Le
mensonge le plus éhonté dObama est que lAfghanistan
aujourdhui est un « havre » pour Al-Qaeda et ses attaques contre
lOccident. Mais son propre conseiller à la sécurité
nationale, le Général James Jones, a déclaré au mois
doctobre quil y avait « moins de 100 » membres dAl-Qaeda
en Afghanistan. Selon les services de renseignement US, 90 % des Taliban sont
à peine des Talibans, mais « une insurrection tribale locale qui
soppose aux Etats-Unis parce ces derniers constituent à leurs yeux
une force doccupation. »
La guerre est une arnaque. Il faut avoir
un encéphalogramme à plat pour croire encore à la «
paix mondiale » quObama veut nous vendre.
Cependant,
en coulisses se prépare un véritable plan. Sous le commandement
du troublant Général Stanley McCrystal, qui fut distingué
pour ses escadrons de la mort en Irak, loccupation dun des pays les
plus pauvres est un modèle pour les « régions agitées
» du monde qui échappent encore au contrôle dOceania.
Il est connu sous le nom de COIN, ou « counter-insurgency network »
(réseau de contre insurrection), qui rassemble militaires, organisations
humanitaires, psychologues, anthropologues, média et consultants en relations
publiques. Noyé sous un jargon qui parle de gagner les coeurs et les esprits,
son objectif est de provoquer des conflits interethniques et une guerre civile
: Tadjiks et Ouzbekes contre Pashtouns.
Cest
ce que les Américains ont fait en Irak où ils ont détruit
une société multiethnique. Ils ont acheté des gens et construit
des murs entre des communautés où auparavant on connaissait des
mariages mixtes, ils ont procédé à un nettoyage ethnique
des sunnites et exilé des millions à létranger. Les
médias embarqués ont présenté tout ceci comme «
la paix », et les universitaires américains à la solde de
Washington et les « experts en sécurité » coachés
par le Pentagone sont apparus à la télévision pour répandre
la bonne nouvelle. Comme dans « 1984 », cest le contraire qui
était vrai.
Quelque
chose de similaire est prévu pour lAfghanistan. La population sera
déportée dans des « zones cibles » contrôlées
par des chefs de guerre financés par Washington et le trafic dopium.
Que ces chefs de guerre soient notoirement connus pour leur barbarie na
aucune importance. « Cela ne nous dérange pas » avait déclaré
un diplomate de ladministration Clinton en référence de la
persécution des femmes sous le régime « stable » des
Taliban. Des organisations humanitaires, des ingénieurs et des agronomes
seront désignés pour gérer la « crise humanitaire »
et ainsi « sécuriser » les zones tribales.
Voilà
pour la théorie. Cela a bien fonctionné en Yougoslavie où
une partition éthnique sectaire a balayé une société
qui était jadis pacifique, mais ça a échoué au Vietnam
où le programme des « hameaux stratégiques » de la CIA
dont lobjectif était de regrouper la population et la diviser pour
battre le Viet Cong un terme fourre-tout que les américains employaient
pour désigner les résistants,
comme aujourdhui ils emploient
le terme de « taliban ».
Une
part de responsabilité incombe aux Israéliens, qui depuis longtemps
conseillent les Américains en Irak et en Afghanistan. Les nettoyages ethniques,
la construction de murs, les points de contrôle, les punitions collectives
et la surveillance constante sont revendiqués comme des innovations israéliennes
qui ont permis le vol de la majorité du territoire Palestinien. Et pourtant,
malgré toutes les souffrances endurées, les Palestiniens nont
pas été irrévocablement divisés et résistent
en tant que nation, contre toute attente.
Les
précurseurs les plus emblématiques du Plan Obama, que le lauréat
du Prix Nobel de la Paix et son étrange général et ses hommes
en charge des relations publiques aimeraient nous faire oublier, sont ceux qui
ont échoué en Afghanistan justement. Les Britanniques au 19eme siècle
et les Soviétiques au 20eme siècle ont tenté de conquérir
le pays sauvage par le nettoyage ethnique mais ont du déguerpir, après
avoir provoqué un bain de sang. Leurs mémoriaux sont les cimetières
des empires. Le pouvoir dun peuple, parfois déroutant, souvent héroïque,
est comme des graines qui germent sous un manteau de neige, et les envahisseurs
le craignent.
«
Cétait curieux », a écrit Orwell dans « 1984 »,
« de penser que le ciel était le même pour tous, en Eurasie,
en Estasie ou ici. Et que les gens sous ce ciel étaient très semblables,
partout dans le monde... des gens qui signoraient, séparés
par des murs de haine et de mensonges, et qui pourtant étaient pratiquement
les mêmes qui ... accumulaient dans leurs coeurs, leurs ventres et leurs
muscles lénergie
qui un jour allait renverser le monde. »
John
Pilger
http://ww.johnpilger.com
traduction
VD pour le Grand Soir
(*)
Discours du président Obama en français
http://french.chad.usembassy.gov/di...
URL
de cet article
http://www.legrandsoir.info/2010-Bienvenue-dans-le-monde-d-Orwell.html