d'être un pro-Gbagbo, s'est indigné récemment
sur RFI, la radio internationale française : « Ocampo aurait voulu
faire en sorte que l'on comprenne que la justice internationale peut être instrumentalisée
à des fins politiques qu'il n'aurait pas pu mieux faire... Cette enquête est d'une
rapidité suspecte (commencée seulement le 3 octobre et bouclée en novembre. Un
véritable record !) ».
Il
a donc tout logiquement, en connaisseur de ce type de dossier, qualifié le mandat
d'arrêt qui en est sorti « d'un vague extrêmement inquiétant ».
Et pour cause : « Dans le mandat d'arrêt, on parle de violences
contre des communautés ethniques et religieuses spécifiques sans pour autant les
désigner. Il y a quand même des choses troublantes dans cette affaire et que je
trouve extrêmement inquiétantes pour la CPI », a-t-il relevé. En clair,
des charges contre Laurent Gbagbo mal qualifiées et dénotant d'un manque de professionnalisme
déconcertant de la part d'un juriste du rang de l'argentin que seules ne peuvent
expliquer que la mauvaise foi et l'imposture.
Les
chefs d'accusation ont été, certes, faciles à formuler pour le Procureur Luis
Moreno-Ocampo, mais une toute autre chose est de parvenir à les étayer. C'est
là que les avocats du Président Gbagbo attendent de pied ferme ce procureur au
service des grandes puissances, qui foulent au pied la justice pour satisfaire
aux desiderata de « petits copains ».
Pire,
Ocampo n'a pris l'attache ni de la division des droits de l'homme de l'ONUCI (incontournable
dans le cas de figure) ni des magistrats envoyés en mission par la CPI (sa propre
structure) sur le dossier ivoirien. Il s'est plutôt appuyé sur les investigations
biaisées, maladroites, non professionnelles et forcément partisanes de la « Coalition
pour la CPI » d'Ali Ouattara, en réalité un démembrement du RDR, le
parti d'Alassane Ouattara. Quel crédit peut-on alors accorder à une telle association,
si tant est qu'elle peut mener des investigations judiciaires, et à un tel homme
de droit ?
Ces
incongruités d'une rare énormité n'empêchent pas le procureur Ocampo de se fendre,
dans un mandat d'arrêt loufoque, de chefs d'accusation tout aussi carnavalesques :
« Au vu des éléments de preuve (quelles preuves ?), la Chambre
conclut qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'au lendemain des élections
présidentielles en Côte d'Ivoire, les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population
civile à Abidjan et dans l'Ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010. Elles
ont pris pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans d'Alassane
Ouattara, et les attaques étaient souvent dirigées contre des communautés ethniques
ou religieuses spécifiques (encore une fois, lesquelles ?) ». Or,
il est clair pour tous que c'est le « Commando invisible »
d'Ibrahim Coulibaly alias IB, partisan et chef de guerre d'Alassane Ouattara,
et Soro Guillaume, depuis l'Hôtel du Golfe, qui ont commencé les hostilités et
notamment les tueries à Abobo, après le deuxième tour de l'élection présidentielle
du 28 novembre 2011. Qu'en est-il de leur citation ou de leur assignation devant
la CPI ? Mutisme absolu !
Pour
notre part, il n'y a rien à craindre pour le Président Laurent Gbagbo, même si
la CPI est internationalement reconnue pour être particulièrement lente. Monsieur
Christian Chartier le relève justement : « La CPI existe depuis
dix ans et n'a pas rendu à ce jour un seul jugement ne serait-ce qu'en première
instance ». Qu'à cela ne tienne, les meneurs de la lutte pour la libération
de Laurent Gbagbo et pour le triomphe de la vérité et de la justice devront s'armer
de courage et de détermination pour le faire relaxer, avec des preuves inattaquables
qui vont renverser la vapeur. Bientôt, la peur va changer de camp. Un Nicolas
Sarkozy empêtré dans l'écheveau de la crise financière européenne, à la remorque
de l'Allemagne de la Chancelière Angela Merkel pour un salut problématique et
un Alassane Ouattara qui devra redouter comme la peste que la défense de Laurent
Gbagbo parvienne à fournir toutes les preuves de la guerre qu'il a livré à Laurent
Gbagbo depuis le 19 septembre 2002 et qui a été couronnée, en 2011, par le massacre
d'un milliers d'Ivoiriens à Duékoué. Et nous verrons bien qui sera gardé à la
CPI pour le reste de ses jours.
vendredi,
09 décembre 2011
http://regardscroises.ivoire-blog.com/archive/2011/12/09/pourquoi-gbagbo-reviendra-de-la-cpi.html