La
population aux Etats-Unis est tellement endoctrinée par des bonimenteurs
qu'elle se retrouve en contradiction totale avec ses propres aspirations et qu'elle
agit contre ses intérêts. C'est ce que développe Charles
Sullivan, dans "America's
False Consciousness", publié le 20 octobre 2010 par Dissident Voice
La
fausse conscience des Américains
Mettez-les en taule, ne les renflouez pas!
Un
article écrit par
Patrick Martin et publié par le World Socialist Web Site, le 13 octobre
2010, révèle certaines conclusions intéressantes concernant
la cote de popularité des élus du congrès démocrates
et républicains. L'article de Martin s'intitule : " La démagogie
et la duplicité : les démocrates aux élections de 2010".
Il cite les résultats d'un sondage d'opinion publié par Zogby International
auprès d'électeurs indépendants qui indiquent que "seulement
13% des sondés approuvent les élus démocrates et 5% les républicains".
Etant donné que les Etats-Unis sont le pays développé le
plus conservateur sur terre, ce sont là des révélations étonnantes.
Les sondages les uns après les autres indiquent que les électeurs
ne croient plus aux partis républicain et démocrate dont la cote
de popularité respective est tombée au plus bas. Les résultats
du sondage Zogby montrent le rejet de la politique de droite par ceux qui ne sont
pas liés à l'un ou l'autre parti.
Personne n'associe
le libéralisme (la gauche, NDT) au parti républicain ;
cependant, il est également clair que les démocrates n'ont pas de
véritable gauche non plus. Les choix électoraux se situent donc
entre des candidats de droite des deux partis malgré les offres venant
de partis politiques et d'organisations en dehors des deux grands partis. En conséquence,
toutes les courses électorales se passent entre les candidats capitalistes
qui occupent l'extrême droite de l'échiquier politique. Le seul message
qu'entendent les gens, c'est celui de la classe dirigeante. Et ainsi, la continuité
est assurée. Le paradoxe, c'est qu'alors que la classe ouvrière
a rejeté massivement les politiques de droite, le pays vire quand même
toujours plus à droite. C'est ce qui se passe quand les électeurs
prennent Obama pour un libéral ou un socialiste. La classe ouvrière
conservatrice ou libérale devrait être philosophiquement et éthiquement
opposée à tout parti politique qui lamine ses intérêts
sociaux et économiques.
Curieusement, les conservateurs continuent
de s'identifier aux républicains et les libéraux aux démocrates.
Les conservateurs et les libéraux traditionnels, même s'il en existe
encore, ont complètement disparu en politique. Ni les conservateurs, ni
les libéraux ne sont organisés en une force politique viable.
Ils se combattent tandis que les super-riches pillent l'argent public et privatisent
le secteur public. Les conservateurs et les libéraux traditionnels ont
été remplacés par des néoconservateurs et des néolibéraux,
qui sont une espèce complètement différente. Nous faisons
comme si les termes "conservateur" et "libéral" et les
partis auxquels on les associait traditionnellement existent encore et fonctionnent
comme dans le passé.
Le libéralisme n'a plus sa place
dans le parti démocrate. Cynthia
McKinney était peut-être la dernière véritable
démocrate libérale. McKinney, comme l'aile libérale du parti
lui-même, a été lâchée quand le parti s'est débarrassé
de sa base libérale pour courir après les pots-de vin du capital
afin de concurrencer les républicains. Et, en conséquence, la gauche
(la Vraie) continue à chercher en vain des voix politiques pour la représenter.
Le problème, c'est que les gens ne saisissent pas qui est leur
véritable ennemi.
Je vais clarifier cela pour eux : l'ennemi,
c'est la classe dirigeante, ses institutions sociales, financières et politiques,
et le système capitaliste qui les a créées.
Son
ennemi est l'état associé au capital et les médias commerciaux
dans leurs diverses formes d'expression. C'est irrationnel mais pas délirant
que des gens de la classe ouvrière soutiennent des candidats et des politiques
auxquels ils sont opposés philosophiquement.
Et pourtant, c'est
ce qu'ils font. Comme le montrent clairement des sondages récents, ni les
conservateurs ni les progressistes ne veulent voir leurs avantages sociaux réduits.
Ils ne veulent pas de réduction de leurs retraites, ou de diminution des
soins médicaux, les chômeurs ne veulent pas qu'on diminue leurs indemnités
- ou qu'on les leur supprime, comme le préconisent certains membres du
parti républicain. Les travailleurs ne veulent pas que l'âge de départ
à la retraite soit prolongé. Ils ne veulent pas que les frais d'inscription
à l'université atteignent des sommes que seuls les riches peuvent
payer.
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| La
classe ouvrière comprend des conservateurs et des libéraux. Elle
englobe les aficionados de Glen Beck et de Rush Limbaugh. Et pourtant les Beck,
Limbaugh, Newt Gingrich, Sarah Palin et autres cinglés d'extrême-droite
soutiennent ces politiques, de même que la plupart des démocrates,
y compris le président Obama.
Pourquoi donc un membre de la
classe ouvrière, qu'il soit démocrate ou républicain, devrait-il
approuver un seul de ces escrocs ?
Pourquoi devraient-ils soutenir
un système social et économique qui les exploite et les asservit
? Il est clair qu'ils ne comprennent pas le système et les alternatives
existantes.
La réponse, c'est que les Américains
sont trop endoctrinés pour y voir clair. La majorité existe
dans un état de fausse conscience créée par les médias.
Pour eux, le haut, c'est le bas et le bas, c'est le haut. Le marron c'est du blanc
et le blanc c'est du marron. Les gens sont désorientés et troublés.
On les trompe et on leur ment. Ils cherchent des solutions rapides et faciles
à des problèmes complexes qui ont mis du temps à se mettre
en place. Pour les raisons évoquées ci-dessus, les élections
ne peuvent pas guérir les maux de l'Amérique. Le jeu est truqué.
Cette apparence de choix n'est qu'une illusion, une supercherie totale.
Les démagogues de la politique et des médias décrivent les
libéraux (les progressistes & les socialistes), qu'on s'obstine à
appeler démocrates, comme étant les ennemis de la classe ouvrière.
Les travailleurs ne réalisent pas que les aides sociales pour lesquelles
ils doivent lutter pour les conserver sont le résultat de politiques progressistes,
dont beaucoup proviennent du New Deal de Franklin Roosevelt. Les conservateurs,
les néoconservateurs et les néolibéraux se sont toujours
opposés à ces politiques et se sont battus pour y mettre fin depuis
le tout premier jour. N'oublions pas que FDR avait été accusé
par un de ses adversaires d'être "traitre à
sa classe".
Ce serait une erreur, cependant, de penser
qu'FDR était un authentique progressiste. Il n'était certainement
pas socialiste. C'est sa ministre du travail, Frances Perkins, une démocrate
socialiste, et non pas FDR, qui a été la principale architecte du
New Deal.
D'autre part, il est bon de rappeler que ces mesures excluaient
la majorité des Noirs. C'était essentiellement de la discrimination
positive pour les Blancs. Effrayé par l'agitation sociale engendrée
par la Grande Dépression, FDR, capitaliste déclaré, voyait
ces mesures comme étant la seule façon de sauver le capitalisme
de la menace socialiste de l'époque.
Roosevelt avait vu juste.
La situation aurait été meilleure à long terme pour le pays
si FDR n'avait pas mis en oeuvre le New Deal. S'il n'avait pas fait cela, il y
aurait eu un soulèvement populaire massif, et le socialisme aurait bien
pu supplanter le capitalisme en tant que paradigme dominant. Avant qu'un
de mes lecteurs ne me fasse remarquer l'échec du socialisme soviétique,
en particulier sous le régime meurtrier de Staline, je tiens à dire
qu'il ne s'agissait pas du socialisme tel que l'avaient imaginé Marx, Engels
et Trotsky ; c'était, là, du capitalisme d'état.
De la même façon, si Obama n'avait pas renfloué les institutions
financières avec des fonds publics, le capitalisme mondial se serait effondré.
Basées sur l'avidité et l'exploitation, on aurait dû laisser
s'effondrer ces institutions, ce qui aurait anéanti l'économie capitaliste
mondiale.
Si la "main invisible du marché" d'Adam Smith,
dont on a tant fait de battage, existait réellement, le monde aujourd'hui
serait très différent de ce qu'il était, il y a à
peine quelques années auparavant. Nous remontons peut-être la pente
aujourd'hui. Maintenant nous attendons la prochaine offensive. L'histoire
démontre que l'économie de marché (dérèglementée),
le Graal du capitalisme de Milton Friedman n'existe pas. N'a jamais existé.
L'économie de marché capitaliste est un mythe idéologique
qui a été transformé en quelque chose de concret dans notre
culture. Les marchés sont toujours manipulés par les élites,
et pour le seul bénéfice des élites. Sinon, l'économie
mondiale se serait effondrée il y a deux ans comme un jeu de dominos. Ce
que nous avons vu, c'est le socialisme (les fonds publics) qui remettait en selle
le capitalisme (des institutions privées). Tout le bénéfice,
à hauteur de 13,8 mille milliards de dollars est allé aux institutions
financières et aux castes supérieures. Les travailleurs, eux, ont
été récompensés par une austérité imposée
par l'Etat. C'est ce qui s'est produit non seulement aux Etats-Unis mais partout
dans le monde.
L'aristocratie financière internationale pose
actuellement les fondations d'une gouvernance mondiale. Le secteur public est
privatisé. Les pauvres ne font plus partie du discours politique et social.
A cause de ces politiques, des mouvements sociaux existent dans tous les
pays capitalistes sur terre, sauf aux US.
Par rapport au reste du monde,
les Américains sont anesthésiés, ce qui provient du fait
que tant de gens sont informés par Rush Limbaugh, Fox News et d'autres
riches démagogues qui manipulent les ondes pour le compte des classes dirigeantes.
La plupart des Américains sont informés selon une idéologie,
pas sur des faits.
C'est ce que Friedrich
Nietzsche voulait dire quand il parlait de "conviction" . La réalité
est éclipsée par l'ombre de la conviction et des fausses espérances.
L''"Allégorie
de la caverne" de Platon vient à l'esprit. C'est l'imaginaire qui devient
la norme.
Le capitalisme ne durerait pas longtemps s'il y avait une
véritable prise de conscience collective. Il existe par la mystification. Charles
Sullivan
est naturaliste et écrivain indépendant
qui vit dans l'arrière pays de la Virginie occidentale. |
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