En
me fondant sur ces symptômes, je dirais de la Zunie telle qu'elle existe
aujourd'hui, que c’est une nation circoncise.
L’obstacle
sexuel créé par la circoncision ne devrait pas nous surprendre,
puisque l'Ancien Testament interdit pour l’essentiel le vrai amour entre hommes
et femmes. La femme est considérée comme une possession de l'homme,
exactement comme elle l'est aujourd'hui dans la plupart des cultures qui respectent
strictement les religions abrahamiques. Dans la Bible, Yahvé ordonne à
ses adeptes d'égorger tous les garçons et femmes de leurs ennemis
morts, mais
ils peuvent garder pour eux les filles vierges :
[Nombres] 31:16 Voici, ce sont elles qui,
sur la parole de Balaam, ont entraîné les enfants d'Israël à
l'infidélité envers Yahvé, dans l'affaire de Phogor ;
et alors la plaie fut dans l'assemblée de Yahvé.
31:17 Maintenant, tuez tout mâle
parmi les petits enfants, et tuez toute femme qui a connu la couche d'un homme ;
31:18 mais toutes les filles qui
n'ont pas connu la couche d'un homme, laissez-les vivre pour vous.
La
Bible enseigne par-dessus le marché que, si ta femme ne saigne pas la nuit
de vos noces, tu
dois la lapider en public. Ça montre encore que la Bible interdit aux
hommes les femmes aimantes. S'il soupçonne que la femme qu'il épouse
n'est pas vierge, il devra la caillasser. Seul l’homme qui ne ressent absolument
aucun amour envers sa femme pourrait bien sûr la châtier à
coup de pavés pour une chose pareille.
Il
faut aussi illustrer quelques autres traits particuliers des cultures guerrières
et abrahamiques. Toute expression d'amour doit se faire en secret, tandis que
toute expression de haine doit se faire en public, tout le monde devant la voir.
Les embrassades et le sexe, tous sont des péchés, surtout quand
d’autres en sont témoins. L'allaitement maternel ne doit pas se faire en
public non plus. Pourtant, si l'un des fous de Yahvé pense que la femme
qu'il épouse n'est pas vierge, elle doit être caillassée en
public. Le traitement des femmes illustre aussi l'insécurité manifeste
qui se développe chez les circoncis de Yahvé.
Ces
relations dantesques entre sexes n'étaient pas universelles. De nombreux
païens ne se traitaient pas comme ça entre eux.
Le
festival celtique de Beltane célébrait l'amour libre.
Les
Hindous avaient bien sûr le Kama Sutra.
Le traitement des homosexuels
au sein des religions abrahamiques illustre encore ce sujet. Toute expression
d'amour entre hommes est aussi dangereuse pour la culture guerrière. Ça
se poursuit de nos jours. Les homosexuels sont les bienvenus dans l'armée
zunienne, toute chair à canon est en fait la bienvenue. Assurez-vous juste
de ne montrer ouvertement aucun signe de disposition à aimer votre propre
genre, sinon vous serez jeté dehors. Le Zunien appelle ce phénomène
« Ne pas demander, ne pas dire. »
Curieusement,
dans l'armée aussi la circoncision est vue très favorablement. Il
existe dans l'armée zunienne de nombreuses anecdotes d’hommes qui, ayant
traversé l'enfance indemnes, ont
eu le jonc pelé pendant leur service militaire. On leur a prétexté
des diagnostics pseudo-médicaux, du style « prépuce redondant. »
Parmi
les autres cultures guerrières, on trouve celle des Massaïs, qui
doivent aussi subir une circoncision rituelle tenant lieu d’initiation de passage
[d’adolescent à guerrier].
Les
hommes circoncis éprouvent constamment un sentiment d'insécurité,
se sentent menacés par autrui, surtout par les hommes entiers, comme l’évoque
la liste de symptômes ci-dessus. Tout ça est évidemment très
utile dans une culture guerrière. Ça crée un lien entre les
zèbres de cette société, et de la haine envers ceux des ethnies
qui n’ont toujours pas été dégoupillés (ceux des tribus
toujours insoumises, par exemple). Ça s'exprime de multiples façons.
Dans la Bible, par exemple, on trouve une histoire monstrueusement monstrueuse
avec David, à
qui le roi Saül ordonne de poursuivre sa barbarie absurde contre les
Philistins, et de ramener 100 prépuces en échange (plus précisément,
pour l’achat) de sa fille en mariage. Seulement, David qui est d’un tempérament
prodigue, revient avec 200 prépuces [dans quoi diable les a-t-il ramené ?
ndt].
Nous
retrouvons ce même principe de sentiment d'insécurité et de
menace chez de nombreux oiseaux qui cherchent à écorcer leurs propres
chérubins. Si plus personne autour de vous n’est entier, vous ne vous rappelez
pas constamment votre propre misère. On constate ça dans l'intimidation
des petits zuniens non circoncis. Ça se retrouve chez les docteurs es boucherie
qui infligent encore eux-mêmes ce traumatisme. Nous retrouvons ça
même dans la politique étrangère zunienne. À la fin
des années 40, après l’amenée de la Corée du Sud dans
la sphère d'influence zunienne, la circoncision s'est répandue là-bas
aussi, et elle
s’y pratique encore de nos jours.
Hormis
la circoncision, il existe aussi naturellement diverses méthodes pour créer
un penchant à la haine. J'ai mentionné le tabou contre toute forme
d'expression d'amour ou d'affection envers autrui (surtout à l’égard
d’autres hommes) en public. Il est évidemment important de propager aussi
la violence et l’aversion envers autrui. Dans les séries télévisées
zuniennes pour enfants et adolescents, l'intimidation des autres est présentée
comme normale. Elle n'est même pas décrite comme mauvaise, et même
les personnages principaux peuvent s’y adonner. C’est juste une partie normale
de la vie en prison, qui est le lycée zunien. Les Zuniens ne se plaignent
pas à ce sujet. Ils sont plutôt scandalisés par la poitrine
d’une femme exposée pendant le Superbowl.
Les
jeux violents tels que ceux développés par les militaires aident
aussi à créer une soldatesque performante.
Dans
la culture guerrière, il faut contrôler la drogue. Le cannabis et
les autres drogues psychédéliques naturelles font du belliqueux
un pacifiste. Les drogues comme le cannabis créent des Woodstock, mais
la culture guerrière a plutôt besoins de Parris Island [*].
Le guerrier ultime doit être froid comme le marbre et asexuée. La
circoncision contribue à atteindre ce but mais la boule à zéro
est aussi importante. Les cheveux sont imprégnés de phéromones,
d’odeurs qui rendent les gens attirants. Ils expriment aussi l’individualité
et les croyances. L'armée n'a pas besoin de guerriers. Elle a besoin d'individus
affligés d’un sentiment d’insécurité, de traumatisés,
d’évidés du citron, de farcis de haine, de dénués
d'amour et d'individualité, et elle les crée et les recrute comme
elle peut.
[* Ndt : l’île de Parris regroupe des installations
du corps de Marine zunien et, le dimanche, elles font l’objet de pèlerinages
très prisés en famille.]
Les
gens rebutés par la culture guerrière ont tendance à avoir
les cheveux longs. Les punks, les fans de musique heavy metal, les hippies, ne
s’adaptent guère à la culture guerrière disciplinée
et violente qui s’exprime le mieux dans la troupe, mais ils imprègnent
toute la société et ont une tradition de cheveux longs.
L'armée
est une institution malveillante. Elle prend les jeunes gens traumatisés,
élevés dans le manque d'affection chronique. Ils ne méritent
pas la haine, ils méritent la pitié. Ce qu’elle entreprend de faire,
c’est de les dépouiller de leur individualité et de les initier
à la haine. Comme
ce documentaire le montre, ils ne sont pas traités en êtres humains.
Leur absence naturelle d'estime de soi permet de leur inculquer l'idée
qu'ils ne sont utiles qu’à une chose, à occire leur prochain.
Ils
ont même appris à être fiers de ce qu'ils sont devenus. Ils
apprennent à scander l’assassinat et la haine. En fin de compte, pourtant,
la plupart découvrent qu'ils ont été trahis, mais il est
alors trop tard. Certains sont à jamais handicapés par le vaccin
contre l'anthrax. D'autres sont empoisonnés par l'uranium appauvri. Certains
sont morts à la bataille. Beaucoup se suicident en rentrant chez eux, et
bien peu est fait pour les aider.
Malgré
la fierté que ces jeunes gens des deux sexes peuvent tirer de leur militaritude,
la troupe en tant qu'institution n'a absolument aucun estime pour eux. En général,
même un maquereau ne fait pas la peau à ses propres grues. Mais l’armée,
du mieux qu'elle le peut, aussi bien physiquement que mentalement, bousille et
achève les hommes et femmes qui la rejoignent. Les jeunes gens grandissent
privés d'affection et dans le sentiment de ne pas être vraiment appréciés,
de sorte qu'ils s’engagent chez les troupiers. Seulement, en fin de compte, l’armée
aussi les trahit, et ils rendent l’âme sans jamais avoir connu l'affection
qu'ils [ne] recherchaient [pas].
Original :
davidrothscum.blogspot.com/2010/05/how-to-make-ultimate-warrior.html
Traduction copyleft de Pétrus Lombard